jeudi 31 janvier 2019

YVES GRICOURT, INVENTEUR-FABRICANT DE TIRE-BOUCHONS



Amis lecteurs, bonjour !


Ce n'est pas tous les jours qu'on rencontre un artisan passionné de tire-bouchons...

Yves GRICOURT est français, inventeur et fabricant de tire-bouchons...




Yves GRICOURT


L'homme a l'imagination fertile et sait concrétiser ses idées. Il a bien voulu répondre à quelques questions intéressant les hélixophiles. 




Production Yves GRICOURT.


Précisons que toutes les illustrations de cet article ont été fournies par Yves GRICOURT.



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Question : Pouvez-vous nous raconter la naissance de votre vocation d'inventeur ?

Réponse : Pensionnaire à 9 ans, je n'avais pour bien précieux qu'un petit couteau de poche. 
En tombant d'un arbre, je me suis cassé le bras gauche. Le plâtre emprisonnant ma main, je ne pouvais plus ouvrir mon couteau. L'ennui me guettait !
J'ai alors imaginé et dessiné des solutions pour remédier au problème. 
L'ennui a disparu et n'est plus jamais revenu. 
Ma vocation d'inventeur date de ce moment-là.
Et deux des tire-bouchons que j'ai inventés, les modèles "Pommard" et "Chardonnay", s'ouvrent d'une seule main !


Q. Mais quel parcours vous a conduit à entreprendre ?

R. Vers 18 ans, je me suis passionné pour les armes anciennes et ai gagné mes premiers francs en achetant chez des brocanteurs des pistolets et fusils anciens en mauvais état que j'ai démontés, réparés et revendus à des antiquaires. Je n'avais pour seul outil qu'une lime, avec laquelle j'ai usiné des pièces et surtout découvert les mécanismes ingénieux qui assurent le fonctionnement de ces armes.
A cette époque, j'ai fait un très court séjour à la Fac de droit d'Assas, sans lendemain. 
Et puis ça a été le service militaire à Constance, en Allemagne. J'en suis sorti au bout de 18 mois avec le grade de Maréchal des Logis, mais surtout avec une connaissance approfondie du fonctionnement des armes.
Avant de me lancer dans la vie active, j'ai voyagé aux Etats-Unis et au Japon où j'ai découvert les armures de samouraï et les fameux Katanas. 
En faire le commerce me tenta, mais mes moyens ne me permettaient pas de me lancer, ce que j'ai regretté amèrement : les prix de cette époque ont été multipliés par 100...


Q. Et le déclic fut le "plexiglas", ce matériau à la marque déposée en 1935 par une entreprise allemande  ?

R. Oui, à 23 ans, j'ai découvert par hasard l'existence de ce matériau alors quasiment inconnu. C'était dans une petite usine au bord d'un lac du Jura. J'ai acheté des chutes de plexiglas et, à force d'obstination, j'ai réussi à fabriquer un cadre photo.




Les cadres en plexiglas


Quelques mois plus tard je décrochais ma première commande chez Prisunic. Et deux ans après, j'en vendais 400 000 par an dans tous les grands magasins.
J'élargis ensuite ma gamme de produits à des jeux de luxe et des articles haut de gamme pour la table.
J'avais inventé un procédé d'insertion de tissu entre 2 plaques de plexiglas mais je ne l'ai pas breveté pour ne pas révéler le secret de sa fabrication.


Q. Le début d'une aventure industrielle donc ?

R. Oui, même si le trajet n'a pas toujours été linéaire. 
A 36 ans, j'ai revendu ma société et ai racheté un vieux château en ruine, mais avec de grandes dépendances, ainsi qu'un bâtiment pour installer mes ateliers sans lesquels je ne peux vivre. 
J'ai alors créé la société "Cryl". Elle allait fabriquer des moules en acier et en aluminium pour réaliser des plateaux thermoformés pour la robotique naissante et également des articles en plexiglas injecté.
Mes clients sont alors de grands groupes dans le domaine de l'industrie, de la santé, du luxe. 




Plateau de dégustation des champagnes Laurent PERRIER


J'ai revendu le bâtiment et une partie de la société en 2008... juste avant la crise !


Q. Pouvez-vous nous en dire plus sur la diversité des produits que vous fabriquiez ?

R. Certains ont eu des durées de vie de quelques mois ou de quelques années, mais tous m'ont permis d'apprendre et d'emmagasiner des savoir-faire.
Je peux citer par exemple :
- des caméras durcies et télescopiques pour la gendarmerie, les pompiers et les services spéciaux,
- des coffres-forts de sol,
- des machines de nébulisation pour traiter notamment les maladies nosocomiales dans les hôpitaux,
- des abaisse-langues spéciaux...
Mais aussi :
- des reproductions d'art pour le musée du Louvre,
- des sécateurs électriques,
- une presse à injecter électrique,




La presse à injecter


- des étuis de protection des smartphones contre les ondes électromagnétiques,
- une machine de marquage à chaud électrique,
- des petits véhicules électriques transformables
... et la liste n'est pas exhaustive !


