jeudi 16 juillet 2026

LA SAGA REBATTET & BAROCHE... AVANT ET APRÈS : DEUXIÈME PARTIE, DUTRUT, BERNIER & DESRUES

 
Amis blogueurs, bonjour !


Ecrasé par la canicule, informatique en panne, il ne me restait plus que la télévision... concert de Paris le 13, défilé du 14 juillet hier matin, étape du Tour de France en attendant la demi-finale de la Coupe du Monde de Football à 21 heures, heure de Paris.
Tadej Pogačar a encore gagné : il ne serait pas un peu français celui-là ? 
France-Espagne, nous avions espéré une revanche après deux défaites, mais les Français ont déjoué et le penalty a vite libéré les Espagnols, tant pis !


Il faut maintenant se remettre au travail et vous proposer, en bonne collaboration avec Bernard Devynck, notre deuxième partie : 


"L'après Rebattet & Baroche", soit la période qui va de Baroche à Dutrut, Bernier & Desrues.


Vous pouvez retrouver notre premier article avec le lien suivant :



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Rappel : L’entreprise F. M. Rebattet & Cie a traversé la première guerre mondiale, jusqu’à sa vente en 1921 à Baroche & Benouville. 
Félix Marie Rebattet décède trois ans plus tard, en 1925.


Deuxième partie : "L'après Rebattet & Baroche"


Baroche & Benouville (1922 - 1926)


Henri Charles Antoine Baroche (1877-1970) est, comme son père Antoine Claude (1838-1896), et comme son frère Charles Alfred (1880-1956), négociant en droguerie.
Il a épousé Suzanne Émilie Adèle Letu (1879-1956) en 1904 et en a eu deux fils : Jacques Antoine Ferdinand (1905-1998), boursier, et Robert Henri Charles (1907-2006), qui sera également négociant.

Nous n’avons pas d’informations sur Benouville.


1922 Baroche & Benouville rachètent F. M. Rebattet et créent leur société :


1921 Vente de F. M. Rebattet (Le Courrier)



17.09.1921 Création Baroche & Benouville (L’Usine)


Leur association ne durera que quatre années, marquées par la publication en 1924 d’un catalogue extrait du tarif général N° 8 :




Extrait 1924 du Tarif N°8 (Documents Riccardo Guidi)


Les tire-bouchons sont nettement moins nombreux que dans le Tarif-Album N° 8 de Rebattet en 1895. On y trouve peu de nouveautés, si ce n’est un modèle « T.D. » de Tony Dussieux.

1926 Benouville se retire et vend ses parts à Baroche.
Henri-Charles Antoine Baroche reste seul gérant de 1926 à 1929.


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Baroche Frères (1929-1934)


1929-1931 association familiale, la raison sociale devient Société en nom collectif Baroche Frères.

1930 Publication du Tarif n° 19 de Baroche Frères
Ce tarif, numéroté 19, est encore plus restreint que celui de 1924. 2 pages restent cependant consacrées aux tire-bouchons et aux siphons. 
Une hélice R.B.T. y est toujours référencée sous le numéro 14190.




Janvier 1930 Extraits du Tarif Baroche Frères N° 19 (Documents Loïc Bahuet)


1931 Transformation de la société en nom collectif Baroche Frères en SARL Baroche Frères – Société des Anciens Etablissements F. M. Rebattet :
La SARL est cogérée par les frères de Henri-Charles Antoine Baroche : Charles Alfred (1880-1956) et Marcel Auguste (1886-1981), ainsi que par Charles-Julien Baillivet (1894-1977), domicilié à Paris, boulevard Richard - Lenoir, nº 72.

1932 Création d’une Fédération Interprofessionnelle de Commerce de gros : Baroche (Société des Anciens Etablissements Rebattet & Cie) et Desrues (Maison Dutrut, Bernier, Desrues) sont tous deux membres du comité directeur.
Cela facilitera sûrement la vente des Anciens Etablissements F.M  Rebattet & Cie à D.B.D Dutrut-Bernier-Desrues.

