vendredi 13 mai 2022

WHO'S WHO : S... COMME RINO SAUTA

 
Amis hélixophiles, bonjour !
Ou peut-être plutôt : Ciao, Amici elixofili !


Dans la rubrique WHO'S WHO de ce Blog, je vous ai présenté beaucoup de collectionneurs chevronnés, des pionniers, des experts, le plus souvent connus de la plupart d'entre vous. Vous pouvez relire ces articles dans ma rubrique WHO'S WHO, accessible en page d'accueil, colonne de gauche.

J'aimerais y ajouter à présent quelques portraits de collectionneurs "différents".

J'espère que ces portraits rassureront les "anciens" sur la qualité des "modernes" ; j'espère aussi qu'ils  inciteront de nouveaux collectionneurs à rejoindre nos clubs.


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Le héros du jour est un italien encore quadragénaire :




Rino SAUTA


A quelques jours du Congrès de l'Associazione Italiana Collezionisti Cavatappi, lequel aura lieu en Sardaigne, à Sassari – Alghero, il me paraissait bien d'évoquer un membre de ce Club. 
Notre ami Armando Cecconi, président de l'AICC, m'a décrit Rino comme un jeune homme gai, imaginatif et très entreprenant, qui crée des œuvres très personnelles : tire-bouchons géants en fer, dessins très inspirés, vidéos curieuses et amusantes... un artiste !

De quoi donner l'envie de mieux le connaître donc, ce que nous allons pouvoir faire puisque Rino a bien voulu répondre à mes questions.


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Hélixophile par passion et par profession


Question : Pouvez-vous vous décrire en quelques lignes : origines, lieu de vie, âge, situation familiale, profession exercée et secteur d'activité...?

Réponse : Je m’appelle Rino Sauta, je suis né en Sicile (sur l’Etna) en 1973. Je vis dans le Piémont dans la province d’Alessandria où sont produits des vins de qualité, je suis marié, j’ai un fils et je suis sommelier qualifié.



Un sommelier hélixophile et qui en parle...


Q. A l'origine d'une collection, il y a généralement un événement déclencheur : qu'est-ce qui vous a amené à collectionner les tire-bouchons ?

R. J'ai reçu mon premier tire-bouchon il y a plus de trente ans. C'était un cadeau de mon grand-père : le Chinois (je l'appelle Fu Manchu). Fabriqué au milieu du XXe siècle en Allemagne, il fait partie des premiers tire-bouchons que mon grand-père m'a offert et c'est celui que j'aime le plus. Puis au fil des ans j’ai développé ma passion pour ces objets et j’ai continué à agrandir la collection.



Le Chinois, cadeau du grand-père de Rino.



Q. Combien de tire-bouchons estimez-vous posséder ?

R. Aujourd’hui, dans ma collection, j’ai 1925 tire-bouchons.


Q. Vraiment ? 1925 tire-bouchons ? Pas 1924 ou 1926 ?

R. Tous sont enregistrés et il m'est donc facile de répondre à votre question. En fait, j'adore le classement, l'organisation, la précision et les moyens informatiques permettent tellement de choses aujourd'hui... vous devriez essayer !


Q. Trop tard pour moi : je suis incapable de dire combien je possède de tire-bouchons, même pas à la centaine près !
Mais avez-vous des préférences pour certaines catégories de tire-bouchons ? Lesquelles et pourquoi ?

R. J’adore les tire-bouchons et sommeliers figuratifs. Particulièrement ceux qui représentent les femmes parce les femmes sont ce qu'il y a de plus beau au monde et donc les tire-bouchons qui les représentent se doivent d'être eux-mêmes très beaux. Les tire-bouchons figurant des diables ou d’autres figures effrayantes m’inspirent artistiquement. J'aime aussi les tire-bouchons de poche et les tire-bouchons à mécanisme parce que je les utilise souvent pour ouvrir des bouteilles de vin.



Sommeliers figuratifs.


