dimanche 9 août 2026

ENIGMA N° 91 : VOS PROPOSITIONS POUR IDENTIFIER MES "PETITS TRESORS DE BROCANTE"

 

Amis blogueurs, bonjour !


Vous l'avez compris, la rédaction du Blog (c'est-à-dire... moi !) est un peu en difficulté en ce moment.

Mais vous avez été quelques-uns à essayer d'identifier les cinq objets proposés dans mon 

Enigma N° 91 : Petits trésors de brocante


Il est donc juste de  juste de présenter vos propositions.


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Redonnons une photo d'ensemble :




De gauche à droite :

1. Ce tire-bouchon marqué LE CREUSET ne vous a pas inspiré plus que moi. C'est d'autant plus étonnant que le modèle est français et de fabrication haut de gamme et qu'il existe en deux versions : brillante et satinée.


Les deux versions : brillante et satinée


Fondée en 1925 à Fresnoy-le-Grand (Aisne), par deux industriels belges : Armand Desaegher, spécialiste du moulage de fonte, et Octave Aubecq, expert en émaillage, l'entreprise LE CREUSET s'est établie comme la spécialiste des "cocottes" en fonte émaillée, rachetant même en 1957 son concurrent Les Hauts Fourneaux de Cousances.

Mais de quand date ce tire-bouchon ? Et a-t-il fait l'objet d'un brevet ??


2. Une rouanne : Bernard, Gauthier, Gérard et plusieurs d'entre vous ont reconnu une rouanne, roanne ou rouannette du tonnelier, outil de la famille des rainettes.

Après le percement de la bonde avec la bondonnière, le tonnelier identifie ses productions à la rouanne ou rouannette, outil qui lui sert aussi enlever les plaques de bonde.



Source : Le Grand Livre de l'Outil de Jean-Paul Paireault



Rouannes "à deux yeux" proposées par Goldenberg dans le catalogue 1927 
(Document Bernard Devynck)


Pas d'éléments sur la marque (incomplète) : ... RU A RENNES et cœur surmonté d'une couronne et d'une croix 





3. Un couteau à huîtres. La réponse n'a pas nécessité de grandes recherches, elle m'a été donnée par celui-là même qui m'a offert cet ustensile : Patrick Bordat, grand connaisseur de l'huître du bassin d'Oléron !




Le couteau, à la poignée de bois tourné, à la garde en laiton et à la lame forte et galbée, a le charme des objets centenaires.


4. Un couteau à parmesan MOSER & C. - MILANO
Gauthier, dont le prénom cache l'origine italienne, a reconnu là le nécessaire ustensile familial : un couteau à parmesan.




Rappelons que le parmesan est un fromage à pâte granuleuse impossible à couper en tranches et que l'on brise donc en morceaux.



Coltello per Parmigiano : Modèle actuellement proposé à la vente 
par Gustini (https://www.gustini.fr/)



5. Le tire-bouchon à aiguille dit "Poignée d'épée"






Jacky Corbel s'est très vite souvenu de ses recherches sur ce modèle, que j'avais présenté ici il y a quelques mois dans un dossier sur les tire-bouchons à aiguille, cf. :

Reprenons son texte :
Tire-bouchon "Poignée d'Epée", décor de Saint-Georges terrassant le dragon, pompe à aiguille à air. Fabriqué et commercialisé en 1972 par la Manufacture Pilote située à Berck Plage (Pas-de-Calais). "La Poignée d'Epée" est son nom commercial et porte le n° 329. Métal argenté. Sur la carte publicitaire de présentation, on peut lire: "Pour déboucher sans effort, et en s'amusant, les bouteilles les plus rebelles... N° 329 - Un tire-bouchon "qui pompe l'air" en métal et vieil argent : 69 F... Beaucoup de nos modèles viennent de vos idées. Merci, mais... recommencez !"
Cette entreprise de vente par correspondance proposait des cadeaux, bijoux et objets "Arts de la table" pour les comités d'entreprise, les administrations, les écoles et aussi les particuliers. Créée en 1958 par Victor Bigio, l'entreprise cesse toute activité en 1979. "La Manufacture Pilote" a tout d'abord fait partie de l'organisation hospitalière de Berck pour la rééducation des malades. Elle devient autonome en prenant un statut d'entreprise. en 1979, devant une menace de délocalisation,  les travailleurs luttent pour garder leur entreprise sous forme de coopérative, hélas sans succès... Il y avait 120 personnes dont 80% d'handicapés.


