vendredi 23 juillet 2021

RARES ET ANCIENNES ETIQUETTES DE VINS


Amis lecteurs, bonjour !



Il y a la bouteille (ancienne), il y a le tire-bouchon, mais n'oublions pas l'étiquette !


J'ai consacré deux articles à ce sujet sur le blog, il y a déjà un peu de temps. Vous pouvez les retrouver grâce aux liens ci-après :




Bien que je ne les collectionne pas, les étiquettes de bouteilles sont par elles-mêmes, d'un réel intérêt. 
Comme les sceaux de verre, et bien que plus tardives, les étiquettes, peuvent aussi nous aider à dater les bouteilles anciennes.


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Yvon, fidèle lecteur de ce blog, et spécialiste de la question, m'envoie un article qui ne manquera pas de vous intéresser, j'en suis sûr.

Laissons lui la parole :

"Voici quelques vieux exemplaires auxquels je m'attache...




La Romanée est signée du Lithographe Bonaventure Tournier, basé à Chalon/Saône à partir de 1840 environ. Le dessin du vieux cep exubérant de grappes et couronné me plaît beaucoup.



Signature en bas à gauche : Lith. Tournier



Celle du Chartreux de Villeneuve-lès-Avignon (Paulin Malosse, décédé en 1825) m'émeut par sa gravure naïve et sans prétention. Je crois t'avoir déjà dit que son domaine fut sans doute l'un des rares vins de "La" Côte du Rhône à avoir été reconnu comme digne d'intérêt par les vrais connaisseurs.



Il se trouve aussi que, après avoir cherché longuement le lieu concerné (Cartes de Cassini de fin XVIIIe....), j'ai fini par mettre la main sur le "chemin du Sauvage", et passé 2 nuits en juillet 2020 dans la bâtisse encore quasi-intacte, au milieu des vignes !!"

On notera que cette belle étiquette "ensoleillée" remonte au début du XIXe siècle, comme le montre le millésime à compléter : 
"Année 18..." 
Et bien sûr, elle est antérieure à 1825, année du décès de Paulin Malosse... une pièce historique donc !



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Pour illustrer cet article et vous donner l'envie d'aller plus loin dans ce domaine, voici quelques exemples d'étiquettes intéressantes que vous pouvez retrouver actuellement en vente sur eBay : les liens sous les images vous y conduiront directement.











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Merci à Yvon pour sa très intéressante contribution, faites comme lui : écrivez-moi et je ne manquerai pas de vous publier.



M




jeudi 15 juillet 2021

WEEK-END HELIXOPHILE


Amis lecteurs, bonjour !


Ici, c'est le déluge et juillet ressemble à octobre !


Me voici de retour sur le blog, et c'est pour vous raconter un beau week-end entre hélixophiles. 

Les amis du Bureau du CFTB sont en effet venus jusqu'en Lorraine pour nous visiter : Françoise et Patrick Bordat, Jacky Corbel, Jean-Pierre Lamy, Pierre Lenuyeux, Philippe Marques et Maxime Paillisson.

Le temps était encore clément, la "mousson" de juillet 2021 n'avait pas encore débuté et, même en Lorraine, on pouvait se croire en été.



Reprise de contacts


Nous avons un peu travaillé, bien mangé et bien bu, découvert les côtes de Meuse, beaucoup ri. Nous avons un peu chiné aussi, avec un succès limité !


Un peu travaillé ? 
Je ne vais pas vous faire ici un compte rendu de nos travaux : réservons cela pour les membres de notre Club. Disons seulement que le Club Français du Tire-Bouchon se porte bien malgré l'adversité et que nous attendons avec impatience de retrouver les amis pour la Bourse d'échanges de La Rochelle le 16 octobre prochain.



Bientôt la Bourse d'échanges à La Rochelle !

Chaque participant sera muni de son passe sanitaire dûment enregistré et bien sûr nous respecterons tous les gestes barrières.


Bien mangé et bien bu ?
Comme c'est de coutume entre nous, chacun apporte des produits - solides et liquides - "de sa ferme"... ou des fermes amies : le pâté de Tours aux poires tapées de Jean-Pierre, les terrines, les petits fromages de chèvre, l'angélique et la plante-huître...


