mercredi 14 novembre 2018

VOYAGE EN ITALIE : LE 30° CONGRES DE L'ASSOCIAZIONE ITALIANA COLLEZIONISTI CAVATAPPI À MILAN




Amis hélixophiles, bonjour !


Ce mois d'octobre s'est avéré décidément bien chargé : après le Congrès du Club allemand, le Verein Korkenzieherfreunde, à Wiesbaden et la Bourse d'échanges du Club Français du Tire-Bouchon à Nîmes,

Le Meeting organisé par l'Associazione Italiana Collezionisti Cavatappi à Milan pour fêter son 30° anniversaire nous attendait !





Impossible de rentrer chez nous entre deux : nous avons donc été "obligés" de séjourner quelques jours au bord de la Méditerranée : dur, dur, ... non ?





Du côté de Valras...


Arrivés à Milan, nous fûmes impressionnés : le Président Armando CECCONI et son bureau : Davide CHIONNA et Emilio CALCIO GAUDINO, aidés des membres de l'AICC avaient bien fait les choses et la fête était à la hauteur des enjeux !
Accueil de qualité dans l'Antico Benessere Agriturismo de Davide CHIONNA, belle et fine cuisine lombarde (sans oublier les risotto !), dîner de gala animé par une cantatrice, Milan dans tous ses atours... il ne restait plus qu'à "hélixophiler à l'italienne" !




La barrière de la langue ne dura guère plus que la première bouteille : nous nous comprîmes très vite !
Reinhold BERNDT, Hajo TÜRLER et moi fûmes mis à contribution, chacun y allant de sa petite conférence.
A l'occasion de l'assemblée générale, studieuse et animée, des membres furent mis à l'honneur et intronisés en grande pompe Cavaliere dell' Ordine dei Dal Verme.




Le Club avait prévu des cadeaux symboliques de ce congrès anniversaire, et particulièrement un élégant tire-bouchon nommé le "Nautilus" qui vaudrait à lui seul un article !




Nous devions nous retrouver le dimanche matin "al grande mercato dell’antiquariato dei Navigli" à Milan, mais la pluie nous a noyés. J'ai quand même essayé de surnager !





Mouillé jusqu'aux os, j'ai quand même réussi à acheter un rouleau à raviolis et un marteau de cordonnier milanais, et puis j'ai repris la route, trempé mais heureux !




En sortant du tunnel du Saint-Gothard, il pleuvait moins : la neige prenait le relais...



M



lundi 12 novembre 2018

ENIGMA N° 45 : LA HARPE DE WAYNE MEADOWS




Amis hélixophiles, bonjour !


C'est une demi-énigme que je vous propose au jourd'hui, avec la complicité de Wayne MEADOWS :

ENIGMA N° 45 : LA HARPE LEBOULLANGER


Une demi-énigme, parce que Gérard BIDAULT nous avait donné la solution par avance dans son livre Les tire-bouchons français.

Mais l'histoire de Wayne reste une belle histoire !
Voici la traduction de son message :


"Salut Marc,

Le tire-bouchon LEBOULLANGER : retour sur l'histoire. 

Il y a environ 10 ans un homme dans le Nevada est mort et sa femme a décidé de vendre la maison et d'aller vivre en foyer. 
Une de ses amies vendant sur ebay lui a proposé de tenter de vendre les objets dont elle ne voulait plus.

Débarrassant un tiroir de cuisine, cette amie est tombée sur ce tire-bouchon.
N’ayant aucune idée ce que c’était, elle décida de le ramener à la maison plutôt que de le jeter. Arrivée à la maison, son mari lui dit : "c'est un morceau de ferraille, jette-le". 



Le "bout de ferraille".


Au lieu de cela, elle le garda sur son bureau pendant environ deux mois ; et en fin de compte, elle décida qu’elle avait peu à perdre en le mettant sur ebay avant de le jeter.

Je ne m'en souviens plus maintenant, mais elle utilisa un nom inhabituel pour le décrire, ce qui fait que très peu de collectionneurs de tire-bouchons l'ont vu. Et en fin de compte j’ai acheté cette rare harpe LEBOULLANGER pour environ 1000 dollars.



Le marquage LB DÉPOSÉ PARIS dans un ovale.


