vendredi 30 janvier 2026

TIRE-BOUCHONS ET VIEUX PAPIERS : LA SAGA CHOPIN, FOULQUIER, EYMAR, HAUËT, VIDAL, LEROUX, WITTMER...

 

Amis blogueurs, bonjour !


Bon, certes ce n'est pas la Bible, ni l'Encyclopédie, mais quand même...

LE TARIF N° 45 HAUËT & VIDAL DE 1892

est un beau livre d'histoire(s) !


L'aide de mes amis Pascale et Bernard n'est pas de trop pour vous raconter l'enquête...

Ce lourd catalogue est intitulé :
Quincaillerie Articles de Paris
Anciennes Maisons A. CHOPIN, FOULQUIER & EYMAR
HAUËT & VIDAL
6, Rue Froissart 
PARIS
TARIF N° 45
Spécialité d’achats à commission



Document Marc Ouvrard


Le Tarif HAUËT & VIDAL compte plusieurs centaines de pages illustrées de gravures, et si les tire-bouchons ne représentent qu'une toute petite partie des articles proposés, ils sont quand même une centaine, issus des plus grands fabricants de la fin du XIXe siècle ! 
Dans son Dictionnaire du tire-bouchon français, Gérard BIDAULT écrit à propos de ce Tarif HAUËT & VIDAL  : "Un nouveau catalogue , qui propose un panel de plus de cent tire-bouchons, est édité. PERILLE côtoie BUREL, LEDUC, PECQUET, CREDOT et bien d'autres, dont le brevet de GENOT & GÜNTHER."

Nous datons le Tarif N° 45 de 1892, mais l'histoire de l'entreprise est longue, incertaine et pleine de rebondissements.
Un Tarif N° 45... et nous n'accédons qu'à deux versions antérieures : le Tarif N° 32 et le N° 41 !
Malgré nos efforts de recherches, les dirigeants, souvent, restent dans l'ombre, ne nous ayant même pas toujours laissé leurs prénoms !


Nous nous proposons de :
- vous livrer les éléments que nous avons pu retrouver sur l'histoire de l'entreprise et ses différentes époques,
- vous présenter les Tarifs auxquels nous accédons, 
- et aussi de... faire appel à vous pour compléter nos informations.
Ce sera l'objet du présent article.

Quant aux tire-bouchons, nous les garderons pour un second article, le "dessert" en quelque sorte !


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1ère époque, 1851(?) - 1864 : A. CHOPIN.


Rappelons-nous les raisons sociales citées en "une" du Tarif N° 45 : Quincaillerie Articles de Paris HAUËT & VIDAL 
Anciennes Maisons A. CHOPIN, FOULQUIER & EYMAR.
Spécialité d’achats à commission

Définition :
Selon les douanes françaises, les commissionnaires sont des intermédiaires entre vendeurs et acheteurs ; rémunérés par une commission, ils ne sont jamais propriétaires des marchandises.

A. CHOPIN est le premier dirigeant et probable fondateur (l'année 1851 sera revendiquée comme année de fondation), qualifié de commissionnaire et d'acheteur en "quincaillerie et articles de Paris" : nous ne connaissons pas son prénom et ne savons rien de ses origines, ni de sa vie !

1859 : A. CHOPIN est installé 5 Impasse Chausson Paris 10° :


Annuaire-almanach du commerce, de l'industrie, 
de la magistrature et de l'administration du 01.01.1859

1862 : on le retrouve 6 rue du Roi-Doré à Paris 3° :


Annuaire-almanach du commerce, de l'industrie, 
de la magistrature et de l'administration du 01.01.1862

1864 : au moment de sa cession, la quincaillerie A. CHOPIN est située au 6 impasse Froissart Paris 3°, adresse qui restera celle du siège de l'entreprise.


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2ème époque, 1864 - 1890 : FOULQUIER & EYMAR


FOULQUIER & EYMAR, associés, succèdent à A. CHOPIN, au plus tard en 1864.
Même constat que pour CHOPIN : faute de prénoms, nous ne sommes pas parvenus à retrouver ces dirigeants sur les sites généalogiques auxquels nous avons accès.

1864 : ils occupent deux adresses, séparées de moins de 100 m : 10 rue Commines et 6 Impasse Froissart Paris 3°. 


Annuaire des commerçants ou 
Indicateur des fabricants de Paris et du département de la Seine 
publié par Jules Méreau 01.01.1864

Il est vraisemblable que FOULQUIER & EYMAR étaient déjà installés rue Commines quand l’opportunité s’est présentée à eux de reprendre la quincaillerie de CHOPIN.