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Voilà, merci à vous tous.
Il est temps pour moi d'accueillir l'infirmière !



M

vendredi 7 août 2026

JOE PARADI AU PANTHEON DES COLLECTIONNEURS

 

Amis blogueurs,

 
Je devrais être heureux de vous retrouver après trois semaines de silence.
Je ne suis pas vraiment en état de faire des recherches ou d'écrire : l'inflammation de la jambe opérée il y a trois mois (prothèse) me cloue au lit.

Mais hier est venue la nouvelle que nous craignions :

Joe Paradi a rejoint le Panthéon des collectionneurs.





Joe était pour nous un ami d'une intelligence merveilleuse et simple. Il nous a apporté beaucoup par ses recherches et ses écrits. 
J'aimais qu'il soit à la fois universitaire, docteur, savant et aussi modeste que discret.
Il avait accepté de se livrer dans une interview donnée au Blog des tire-bouchons, il y a déjà dix ans. Vous pouvez la retrouver à l'aide du lien ci-après :



Et puis, il y eut le Congrès CFTB de Metz en 2017.
Joe y était venu avec des propositions pour ouvrir et rajeunir notre Club.
Congrès passé, quelques-uns, dont Joe, mais aussi Jérôme et Salli Zimmerman, ont joué les prolongations, notamment lors d'une mémorable cueillette de morilles dans la forêt voisine :



Joe, Josette, Jérôme, Salli, Marc, Patrick et Reinhold aux morilles


Nous somme revenus chargés de notre trésor pour le partager avec Irene Berndt, Françoise Bordat,  Mariangela et Armando Cecconi, Jean-Pierre Lamy, et bien sûr mon épouse Eliane :




Eliane n'avait plus qu'à cuisiner :




Et nous tous à déguster, petitement mais fièrement !





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Je crois que ce temps de convivialité valait alors tous les tire-bouchons du monde !
Et c'est un bon souvenir que revoir Joe ainsi entouré d'amis.

Repose en paix, Cher Joe.
J'imagine l'accueil que te réservent les amis qui t'ont devancés au Panthéon !


Toute notre solidarité à Monika et à sa famille.



M


vendredi 17 juillet 2026

ENIGMA N° 91 : PETITS TRESORS DE BROCANTE

 

Amis blogueurs, bonjour !


Les canicules renouvelées ont ralenti les affaires : beaucoup de vide-greniers de villages ont été annulés. 
Surtout, les Puces de Metz du 20 juin ont été désertées par les exposants, entrainant l'annulation des suivantes, prévues le 04 juillet... au grand dam des chineurs (du mien en tout cas !) 



Hall des professionnels : vide !



Second Hall, avec au fond les particuliers, un peu plus présents


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Notre rituelle fête annuelle de l'été et de la brocante s'en est trouvée affectée : les 35 brocanteurs-chineurs chez nous tout le week-end des 4 et 5 juillet se sont rabattus sur la petite brocante mensuelle de Conflans-en-Jarnisy et sur la Coupe du Monde de football (on y croyait encore !), avant de partir en expédition à Arlon (Belgique) le lendemain... et nous avons fait la fête quand même !



Images de la fête


Arlon, pour moi : un vilebrequin de chirurgien, un pyrogène, un coupe-bague, des puzzles... et beaucoup de ces objets ont été dispersés entre nous lors de notre vente de gré à gré : un cornet acoustique, un service en cristal de champagne, un camion jouet Mathis 1920, des bagues, un groupe en albâtre, une lampe à pétrole...