1934 résiliation bail 72 et 74 boulevard Richard-Lenoir, puis dissolution… prélude à la reprise par DBD.


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Ultime étape : DBD pour Dutrut, Bernier et Desrues


La formation de la société Dutrut, Bernier et Desrues ou D.B.D.,  remonte à 1908 et associe :
- André Dutrut (1872-1969), marié à Eva Gibourdel,
- Georges Bernier ( pas d’informations),
- Elie Joseph Desrues (vers 1893-1950) marié à Ernestine Etard.
Desrues est la cheville ouvrière de l’association, dont l'objet déclaré est : quincaillerie en gros : ustensiles de ménage, avec siège social au 15 rue de Marseille à Paris 10°.
La marque D.B.D. est déposée dès 1908 :



Marque D.B.D. déposée le 26.10.1908 (INPI)


L’entreprise est active comme le montre un brevet déposé dès 1911 pour une "poinçonneuse américaine, système D.B.D.".
C'est aussi D.B.D. qui va revendiquer une fondation en 1834 :


Le feuilleton de la fondation en 1834…


1919 le rachat par D.B.D. de l’entreprise Lechevretel et Eeckhout / Eeckhout et Foubert va lui permettre de revendiquer la succession de l’ancienne Maison Dessant Ainé, entreprise fondée en 1834 :

1834 Dessant Auguste, dit Dessant Aîné crée son "Usine à vapeur pour la fabrication de ferronnerie et couverts métal aciéré", qu'il lègue à son fils, Dessant Fils.

1867 Association de Dessant Fils avec Bernard Mathieu.
Raison sociale : Société Dessant Fils et Mathieu.
Objet : commerce de ferronnerie et articles de ménage.
Siège : rue des Gravillers, 24, Cour de Rome, 9.

1874 Bernard Mathieu poursuit seul, avec fabrique de ferronnerie à Hirson.

1887- 1893 Reprise de l'entreprise Mathieu par Lechevretel & Girot
Raison sociale : Lechevretel & Girot, successeurs.
Objet : fabrique de soufflets et balais d’âtre, ustensiles de ménage.
Siège : rue Saint-Martin,138 Paris.



1890 Courrier Lechevretel & Girot (document Bernard Devynck)


1893 Dissolution avant reprise par Lechevretel & Eeckhout.
1893-1902 Lechevretel & Eeckhout. 
Objet : Ustensiles de ménage (ferblanterie).
Siège : 93-95 boulevard Richard-Lenoir.

1902, Lechevretel cède ses droits à Foubert.
La raison sociale devient alors Eeckhout & Foubert.
L’objet est conservé : vente d’articles de ménage en gros.

1913 – 1919 : après le retrait de Foubert, E. Eeckhout reste seul gérant jusqu’à la vente à Dutrut, Bernier & Desrues.
Le siège est fixé aux 68-70 Quai de Jemmapes.

Il s’en suit une modification des statuts, pour intégrer une dimension commerciale avec les Etats-Unis, et la prorogation en 1923 de Dutrut-Bernier-Desrues, Franco-American Hardware & Tool Co., avec siège au 68 quai de Jemmapes.



06.10.1923 Modification des statuts et prorogation de  23 ans 
(Archives commerciales de la France)


La croissance de D.B.D. est régulière, avec implantation sur plusieurs sites : 15, rue de Marseille (Franco-American Hardware & Tool Co), Paris 10° et 1, 3, 5, 7 rue Alibert à Paris 10°, mais aussi 68 et 70 quai de Jemmapes (siège social de D.B.D.).



Le siège, Quai de Jemmapes (Document auteur)


Cette carte, destinée à un quincailler, est signée de la main même de Georges Bernier :



1934 est l'année du rachat des Anciens Etablissements F.M. REBATTET et Cie par D.B.D.

1934 voit aussi la création par Dutrut, Bernier et Desrues, d’une société "Desrues y Compañía" en Argentine.