Ils y ajoutent l'adresse du 6 rue du Roi-Doré, où était précédemment établi CHOPIN.


Le Rappel 3 juillet 1875


1877 : FOULQUIER & EYMAR publient le Tarif Spécial N° 32, lequel ne propose pas de tire-bouchons.


Tarif spécial N° 32 : on notera l'adresse 6 Rue du Roi-Doré Paris.
Document Bernard Devynck.


1889 : FOULQUIER & EYMAR sont encore associés, puisqu'ils déposent cette année-là la marque "La Comète" au Greffe du Tribunal de Commerce de la Seine (marque non retrouvée sur le site de l’INPI).


Bulletin Officiel de la Propriété Industrielle 
"La Comète" marque déposée pour des tondeuses pour les chevaux 

1890 : FOULQUIER et EYMAR vendent leur entreprise à HAUËT et VIDAL :


Archives commerciales de la France 22 janvier 1890 (montage)


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3ème époque, 1890 - 1895 : FOULQUIER, HAUËT & VIDAL. 


Un mois plus tard, le 1er février 1890, FOULQUIER (sans EYMAR) s'associe avec HAUËT et VIDAL pour créer la société en nom collectif HAUËT & VIDAL, avec clause prévoyant explicitement son retrait deux ans plus tard. 


Archives commerciales de la France 12 mars 1890


On ne sait rien sur les raisons du départ d’EYMAR, absent de l'organigramme : il est pourtant encore dans le jeu au début de cette même année 1890. La ville qui a entrepris des travaux visant au classement et prolongement de l’Impasse Froissart en rue Froissart, s'engage dans une politique de dédommagement des riverains, notamment la société FOULQUIER, HAUËT & VIDAL ou... société FOULQUIER & EYMAR, locataires de Dame NÉRAT.


Bulletin municipal officiel de Paris 20 février 1890 : 
Dame NÉRAT, propriétaire du 6 impasse Froissart


Bulletin municipal officiel de Paris 29 mars 1890 : Dédommagement de la société locataire, FOULQUIER, HAUËT & VIDAL (ou société FOULQUIER & EYMAR).


1890 ou 1891 : HAUËT & VIDAL publient le Tarif N° 41.


Tarif N° 41 : document Bernard Devynck


La raison sociale est actualisée HAUËT & VIDAL : le Tarif  N° 41 ne peut donc dater que de 1890 ou 1891, le N° 45 étant daté de 1892.
On note qu'en couverture, HAUËT & VIDAL revendiquent une fondation en 1851.

Une centaine de tire-bouchons sont présentés pages 171, 172 et 173.




1892 : publication du Tarif N° 45.

Une première observation tient au rythme soutenu de parution des Tarifs, numérotés indépendamment des successions de dirigeants : l'année revendiquée pour la création de l'entreprise est 1851, le Tarif N° 32 date de 1877, le Tarif N° 41 de 1890-1891 et le N°45 de 1892 ! Soit, probablement, et en fonction des besoins, un Tarif actualisé et numéroté, tous les six mois !

Et le Tarif N° 45 semble bien être le dernier, A. VIDAL se contentant d’intercaler un cahier en 1896 dans le Tarif N° 45.





Tarif N° 45 : documents Marc Ouvrard


Ce Tarif N° 45 compte 798 pages, auxquelles il faut ajouter quatre cahiers intégrés a posteriori dans la reliure et ainsi titrés :
- "Tarif spécial réduit et modifications applicables au Tarif n° 45 de novembre 1893", 16 pages.
- Intercalaire : "Prix sans provision A. VIDAL du 15 avril 1896" : réductions de prix au Tarif N° 45 HAUËT & VIDAL … mais le nom d'HAUËT a disparu de la raison sociale !
- "Tarif spécial réduit octobre 1894", 20 pages.
- "Cahier rectifications, nouveautés (particulièrement en matière d'éclairage), 64 pages.
Soit 798 pages + 16 + 20 + 64 = 898 pages illustrées !

La datation du Tarif N° 45 découle de ce qui précède : après le Tarif N° 41 et avant les cahiers rectificatifs de 1893 à 1896.

Comme pour le Tarif N° 41, la réalisation de ce document a été confiée E. HAUËT, imprimeur-graveur, 4 Passage Brady Paris 10°... nous n'avons pas pu établir le lien - vraisemblablement familial - entre cet imprimeur et le dirigeant de l'entreprise.