Pâté de Tours et toasts à la plante-huître


Ajoutons-y un peu de cuisine lorraine, un restaurant sympa, un barbecue et un peu de restauration dite rapide en brocante.


Une belle adresse : le restaurant Racines, Briey



et aussi le Kebab d'Arlon


Arrosons-ça tranquillement de Chablis, de Gevrey-Chambertin, de Gigondas et de Pomerol, trinquons à la mémoire de nos amis disparus et puis finissons la soirée au limoncellissimo di Marco !

Découvert les côtes de Meuse ?
Une cave, celle de la famille Blanpied à Viéville-sous-les-Côtes (Meuse), pour une dégustation des spécialités locales : auxerrois, chardonnay, pinot gris et rouge, crémants, mais aussi jus de pommes et de mirabelles, eaux-de-vie de pays : kirsch, mirabelle, quetsche...


Le site magnifique de 
Vigneulles-Lès-Hattonchâtel, son château ses maisons Renaissance, sa vue panoramique et son insolite café-brocante, "L'Air du Moulin"...


Beaucoup ri ?
Maxime, très en verve, nous a enfermés dans des fous-rires à répétition. 


Eliane riait tellement qu'elle avait bien du mal à mettre son masque !


Nous étions de toute façon tous d'humeur taquine !


Un peu chiné ?
Le week-end n'avait pas été choisi au hasard : les Puces de Metz étaient au programme le samedi et celles d'Arlon le dimanche. Le port du masque ne nous a pas empêchés de reconnaître les amis, ni de nous en faire reconnaître : certains stands nous ont retenus bien longtemps !


De gauche à droite : 
Marc, Jacky, Philippe, Maxime, Patrick, Pierre, Jean-Pierre, Françoise et Eliane


Chiné quoi ? 
Pas de Stradivarius ni de Gallé : chacun a seulement trouvé ce qu'il ne cherchait pas !


Les filles : vase, cache-pot, terrines, cadres, peluche, nappes...


... et les garçons : stérilisateur à bocaux, peigne à myrtilles, tocotte et autres outils, une montre et même quelques couteaux et tire-bouchons...


Les puces d'Arlon ont aussi été l'occasion d'une belle rencontre : celle de Patrick Christiaens, nouveau membre du CFTB, venu de Villers-Perwin, près de Charleroi, pour nous retrouver.


Patrick et Marc


Je crois bien que ces "importantes" réunions de Bureau vont bientôt me manquer !



M




mardi 29 juin 2021

ENIGMA N° 68 RESOLUE : UNE BELLE BONDONNIERE XIXe SIECLE



Amis lecteurs, bonjour !


Comme je le supposais, mon ENIGMA N° 68 ne vous a guère résisté,

il s'agissait d'un outil de tonnelier : une bondonnière du XIXe siècle, taillée à la main.




Plusieurs d'entre vous m'ont parlé de râpe de type "queue de rat", mais quel rat à une queue de 2,4 kg et longue de 48 cm ? Et surtout, comment l'utiliser ?

La raison sociale a conforté Jean-Pierre dans cette hypothèse : il a bien vu que la maison ROLAND-AINE & PEYRON était spécialisée au XIX° siècle dans la taillanderie.

Jacky a évoqué avec raison un outil de tonnelier.



Des entailles travaillant en rotation



Pascal y a vu un outil à "faire un trou rond dans du bois". Il a noté la forme et la disposition des entailles et en a conclu qu'elles devaient nécessairement travailler en rotation.

Et tous avaient partiellement raison ! La bondonnière est une râpe à bondes, outil de tonnelier, travaillant par rotation pour réaliser un trou évasé : la bonde, dans laquelle sera ajusté un bouchon tronconique.
Complète, la bondonnière est munie d'une poignée perpendiculaire à la râpe, comme celle d'une tarière. Mais celle que j'ai chinée chez un brocanteur du côté du Mans avait perdue la sienne.