Enfin, j'aime beaucoup les tire-bouchons à parfum et suis toujours surpris de les voir négligés par de nombreux collectionneurs.



cavatappi profumi, les tire-bouchons à parfum.



Q. Quels lieux ont votre préférence pour acheter des tire-bouchons et lesquels conseilleriez-vous aux nouveaux collectionneurs : salles de ventes, antiquaires, brocantes, Internet...

R. J’aime acheter dans les marchés aux puces (j’y assiste tous les dimanches depuis 2006) dans différentes villes italiennes et je conseille aux nouveaux fans de faire de même : sur les marchés, il arrive de trouver de belles pièces également excellentes pour commencer une collection. Depuis 2008, comme beaucoup d'entre nous, j’achète dans le monde entier sur Internet sur divers sites d’enchères.


Les nouvelles technologies : une nouvelle façon de collectionner


Q. Le phénomène majeur de notre génération est effectivement l'irruption du numérique dans notre quotidien. Vous semblez être un expert de ces technologies numériques. Pouvez-vous nous dire comment vous les utilisez au service de votre collection ?

R. J’utilise toutes les nouvelles technologies et j’aime suivre le rythme, "rester dans le coup" comme vous dites en France. J’achète, vends, classe, crée et communique de plus en plus souvent via l'outil informatique. J’utilise Excel pour garder mes archives à jour afin de savoir combien je possède de tire-bouchons et où ils se trouvent : c'est que j’ai beaucoup de vitrines et que j'ai jugé utile de les référencer. 
Depuis 2018, je fais des captures d’écran systématiques sur les ventes de tire-bouchons supérieures à 50 euros trouvées sur les différents sites que je suis pour apprécier la fluctuation des prix et analyser les marchés internationaux les plus adaptés à la vente. Dans mes archives, j’ai près de 2000 fichiers divisés en dossiers par années et par mois.


Q. Je pense que votre approche renouvelle la façon de collectionner. J'espère que vous aurez à cœur de partager la documentation que vous avez amassée. Un livre ou un site peut-être ?

R. Pourquoi pas ? Je crée déjà des œuvres d'art numériques...


"Je porte toujours un tire-bouchon sur moi"


Q. Nous y reviendrons, mais restons encore sur votre vie de collectionneur. Pouvez-vous nous raconter une anecdote qui a marqué votre parcours : rencontre, scène de vie, trouvaille inespérée... ?

R. Il faut commencer par dire que j'ai toujours collectionné. J’ai commencé à accumuler des pièces de monnaie à l’âge de huit ans (j’ai toujours gardé cette petite collection). Environ dix ans plus tard, je vous l'ai dit, le tire-bouchon est apparu dans ma vie avec le cadeau de mon grand-père.  En grandissant, je suis passé pendant un certain temps aux voitures anciennes et aujourd’hui, je me concentre principalement sur le tire-bouchon. 
J’aurais beaucoup d’histoires et de découvertes à raconter, mais celle qui me vient à l’esprit maintenant et me fait sourire à nouveau est la suivante : un jour, lors d’un événement il y a quelques années, il y avait des bouteilles de vin à déboucher - je précise que je n’étais pas de service, mais seulement invité - et soudain toutes les personnes présentes se sont regardées parce que personne n’avait de tire-bouchon. J’ai été le plus choqué de tous en tant que sommelier et collectionneur et depuis lors, je jure que je porte toujours un tire-bouchon avec moi. 
J'ai bien sûr repensé à cette anecdote en retrouvant dans votre livre celle, très amusante, racontée par Lord Sandwich : le sommelier n'avait pas de tire-bouchon, mais chacun des dix prêtres présents "mit la main à la poche pour offrir le sien".*

* NDLR : Lord Sandwich, cité par La Gazette Littéraire du 10 juin 1830 : "Le sommelier à qui on avait fait le mot fit semblant d'avoir perdu son tire-bouchon, et aussitôt chacun de ces messieurs [les dix prêtres présents] mit la main à la poche pour offrir le sien." (Marc Ouvrard, Le tire-bouchon aux XVIIe et XVIIIe siècles, p. 157).