Ma vendeuse me rapporta ensuite que la propriétaire et elle-même étaient toutes les deux ravies que ce "bout de ferraille" ait rapporté plus de dollars que tout autre objet dans la maison !"


Comme vous pouvez vous en rendre compte, l'énigme n'en est pas vraiment une !
Seul peut-être le marquage reste-t-il une source d'interrogation ?

En effet, LEBOULLANGER utilisait initialement un autre marquage :



LB MARQUE DE FABRIQUE dans un hexagone
(Source : le livre de Gérard BIDAULT)


La marque figurant sur le tire-bouchon de Wayne MEADOWS est "déposée" ; elle doit donc être postérieure à celle représentée par Gérard BIDAULT.
Selon ce dernier, la maison LEBOULLANGER, père puis fils, a été active de de 1846 à 1889. 
On sait qu'elle a ensuite été successivement reprise par Alphonse CREDOT, Victor SITBON, la MFAP et Thomas JUVENET, enfin le SFAP  de Georges GODARD dissoute en 1952.
Mais ce modèle de harpe ne figure pas plus dans mon catalogue SITBON de 1921 (qu'il faudra bien que je vous présente un de ces jours !), que dans l'extrait de catalogue CREDOT inséré dans le livre de Gérard BIDAULT.


La date de dépôt de la marque est forcément antérieure à 1889, année de la fin d'activité des LEBOULLANGER.

Selon Valérie MARCHAL, in Documents pour l'Histoire des Techniques : Brevets, marques, dessins et modèles. Évolution des protections de propriété industrielle au XIXe siècle en France 
https://journals.openedition.org
Les législations en matière de propriété industrielle apparaissent comme déjà anciennes à la fin du XIXe siècle : 1806 pour les dessins et modèles, 1844 pour les brevets, 1857 pour les marques.

La harpe présentée date donc de la période 1857-1889, mais cette datation pourrait être encore précisée si l'on connaissait la date de dépôt de cette marque "LB" dans un ovale.


Peut-être pourrez-vous nous en dire plus et compléter ainsi l'information de notre ami Wayne MEADOWS ?

Je ne manquerai pas de publier vos contributions.



M




ADDITIF : message de Wayne MEADOWS

"Salut Mark,

Quelques informations supplémentaires qui ont été déterrées. Henri Crédot a acheté la société Leboullanger en 1892, y compris le droit d'utiliser la marque Leboullanger.
En regardant comment ces harpes ont été construites il semble très probable que Crédot a fabriqué ma harpe!



Les harpes du haut sont des Leboullanger vendues par Crédot, 
celles du bas sont de sa fabrication.

I got the pictures from Bidault’s book 1820 – 1970, pg 116.
I am just guessing that they show harps from both manufacturers as there are two very different styles of construction, one of which we know was a style of LB but shown in a Crédot catalogue!
Merci"
Wayne Meadows



mercredi 7 novembre 2018

BIBLIOGRAPHIE N° 48 : L’ÉNIGME DU NOYÉ AU TIRBOUCHON



Amis lecteurs, bonjour !



C'est une fiche bibliographique peu banale que je vous propose aujourd'hui. Elle concerne en effet un livre... dont je suis l'auteur !

Marc OUVRARD
L’ÉNIGME DU NOYÉ AU TIRBOUCHON


Vous le savez : je suis collectionneur d'histoires autant que de tire-bouchons.

C'est ainsi que j'ai retrouvé un article de presse paru à Paris en décembre 1768 et racontant un fait authentique :

Le 06 octobre 1768, à Luc, en Normandie, un Mousquetaire du Roi tente vainement de sauver de la noyade un inconnu tombé de la falaise.
Selon l'article de presse, l'homme est de qualité, mais "on ne lui a point trouvé d'argent ; il avoit dans ses poches un mouchoir, une tabatière, une clef & un tirbouchon."



Photo Alain GRONDEAU


A cette époque, le tire-bouchon n'est répandu que dans les classes sociales les plus élevées, et seulement là où l'on consommait habituellement du vin bouché. 
Le tire-bouchon - ou "tirbouchon" - est un objet personnel de valeur, symbole du statut social de son propriétaire.

Mais l'histoire se passe en Normandie, pays de cidre et non de vin, et le cidre ne nécessite pas l'usage d'un tel instrument...