Bondonnière XIXe siècle munie de sa poignée
(Proantic)


Le site histoiresdoutilsartisanaux.fr nous apprend que la bondonnière, aussi appelée losse, lousse, losset ou tarière à esquive, perce au centre de la douve de bonde (la plus renflée du tonneau) le trou évasé où prendra place la bonde, le mot bonde désignant à la fois le trou et le bouchon utilisé pour le fermer.


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Le sujet vaut bien un petit développement sur l'entreprise ROLAND-AINE & PEYRON :
Elle était située dans une commune de l'arrondissement de Saint-Etienne : Le Chambon-Feugerolles (département de la Loire).
Wikipedia nous en dit un peu plus :
Au XVIe siècle, l’activité de la coutellerie s'est développée au Chambon-Feugerolles.
La métallurgie y est apparue dans la seconde moitié du XIXe siècle avec notamment  l’installation des usines Crozet-Fourneyron, Claudinon, Chambert... puis pendant la Première Guerre mondiale celle de Forges et Camargue qui produisait des aciers spéciaux. Les fabrications étaient assez variées : limes, pièces forgées ou moulées, éléments pour l’armement, outils… 
En 1880, la ville recensait 480 métallurgistes (772 en 1912), environ 1 000 ouvriers de forge et 900 pour la taille des limes.

La maison ROLAND-AINE & PEYRON, fondée en 1862, revendique dans ses correspondances son statut de Manufacture de limes, râpes et aciers, avec pour logo le dessin d'une abeille.



Facture 1908, en vente sur eBay.


On notera le gage de qualité donné en bas de page : "Toutes les limes de notre fabrication sont taillées à la main et non mécaniquement."

Le site arcoma.fr nous éclaire sur la fabrication des limes dans un article consacré à l'histoire des tailleurs de limes du pays du Gier (voisin du Chambon-Feugerolles) :
"La construction [de la machine à tailler les limes] a pour objet que la lime avance à la rencontre du ciseau qui doit la tailler, d'une quantité uniforme à chaque levée de marteau ; que le marteau lève également à chaque passage de levées sur l'arbre tournant, afin que les entailles que forme le ciseau soient d'une profondeur égale, et que le ciseau, relevé par un ressort, se dégage de lui-même des tailles de la lime… Le tranchant du ciseau doit être bien dressé et adouci sur la pierre à huile afin que la lime soit bien taillée. On pose les limes sur du plomb ou de l'étain afin que le côté taillé ne se meurtrisse point lorsqu'on taille le côté opposé."  [...]
"En 1838, une équipe d'ingénieurs ou d'artisans rédige le Dictionnaire de l'industrie manufacturière, commerciale et agricole. A leur tête, par ordre alphabétique, on trouve M. A. Baudrimont. L'euphorie de l'abbé Jaubert ne semble plus de mise. Les machines à tailler les limes - la première a été conçue vers 1700 ; l'auteur en décrit 4 -  sont plus ou moins abandonnées. Elles n'égalent pas la taille manuelle de la lime, "opération que des jeunes filles font sans se gêner, en chantant, en causant entre elles !"

Ce fut manifestement le choix de ROLAND-AINE & PEYRON !


Quant au devenir de l'entreprise, le catalogue de la Manufacture française d'outils, limes et râpes Jacques ROLAND de 1947, successeur, présenté sur le site archive.org, indique que :
"75 ans plus tard, en Janvier 1937, bénéficiant de trois quarts de siècle d'expérience, cette Manufacture constituée en Société à Responsabilité Limitée sous la dénomination "Etablissements Jacques ROLAND" fut réorganisée, modernisée, pourvue dans de nouveaux et spacieux ateliers d’un outillage perfectionné."



Seule la couverture du catalogue est accessible sur le net.


Une SARL "Etablissements Jacques ROLAND" semble toujours présente rue Gambetta à Le Chambon-Feugerolles, mais le site sirensiret.fr ne propose aucune information la concernant.


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Cette belle et ancienne bondonnière nous aura fait voyager !
Merci à vous tous d'avoir essayé de résoudre mon énigme et bravo à Jean-Pierre, Pascal et Jacky qui ont approché au plus près de la réponse !