Q. Et aujourd'hui, collectionnez-vous encore d'autres objets ? Avec autant de passion que les tire-bouchons ?

R. Certainement, mais mes collections sont en cohérence avec ma passion et ma profession ! 
Je possède 144 siphons pour le champagne et quelques centaines d’objets (anciens ou non) qui racontent l’histoire de ce vin que j’aime à travers le marketing de 1700 à aujourd’hui. Ensuite, j’ai aussi une collection de coupe-cigares que je développe, des bouteilles en verre anthropomorphiques, des fûts en bois, des embouteilleuses, des dames-jeannes, des tastevins, des pots en métal et des caisses en bois de vins fins, et plus encore autour de l'alcool.


Collectionner les tire-bouchons 
comme autant de sources d'inspiration pour raconter et créer


Q. Quel sens revêt pour vous votre collection : un challenge personnel ? un sujet d'études ? un investissement ? une occasion de rencontrer des gens partageant votre passion ?...

R. Collectionner les tire-bouchons aujourd’hui signifie pour moi beaucoup de choses, principalement créer des projets artistiques et culturels pour diffuser cette passion. La collection m’aide à exprimer d’une manière inhabituelle la passion pour le vin à ceux qui, comme moi, sont des disciples du Dieu Bacchus. J’aime suivre l’évolution de cet instrument au fil des siècles et le faire découvrir de manière tangible à ceux qui aiment le vin, donc à d’autres "assoiffés" de culture. C’est certes un investissement, mais pas seulement économique. 
Je pense pouvoir dire que ma collection d’aujourd’hui est pour moi un moyen de m’entourer d’histoires à raconter.


Q. Nous sommes aujourd'hui à un tournant de l'hélixophilie : la génération des fondateurs est vieillissante, mais nous rencontrons aussi de plus en plus de nouveaux collectionneurs. Quel message passeriez-vous à ces jeunes collectionneurs pour les aider dans leurs débuts ?

R. Ayez toujours de la curiosité et collectez ce qui remplit votre cœur et votre cerveau, car ceux qui collectent juste pour gagner de l’argent sont seulement des commerçants.


Q. Vous pouvez répondre aussi si vous le désirez à des questions que je ne vous ai pas posées...

R. Ma passion pour le tire-bouchon va au-delà de la collection : ayant en fait des compétences artistiques, j’ai créé environ 280 œuvres d’art numérique et 30 tire-bouchons géants conçus, sculptés et décorés à la main sur des plaques de métal. J’écris aussi des fictions.



Créations de l'artiste.


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J'aime dire que "chaque collectionneur est différent et collectionne à sa façon" : notre héros Rino le prouve à sa manière !
Merci à lui d'avoir bien voulu répondre à mes questions.




M


vendredi 6 mai 2022

BIBLIOGRAPHIE 62 : LE DICTIONNAIRE DU TIRE-BOUCHON FRANCAIS PAR GERARD BIDAULT


Amis lecteurs, bonjour !


Voici une nouvelle fiche bibliographique pour vous présenter un ouvrage sur les tire-bouchons français, d'un expert reconnu, et de forme originale. Il s'agit du

DICTIONNAIRE DU TIRE-BOUCHON FRANCAIS 
par Gérard BIDAULT


Faut-il encore présenter Gérard Bidault ? Le fondateur du club Français du Tire-Bouchon et auteur d'ouvrages très documentés consacrés aux tire-bouchons français et à leurs fabricants ?
Je crois plus simple de vous suggérer la relecture de l'article que je lui avais consacré dans ma rubrique WHO'S WHO ; voici le lien pour y accéder directement :


Nous pensions que la passion de Gérard  s'était - telle une mèche de tire-bouchon - quelque peu "émoussée". Il n'en est manifestement rien puisqu'il a mis à profit le temps de la pandémie de Covid pour penser et rédiger un dictionnaire !
Aidé de Loïc Bahuet, autre membre du CFTB, Gérard nous offre un volume aussi sobre par sa présentation que riche par son contenu.