Et puis tous sont repartis, comme Du Bellay l'avait fait avant eux, "pleins d'usage et raison, vivre entre leurs parents le reste de leur âge".

Et moi, j'ai repris le clavier pour vous proposer de nouveaux articles sur le blog des tire-bouchons.


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J'ai fait ainsi un petit tri entre les objets achetés ou échangés ces jours-ci, juste de quoi vous proposer une nouvelle énigme :

Mon ENIGMA n° 91 rassemble cinq objets : saurez-vous les identifier ?

 



Quelques indices pour vous aider :
- le tire-bouchon de gauche est marqué LE CREUSET,
- deux des trois outils sont marqués : 
 -> MOSER &C. MILANO pour le premier, 
-> un logo difficilement déchiffrable pour le deuxième :


-> le troisième ne comporte pas de marque,
-> enfin l'objet de droite a déjà été évoqué ici.


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J'espère que vous serez nombreux à participer et ne manquerai pas de publier vos contributions... et moi, je serai à Metz demain... seule brocante de l'année en extérieur, et... sous l'orage probablement !







M


jeudi 16 juillet 2026

LA SAGA REBATTET & BAROCHE... AVANT ET APRÈS : DEUXIÈME PARTIE, DUTRUT, BERNIER & DESRUES

 
Amis blogueurs, bonjour !


Ecrasé par la canicule, informatique en panne, il ne me restait plus que la télévision... concert de Paris le 13, défilé du 14 juillet hier matin, étape du Tour de France en attendant la demi-finale de la Coupe du Monde de Football à 21 heures, heure de Paris.
Tadej Pogačar a encore gagné : il ne serait pas un peu français celui-là ? 
France-Espagne, nous avions espéré une revanche après deux défaites, mais les Français ont déjoué et le penalty a vite libéré les Espagnols, tant pis !


Il faut maintenant se remettre au travail et vous proposer, en bonne collaboration avec Bernard Devynck, notre deuxième partie : 


"L'après Rebattet & Baroche", soit la période qui va de Baroche à Dutrut, Bernier & Desrues.


Vous pouvez retrouver notre premier article avec le lien suivant :



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Rappel : L’entreprise F. M. Rebattet & Cie a traversé la première guerre mondiale, jusqu’à sa vente en 1921 à Baroche & Benouville. 
Félix Marie Rebattet décède trois ans plus tard, en 1925.


Deuxième partie : "L'après Rebattet & Baroche"


Baroche & Benouville (1922 - 1926)


Henri Charles Antoine Baroche (1877-1970) est, comme son père Antoine Claude (1838-1896), et comme son frère Charles Alfred (1880-1956), négociant en droguerie.
Il a épousé Suzanne Émilie Adèle Letu (1879-1956) en 1904 ; le couple a eu deux fils : Jacques Antoine Ferdinand (1905-1998), boursier, et Robert Henri Charles (1907-2006), qui sera également négociant.

Nous n’avons pas d’informations sur Benouville.


1922 Baroche & Benouville rachètent F. M. Rebattet et créent leur société :



1921 Vente de F. M. Rebattet (Le Courrier)



17.09.1921 Création Baroche & Benouville (L’Usine)


Leur association ne durera que quatre années, marquées par la publication en 1924 d’un catalogue dit "Extrait du tarif Général N° 8" :




Extrait 1924 du Tarif Général N°8 
(Documents Riccardo Guidi)


Les tire-bouchons sont nettement moins nombreux que dans le Tarif-Album N° 8 de Rebattet en 1895. 
On y trouve peu de nouveautés, si ce n’est un modèle « T.D. » de Tony Dussieux.

1926 Benouville se retire et vend ses parts à Baroche.
Henri-Charles Antoine Baroche reste seul gérant de 1926 à 1929.


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Baroche Frères (1929-1934)


1929-1931 association familiale, la raison sociale devient Société en nom collectif Baroche Frères.