M


dimanche 27 juin 2021

LE ZIG-ZAG, DE JULES BART A ROGER BART

 
Amis hélixophiles, bonjour !


Je veux évoquer ce matin une rencontre inespérée, celle faite avec 

Roger Bart, fils de Jules Bart, l'inventeur du ZIG-ZAG.


Olivier, un arrière-petit-fils de Jules Bart, avait pris contact avec moi après avoir découvert sur ce Blog les articles que j'avais précédemment consacrés à son aïeul, génial inventeur du ZIG-ZAG.
Il me suggérait de rencontrer son grand-père, Roger, fils cadet de Jules Bart, et qui serait certainement heureux de me parler de l'entreprise familiale.

Roger Bart, dont vous vous doutez qu'il est très âgé, vit retiré à l'autre bout de la France : un rendez-vous difficile, donc !

Le hasard a cependant bien fait les choses : devant aller passer quelques jours en Bretagne, j'ai réussi à convaincre mon épouse - à moins qu'elle ait bien voulu me le faire croire ? - que notre route passerait pile-poil au sud de l'estuaire de la Loire, tout près de chez Monsieur Bart.
Ben oui, mais impossible de joindre ni Olivier, ni Roger Bart avant notre départ : il ne restait plus qu'à renoncer à ce projet et à nous contenter du soleil breton et de la pêche en mer.
Une semaine plus tard, obstination aidant, je fis une nouvelle tentative avant de prendre la route du retour et là, miracle, c'est Roger Bart lui-même qui décrocha le téléphone ! 
Nous devions venir, même à 12h30 comme l'indiquait mon GPS : il nous attendait et était impatient de nous recevoir.
200 kilomètres et quelques embouteillages plus tard, nous étions à pied d'œuvre.

Et Roger Bart pouvait nous raconter son histoire de vie...



L'album de famille



Il me faudra un peu de temps, en donner la primeur au principal intéressé, puis au Club Français du Tire-bouchon, mais je vous raconterai la suite dans un "prochain numéro", comme on disait dans les romans-photos d'autrefois !



M


lundi 21 juin 2021

ENIGMA N° 68 : UN OUTIL ANCIEN PAS SI ELOIGNE DU TIRE-BOUCHON

 
Amis lecteurs, bonjour !


Retour de vacances, il faut bien reprendre !
Je vous propose une nouvelle énigme, pas trop compliquée, en "amuse-bouche" :

ENIGMA N° 68 : un outil ancien pas si éloigné du tire-bouchon.


Il s'agit d'une trouvaille de vacances, chinée chez un brocanteur sarthois, spécialiste de l'art populaire.





L'objet, tout en fer, n'est pas emmanché.
Il est de forme conique et mesure 48 cm de long, dont 35 cm de partie agissante. Son diamètre maximal est de 4,3 cm et le minimal de 1,4 cm.
Des dimensions assez imposantes donc, comme sa masse : 2,4 kg !


La base de l'outil comporte un marquage qui vous livrera sûrement très vite la bonne réponse :





On peut y découvrir une raison sociale : ROLAND-AINE & PEYRON, ainsi qu'un logo, mouche ou abeille.


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Je ne manquerai bien sûr pas de publier vos contributions.



M


mercredi 26 mai 2021

ENIGMA N° 67 : PECQUET OU PAS PECQUET ?



Amis hélixophiles, bonjour !


L'énigme du jour n'appelle pas de longs développements. 
Elle peut se résumer ainsi :

ENIGMA N° 67 : Pecquet ou pas Pecquet ?




Un tire-bouchon à mèche protégée



J'ai acheté il y a peu ce tire-bouchon à mèche protégée. Le vendeur, membre du Club Français du Tire-Bouchon, était convaincu qu'il s'agissait d'une fabrication d'Adolphe Pecquet.