Page de garde



Des noms, des sigles, du texte, des explications...




Voici ma fiche bibliographique :





L'ouvrage, au tirage restreint, est à commander directement auprès de l'auteur.



M


mardi 19 avril 2022

LES INVENTIONS DE JULES BART : APRES LE ZIG-ZAG ET LE DEBOUCHTOUT, LE TOUTYP

 

Amis lecteurs, bonjour !


Un TOUTYP trouvé dans sa boîte d'origine 

me conduit à évoquer une nouvelle fois la saga de Jules Bart.


Je vous invite à retrouver cette saga en relisant deux articles que j'avais consacrés à Jules Bart, voici les liens :




L'intérêt de ma trouvaille est assez limité d'un point de vue hélixophile : le TOUTYP n'est pas un tire-bouchon, mais un ouvre-boîte.
J'avais d'ailleurs déjà trouvé le même objet dans une boîte d'origine quasiment identique, la différence tenant à la nuance de jaune utilisée pour l'habillage de la boîte.



En bas, la dernière trouvaille.


Pour mémoire, le TOUTYP existe en deux formats :



Les deux formats du TOUTYP.


Pour en revenir aux exemplaires trouvés dans leurs boîtes d'origine, on trouve dans les deux cas, imprimée sur un petit côté, la mention : "12 fr. Prix imposé".



12f. Prix Imposé.


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Jules Bart avait déjà déposé d'autres brevets avant celui du TOUTYP :
- celui du ZIG-ZAG : brevet n° 503.957 accordé le 29 mars 1920 et brevet n° 674.209 accordé le 27 août 1928, 
- et celui du DEBOUCHTOUT, présenté comme un additif au brevet du ZIG-ZAG et délivré le 19 février 1929.

Celui du TOUTYP porte le n° 678.075 et a été délivré le 23 décembre 1929 :




Mais le petit "plus" apporté par ma dernière acquisition consiste dans la présence du mode d'emploi.






Ce mode d'emploi indique classiquement les façons d'utiliser l'ouvre-boîte TOUTYP, lequel "grâce à son couteau auto-orientable ouvre proprement, facilement, sans bavures, tous types de boîtes".
Il précise également que les pièces de cet instrument sont interchangeables... ce qui semble inimaginable aujourd'hui, dans notre société du jetable.

Détail supplémentaire : le texte imprimé comporte, colonne de gauche, un prix de vente imposé différent de celui de la boîte : 13 fr. 50 au lieu de 12 francs. Une rature au crayon lève la contradiction en ramenant le prix à 12 francs.
Probablement doit-on entrevoir ici les effets de la grande crise économique de 1929 :  l'inflation galope d'où un prix prévu à la hausse sur le mode d'emploi, mais des boîtes restent en stock et il faut les utiliser en l'état avant de changer les prix.

Enfin, le mode d'emploi sert aussi de support publicitaire pour le ZIG-ZAG :
Utilisez "ZIG-ZAG", le meilleur tire-bouchon du monde.
Ce slogan ne fait pas dans la nuance mais sert, à n'en pas douter, les intérêts des Ateliers Jules Bart.


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Peut-être trouverons-nous un jour le presse-purée MOUSSE ou, mieux encore, la bougie TURBY, autres inventions de Jules Bart ?
Nous aurions alors d'autres occasions pour enrichir cette histoire centenaire.



M


jeudi 14 avril 2022

APRES LE XXVe CONGRES DU CLUB FRANCAIS DU TIRE-BOUCHON

 
Amis lecteurs, bonjour !


Mais non, je ne suis pas mort !
Le congrès du CFTB, quelques jours aux Pays-Bas, une semaine de Covid et un aller-retour en Isère m'ont seulement tenu éloigné du clavier.


Le XXVe congrès du CFTB a eu lieu... au bout de vingt-sept ans !