Les milliers d'articles sont présentés par familles et par ordre alphabétique. Chaque article fait l'objet d'une illustration. Et tous les tarifs sont indiqués, signe d'une relative stabilité monétaire : en fait les prix sont malgré tout en hausse d'environ 10% entre les Tarifs N° 41 et N° 45.
Les tire-bouchons occupent les pages 477 à 480, et les références les concernant sont différentes de celles du Tarif N° 41 et vont du N° 9391 au N° 9486, soit 95 modèles, plus quelques variantes !




Mais, comme dit plus haut, nous y reviendrons dans un prochain article.


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4ème époque, 1895 - 1899(?) : VIDAL seul 


1er juillet 1895 : dissolution de la société HAUËT & VIDAL, mais VIDAL actualise encore le Tarif n° 45 en y insérant un additif l’année suivante, avec tarifs en date du 15 avril 1896.


Le Fer : revue métallurgique, commerciale et financière 1er août 1895
Dissolution de la société en nom collectif.


Nous n'avons toujours pas de prénom pour VIDAL, seulement la première lettre : A. VIDAL !
("A." VIDAL apparaît dans l'Annuaire-almanach du commerce, de l'industrie, de la magistrature et de l'administration : ou almanach des 500.000 adresses de Paris, des départements et des pays étrangers : Firmin Didot et Bottin réunis du 01 janvier 1897).

1899 : A. VIDAL a fait prospérer sa "quincaillerie en gros", élargissant son emprise aux immeubles voisins de l'impasse devenue la rue Froissart :


Annuaire-almanach du commerce, de l'industrie, 
de la magistrature et de l'administration 01.01.1899


L'histoire de l'entreprise va encore se poursuivre, mais avec des dirigeants mieux identifiés.


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5ème époque, 1906 - 1916 : Eugène LEROUX 


1901 : Victor Eugène Napoléon LEROUX (1856 - 1916) apparait comme repreneur unique de la quincaillerie :
Précédemment avoué, il a la cinquantaine, est célibataire, et vit au 137 avenue Victor Hugo dans le 16e arrondissement parisien.


Annuaire-almanach du commerce, de l'industrie, 
de la magistrature et de l'administration 01.01.1901

1910 :  La quincaillerie en gros Eugène LEROUX est active dans le commerce avec l'empire colonial français et figure à ce titre dans le Répertoire des entreprises coloniales, banques et négoce.

Août 1916 : C'est le coup de tonnerre ! Alors que la guerre bat son plein, Eugène LEROUX est assassiné dans ses locaux par des cambrioleurs :


La Libre Parole du 26 août 1916 : assassinat d'Eugène LEROUX


Janvier 1918 : vente de l’entreprise par Melle Jeanne-Elisabeth HERMÉ, héritière d’Eugène LEROUX, à Charles WITTMER, quincailler, et à son épouse Andrée-Jeanne ROSSIE.


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6ème (et dernière) époque, 1918 - après 1925 (1938 ?) : Charles WITTMER

1918 : Charles WITTMER (Soultz, 1882 - Paris, 1938), quincailler à Soultz, reprend parallèlement l'entreprise d'Eugène LEROUX et la dénomme Comptoir National de Quincaillerie.
1925 : Le dernier document retrouvé le montre toujours établi cette année-là à Paris et à Soultz, avec usines à Ronchamps et Soultz.


L'Annuaire industriel répertoire analytique général de l'industrie 01011925

Charles Wittmer décède en 1938 et la liquidation de ses entreprises suit en 1939.



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Pendant près d'un siècle, et avec bien des changements, l'entreprise fondée par A. CHOPIN, puis dirigée par FOULQUIER, EYMAR, HAUËT, VIDAL, LEROUX, enfin WITTMER, est restée pérenne.

Bien des interrogations demeurent cependant sur l'histoire de cette entreprise et nous espérons que vous nous aiderez à lever un coin du voile !


Avec l'aide de Pascale et Bernard, nous consacrerons un prochain article aux tire-bouchons présents dans les Tarifs N° 41 et 45.



M




samedi 24 janvier 2026

LES TIRE-BOUCHONS VALENTÍ

 
Amis blogueurs, bonjour !


Connaissez-vous 
les tire-bouchons VALENTÍ ?


Je chine depuis des années, et pourtant certains noms continuent de surgir et de m'étonner au hasard des vide-greniers, puces ou d’une annonce en ligne.
 