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L'objet figurait sur une photo de mon dernier article :

Et cette photo n'a pas échappé à Lionel Belhacène, le spécialiste de Pecquet au sein du CFTB. Voici son commentaire :

"Pour ce TB, ce n'est pas un Pecquet, c'est pour moi quelque chose de certain. Le "cache mèche" ne correspond pas exactement à la forme de ce que je connais de ce modèle chez Pecquet (même s'il ne fait pas encore partie de ma collection...). La tige est aussi assez différente. Sur tous les modèles signés Pecquet que j'ai pu observer, j'ai remarqué qu'ils sont tous exactement sur le même modèle de tige, de mèche et de protège mèche. Seule la couleur de la corne blonde varie (et c'est normal puisque c'est une matière naturelle).
Voilà ce que je peux t'en dire. Pour le reste, je ne sais pas à quoi peut correspondre la marquage."

Nous pouvons faire cette comparaison à partir de la photo du tire-bouchon fabriqué par Pecquet et figurant en page 157 du livre référence de Gérard Bidault, Les tire-bouchons français :



Gérard Bidault, Les tire-bouchons français, page 157


Il est aisé de constater que Lionel a raison, le tire-bouchon que j'ai acheté n'est pas identique au modèle Pecquet, même s'il en est très proche :
- le fût de la mèche est entièrement cylindrique, sans étranglement dans la partie supérieure,
- la mèche est davantage étirée,
- et surtout le marquage est différent.

Habituellement les tire-bouchons à mèche protégée fabriqués par Pecquet sont marqués DEPOSE A.P. PARIS. 
Celui que j'ai acquis porte des marques d'assemblage : 
- un chiffre 5 figure sur le haut du fût et un autre sur le protège-mèche,


Deux chiffres 5, marques d'assemblages


- on devine aussi la marque suivante, de part et d'autre du protège-mèche :


Proche du chiffre 5, la marque inconnue


La voici copiée et agrandie :




Avez-vous déjà rencontré cette marque et, si oui, savez-vous qui se cache derrière elle ?


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J'espère vraiment votre aide, et je ne manquerai pas de publier vos propositions, comme c'est l'habitude sur ce blog.



M


lundi 17 mai 2021

HELIXOPHILE, JEUNE ET EXPERT !



Amis lecteurs, bonjour !


C'est la visite d'un collectionneur jeune et expert que je veux vous raconter aujourd'hui : une rencontre intergénérationnelle en quelque sorte !


Maxime Paillisson et son amie Emilie sont venus nous visiter en Lorraine !


Tous les membres du Club Français du Tire-Bouchon connaissent Maxime et son amie : j'espère que les hélixophiles du monde entier auront envie de les connaître après avoir lu cet article !


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Déplacer Maxime sans raison n'était pas raisonnable. Alors, nous nous sommes dit qu'il était urgent pour lui de recompter les numéros de l'Extracteur restants en stock et à disposition des membres de notre club : l'affaire justifiait bien qu'on y consacre le pont de l'Ascension ... ou au moins une petite heure ! Et impossible de faire sans le soutien moral de nos compagnes, bien sûr : elles ne furent pas de trop pour soutenir les efforts du chargé d'inventaire !

Ce travail effectué, il nous est resté un peu de temps - genre trois jours moins une heure - pour faire apprécier les ressources lorraines : la météo, le jardinage, la gastronomie, le vignoble des Côtes de Meuse, le petit tour en Allemagne, Schengen et ses accords, les terrasses luxembourgeoises...





Le jardinage






Un peu de temps aussi pour parler club et tire-bouchons...
Club ? Maxime apporte sa jeunesse et dépoussière sans se forcer toutes nos représentations. Je suis convaincu (je l'étais déjà avant) qu'un club doit se renouveler sans cesse et que "la sagesse" des anciens ne peut que s'enrichir des remises en cause des plus jeunes : 
les jeunes nous aident à devenir vieux !

Tire-bouchons ? Chacun collectionne à sa façon. 
Moi, j'aime bien l'histoire et les histoires plus que les objets, la recherche plus que l'accumulation et les tire-bouchons que je trouve s'endorment souvent pour longtemps dans le désordre de mes tiroirs ou de mes étagères.
Maxime, lui, privilégie deux fabricants français : Pérille d'abord, Pecquet ensuite, inspiré peut-être par l'ami Lionel Belhacène ? Il sait  tout d'eux ou presque et continue pourtant de chercher, toujours prêt à investir, toujours en quête d'un autre modèle, d'une variante... Ordonné, il met ses trouvailles en scène, les enregistre sur ordinateur et voyage ainsi partout avec l'image de sa collection. Joyeux, il ne se prend pas au sérieux et vit sa quête comme un partage avec les amis... Un modèle pour nous tous !