Notre rencontre anniversaire a enfin pu avoir lieu à Tours, après deux années de report pour cause de pandémie. C'était le dernier acte pour notre équipe : nous avions décidé de ne plus nous représenter afin de laisser la place à d'autres.
Une centaine de présents, dont des représentants des autres clubs hélixophiles, un beau programme construit par les organisateurs : Françoise et Patrick Bordat et Philippe Marquès, de bons échanges, une action de solidarité avec la population ukrainienne et une assemblée générale fructueuse.
Le bureau sortant avait - depuis près de trois ans - ménagé deux surprises comme souvenirs de l'évènement : un Extracteur Spécial en forme de rétrospective sur les 25 ans du Club et une médaille commémorative frappée pour l'occasion.



Souvenirs du XXVe Congrès du CFTB


Nous avions particulièrement tenu à honorer nos fondateurs, lesquels se sont vus remettre une médaille/tire-bouchon personnalisée, tandis que les autres membres en recevaient une plus petite..


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Bien sûr, il y eut aussi la réunion de notre assemblée générale statutaire et le renouvellement du bureau de l'association.



Jean-Pierre Lamy était candidat à la présidence et a été brillamment élu. 



Assemblée générale sérieuse et souriante.



Président sortant, Président entrant : mêmes tabliers, mêmes pantalons !


Sincères félicitations à Jean-Pierre et à son équipe : Loïc Bahuet, Frédéric Romain, Stéphane Terrières. L'élection de Jean-Pierre est une bonne nouvelle pour notre club : en plus d'être un éminent collectionneur, c'est un voyageur, gastronome et conteur et surtout... c'est un jeune qui remplace un vieux !



18 heures : il était temps de remettre la clé du CFTB à son nouveau Président !


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Partie officielle mise à part, j'ai quand même eu le temps de faire mon petit marché lors de la bourse d'échanges :
- le Dictionnaire du Tire-bouchon Français de Gérard Bidault, ouvrage nécessaire dans une bibliothèque hélixophile (je vous le présenterai prochainement),
- quelques tire-bouchons : le petit Fox à droite me plait beaucoup et je prends de plus en plus conscience de mon intérêt pour les poignées de bronze,
- et une gravure recherchée du tableau The Rent Day, peint par David Wilkie en 1807 et gravé par Abraham Raimbach en 1817, édition 1877. Ce tableau où figurent deux tire-bouchons fait l'objet d'une analyse dans mon livre.



Le Dictionnaire de Gérard Bidault et mes petites acquisitions.


The Rent Day, peinture de Wilkie, gravure de Raimbach.



J'ai d'ailleurs bien vendu ce livre et apprécié les bonnes critiques reçues de ceux qui me l'avaient acheté avant le congrès. Il ne m'en reste plus beaucoup, au point que je n'exclus pas d'en faire un retirage.



"Un bel et bon livre, écrit par un type bien : moi !"


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Et puis le lundi soir, le congrès s'est achevé et nous avons pu entreprendre un autre projet retardé : notre voyage familial aux Pays-Bas où les champs de fleurs nous attendaient depuis deux ans. 
Belle location, promenades à Utrecht, Amsterdam et Den Haag.
Mais, poisson d'avril, la neige - glacée - nous surprit là-bas ; nous étions le 1er avril !






Après quelques ultimes convulsions, le moteur bloqué de mes essuie-glace a abandonné définitivement la partie... pièce introuvable à Utrecht bien sûr, alors nous sommes rentrés chez nous, sans essuie-glace, histoire de pouvoir repartir aux puces d'Arlon le lendemain.


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Josette, cousine souffrante, nous ne fûmes que trois à pouvoir aller à Arlon.
Mais j'eus bien du mal à conduire au retour : fièvre, nausées, courbatures... alors, vite un test !



Enfin gagné !


Nous étions cinq cousins-cousines réunis et quatre d'entre nous s'avérèrent positifs au Covid 19 ! 
La semaine qui suivit fut très difficile et il me fallait pourtant raccompagner la cousine Josette dans l'Isère, comme je m'y étais engagé.