Un tirbouchon en pays de cidre, la noyade d'un homme de qualité, le mousquetaire, un journaliste pas si anonyme que ça... tous ces éléments m'ont intrigué au point de me lancer dans une véritable enquête.


Mon livre en est le récit.




Mais qui est le noyé au tirbouchon ?




M


Le livre est vendu au prix de 15,00 € + frais d'envoi.
Vous pouvez le commander par mail à l'adresse du Blog :
leblogdestirebouchons@gmail.com
Vous recevrez en retour les indications nécessaires au règlement.




































samedi 3 novembre 2018

BOURSE D'ÉCHANGES DU CFTB A NÎMES 20 OCTOBRE 2018



Amis collectionneurs, bonjour !


Le "courant" est revenu : j'ai retrouvé une liaison internet !


Le Congrès du VKF était à peine achevé que nous reprenions la route pour NÎMES où était organisée le 20 octobre 2018 
la Bourse d'échanges du CFTB.


Notre départ était cependant différé d'une journée, le temps de pester contre la messagerie et d'enfin réceptionner le livre dont je venais de terminer l'écriture : 
"L'énigme du noyé au tirbouchon", 
mais ce sera l'objet d'un autre article.



Le récit d'un événement vieux de 250 ans...


Deux étapes amicales nous retenaient ensuite, l'une en Bourgogne, l'autre dans le Beaujolais :

Dijon tout d'abord nous donnait l'occasion de rendre une visite amicale à Christian GIRARD, membre du bureau du Club, actuellement empêché de participer aussi activement qu'il le souhaiterait :



Plaisir des retrouvailles...


Et puis, avec Françoise et Patrick BORDAT : le Beaujolais...



Saints-Amours ?



Beaujolais-Village blanc, Moulin-à-Vent, Julienas, Saint-Amour, Chenas... pour une belle soirée familiale, gastronomique et œnologique chez les cousins vignerons de Patrick.
Beaux vins, bel accueil, belle adresse et que je vous recommande : 
Gaël FROMENTE 
Le Domaine de la Côte des Chanoriers 
71570 LA CHAPELLE DE GUINCHAY
e-mail : gael.fromente@bbox.fr


Allons, il était temps de gagner Nîmes : une réunion de bureau nous y attendait et puis notre Bourse d'échanges, organisée par Thierry POIRIER.



Echanges fructueux...


Pas de "montre en or" pour moi, mais des achats plaisir :





- une belle bouteille ancienne acquise auprès de Loïc BAHUET : non ouverte, marquée 1908, elle contient de la teinture d'écorces d'oranges amères... un article à venir peut-être !
- un beau tire-bouchon à poignée en bronze argenté,
- un canif tire-bouchon art nouveau, publicitaire pour les CYCLES, PNEUS, ARMES  G. POULAIN  3 RUE DE L'ETAPE REIMS. La lame est marquée PAUL A. HENCKELS REIMS
- enfin un couteau charretier, autrement dit Charlois ou Charolais

Jacky CORBEL, lui,  exultait... et à bon droit !




Belle prise !

Tandis que Jean-Pierre LAMY et Frédéric ROMAIN partageaient une bonne (?) lecture !




Encourageants lecteurs !


-/-

C'est qu'il n'y a pas que les tire-bouchons dans la vie de l'hélixophile : 
il y a aussi l'amitié partagée.



Belles agapes...


De belles agapes, mais comme le taureau a su se battre - et, par deux fois - nous vaincre ! 
Les plus belles "véroniques" d'Alain GEOFFROY n'y ont rien changé : le taureau a eu le dernier mot et est reparti avec nos deux oreilles !


Notre séjour nîmois s'est terminé par un "rallye vide-greniers", de village en village.
J'ai bien trouvé une caisse de tire-bouchons sur le "plus grand vide-grenier du Gard" - ainsi nommé par ses organisateurs - 



Hum !

... finalement je me suis retenu : j'ai décidé d'arrêter les ceps de vigne !

Nous étions, non pas au diable, mais à Vauvert quand même. Et c'est ainsi que nous n'avons plus trouvé de restaurant ouvert ce dimanche midi où il était bien 13h30 !

Cependant quel festin que celui qui nous a été servi dans cette brocante sympathique :


Saucisses, frites et sourire !