Pérille et Pecquet... nous avons comparé nos derniers achats. 


Maxime jubile devant ses deux derniers Pérille et guette du coin de l'œil mes Pecquet : il emportera même une hélice du même Pecquet par mégarde ! 
Nous nous interrogeons tous les deux sur mon tire-bouchon à mèche protégée (en bas à gauche sur la photo ci-dessus), attribué à Pecquet, mais marqué "LX" ? Saurez-vous nous en dire plus ?

Pecquet, c'est un bon sujet, non ? Peut-être réussirons-nous un de ces jours à écrire quelque chose ensemble sur ce fabricant :  n'est-ce-pas, Lionel et Maxime ?


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Nous avons passé ensemble un bon week-end, hélixophile, mais sans excès, et surtout en bonne compagnie.
Entre la pluie et les bouteilles bues avec une relative modération, la visite d'Emilie et Maxime a été bien rafraichissante : merci à eux !



M


mercredi 5 mai 2021

UNE PETITE ANNONCE PROMETTEUSE...

 

Amis lecteurs, bonjour !


Après une période difficile, rythmée par de trop nombreux deuils de proches, il est temps de retrouver un peu de sérénité et quelques plaisirs.
Nous avons tous constaté qu'Internet ne remplace pas les sorties sur le terrain, mais comment y échapper ?
Les magasins d'antiquités-brocante sont tous fermés et il n'y a toujours pas la moindre brocante à "se mettre sous la dent" !
Je guette l'arrivée du courrier, espère les appels amicaux, dévore les revues  spécialisées... pas toujours intéressantes en ce moment...
Et voilà qu'est arrivé hier le numéro 340 de Collectionneur & Chineur, daté du 6 mai 2021.

C'est dans les petites annonces que j'ai découvert cette offre et que je me suis pris à rêver :



Collectionneur & Chineur
n° 340 du 5 mai 2021


Cocteau, Peynet ? ... curieuses signatures !
La photo ne laissait pourtant pas espérer de trouvaille miraculeuse, mais la localisation dans le département voisin était tentante : la Meuse commence à 15 kilomètres seulement de chez moi. 
J'ai donc téléphoné au vendeur, lequel m'a assuré que le lot était intéressant et que la photo n'en montrait qu'une partie. 
J'étais le premier sur l'affaire et, même si le prix souhaité pour l'ensemble me paraissait un peu décalé par rapport à ce que je voyais, il me restait l'espoir de trouver un "stradivarius" parmi les tire-bouchons non photographiés !
Nous convînmes d'un rendez-vous dès ce matin. Mais la proximité n'était pas si évidente que ça : le vendeur habitait en fait le sud-meusien, à 110 kilomètres de chez moi... un peu loin, mais quand on aime on ne compte pas, n'est-ce-pas ?

Un ami voulut bien m'accompagner : le voyage en serait plus agréable. Enfin nous retrouvions le droit de voyager, dans les limites de l'étonnant couvre-feu !


Le voyage


La Meuse rurale est bucolique en ce printemps : mirabelliers et quetschiers font leurs feuilles, les colzas sont en fleurs,  les vaches, de race meusienne forcément, broutent l'herbe de prés verdoyants...
Mais l'histoire nous guette à chaque tour de roues : c'est que nous parcourons la "Voie sacrée", cette route stratégique historique reliant Verdun et Bar-le-Duc, artère principale de la bataille de Verdun.



Borne spécifique à la Voie sacrée


Voici un extrait de ce qu'en dit Wikipedia :

Cette voie dut être entretenue en permanence, car les camions de transport de matériel et de troupes y défilèrent sans arrêt au rythme d'un véhicule toutes les quatorze secondes en moyenne. Durant l'été 1916, 90 000 hommes et 50 000 tonnes de munitions, de ravitaillement et de matériel l'empruntaient chaque semaine pour alimenter la fournaise de Verdun. Si un véhicule tombait en panne, il était immédiatement poussé dans le fossé pour ne pas gêner la circulation. Des carrières étaient creusées tout le long de la route et des soldats jetaient en permanence des cailloux sous les roues des camions pour boucher les ornières.