1936 Rachat du Brevet 790.297 obtenu par Théodore Destroyes le 2 septembre 1935 pour le bilame « Trius », tire-bouchon qui figurera encore au catalogue D.B.D. en 1956 :



Publicité D.B.D. 1956


Fin des années 1940 : Publication annuelle de Tarifs confidentiels des Franco-American Hardware & Tool Co / Etablissements Dutrut, Bernier, Desrues & Cie.
L’entreprise se spécialise dans les articles d’importation.

1950 Publication du « catalogue » N° 8 des Etablissements Dutrut, Bernier, Desrues & Cie, sans tire-bouchons. 

1950 Décès d'Elie Joseph Desrues.
André Dutrut lui survivra jusqu’en 1969. 
Nous n’avons pas d’informations concernant Georges Bernier.

1968 Activité encore effective, confirmée par un procès en cassation des Etablissements Dutrut, Bernier, Desrues et Cie contre un fournisseur, la société allemande Abner.

Au-delà, nous n’accédons plus à aucun document commercial de D.B.D. jusqu'à sa radiation en 1985 :




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Les héros identifiés de cette saga se nomment : 
- pour la première partie : 
Delaune & Jeanselme, Ducoudré & Guichard, Verret & Truffault, C. Dupont Ainé & Rebattet, 
- et pour la deuxième partie : 
Dessant, Matthieu, Lechevretel & Girot, Foubert & Eeckhout, Baroche & Benouville, Dutrut, Bernier & Desrues,

... mais si nous sommes heureux, Bernard et moi, d'y avoir apporté notre petite contribution, l’histoire de leurs entreprises n’est ici qu’effleurée : nous vous passons le relais !
Remerciements à Riccardo Guidi et Loïc Bahuet pour la mise à disposition de leurs documents.


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Le troisième et dernier article, à venir bientôt, sera centré sur le Tarif-Album N° 8 de Rebattet.


M




vendredi 26 juin 2026

LA SAGA REBATTET & BAROCHE... AVANT ET APRÈS : PREMIÈRE PARTIE

 

Amis blogueurs, bonjour !


La canicule depuis une semaine, Norvège - France ce soir et, courageusement, le blog reprend !

Dans l’Extracteur N° 117 de décembre 2025, Bernard Devynck avait consacré un important article à la saga Rebattet – Baroche, concluant sur la nécessité de recherches complémentaires, notamment sur les périodes précédant et suivant cette association REBATTET et BAROCHE.

L’occasion a fait le larron : j'ai acquis depuis peu le volumineux Tarif-Album N°8 de F. M. Rebattet, document auquel nous n’avions accès jusqu’alors que sur le net, via Gallica ou le site https://bibliotheques-specialisees.paris.fr/
Cet achat nous a décidés à reprendre ensemble les recherches sur l’histoire de l’entreprise. 

"Tout pourrait commencer par la création d’un comptoir de quincaillerie en 1839 regroupant plusieurs sociétés : C. Dupont & Rebattet, Ducoudré & Guichard, B. Delaune et Verret-Truffault réunies", écrivait Bernard, il y a quelques mois.
Nous sommes donc repartis à la recherche de ces sociétés, "avant et après Rebattet & Baroche" pour aboutir à cet article à quatre mains :

LA SAGA REBATTET & BAROCHE... AVANT ET APRÈS : 


Nous présentons ici la première partie de nos recherches : 

"L'avant Rebattet & Baroche".

"L'après Rebattet & Baroche" fera l'objet d'un prochain article;

Et le catalogue et ses tire-bouchons attendront encore un peu !