Arrivait le temps de la séparation. Les amis se dispersèrent alors que nous allions jouer les prolongations en Languedoc avant de rejoindre Milan et le Congrès de l'AICC le week-end suivant.



M

mardi 16 octobre 2018

VEREIN KORKENZIEHERFREUNDE : LE CONGRES DE WIESBADEN 06 ET 07 OCTOBRE 2018



Amis hélixophiles, bonsoir !


Je vous propose ce soir un petit "reportage sans paroles" (ou presque) sur le Congrès du Club allemand de collectionneurs de tire-bouchons :

Verein Korkenzieherfreunde (VKF) 

Ce Congrès s'est tenu les 06 et 07 octobre 2018 dans la belle ville de WIESBADEN.

Bel accueil de nos amis allemands et délégation francophone à la hauteur !
Belle ville, bonne chère, découverte touristique et traditions locales appréciées...



Wiesbaden



Le "grand" accueil



Des travaux rigoureux et des échanges décontractés



La Maison Henkell : 700 millions de bouteilles de "sekt" par an !



Le dîner de gala



Un dialogue international très policé



Cerise sur le gâteau : le marché aux puces de Wiesbaden


Une belle brocante avant de repartir : le marché aux puces de Wiesbaden que nous avions déjà eu l'occasion de découvrir grâce à Reinhold et Irène.


Et nos trouvailles nous ont fait plaisir :



Chine éclectique !



Il était temps de rentrer, avec des souvenirs plein la tête !
... et de se préparer pour la prochaine Bourse d'échanges du CFTB !



M


vendredi 12 octobre 2018

ENIGMA N° 44, PROPOSEE PAR ARMANDO CECCONI : LA SOLUTION



Amis lecteurs, bonsoir !

Vous vous souvenez sûrement de l'Enigma n° 44 proposée par Armando CECCONI : un tire-bouchon italien à deux leviers, avec un logement au-dessus de la mèche (cassée) et un bouchon vissé au-dessus de ce logement.



Le tire-bouchon d'Armando


Grâce à un ami roumain, Gabriel, le mécanisme de ce tire-bouchon est expliqué.

Voici l'essentiel de son message :

Bonjour Marc,
J’espère que tu vas bien. J’ai lu que ton livre sera disponible en quelque jours. Je te souhaite un grand succès!
Je t’écris concernant l’Enigme 44, le tire-bouchon de M. Cecconi. Le tire-bouchon n’est pas un simple "deux leviers", c'est aussi un dégazeur pour les boissons à bulles ou pour le Champagne. 
La mèche originale devait être creuse et avait certainement un ou deux orifices par lesquels la boisson pouvait entrer. 
Le bouchon qui se visse en haut est une sorte de valve permettant à l’utilisateur d'accroître la pression dans la bouteille. Le liquide peut alors s'échapper par un orifice caché au-dessous de la poignée.

Je te joins quelques photos avec un tire-bouchon similaire qui se trouve dans la collection du M. Chirescu.










Cet exemplaire peut être vu dans le livre de Don Bull, Joe Paradi et Bert Giulian, World Class Corkscrews book, p. 147.

Quant au fabricant, je n'en ai aucune idée.
Mais peut-être le marquage inspirera-t-il un de tes lecteurs ?




J’espère que ça sera utile pour toi et pour M. Cecconi.
Amicalement,
Gabriel


Le tire-bouchon à leviers d'Armando CECCONI est donc un robinet à champagne ou "champagne tap" !

Mais qui pourra nous en donner le nom du fabricant ?

Je publierai bien sûr vos propositions.



M



mercredi 3 octobre 2018

ON PARLE DE NOUS DANS LA REVUE "COLLECTIONNEUR & CHINEUR" !



Amis collectionneurs, bonsoir !


Ruez-vous vite sur le numéro 279 de la revue "Collectionneur & Chineur", à paraître ce vendredi 5 octobre 2018 !

Vous y trouverez un dossier de sept pages entièrement consacrées aux tire-bouchons.




C'est un dossier de vulgarisation, bien construit et ne comportant guère d'inexactitudes. La revue a certainement fait appel à un membre du Club Français du Tire-Bouchon possédant une très belle collection et sachant en parler, même si la source n'est pas citée (ce n'est pas moi !).