C’est ce qui m’est arrivé lors des dernières Puces de Metz (encore Metz ? me direz-vous) avec un tire-bouchon marqué VALENTÍ, du nom d'un fabricant espagnol sur lequel je ne savais pour ainsi dire rien, ou juste de quoi exciter ma curiosité ! 


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Les tire-bouchons VALENTÍ : 
pensés pour être vus autant que pour servir


Je n'avais eu aucun tire-bouchon à glisser dans ma besace jusqu'à ce stand où était exposé, sous vitrine, et comme un trésor, un tire-bouchon figuratif, élégant et même un brin théâtral, illustrant le golf et marqué VALENTÍ MADE IN SPAIN.



Chine du jour : deux feuilles de boucher zoomorphes, une badine faite de rondelles de corne, 
une curieuse clef triple, une petite balance à bijoux et... un tire-bouchon VALENTÍ !





Le tire-bouchon golf  par VALENTÍ


Ce tire-bouchon au design aussi original qu'affirmé doit dater des années 60. En bronze patiné doré, il est très lourd, pesant quelque 520 grammes ! La mèche, archimédienne, est en acier chromé. La tête et les bras en forme de clubs évoquent immédiatement le golf.
La maison VALENTÍ est connue pour des pièces fantaisie, finition argent ou bronze doré, souvent marquées "VALENTÍ MADE IN SPAIN", sur des thèmes instantanément lisibles : golf, équitation, parfois des formes animalières, rarement des tire-bouchons.



Marquage VALENTÍ MADE IN SPAIN


Equitation ? Je vais devoir m'attacher maintenant à trouver son semblable consacré à l'équitation :



Thème équitation (image internet)


Au-delà du thème, et malgré sa mèche qui jure un peu par son aspect brillant, l'objet acheté ce week-end est de belle facture. 
La mise en scène fait la différence : la mécanique n'est plus qu'un décor, la forme de la poignée et celles des bras de levier deviennent essentielles, et l’objet raconte quelque chose ; ce n’est pas seulement un outil, mais plutôt un objet-sculpture, pensé pour être vu autant que pour servir.
C'est là la signature de la Maison VALENTÍ, marque qui met en avant un mélange de techniques traditionnelles et d’innovations dans le design, avec une ambition de développement international.


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Que sait-on de l'entreprise VALENTÍ ?


Selon les informations communiquées sur son site, la famille a fondé son premier atelier d’orfèvrerie à Barcelone en 1798. 
Le site indique que "VALENTÍ est une entreprise du secteur de la décoration haut de gamme, forte d'une longue tradition et d'un savoir-faire artisanal."
Au fil du temps, l’activité s'est diversifiée : mobilier, arts décoratifs, pièces de décoration, l'entreprise continuant de revendiquer un soin d’orfèvre dans les formes, les matières et les finitions et s'attachant, en collaboration avec d'autres créateurs, à définir et promouvoir de nouvelles lignes de design. 
"Celles-ci, dit encore le site, mêlent mobilier classique et nouvelles collections vintage et contemporaines, dans des domaines aussi divers que complémentaires : chaises, canapés, luminaires, argenterie, grès cérame et mobilier."
L'entreprise VALENTÍ est aussi de plus en plus tournée vers l'international, et est présente aujourd'hui dans des villes comme Rome, Paris, Londres, New York et Tokyo.

Le siège est situé 
Rambla del Garraf, 58 — 08812 Sant Pere de Ribes (Barcelona, Espagne) 
avec un magasin à Barcelone : 
V BCN Carrer de Provença, 308 — 08037 Barcelona
"V BCN", pour VALENTÍ BARCELONA, est le nom sous lequel la Maison VALENTÍ opère aujourd’hui dans le domaine du design, de la décoration et du lifestyle, à Barcelone (BCN étant l’abréviation courante de Barcelona).

La transmission familiale s’est opérée sur plusieurs générations avant d’aboutir à l’activité actuelle, portée par trois sœurs : l'entreprise est en effet dirigée aujourd'hui par Yolanda, Sandra et Betty VALENTÍ.


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Autres productions VALENTÍ


En cherchant sur le net, on retrouve la "patte" VALENTÍ dans des objets utilitaires et décoratifs, tels que casse-noix, plateaux, plats, luminaires, sculptures décoratives en métal argenté ou en bronze...