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Première partie : "L'avant Rebattet & Baroche"


Une fondation en 1834... ou de Dessant à Eeckhout

1834 Dessant Auguste, dit Dessant Aîné est identifié comme propriétaire d'une "Usine à vapeur pour la fabrication de ferronnerie et couverts métal aciéré". 
Son fils lui succède avant de s'associer avec Bernard Mathieu en 1867 :
Raison sociale : Société Dessant Fils et Mathieu
Objet : commerce de ferronnerie et articles de ménage
Siège : rue des Gravillers, 24, Cour de Rome, 9

1874 Bernard Mathieu reste seul.
Il communique sur sa fabrique de ferronnerie à Hirson (Aisne).



01.01.1874  Mathieu & Cie (Didot et Bottin)


1887 la société B. Mathieu est reprise par Lechevretel & Girot
Raison sociale : Lechevretel & Girot, successeurs
Siège : rue Saint-Martin,138 Paris
Objet : fabrique de soufflets et balais d’âtre, ustensiles de ménage.
L'association dure jusqu'en 1893. 

1893 la société est dissoute avant reprise par Lechevretel & Eeckhout.

1893-1902 Lechevretel & Eeckhout. 
Siège : 93-95 boulevard Richard-Lenoir
Objet : ustensiles de ménage.



01.01.1896 Lechevretel & Eeckhout 
(Firmin Didot et Bottin)


1902 Lechevretel cède ses droits à Foubert.
La raison sociale devient Eeckhout & Foubert.
L’objet est conservé : vente d’articles de ménage en gros.

1913 – 1919 après le retrait de Foubert, E. Eeckhout reste seul gérant jusqu’à la vente à Dutrut, Bernier & Desrues.

Cette première ligne de sociétés semble hors sujet, mais elle est pourtant intéressante parce que sa fondation en 1834 sera revendiquée par Dutrut, Bernier & Desrues, les repreneurs de Rebattet et Baroche.



Entête Facture DBD 1935 (Document Bernard Devynck)


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Quincaillerie Benjamin Delaune et P. Jeanselme (1876-1891)

1871-1885 Benjamin Delaune et P. Jeanselme, commissionnaires, s’associent pour fonder la quincaillerie Delaune et Jeanselme, installée au 4 rue Payenne à Paris.

Définition du rôle du commissionnaire : aux termes de l’Article L. 132-1 du Code de commerce : Le commissionnaire est un intermédiaire de commerce qui agit en son nom mais pour le compte d'un commettant dans les limites du mandat qui lui est conféré et pour les opérations qui lui sont confiées.



09.09.1871 Delaune et Jeanselme 
(Journal officiel de la République française)


Benjamin Jacques Delaune (1840-1902), négociant – propriétaire, épouse Marie Désirée Guérin en 1875 et en a une fille Marie Hélène Désirée : toutes deux seront victimes de l'incendie du Bazar de la Charité Dames le 4 mai 1897.
Nous ne savons rien de P. Jeanselme, lequel quitte l’association en 1885.
1885-1891 Benjamin Delaune poursuit seul, à la même adresse

1891 L’entreprise Delaune et Jeanselme est reprise par C. Dupont Ainé & F. M. Rebattet.


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Ducoudré et Guichard (1876-1885)

1876 Création de la société en nom collectif Emile Ducoudré & Armand Guichard,  société commissionnaire, sise au 1 rue Saint-Claude, puis au 10 rue du Parc-Royal, à Paris.



13.12.1876 Formation Ducoudré Guichard 
(Journal officiel de la République française)


Les deux associés demeurent à Paris. Emile Ducoudré était précédemment représentant de commerce et Armand Guichard (citoyen belge), employé de commerce.
La société Ducoudré & Guichard durera neuf années avant sa dissolution en 1885 et son rachat par C. Dupont Aîné.


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Verret-Truffault… ou Varret-Truffaut (avant 1882-1903)



01.11.1882  dissolution Varret-Truffault & Fils 
(Journal des sociétés civiles et commerciales)

1882 La quincaillerie dite Varret-Truffaut & Fils (et non Verret-Truffault), 60 rue des Tournelles à Paris, est dissoute : il s’agit en fait d’un simple changement de raison sociale et la société est encore active à cette adresse en 1887, même si l’orthographe des noms a changé : « Verret-Truffaut » !