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J'ai pu le faire, mais depuis une fatigue immense ne me quitte pas.
Et voilà que mon épouse est à son tour positive depuis deux jours.
Où avons-nous bien pu attraper ce virus ?


Allons, il est temps d'aller dormir !



M




mardi 22 mars 2022

AVANT LE XXVe CONGRES DU CLUB FRANCAIS DU TIRE-BOUCHON

 
Amis blogueurs, bonjour !


Nous ne sommes plus qu'à quelques jours du Congrès du Club Français du Tire-Bouchon. 

Il est donc temps de penser à faire mes bagages... dans tous les sens du terme, puisqu'à l'issue de ce congrès je ne serai plus président !


Le Congrès réuni à Tours ces 26 et 27 mars 2022 sera le XXVe de notre Club : un anniversaire que le Bureau actuel avait voulu fêter dignement, avant d'en être empêché pendant deux ans par la pandémie de Covid... Tant pis ou tant mieux, nous nous rajeunirons de deux ans !

Notre équipe avait pris le relais il y a six ans, lors du Congrès d'Arcachon en 2016. 



Il y a déjà six ans !


Et depuis, nous avons fait de notre mieux pour servir notre Club. 
Gagnant peu à peu en expérience, le Bureau a "pris de la bouteille", la preuve :



L'Extracteur n° 102 de mars 2022



Mais tout a une fin et il est maintenant temps pour nous de retrouver une vie saine et sans excès, sinon sans tire-bouchons !

Auparavant, nous tiendrons notre rôle dans ce Congrès : un peu de tourisme en Touraine, un temps de gastronomie, une Assemblée Générale, l'élection du nouveau bureau, la Bourse d'échanges, la présentation de belles pièces, la vente de gré à gré, incluant un temps de solidarité envers la population ukrainienne.


Un beau programme, n'est-ce-pas ? 
Si notre Club vous intéresse et que vous êtes collectionneur, vous pouvez nous contacter pour plus d'informations en écrivant 
- à l'adresse du site du CFTB : http://www.tire-bouchon-cftb.fr/
- ou à l'adresse du blog : leblogdestirebouchons@gmail.com
Réponse rapide assurée !


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Pour en revenir à notre Congrès, quels bagages vais-je préparer ?

- Un peu d'argent, des tests, des masques et du gel pour les mains, pas de cravate, mais des habits confortables pour prolonger le voyage par quelques jours de vacances en famille, 

- Quelques tire-bouchons à vendre à prix d'ami ou à échanger, ceux-là et quelques autres :






- Deux ou trois tire-bouchons à offrir à la vente au profit de la population ukrainienne.




- L'une ou l'autre belle pièce à présenter à notre assemblée de  spécialistes.

- Quelques exemplaires de mon livre, notamment pour ceux qui me l'ont réservé. 




Et puis, qui sait, peut-être la publicité faite par la revue "Collectionneur & Chineur"  déclenchera-t-elle d'autres achats ?



Collectionneur & Chineur n° 361 du 17 mars 2022



Et dimanche, le Congrès sera passé et une nouvelle équipe aura pris le relais : la vie continuera !

Peut-être trouverai-je alors davantage de temps pour faire vivre le Blog des tire-bouchons ?


M


vendredi 18 mars 2022

EVIAN ET ORAN : L'EAU ET LE VIN

 

Amis lecteurs, bonjour !


 
La découverte, dans un lot de vieux papiers, de buvards publicitaires distribués aux écoliers par la Maison Sénéclauze est à l'origine de cet article rapprochant
Evian et Oran, ou l'eau et le vin.




Joie, santé, qualité : les arguments mobilisés étaient nombreux
pour encourager la consommation de vin.



Mais évoquer la Maison Sénéclauze un 18 mars, c'est aussi évoquer la difficile décolonisation de l'Algérie.

Nous sommes le 18 mars 2022 et c'est le 60° anniversaire, jour pour jour, de la signature des accords d'Evian entre les représentants du gouvernement français et ceux du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA). Ces accords rendirent son indépendance à l'Algérie, la paix, mais pas l'apaisement.
 