1930 Publication du Tarif n° 19 de Baroche Frères
Ce tarif, numéroté 19, est encore plus restreint que celui de 1924. Deux pages restent cependant consacrées aux tire-bouchons et aux siphons. 
Une hélice R.B.T. y est toujours référencée sous le numéro 14190.




Janvier 1930 Extraits du Tarif Baroche Frères N° 19 
(Documents Loïc Bahuet)


1931 Transformation de la société en nom collectif Baroche Frères en SARL Baroche Frères – Société des Anciens Etablissements F. M. Rebattet :
La SARL est cogérée par les frères de Henri-Charles Antoine Baroche : Charles Alfred (1880-1956) et Marcel Auguste (1886-1981), ainsi que par Charles-Julien Baillivet (1894-1977), domicilié à Paris, boulevard Richard - Lenoir, nº 72.

1932 Création d’une Fédération Interprofessionnelle de Commerce de gros : Baroche (pour la Société des Anciens Etablissements Rebattet & Cie) et Desrues (pour la Maison Dutrut, Bernier, Desrues) sont tous deux membres du comité directeur.
Cela facilitera sûrement la vente des Anciens Etablissements F.M  Rebattet & Cie à D.B.D Dutrut-Bernier-Desrues.

1934 résiliation bail 72 et 74 boulevard Richard-Lenoir, puis dissolution… prélude à la reprise par DBD.


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Ultime étape : DBD pour Dutrut, Bernier et Desrues


La formation de la société Dutrut, Bernier et Desrues ou D.B.D.,  remonte à 1908 et associe :
- André Dutrut (1872-1969), marié à Eva Gibourdel,
- Georges Bernier ( pas d’informations),
- Elie Joseph Desrues (vers 1893-1950) marié à Ernestine Etard.
Desrues est la cheville ouvrière de l’association, dont l'objet déclaré est : quincaillerie en gros : ustensiles de ménage, avec siège social au 15 rue de Marseille à Paris 10°.
La marque D.B.D. est déposée dès 1908 :



Marque D.B.D. déposée le 26.10.1908 (INPI)


L’entreprise est active comme le montre un brevet déposé dès 1911 pour une "poinçonneuse américaine, système D.B.D.".

1919 le rachat par D.B.D. de l’entreprise Lechevretel et Eeckhout / Eeckhout et Foubert va lui permettre de revendiquer la succession de l’ancienne Maison Dessant Ainé, entreprise fondée en 1834.
Cf. à ce sujet notre précèdent article : LA SAGA REBATTET & BAROCHE... AVANT ET APRÈS : PREMIÈRE PARTIE.

Il s’en suit une modification des statuts, pour intégrer une dimension commerciale avec les Etats-Unis, et la prorogation en 1923 de Dutrut-Bernier-Desrues, Franco-American Hardware & Tool Co., avec siège au 68 quai de Jemmapes.



06.10.1923 Modification des statuts et prorogation de  23 ans 
(Archives commerciales de la France)


La croissance de D.B.D. est régulière, avec implantation sur plusieurs sites : 15, rue de Marseille (Franco-American Hardware & Tool Co), Paris 10° et 1, 3, 5, 7 rue Alibert à Paris 10°, mais aussi 68 et 70 quai de Jemmapes (siège social de D.B.D.).



Le siège, Quai de Jemmapes (Document auteur)


Cette carte, destinée à un quincailler, est signée de la main même de Georges Bernier :



1934 est l'année du rachat des Anciens Etablissements F.M. REBATTET et Cie par D.B.D.

1934 voit aussi la création par Dutrut, Bernier et Desrues, d’une société "Desrues y Compañía" en Argentine.