La quincaillerie Verret-Truffaut se maintiendra jusqu’en 1903, année de son rachat par Rebattet.


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Charles Louis Dupont ou C. Dupont dit Dupont Aîné (1887 – 1895)

Charles Louis Dupont (1856-1895) est recensé comme commissionnaire en 1884, puis comme négociant en 1887.
Entrepreneur actif, il reprend la société Ducoudré & Guichard en 1887, puis s’associe avec Félix Marie Rebattet en 1889.



01011890 Dupont & Rebattet (Firmin Didot et Bottin réunis)


Mais des décès précoces vont frapper la famille Dupont. Charles Louis Dupont a épousé Sophie Pauline Antoinette Ternisien (1862-1894) en 1884, et en a eu un fils : André Alfred Paul. 
Cette épouse décède en 1894. Et Charles Louis Dupont ne lui survit que quelques mois : âgé de 38 ans, il décède le 11 janvier 1895 à son domicile 72, boulevard Richard Lenoir à Paris, 
Le fils orphelin est alors adopté par une tante, sœur de sa mère, Marie Eugenie Louise Ternisien (1864-1943), et prend le nom de André Alfred Paul Dupont-Ternisien (1887-1947). Il ne suivra pas les traces de son père.
De son côté, Félix Marie Joseph dit Marius Rebattet (1860-1925) a épousé Jeanne Marie Toussaint (1866-1952) en 1866, qui lui a donné quatre enfants, mais deux sont décédés en bas âge et les deux autres ne lui succéderont pas.
Si C. Dupont est dit négociant en 1887, Rebattet se déclare encore comme employé de commerce, lors de la naissance de sa fille en 1892.

L’association en 1889 de Charles Louis Dupont et Félix Marie Rebattet aboutira à la réunion des sociétés précédentes :
- ensemble, ils sont successeurs des commissionnaires en quincaillerie Ducoudré & Guichard,
- repreneurs de l’entreprise de Benjamin Delaune vers 1891,
- puis Rebattet, resté seul, reprendra Verret-Truffault en 1903.

... la société Dessant (et successeurs) attendra la reprise de Rebattet & Baroche pour rejoindre le giron commun.

1892 la raison sociale devient : Comptoir Français de Quincaillerie C. Dupont Ainé & Rebattet, et le siège est fixé au 72 Boulevard Richard-Lenoir à Paris.


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Rebattet (1895-1921)

Evolution de la raison sociale : Comptoir Français de Quincaillerie C. Dupont Ainé & Rebattet (1892-1895), Rebattet & Cie (1895-1907), puis F. M. Rebattet & Cie (1907-1921).

Au décès de C. Dupont en 1895 ses héritiers deviennent des actionnaires de la société rebaptisée Rebattet & Cie.
1895 est l’année de publication de l’imposant Tarif-Album N°8 du Comptoir Français de Quincaillerie RBT de F. M. REBATTET, objet d'un prochain article.


1895 Tarif-Album N°8 du Comptoir Français de Quincaillerie (relié 1907)
(document Marc Ouvrard)

Ce tarif-album de 764 pages en consacre trois aux tire-bouchons, pages précieuses puisque représentatives des productions des principaux fabricants en 1895 : Pecquet, Pérille, Guichard...



Petite "mise en bouche",  avant notre prochain article

Nous y reviendrons très bientôt et ces pages seront détaillées.

1903 reprise de la quincaillerie Verret-Truffault.

1909 dépôt de marques pour F. M. Rebattet & Cie : le logo à l’abeille et le sigle R.B.T.


Logo et marques R.B.T. déposées le 31.12.1909


1922 rachat de F. M. Rebattet par Baroche & Benouville.


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Mais là commence "L'après Rebattet & Baroche" : à découvrir dans le prochain article sur le Blog !
Et l'analyse du Tarif-Album N° 8 de Rebattet suivra très vite !

Merci Bernard, pour cette belle coopération !