Mars 1962... j'avais douze ans et j'étais en 5ème à Hayange, en Moselle.
Dans les mois précédents, à Paris, mais aussi à Metz, les "ratonnades" avaient fait de nombreux morts et blessés parmi la population nord-africaine (4 morts et 27 blessés à Metz les 23 et 24 juillet 1961). Chez nous, "l'Organisation armée secrète" ou OAS, hostile à l'indépendance et putschiste, plastiquait à tout-va, nous valant quelques évacuations inopinées de nos salles de cours.
Mon jeune professeur d'histoire-géographie, qui venait d'achever son service militaire en Algérie, m'avait donné à faire un exposé sur la couverture de ce qu'on appelait encore "les évènements d'Algérie" : j'étais allé la chercher dans les différents journaux d'opinion français :  Le Monde,  L'Humanité, Combat (le journal de Camus), L'Aurore, France-Soir, Témoignage Chrétien, Le Figaro... sans oublier le Canard Enchaîné... j'en ai surtout gardé le souvenir de l'humanisme d'Albert Camus.

Conquise 132 ans plus tôt, l'Algérie avait été pour la France une véritable colonie de peuplement, au point qu'il est difficile d'imaginer aujourd'hui la sujétion dans laquelle se trouvait le peuple algérien dépossédé de ses terres, tout comme il est difficile de ressentir l'attachement des colons européens à ce pays où leurs aïeuls s'étaient souvent installés un siècle plus tôt... 

A l'issue de la seconde guerre mondiale, où l'Algérie avait tenu un rôle déterminant pour la libération de la France, celle-ci avait raté l'occasion d'une décolonisation pacifique : allaient s'en suivre près de huit années d'insurrection et de massacres jusqu'à l'indépendance.



Mars 1962 : la délégation algérienne à Evian.
(Wikipedia)


Les conséquences humaines de la colonisation avaient été détestables, la France refusant la citoyenneté aux populations autochtones et les cantonnant dans un statut subalterne encadré par le régime dit de "l'indigénat".
Les conséquences de la guerre d'indépendance furent en retour dramatiques pour les colons : entre la signature des accords d'Evian le 18 mars 1962 et la proclamation de l'indépendance le 5 juillet, plus d'un million de "rapatriés" : "pieds-noirs" européens, juifs sépharades et Français de souche musulmane ou "harkis", fuirent l'Algérie et les combats, le plus souvent pour la métropole... où l'accueil ne fut pas toujours à la hauteur.


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Mais il est temps de nous recentrer sur le sujet qui nous occupe, la viti-viniculture en Algérie. Il faut rappeler qu'avec la colonisation et par volonté politique, le vignoble algérien n'avait cessé de s'étendre. Une citation du général Chanzy, gouverneur général en 1875, l'illustre bien : "avec le phylloxéra en France, si l'Algérie a la volonté et la prudence de l'éviter, c'est l'Algérie qui bientôt, appelant à son aide un certain nombre de vignerons, remplira les cuves de France".
Et, de fait, la région d'Oran constituait en 1936 la première région viti-vinicole de France avec 400 000 hectares de vignes, soit près du double du vignoble du Languedoc-Roussillon, et une production annuelle de quelques 20 000 000 d'hectolitres : des vins chargés en alcool, utilisés pour renforcer des vins métropolitains de faible teneur alcoolique, des vins de qualité, parfois comparés à ceux de Bordeaux !

Parmi les entreprises de ce secteur, la Maison de négoce Sénéclauze tient une part importante.
Reprenons les informations données par le site de l'entreprise :
"L’histoire de famille commence à Oran en 1890 où Théodore Sénéclauze, tout juste âgé de 20 ans, monte une affaire de négoce de vins novatrice. Son idée ? Vendre du vin en barriques par correspondance. Théodore Sénéclauze est sans doute le premier à avoir lancé ce système de distribution... qui connaît rapidement le succès. Bientôt la Maison Sénéclauze se spécialise dans la sélection de grands vins d’Algérie et particulièrement d’Oranie."
Ces vins de négoce sont d'abord transportés en barriques consignées, particulièrement vers Paris et les entrepôts de Bercy, avant d'être distribués à la clientèle.