Q. Et depuis 2008 ?

R. Je garde quelques machines et un salarié, ce qui me permet de continuer à faire fonctionner mes neurones. Je dépose et vends quelques brevets.
J'ai ainsi déposé 25 brevets dont certains ne sont pas encore publiés. Ils ont été déposés dans des domaines très variés, souvent dans la fabrication de présentoirs, activité première de ma société.


Q. Pouvez-vous citer quelques-uns des brevets que vous avez déposés ?

R. En 1984, j'ai breveté une première invention pour ouverture d'une bouteille... sans tire-bouchon, ... désolé pour les collectionneurs ! Le système est inclus dans le bouchon.
Parmi mes autres inventions, citons :
- un appareil de lecture grossissant pour enfants malvoyants et différentes loupes réalisées avec du plexiglas, matériau utilisé dans la presque totalité des verres de lunette,
- une étiquette de bouteille qui se transforme en verre,
- un présentoir pour bouteilles,
- ou, plus récemment, un système de bouchon qui permet de vidanger sans démontage, 
- un dispositif permettant de récupérer les huiles dans des poches, moyen écologique d'éviter de polluer les nappes phréatiques,
- un distributeur de pilules pour les extraire d'un blister en camouflant le marquage dérangeant,
- un arrache-flèche pour les archers...



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Q. Et les tire-bouchons ?

R. Disons d'abord que je me lance plus largement aujourd'hui dans la fabrication d'objets de collection, susceptibles d'être brevetés et issus d’idées emmagasinées au cours de ma vie professionnelle.
Pour ce qui intéresse les collectionneurs, mes projets concernent la fabrication d’une dizaine de tire-bouchons et autant de couteaux haut de gamme. Je vais les réaliser dans ce matériau extraordinaire qu’est l’acier inoxydable, lequel confère aux objets un sentiment d’éternité, mais je pense également à l’argent massif que je commence à usiner.
Je ne cherche jamais à copier un modèle existant mais je mets à profit mes connaissances des mécanismes et des assemblages pour inventer à chaque fois un tire-bouchon ou un couteau unique qui fera l’objet d’un dépôt de brevet. 




Les tire-bouchons "Pommard" et "Chardonnay".



Q. Parlons un peu de ces brevets : que pouvez-vous nous en dire ?

R. Comme vous pouvez le constater sur la Base Brevets de l'INPI, 25 de mes brevets apparaissent.
Le brevet du tire-bouchon "Pommard" a été déposé le 9 novembre 2018 sous le numéro FR 1871466.



Eléments du dépôt de brevet "Chardonnay".


Mais je dois dire que je ne dévoile jamais mes idées à l'avance, principe de précaution oblige !
Vous remarquerez aussi que je ne parle jamais dans mes documents de "brevet", mais de "dépôt de brevet". Cette demande de brevet enregistrée permet de protéger cette invention internationalement pendant 1 an.
Il me faudra attendre encore quelques mois la délivrance du brevet. "Brevet Déposé" sur un article ou "Patent Pending" en anglais sont en effet différents de "Breveté" ou "Patented".
Plus largement, sur 25 brevets déposés aucun ne m'a été refusé. 
Et la consultation des bases de données actuelles est suffisamment probante pour se rendre compte qu'aucun autre brevet de tire bouchon semblable n'a été déposé.
Le risque de refus est donc extrêmement faible, même s'il existe. Mais un brevet est coûteux et je ne les dépose pas à la légère.


Q. Je comprends que vous voulez vous adresser aux collectionneurs et leur proposer des objets de qualité à la diffusion très limitée. J'imagine donc que vos prix seront élevés, non ?

R. Ce qui est rare est cher et le prix est très subjectif. 500 exemplaires au niveau mondial, c’est une goutte d’eau dans la mer et dans dix ans les prix à la revente, j'en suis certain, seront beaucoup plus élevés.
En effet il n'existera dans le monde aucun autre tire-bouchon de collection "ayant fait l'objet d'un dépôt de brevet" dont la production aura été limitée volontairement et par contrat à 500 exemplaires.
En bon bourguignon, je peux vous assurer que mes tire-bouchons et couteaux vont comme le bon vin se bonifier en vieillissant.



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Q. En conclusion, quel message aimeriez-vous passer aux lecteurs de ce blog ?

R. Je fais tout ça pour mon plaisir en espérant que ce plaisir sera partagé.
Et je pense que les vingt prochaines années seront passionnantes...
"A l’oeuvre on connaît l’artisan" écrivait La Fontaine, tandis que de son côté Léonard de Vinci affirmait que "la simplicité est l’extrême sophistication". 
J’aimerais que mes créations soient considérées comme de modestes ouvrages d’art comme le laisse supposer le mot "Art- isan".


Retrouvez les créations d'Yves GRICOURT sur son site :

Yves Gricourt Créations, des objets innovants pour collectionneurs

https://yvesgricourt-creations.com/



M


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