M

dimanche 7 juin 2026

ENIGMA N° 90 : CANNES DE METIER : VOS REPONSES

 
Amis blogueurs, bonjour !

Vous n'avez pas été longs à apporter vos réponses à notre 

ENIGMA N° 90 : DEUX CANNES DE MÉTIER




Voici vos propositions.


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Concernant la canne droite :
Rappelons que :
- elle est probablement française, comme le montre son marquage "mètre",
- elle comporte une virole à une extrémité et un embout ferré à l'autre, 
- elle mesure un mètre (graduations tous les centimètres et subdivisions en décimètres).

Jacky y a vu "une canne de drapier ou de marchand de tissus".

Pour Marc, c'était peut-être "une canne servant pour tirer un échantillon dans un tonneau" ? Genre "vrille des accisiens", "accisien" étant un belgicisme pour désigner un agent du service de contrôle des alcools.
Une autre idée était qu'il s'agissait peut-être d'une "canne de chef militaire".

Tomas a pensé qu'il pouvait s'agir d'une canne de paysan "graduée permettant de mesurer la taille de l'herbe de pâturage, peut-être pour décider de débuter la récolte du foin".

Bernard a d'abord pensé à une velte de jaugeage des tonneaux, par "déformation de collectionneur imbibé", nous dit-il. Mais comme il possède plusieurs veltes, il sait que ce n'est pas la bonne réponse. 
S'appuyant sur la présence des graduations, il rejoint Jacky pour proposer à son tour "une canne de drapier", appelée également "aune de drapier". Il précise que l'aune, mesure des étoffes de 0.676 à 1.118, a été supprimée en 1840. 

Pour mémoire, j'avais déjà évoqué ici les aunes de drapier en 2021. 
"En Alsace, l'aune de mariage ou aune de mariée était le cadeau traditionnel que devait faire le promis à sa jeune fiancée. C'était là le gage que celle-ci serait bonne épouse et bonne couturière ; et de fait une belle aune servait une vie entière, voire se transmettait de génération en génération.


Son nom était celui d'une unité de mesure ancienne : l'aune drapier, pièce de bois ou de métal utilisée par les drapiers et, par extension, par les couturières pour mesurer les tissus.
La mesure était locale, l'aune de Paris valait d'ailleurs approximativement le double de l'aune drapier alsacien. L'aune alsacienne avait une longueur totale d'environ 66 cm, mais la partie utile, graduée, ne mesurait qu'environ 54 cm.
Le fiancé se devait de faire en fonction de ses moyens autant que de l'amour qu'il portait à sa promise. Il pouvait acheter ou, mieux, fabriquer et personnaliser son cadeau et certaines aunes richement décorées sont aujourd'hui très recherchées."


Au terme d'un dernier échange, et avec un indice de plus, Bernard m'a donné la solution : une canne de bucheron pour mesurer des stères de bois.
Pour être plus précis, cette canne est généralement dite canne à cuber ou canne à stérer (un stère de bois = 1 m3), destinée à contrôler le volume de bois affoué :



Utilisation de la canne à cuber (M & IA)


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Concernant la seconde canne, à poignée recourbée :
Nous savons qu'elle est marquée "Meter" (origine germanique ?), possède aussi un embout ferré et est dotée d'une poignée courbe et fendue à son extrémité.
Le fût est gradué de haut en bas, de 0 à 80 cm (+ 10 cm jusqu'à l'extrémité de l'embout ferré) et est rainuré depuis la base de la poignée jusqu'à l'embout.
La rainure cache une tige plate en fer, longue de 40 cm, pouvant pivoter et s'insérer dans la fente de la poignée pour former un angle droit.

Un autre Marc, brocanteur à Metz, m'avait expliqué qu'il s'agissait d'une canne de maquignon, destinée à mesurer la hauteur des animaux au garrot. J'avais enregistré sans pour autant bien comprendre la façon d'utiliser l'équerre, inadaptée à des animaux de grande taille : chevaux, bœufs...