On y trouve un court historique suivi d'une présentation par familles, bien illustrée : modèles en T, harpes, publicitaires, leviers, figuratifs, limonadiers, extensibles, bilames, à cage...

Les références sont également intéressantes : bibliographie, musées... et même - étonnamment - les coordonnées du Club Français du Tire-Bouchon !

La lecture de ce dossier est à recommander aux néo-collectionneurs que vous connaissez !

Lisez et faites lire !



M


lundi 1 octobre 2018

LES COLLECTIONS D'UN MUSÉE D'ART POPULAIRE DISPERSÉES AUX PUCES DE METZ




Amis collectionneurs, bonsoir !


Chinant à Metz l'autre matin, je suis reparti content : ma moisson était belle...



Des tire-bouchons, des ustensiles ménagers, des outils, un "jeu de puces"...
De tout un peu sur la nappe de la salle à manger !


Mais à peine rentré chez moi, une question s'est mise à me travailler : j'avais appris qu'une partie de ces trouvailles provenait des collections dispersées d'un musée d'art populaire.




Le sujet valait bien qu'on y réfléchisse un peu.


Chacun de nous a eu un jour l'envie de créer un musée où exposer ses collections.
Et chacun de nous connait près de chez lui quelques-uns de ces musées thématiques locaux, souvent passionnants.

A moins de 40 kilomètres de chez moi, on trouve ainsi le Musée de l'Art Forain et de la Musique Mécanique à Conflans-en-Jarnisy, le Musée des Émaux et Faïences et le Musée des Fers à Repasser à Longwy, le Musée des Poupées Petitcollin à Étain, les Musées de la Mine à Aumetz et à Neufchef... et j'en oublie certainement.

Leur thématique est parfois très attractive, elle peut cependant être aussi très confidentielle.

Ces musées - il y en a des milliers en France - participent de la richesse de la vie locale.
Les collections sont habituellement celles de particuliers qui les exposent eux-mêmes ou en font don à la collectivité.
La gestion est parfois privée mais, le plus souvent, elle est confiée à une association à but non lucratif dans le cadre d'un Groupement d’Intérêt Public à objet Culturel ou GIPC.
Les municipalités mettent généralement à disposition de ces GIPC des lieux qu'elles équipent en mobilier, qu'elles dotent en personnel d'entretien et dont elles paient les dépenses liées au fonctionnement et au respect des normes d'accueil du public. 
L'équilibre financier est cependant difficile à réaliser : le nombre d'entrées payantes ne le permet que rarement.
Le choix de maintenir ces musées municipaux est alors celui d'une politique culturelle que les petites villes peuvent parfois difficilement assumer.

Mais quand il s'agit de maintenir un modeste musée privé, le choix appartient au propriétaire, le plus souvent un passionné ayant mis des décennies et dépensé une fortune pour réunir sa collection...
Notre "conservateur" passionné n'a plus qu'à financer les frais de fonctionnement et à guetter le chaland, éventuellement avec l'aide de membres de sa famille. Il arrive aussi que le propriétaire ait su fédérer quelques bonnes âmes dans une association locale et bénéficie de leur aide bénévole.

Reste alors à faire venir le public !
Quelques dizaines de collectionneurs seront fidèles et ramèneront des amis. Les habitants de la commune feront peut-être de même. Les écoles feront du musée un but de sortie. Les offices de tourisme y enverront les amateurs de "couleur locale". Le hasard des déplacements amènera des visiteurs de passage... 
Le tout fera au mieux quelques milliers de visites par an, le plus souvent concentrées sur les weekends (hormis les groupes scolaires), bloquant alors sur place le ou les guides, tout en les laissant largement désœuvrés le reste de la semaine !

Le temps passera : l'administration deviendra pesante, l'enthousiasme s'émoussera et les centres d'intérêt changeront, notre conservateur vieillira et se lassera...
Il se lassera au point de fermer un jour son musée et de liquider ses trésors à vil prix... à moins que par procrastination il ne laisse à ses héritiers le soin de s'en charger !

C'est une histoire comme celle-là qui a valu à mon brocanteur de racheter, à un "collectionneur-conservateur" âgé, un très gros lot d'art populaire : des centaines de jeux et de jouets, d'outils et d'ustensiles, d'objets insolites... tous munis d'une attache en fil de fer pour être fixés aux murs !