Les villages traversés ont tous subi d'incroyables dégâts dans cette guerre inhumaine. 


CPA Internet.


Certains, dits "villages martyrs", ont disparu. La plupart ont été reconstruits avec les "dommages de guerre". Les maisons à parements de briques rouges marquent cette période de l'entre deux-guerres : ce sont souvent les plus nombreuses !


La rencontre


La route se termine. Notre destination est un petit village très ancien qui nous permet de rêver d'antiquités.
Mais à l'adresse indiquée s'élèvent quelques bâtiments collectifs inattendus : la ville n'est pas loin.
Notre homme nous attend au seuil de son immeuble. Il est bourru, peu causant et ne porte pas de masque. A ses pieds, deux sacs en plastique contiennent ses trésors.
Je demande s'il ne serait pas possible d'étaler les objets sur une table pour les examiner, mais il me répond que je les verrai aussi bien par terre. C'est finalement sur le plancher du coffre de ma voiture qu'il nous les présente.

Déception : il n'y a aucune belle pièce, seulement quelques dizaines de sommeliers et décapsuleurs contemporains et une trentaine de tire-bouchons assez basiques... et bien sûr rien qu'on puisse attribuer à Cocteau ou à Peynet !

Me serais-je arrêté en les voyant sur le stand d'un brocanteur ? Même pas sûr ! Mais là, j'ai fait la route exprès, je ne peux quand même pas repartir bredouille ! 
Alors je sélectionne quelques pièces : trois "pisseurs" (on dit "pisseurs" m'a justement rappelé l'ami José Cardoso, mais j'y reviendrai), un Verpillat, un tire-bouchon en laiton vantant les forges de Dommartin, un Bossin, un "4 doigts" avec décapsuleur, un "T" manche en corne, deux extensibles très communs, auxquels j'ajoute trois décapsuleurs et trois sommeliers publicitaires. 



Mes achats.


Nous convenons d'un prix raisonnable et nous nous quittons, un peu déçus pour notre part de ne pas avoir pu converser davantage.

Soyons positif, je ne l'ai pas dit mais je suis ravi d'avoir dans le lot trois "pisseurs".
J'ai pensé d'emblée qu'ils avaient été fabriqués par notre ami Georges Féret : un ramoneur, un cueilleur de champignons (à voir le panier) et un moine à (très longue) ceinture de corde.



Le ramoneur, le cueilleur et le moine.



Mais José Cardoso, le meilleur spécialiste de ces figuratifs, a bien voulu m'apporter les précisions suivantes :
- le ramoneur et le moine (dont la cordelette est anormalement longue) sont des productions "Le Souvenir Moderne", entreprise ayant développé une production similaire à celle de Georges Féret,
- le cueilleur au panier est peut-être un pêcheur à qui on aurait volé sa canne à pêche, c'est incontestablement une production de la manufacture Jobin, installée à Brienz en Suisse : la forme du nez est caractéristique.


Nous sommes revenus, déconfinés et déconfits certes, mais heureux d'avoir renoué avec notre plaisir.
L'échange avec José n'a fait qu'augmenter ce plaisir !



M


lundi 26 avril 2021

LES TIRE-BOUCHONS PANTOGRAPHES HOLLWEG



Amis hélixophiles, bonsoir !


Je ne suis pas très disponible en ce moment, mais je suis heureux de pouvoir partager avec vous un très bon article de lecteur sur 

les tire-bouchons pantographes.




Je dis souvent qu'il y a heureusement autant de façons de collectionner que de collectionneurs : certains recherchent les modèles d'une époque, d'un pays, d'un fabricant ; d'autres privilégient les mécanismes, ou bien les matériaux, des plus précieux jusqu'aux plus ordinaires, d'autres encore ne veulent que des figuratifs... et la liste est loin d'être exhaustive.