1936 Rachat du Brevet 790.297 obtenu par Théodore Destroyes le 2 septembre 1935 pour le bilame « Trius », tire-bouchon qui figurera encore au catalogue D.B.D. en 1956 :



Publicité D.B.D. 1956


Fin des années 1940 : Publication annuelle de Tarifs confidentiels des Franco-American Hardware & Tool Co / Etablissements Dutrut, Bernier, Desrues & Cie.
L’entreprise se spécialise dans les articles d’importation.

1950 Publication du « catalogue » N° 8 des Etablissements Dutrut, Bernier, Desrues & Cie, sans tire-bouchons. 

1950 Décès d'Elie Joseph Desrues.
André Dutrut lui survivra jusqu’en 1969. 
Nous n’avons pas d’informations concernant Georges Bernier.

1968 Activité encore effective, confirmée par un procès en cassation des Etablissements Dutrut, Bernier, Desrues et Cie contre un fournisseur, la société allemande Abner.

Au-delà, nous n’accédons plus à aucun document commercial de D.B.D. jusqu'à sa radiation en 1985 :




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Les héros identifiés de cette saga se nomment : 
- pour la première partie : 
Delaune & Jeanselme, Ducoudré & Guichard, Verret & Truffault, C. Dupont Ainé & Rebattet, 
- et pour la deuxième partie : 
Dessant, Matthieu, Lechevretel & Girot, Foubert & Eeckhout, Baroche & Benouville, Dutrut, Bernier & Desrues,

... mais si nous sommes heureux, Bernard et moi, d'y avoir apporté notre petite contribution, l’histoire de leurs entreprises n’est ici qu’effleurée : nous vous passons le relais !
Remerciements à Riccardo Guidi et Loïc Bahuet pour la mise à disposition de leurs documents.


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Le troisième et dernier article, à venir bientôt, sera centré sur le Tarif-Album N° 8 de Rebattet.


M




vendredi 26 juin 2026

LA SAGA REBATTET & BAROCHE... AVANT ET APRÈS : PREMIÈRE PARTIE

 

Amis blogueurs, bonjour !


La canicule depuis une semaine, Norvège - France ce soir et, courageusement, le blog reprend !

Dans l’Extracteur N° 117 de décembre 2025, Bernard Devynck avait consacré un important article à la saga Rebattet – Baroche, concluant sur la nécessité de recherches complémentaires, notamment sur les périodes précédant et suivant cette association REBATTET et BAROCHE.

L’occasion a fait le larron : j'ai acquis depuis peu le volumineux Tarif-Album N°8 de F. M. Rebattet, document auquel nous n’avions accès jusqu’alors que sur le net, via Gallica ou le site https://bibliotheques-specialisees.paris.fr/
Cet achat nous a décidés à reprendre ensemble les recherches sur l’histoire de l’entreprise. 

"Tout pourrait commencer par la création d’un comptoir de quincaillerie en 1839 regroupant plusieurs sociétés : C. Dupont & Rebattet, Ducoudré & Guichard, B. Delaune et Verret-Truffault réunies", écrivait Bernard, il y a quelques mois.
Nous sommes donc repartis à la recherche de ces sociétés, "avant et après Rebattet & Baroche" pour aboutir à cet article à quatre mains :

LA SAGA REBATTET & BAROCHE... AVANT ET APRÈS : 


Nous présentons ici la première partie de nos recherches : 

"L'avant Rebattet & Baroche".

"L'après Rebattet & Baroche" fera l'objet d'un prochain article;

Et le catalogue et ses tire-bouchons attendront encore un peu !