Autant d'objets précédemment exposés sur les murs d'un musée d'art populaire...


Le collectionneur ne chinait plus depuis longtemps.
Et le conservateur qu'il était devenu avait fini par se résigner : après avoir tenu plus de dix ans, il s'était finalement décidé à fermer son musée qu'il ne pouvait plus maintenir et que le public oubliait.


Ferons-nous comme lui ?
Ne serait-il pas sage pour nous, "passeurs du temps", d'anticiper et de léguer, plutôt que de les voir dispersées, nos collections à de grands musées multithématiques ?

Je pense souvent pour ma part à un legs, total ou partiel, à la Maison de l'Outil et de la Pensée Ouvrière (MOPO) à Troyes, ville qui m'est chère pour y avoir vécu et travaillé pendant dix belles années. 





Une scénographie très actuelle


La MOPO réunit 10 000 objets et outils utilisés dans les métiers traditionnels, et s'efforce de contribuer au dialogue entre l’homme et la matière, entre manuels et non-manuels, entre la pensée et l’outil.

Voilà un programme qui me convient plutôt bien !


Et vous ?



M



jeudi 27 septembre 2018

DUJARDIN-SALLERON : UN CATALOGUE, UN TIRE-BOUCHON !



Amis lecteurs, bonjour !


Il est des sujets d'articles qui s'imposent d'eux-mêmes.
Deux noms accolés, DUJARDIN et SALLERON, une référence en œnologie, me provoquent ainsi depuis quelques mois.


Les Laboratoires Dujardin-Salleron (LDS) prolongent aujourd'hui l'entreprise créée par Jules Salleron en 1855, rejoint par Jules Dujardin vers 1880 : ce sont des interlocuteurs incontournables pour le monde vinicole.
Cf. le site : https://www.dujardin-salleron.com/



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Cet article va vous permettre d'en juger : ces noms, Dujardin et Salleron, ne cessent de me poursuivre !

Déjà, certains de leurs produits, ébulliomètres, acidimètres et autres gypsomètres, figuraient dans le catalogue Mathès que j'ai présenté ici il y a quelques mois. Cf. :
LE CATALOGUE MATHÈS : I. UNE AVENTURE INDUSTRIELLE
LE CATALOGUE MATHÈS : II. LE CONTENU DE LA MALLE AUX TRESORS


Ensuite, ce printemps, on m'a proposé à petit prix un ébulliomètre Dujardin-Salleron que j'ai bien regretté de ne pas avoir acheté ! Mais j'ai raconté l'anecdote à un ami viticulteur dans le vignoble de Ménetou-Salon et il m'a gentiment offert la notice d'utilisation de l'ébulliomètre Dujardin-Salleron acheté jadis par son père !




Notice du vigneron.


Un peu plus tard, chinant à Saarlouis, en Allemagne, j'ai trouvé une ancienne matrice d'estampage destinée à l'illustration de catalogues et, coïncidence, le sujet était un acidimètre Dujardin-Salleron !




Matrice cuivre fixée sur bois, 
représentant un acidimètre Salleron-Dujardin
(collection personnelle).



Le "signe indien" a continué de me poursuivre et cet été j'ai pu acheter un ancien catalogue présentant les "Instruments œnologiques de précision Dujardin-Salleron" ! 
Il comptait 84 pages illustrées... mais un seul tire-bouchon, en quatrième de couverture :



"Une" de couverture de mon catalogue.


C'était un catalogue de la fin des années 30.
Particulièrement intéressant pour nous, on y trouvait, page 31, sous la référence "114 Nécessaire acidimétrique Dujardin", une gravure correspondant exactement à notre matrice, y compris la signature par De Ruaz :




Page 31 du catalogue : acidimètre, 
gravure par De Ruaz.




Notre matrice cuivre, image retournée.
A droite, la signature du graveur : De Ruaz



Le graveur De Ruaz travaillait donc pour l'imprimerie Dujardin - Salleron. 

J'ai alors contacté l'entreprise dans l'espoir qu'on puisse m'aider dans l'analyse de mon catalogue : datation, identification de De Ruaz et origine de l'illustration de 4° de couverture. 