Notre lecteur, Jean-Luc, lui cherchait de la documentation sur ce type de tire-bouchons, brevetés par Holllweg.
Il ne se considère cependant pas comme un hélixophile, mais comme "un collectionneur de formes" et nous en donne des exemples : laissons lui la parole...


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En fait, pour moi, la collection s'organise autour d'une certaine forme, bien définie (sinon, cela devient de l'accumulation difficile à gérer...) : c'est ainsi que je collectionne - entre autres - les tire-bouchons pantographes, les briquets de poilu en forme de livre, les verres de cure gravés avec anse et de couleur, les cannes d'art populaire monoxyles... Mais je suis retraité, ce qui explique le temps que j'y passe...


Qu’est-ce qu’un pantographe ? C’est un dispositif articulé qui permet à une locomotive électrique ou à un tramway ou à d'autres systèmes automoteurs électriques, de capter le courant par frottement sur une caténaire. 

Tout le monde voit très bien ce losange - ou cette portion de losange -, plus ou moins plat…

Mais que vient faire cette question sur un blog traitant des tire-bouchons ?


C’est simple : ce nom est également donné, par assimilation, à une catégorie de tire-bouchons qui trouve son origine dans un brevet allemand déposé par Karl Hollweg en 1891 sous le N°447.185 : ce brevet décrivait un tire-bouchon pliant dans lequel la mèche s’efface entre les quatre pans, au moment de la fermeture. 

L’histoire n’a pas retenu la longueur originelle de la prise fermée : 68 ou 80 mm, mais actuellement, l’on trouve les deux tailles sur les brocantes ou sur le net.

Ce brevet a été exploité dans différents autres pays (France, Etats-Unis, Grande-Bretagne notamment) et sa particularité de proposer quatre faces planes, a déclenché des réflexes chez certains publicitaires, domaine assez novateur à l’époque, qui y ont vite vu la possibilité d’emboutir ces faces afin d’y faire figurer des publicités ayant souvent trait au monde viti-vinicole.




Le plus connu en France est le fameux représentant en spiritueux Léonce Maurant qui, dès 1900, fit marquer des tire-bouchons pantographes de son nom, son adresse et des spécialités qui composaient son portefeuille, que ce soit l’absinthe, le rhum, le vermouth ou le cassis… Ses tire-bouchons, qu’il distribuait à ses principaux clients, sont assez recherchés actuellement.




Dans le même ordre d’idées, la Distillerie Louis Faye à Thiers a su exploiter ce nouveau support.

Le Champagne Mercier & Cie, le Cognac Sicard (GM) ont également succombé au charme du pantographe, et proposé des tire-bouchons à leur nom.

Dans un monde plus éloigné de l’alcool, Vals-Béatrix, mais aussi Evian-Grottes, ou encore Toni-Kina de Vichy ont adopté ce support.

Aux Etats-Unis, la Brasserie Pabst, présente à Milwaukee dans le Wisconsin depuis 1844, a également édité des tire-bouchons (GM) à son sigle. 

En Grande-Bretagne, le whisky y trouve un terrain de prédilection : c’est ainsi qu’on trouve, entre autres, le Whisky Spécial John Browns, le John Brown’s Three, The Handy…









Curieusement, en Allemagne, patrie du pantographe, peu d’exemplaires semblent être nés de la «folie» publicitaire, seuls ont pu être relevés par moi - pour l’heure - un rare modèle Bürgerbräu Munchener pour le monde de l’alcool, et un estampillé Henry Boker, coutelier de Solingen et fabricant d’outils en acier… 

La chance de dénicher un tire-bouchon pantographe sur les marchés, les brocantes, les salons ou Internet, est faible mais augmente - par là même - le plaisir de l’acquisition… parfois trop vite contrarié… par le prix !


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Si vous possédez vous-même un tire-bouchon de cette catégorie, siglé d’autres dénominations, n’hésitez pas à en faire part à l'adresse du blog, avec photo à l’appui et toute autre précision… je ferai le lien et Jean-Luc sera heureux d'établir un contact avec vous.


Merci à lui de nous avoir fait partager un, peu de ses passions !


M


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