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Première partie : "L'avant Rebattet & Baroche"


Une fondation en 1834... ou de Dessant à Eeckhout

1834 Dessant Auguste, dit Dessant Aîné est identifié comme propriétaire d'une "Usine à vapeur pour la fabrication de ferronnerie et couverts métal aciéré". 
Son fils lui succède avant de s'associer avec Bernard Mathieu en 1867 :
Raison sociale : Société Dessant Fils et Mathieu
Objet : commerce de ferronnerie et articles de ménage
Siège : rue des Gravillers, 24, Cour de Rome, 9

1874 Bernard Mathieu reste seul.
Il communique sur sa fabrique de ferronnerie à Hirson (Aisne).



01.01.1874  Mathieu & Cie (Didot et Bottin)


1887 la société B. Mathieu est reprise par Lechevretel & Girot
Raison sociale : Lechevretel & Girot, successeurs
Siège : rue Saint-Martin,138 Paris
Objet : fabrique de soufflets et balais d’âtre, ustensiles de ménage.
L'association dure jusqu'en 1893. 

1893 la société est dissoute avant reprise par Lechevretel & Eeckhout.

1893-1902 Lechevretel & Eeckhout. 
Siège : 93-95 boulevard Richard-Lenoir
Objet : ustensiles de ménage.



01.01.1896 Lechevretel & Eeckhout 
(Firmin Didot et Bottin)


1902 Lechevretel cède ses droits à Foubert.
La raison sociale devient Eeckhout & Foubert.
L’objet est conservé : vente d’articles de ménage en gros.

1913 – 1919 après le retrait de Foubert, E. Eeckhout reste seul gérant jusqu’à la vente à Dutrut, Bernier & Desrues.

Cette première ligne de sociétés semble hors sujet, mais elle est pourtant intéressante parce que sa fondation en 1834 sera revendiquée par Dutrut, Bernier & Desrues, les repreneurs de Rebattet et Baroche.



Entête Facture DBD 1935 (Document Bernard Devynck)


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Quincaillerie Benjamin Delaune et P. Jeanselme (1876-1891)

1871-1885 Benjamin Delaune et P. Jeanselme, commissionnaires, s’associent pour fonder la quincaillerie Delaune et Jeanselme, installée au 4 rue Payenne à Paris.

Définition du rôle du commissionnaire : aux termes de l’Article L. 132-1 du Code de commerce : Le commissionnaire est un intermédiaire de commerce qui agit en son nom mais pour le compte d'un commettant dans les limites du mandat qui lui est conféré et pour les opérations qui lui sont confiées.



09.09.1871 Delaune et Jeanselme 
(Journal officiel de la République française)


Benjamin Jacques Delaune (1840-1902), négociant – propriétaire est le fils de Nicolas Sébastien Delaune, limonadier. Il épouse Marie Désirée Guérin en 1875 et en a une fille Marie Hélène Désirée : toutes deux seront victimes de l'incendie du Bazar de la Charité Dames le 4 mai 1897.
Nous ne savons rien de P. Jeanselme, lequel quitte l’association en 1885.
1885-1891 Benjamin Delaune poursuit seul, à la même adresse

1891 L’entreprise Delaune et Jeanselme est reprise par C. Dupont Ainé & F. M. Rebattet.


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Ducoudré et Guichard (1876-1885)

1876 Création de la société en nom collectif Emile Ducoudré & Armand Guichard,  société commissionnaire, sise au 1 rue Saint-Claude, puis au 10 rue du Parc-Royal, à Paris.



13.12.1876 Formation Ducoudré Guichard 
(Journal officiel de la République française)


Les deux associés demeurent à Paris. Emile Ducoudré était précédemment représentant de commerce et Armand Guichard (citoyen belge), employé de commerce.
La société Ducoudré & Guichard durera neuf années avant sa dissolution en 1885 et son rachat par C. Dupont Aîné.


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Verret-Truffault… ou Varret-Truffaut (avant 1882-1903)



01.11.1882  dissolution Varret-Truffault & Fils 
(Journal des sociétés civiles et commerciales)

1882 La quincaillerie dite Varret-Truffaut & Fils (et non Verret-Truffault), 60 rue des Tournelles à Paris, est dissoute : il s’agit en fait d’un simple changement de raison sociale et la société est encore active à cette adresse en 1887, même si l’orthographe des noms a changé : « Verret-Truffaut » !