Et j'ai eu le plaisir de recevoir cette réponse, signée de Madame Faber, responsable Communication :
"Vous avez en effet bien identifié le nécessaire présenté sur la gravure : réf.114.
Difficile d’identifier la date d’émission du petit catalogue que vous avez acheté, nous n’avons pas l’information non plus.
Idem pour De Ruaz.
Par contre, concernant le document qui représente le laboratoire, avec un tire-bouchon accroché au mur : il s’agit de la couverture du catalogue de 1932.
Dès le retour de congés de mes collègues au stock, je leur demande si nous avons suffisamment d’exemplaires pour vous en envoyer un.
Bien cordialement..."

Un document issu du catalogue de 1932 y était joint :


Vue d'un laboratoire : document repris et quelque peu tronqué
de la quatrième de couverture de 1932, 
(Document transmis par l'entreprise).

Cherchez le tire-bouchon !


Et dans les jours suivants, je recevais une enveloppe pré-affranchie "Dujardin - Salleron" et contenant un beau catalogue "ancien tout neuf", sa version italienne et une carte frappée du logo actuel de l'entreprise, "LDS", avec un agréable mot d'encouragement.


Comme un condensé de l'histoire de l'entreprise...


Ces documents sont pour moi comme "les tickets d'entrée de la machine à remonter le temps" ! 
Et voici donc le moment d'emprunter cette machine pour découvrir l'histoire de l'entreprise.




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Les Laboratoires Dujardin-Salleron


Inventeur d'un alambic-acétimètre et d'un ébulliomètre, Jules Salleron crée son entreprise d'instrumentation de précision à Paris en 1855. 
Jules Dujardin le rejoint vers 1880 et prend ensuite sa succession.
La société quitte le giron familial en 1987, mais conserve la raison sociale Dujardin-Salleron.

L'aventure industrielle est ininterrompue, cependant l'entreprise déménage plusieurs fois :
- d'abord à Paris : rue du pont Lodi (1855), rue Pavée (1860), rue Payenne (vers 1937), rue de la Durance (1987), 
- puis en banlieue, à Arcueil (1994), 
- enfin à Noizay, près d'Amboise (2012), "s'associant ainsi géographiquement - nous dit le site Internet de l'entreprise - avec la Verrerie Dumas pour créer des synergies autour de l'instrumentation de précision".

Et depuis plus d'un siècle et demi, le projet de l'entreprise reste de fournir aux viticulteurs et aux négociants en vins les instruments d'une bonne pratique œnologique, permettant des manipulations en conformité avec les réglementations toujours en évolution.
L'entreprise offre ses services aux viticulteurs et oenologues, mais aussi aux brasseurs, cidriers et vinaigriers.

Depuis des décennies, le catalogue  Dujardin-Salleron - aujourd'hui téléchargeable - est le support permettant à l'entreprise de proposer ses inventions et fabrications.


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Le catalogue


Je me limiterai au catalogue français envoyé par Madame Faber : il est plus ancien que le mien et plus complet que la version italienne.



Couverture du catalogue offert par l'entreprise.
Fête des vendanges en "une", vue sur un laboratoire en "quatrième".


La belle "une" de couverture propose une fête des vendanges : quelle meilleure introduction pour un catalogue d'instruments œnologiques ?
L'oeuvre est signée, mais la signature est difficile à déchiffrer : Kallmann peut-être, pour le peintre Jules Kallmann ?

La quatrième de couverture nous apprend que les catalogues étaient réalisés à l'interne par l'Imprimerie de la Maison "Instruments DUJARDIN-SALLERON".
Un numéro de Registre de Commerce est indiqué : 52818, mais je ne sais pas si ce numéro peut nous apporter une aide ?

Les illustrations :

Une mention précise aussi que texte et clichés ont été déposés.
On comprend bien ces précautions quand on observe la qualité des illustrations.
Les "clichés" évoqués sont issus de matrices gravées sur cuivre (comme celle présentée ci-dessus), lesquelles étaient souvent de véritables œuvres d'art signées des graveurs "maison" : De Ruaz, Perot, Blanadet...
On notera aussi que la marque Dujardin-Salleron est partout présente, pour protéger les nombreuses innovations de l'entreprise, mais aussi comme une garantie de qualité proposée aux clients.