Envoi de Bernard Devynck



Très appréciés de la population, les vins Sénéclauze seront également commercialisés en caisses de 15 bouteilles d'un litre, dites "litres à étoiles", et  munies de bouchons couronnes.



15 litres à 13°...
(Ce chromo et les suivants ont été repris sur le site Delcampe.net)


Il faut noter encore que le succès aidant, la Maison Sénéclauze investit dans le Bordelais en achetant dès 1935 le Château Marquis de Terme à Margaux, Grand Cru Classé en 1855 puis, après 1962, dans les Côtes de Provence. Elle poursuit cependant parallèlement ses activités de distribution des vins d’Algérie, notamment leur exportation vers l'U.R.S.S., avec l'aide de Jean-Baptiste Doumeng, le "milliardaire rouge", et de son groupe Interagra.


Des tire-bouchons Sénéclauze ?


La période qui nous intéresse est celle de l'Algérie française pendant laquelle la Maison Sénéclauze, négociant-grossiste, développe une intense politique de communication axée sur la "réclame" : buvards, images, sachets illustrés... sont distribués sans compter.
Encore faut-il se souvenir que les documents commerciaux appartiennent à leur époque et qu'ils doivent donc être analysés dans leur contexte historique, même s'ils nous choquent aujourd'hui !

Retenons dans ces documents "réclame" trois arguments tournés vers les colons européens, la population autochtone musulmane n'étant pas concernée par la consommation d'alcool : la référence hygiénique, l'adresse aux enfants et la représentation des "indigènes".

- On le voit dans l'illustration ci-dessous, le vin est présenté comme un aliment hygiénique :


Le vin nourrit !


Il s'agit d'une récupération très spécieuse des arguments de Louis Pasteur, lequel voyait en fait dans la consommation raisonnable de vin un reconstituant calorique pour les travailleurs de force, une atténuation du risque septique lié à la consommation d'eau non potable, et surtout une alternative à celle d'alcools forts ou "tord-boyaux". Mais la publicité ne retint de ces considérations sanitaires qu'un encouragement à une consommation quasi-illimitée de vin.


- Le deuxième argument vise à dédramatiser une consommation précoce en utilisant des représentations d'enfants heureux autour du vin :


Les enfants entre tentation et expertise !


Comment imaginer une telle campagne aujourd'hui ?


- Le troisième argument, la représentation - plus raciste qu'humoristique - de personnages autochtones dans des séries de chromos ne s'adressait manifestement pas aux colons les plus éclairés :



De ces caricatures de mauvais aloi...


Une autre série se montrait heureusement plus respectueuse et mettait en scène la beauté des personnages :



... à une galerie de portraits plus respectueuse...


Nul doute que ces chromos devaient donner de l'Algérie une image exotique !


"Et les tire-bouchons ?", me direz-vous.


On l'a vu, la maison Sénéclauze a commencé à vendre le vin en barriques consignées, puis en caisses de 15 litres capsulés : nul besoin de tire-bouchon pour le consommer donc !

Mais les tire-bouchons sont eux-mêmes des arguments publicitaires, et la maison Sénéclauze en fit un usage massif, distribuant des tire-bouchons et sommeliers simples, mais bien marqués à son nom :





... des tire-bouchons toujours fréquents dans les brocantes de France !



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Concluons cet article en saluant les accords d'Evian et l'indépendance retrouvée de l'Algérie et, plus modestement, en rappelant que l'eau d'Evian, la ville où furent signés les accords, n'interrompît pas le flux du vin d'Oran.

Quant au tire-bouchon, Sénéclauze, à défaut d'en justifier l'utilisation, sut l'utiliser pour sa promotion.



M

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