La quincaillerie Verret-Truffaut se maintiendra jusqu’en 1903, année de son rachat par Rebattet.


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Charles Louis Dupont ou C. Dupont dit Dupont Aîné (1887 – 1895)

Charles Louis Dupont (1856-1895) est recensé comme commissionnaire en 1884, puis comme négociant en 1887.
Entrepreneur actif, il reprend la société Ducoudré & Guichard en 1887, puis s’associe avec Félix Marie Rebattet en 1889.



01011890 Dupont & Rebattet (Firmin Didot et Bottin réunis)


Mais des décès précoces vont frapper la famille Dupont. Charles Louis Dupont a épousé Sophie Pauline Antoinette Ternisien (1862-1894) en 1884, et en a eu un fils : André Alfred Paul. 
Cette épouse décède en 1894. Et Charles Louis Dupont ne lui survit que quelques mois : âgé de 38 ans, il décède le 11 janvier 1895 à son domicile 72, boulevard Richard Lenoir à Paris, 
Le fils orphelin est alors adopté par une tante, sœur de sa mère, Marie Eugenie Louise Ternisien (1864-1943), et prend le nom de André Alfred Paul Dupont-Ternisien (1887-1947). Il ne suivra pas les traces de son père.
De son côté, Félix Marie Joseph dit Marius Rebattet (1860-1925) a épousé Jeanne Marie Toussaint (1866-1952) en 1866, qui lui a donné quatre enfants, mais deux sont décédés en bas âge et les deux autres ne lui succéderont pas.
Si C. Dupont est dit négociant en 1887, Rebattet se déclare encore comme employé de commerce, lors de la naissance de sa fille en 1892.

L’association en 1889 de Charles Louis Dupont et Félix Marie Rebattet aboutira à la réunion des sociétés précédentes :
- ensemble, ils sont successeurs des commissionnaires en quincaillerie Ducoudré & Guichard,
- repreneurs de l’entreprise de Benjamin Delaune vers 1891,
- puis Rebattet, resté seul, reprendra Verret-Truffault en 1903.

... la société Dessant (et successeurs) attendra la reprise de Rebattet & Baroche pour rejoindre le giron commun.

1892 la raison sociale devient : Comptoir Français de Quincaillerie C. Dupont Ainé & Rebattet, et le siège est fixé au 72 Boulevard Richard-Lenoir à Paris.


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Rebattet (1895-1921)

Evolution de la raison sociale : Comptoir Français de Quincaillerie C. Dupont Ainé & Rebattet (1892-1895), Rebattet & Cie (1895-1907), puis F. M. Rebattet & Cie (1907-1921).

Au décès de C. Dupont en 1895 ses héritiers deviennent des actionnaires de la société rebaptisée Rebattet & Cie.
1895 est l’année de publication de l’imposant Tarif-Album N°8 du Comptoir Français de Quincaillerie RBT de F. M. REBATTET, objet d'un prochain article.


1895 Tarif-Album N°8 du Comptoir Français de Quincaillerie (relié 1907)
(document Marc Ouvrard)

Ce tarif-album de 764 pages en consacre trois aux tire-bouchons, pages précieuses puisque représentatives des productions des principaux fabricants en 1895 : Pecquet, Pérille, Guichard...



Petite "mise en bouche",  avant notre prochain article

Nous y reviendrons très bientôt et ces pages seront détaillées.

1903 reprise de la quincaillerie Verret-Truffault.

1909 dépôt de marques pour F. M. Rebattet & Cie : le logo à l’abeille et le sigle R.B.T.


Logo et marques R.B.T. déposées le 31.12.1909


1922 rachat de F. M. Rebattet par Baroche & Benouville.


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Mais là commence "L'après Rebattet & Baroche" : à découvrir dans le prochain article sur le Blog !
Et l'analyse du Tarif-Album N° 8 de Rebattet suivra très vite !

Merci Bernard, pour cette belle coopération !



M

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