"J. Salleron-Dujardin Successeur" : Marque déposée en tous pays


La datation :

Comme c'était l'habitude en un temps où les produits avaient une durée de vie importante, ce catalogue n'était pas daté : il fallait qu'il puisse servir plusieurs années. 
Pour les mêmes raisons, les prix et conditions de vente des produits n'étaient pas indiqués : les représentants disposaient de leurs propres documents tarifaires et d'une autonomie leur permettant de consentir des remises, en fonction de l'importance des commandes par exemple.

Concernant la vue sur un laboratoire en "quatrième" de couverture, Madame Faber m'indiquait qu'il s'agissait de la couverture du catalogue de 1932.
Cependant, plusieurs mentions font référence à des textes officiels, le plus tardif étant un décret du 09 avril 1934 : notre catalogue est donc postérieur à cette date.
L'adresse de l'imprimerie est 24, rue Pavée, Paris, alors que sur le mien l'imprimerie est située au 3, rue Payenne, Paris.
Le déménagement de la rue Pavée vers la rue Payenne a eu lieu "vers 1937" nous dit le site internet de l'entreprise. 

Ce catalogue offert par l'entreprise Dujardin-Salleron date donc de 1935 ou 1936. 
Celui que j'avais trouvé est un peu moins ancien et date vraisemblablement de 1938 ou 1939.

Le contenu :

Je n’énumérerai pas les centaines de références proposées : j'en ai dénombré 718 auxquelles il faut encore ajouter les centaines d'ouvrages recommandés !
Plus qu'un catalogue, c'est un véritable ouvrage pédagogique, appuyé sur la réglementation et l'imposante bibliographie, et donnant les méthodes d'utilisation des instruments proposés, pendant la vinification et une fois le vin fait jusqu'à la dégustation.



La dégustation.


Après ces recommandations, vient la présentation des instruments de jaugeage, d'étude de la fermentation, des maladies des vins, de la limpidité, de l'acidité, puis les dosages de l'alcool, de l'extrait-sec des vins, des sucres, du tanin, du plâtre, des tartres...

Que de néologismes scientifiques Dujardin et Salleron ont-ils dû créer : mustimètres, aréomètres, colorimètres, glucomètres, densimètres, acidimètres, ébulliomètres, alcoomètres... se tiennent compagnie tout au long des pages du catalogue !
Et quel plaisir langagier que l'évocation du dosage d'alcool des "mistelles, mutés, cidres, vinasses, flegmes, petites-eaux." Mais qui de nous sait encore qu'il peut s'agir des ratafias, muscats, cidres, résidus et autres sous-produits de distillation, ou encore de mélanges d'eau et d'eau-de-vie ?


Les Laboratoires Dujardin-Salleron fournissent aussi de la verrerie de laboratoire, des accessoires de dégustation : pipettes, verres, tâte-vins, ... mais pas encore de tire-bouchon !

Le catalogue se poursuit avec l'application des instruments aux vins mousseux ou de champagne, aux cidres, aux vinaigres.

C'est ensuite le tour des accessoires de laboratoire : alambics, balances, ballons... et aussi des livres !
Tous les accessoires sont issus de "MON LABO", la "Nomenclature des instruments de précision nécessaires pour composer chez vous un laboratoire élémentaire ou complet permettant d'exécuter les analyses facilement d'après les méthodes officielles des laboratoires".  
Vers 1935-36, cette nomenclature de 280 pages établie par l'imprimerie de l'entreprise présente quelques 2000 articles et 485 titres de livres techniques !

La quatrième de couverture, enfin,  fait la promotion de cette nomenclature en l'illustrant par la représentation d'un laboratoire.



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Je laisserai la conclusion aux auteurs du catalogue :
"La vinification ne dure que quelques jours, la conservation dure des mois, des années. Mal conduite, elle peut amener la perte d'années entières de labeur et de capitaux importants."

... Remplacez "vinification" par "impression" et vous vous rendrez compte que la formule s'adapte parfaitement au catalogue Dujardin-Salleron, bien construit et qui résiste bien au temps, même 80 ans après sa parution !

Sincères remerciements aux Laboratoires Dujardin-Salleron, et particulièrement à Madame Faber, responsable Communication.



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