Bernard confirme : "ta canne est une canne de maquignon, avec deux usages : la canne en elle-même servait à guider ou faire avancer les animaux, l'ingéniosité de la toise pliante permettait la mesure et hauteur (au garrot??). Certaines cannes de maquignon étaient dotées d'un rehausseur vertical de la toise pour adaptation à la hauteur des animaux." 



Vu sur eBay


Soit, il s'agirait donc d'une canne pliante de maquignon, probablement d'origine germanique, destinée à vérifier rapidement la taille d'animaux domestiques de petite taille : veaux, moutons, porcs, éventuellement petits équidés... en les faisant passer sous la toise lors des foires et transactions.



Mais même l'IA doute... !


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Bernard ajoute que les cannes sont nombreuses selon les métiers et corporations : canne de bourrelier, de drapier, canne de scribe écrivain, canne de géologue avec poignée marteau, et d'autres.....
Il nous renvoie à deux ouvrages :
- "Les cannes à système - Un monde fabuleux et méconnu" par Catherine Dike :




- "La Canne. Objet d'Art" par Catherine Dike et Guy Bezzaz :





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Une canne à cuber ou stérer donc et peut-être une canne de maquignon, mais d'une utilisation mal établie...
Merci aux contributeurs !
Et surtout, je crois que les conseils de lecture de Bernard sont les éléments les plus utiles de cet article !



M

lundi 1 juin 2026

ENIGMA N° 90 : DEUX CANNES DE MÉTIER

 

Amis blogueurs, bonjour !


Me voici de retour, doté d'une nouvelle prothèse du genou et, temporairement, d'une paire de béquilles.




Des béquilles, des cannes en somme ? ... de là m'est venue l'idée de vous proposer une nouvelle énigme :

ENIGMA N° 90 : DEUX CANNES DE MÉTIER


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Ce ne sont pas des cannes dissimulant épée ou tire-bouchon, toujours recherchées par les collectionneurs...



3 cannes tire-bouchons,
collection Jean-Paul Boussat dispersée par la Maison ADER en juin 2022



Non. Mais parmi les objets insolites qui toujours me fascinent, je possède deux cannes professionnelles, lesquelles intriguent parfois aussi mes visiteurs et ce sont des cannes à système quand même :





Toutes deux sont dépourvues de marquage permettant d'identifier un fabricant. Le bois n'a rien d'exotique : hêtre, frêne ou noisetier ? Ce ne sont pas des cannes de promenade, encore moins de parade, ce sont de simples accessoires nécessaires au quotidien de ceux qui les utilisent.
Et le mieux est de vous les décrire.


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- La première est ferrée à une extrémité et peut donc servir de canne de marche. Cependant le fût mesure un "mètre" - marquage en français - et est gradué en centimètres, le "0" se trouvant en haut de la canne et le "100" au niveau de l'embout ferré.





Haut de la canne : marquage "1 mètre" et début des graduations


Bas de la canne : embout ferré et dernières graduations



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- La seconde, également ferrée, est dotée d'une poignée de marche, dont l'extrémité est fendue. 
Le fût, marqué "Meter" (anglais ou allemand), est également rainuré depuis la base de la poignée jusqu'à l'embout. Il est gradué de 0 à 80 cm (+ 10 cm jusqu'à l'extrémité de l'embout ferré).
La rainure cache une tige plate en fer, longue de 40 cm, pouvant pivoter et s'insérer dans la fente de la poignée pour former un angle droit.





Haut de la canne : marquage "1 mètre" et début des graduations, à partir de "0"


Dans la rainure du fût, une tige métallique longue de 40 cm et pouvant pivoter



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A qui et à quoi servaient-elles ?
J'imagine que cette double énigme ne vous résistera pas longtemps et j'espère que vous me ferez part de vos propositions de solutions : je ne manquerai pas de les publier.

Brocantes et tire-bouchons attendront encore un peu !



M

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