Créations VALENTÍ


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Ma conclusion est que parmi les tire-bouchons espagnols, trop peu connus de ce côté des Pyrénées, les figuratifs VALENTÍ gagnent vraiment à être connus. 
Même marginaux dans la production VALENTÍ, ce sont des objets de caractère, immédiatement reconnaissables et qui donnent envie d’explorer l’ensemble des créations de la marque.

Je n'ai sûrement pas fini d'apprendre sur cette belle maison !



M

samedi 17 janvier 2026

ENIGMA N° 89 : VOS CONTRIBUTIONS ET LA REPONSE : "COUVET", "COUVOT" OU CHAUFFERETTE

 

Amis blogueurs, bonsoir !


L'énigme proposée par Bernard Devynck ne vous a pas laissés froids !

L'objet mystérieux est un "couvet", dit aussi "couvot" ou chaufferette.





Plusieurs blogueurs ont apporté leurs contributions :

Voici la première contribution, proposée par Jean-Pierre : 
"Pour moi cela pourrait être un pique-fleurs. J'en ai un en faïence de Gien mais sans le pot en cuivre."

La deuxième nous est venue d'Italie :
"Scaldino con scaldapiedi" soit, littéralement, un "chauffe-pieds".

Un autre blogueur y a vu  "un appareil pour cuire des châtaignes "...

Marcus nous a fait plusieurs propositions pleines d'imagination :
- un support "pour tenir des couverts",
- une boîte pour "dépôt de petits papiers, messages",
- ou encore un "faux porte braises" (comme j'ai des fausses presses (en petit)).

Rémy a pensé à :
- "une chaufferette pour pieds, des braises dans le pot, mais la partie en bois ne résisterait pas longtemps à la chaleur", 
- ou peut être "un diffuseur de parfum avec des  plantes séchées en infusion". 

De même, Alain pense à "une chaufferette pour les mains ou les pieds".


On peut dire que les contributeurs "chauffaient" : ils tenaient la réponse ! Mais laissons Bernard nous donner lui-même les explications.


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La réponse de Bernard Devynck : un "couvet" !


Il s'agit d'un "couvet" champenois, appelé parfois également "couvot". 
Sa fonction est cousine de celle de la bassinoire : garder et diffuser de la chaleur grâce à l'apport de braises chaudes. 

- Le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (https://www.cnrtl.fr) en donne la définition suivante. "Couvet" : Pot de terre ou cuivre avec une anse dans lequel on mettait de la braise et qui servait de chaufferette aux femmes et aux marchands de plein air.

- Le Dictionnaire de l'Académie française (https://www.dictionnaire-academie.fr) est plus laconique : Sorte de chaufferette en terre ou en cuivre.

- Pour initier des recherches étymologiques, le net nous offre "Couvet" :  Commune de Val-de-Travers (ancien canton de Neufchâtel, Suisse) ; la localité tire son nom de "covets", pots servant de chaufferette, créés par les potiers au Moyen Age.

"A ce stade, ajoute Bernard, voici beaucoup de références littéraires mais pas encore de représentation illustrée. Sauf que sommeillait, depuis des décennies dans ma bibliothèque, une série de dix volumes sur les grands styles mobiliers et autres... comprenant trois volumes sur les styles régionaux, dont celui dédié à la Normandie, la Champagne et les Pays du Nord-Île de France. Et c'est dans le chapitre consacré à la Champagne que j'ai retrouvé en page 38 une reconstitution d'intérieur rural avec au pied de l'âtre à droite un couvet identique, ainsi qu'un autre, en page 45, couvet de forme carrée cette fois, et de volume plus important."



Intérieur champenois : 
au sol, près de la cheminée, un couvet semblable à celui de l'énigme


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Il serait cependant injuste de ne pas signaler qu'un autre blogueur fidèle, Jacky Corbel, animateur du site Les tire-bouchons de Rebel-TBavait trouvé cette solution et nous avait proposé, via Facebook, un lien vers le site des musées de Reims : https://musees-reims.fr/oeuvre/chaufferette-a-pieds
Une chaufferette à pieds y est présentée au Musée-Hôtel Le Vergeur. 
En voici la description : Fin XIXe siècle. Objet composé de deux parties, d’un repose-pieds de forme circulaire monté sur quatre pieds à bouton, ceinture pleine et dessus à clairevoie et d’un récipient en terre cuite à panse ovoïde et anse horizontale.
Annotation signalée sur l'objet, à l'intérieur de la ceinture du repose-pieds, au crayon à papier : COUVET.



La chaufferette à pieds du Musée-Hôtel Le Vergeur à Reims. 


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De mon côté, cherchant moi aussi la solution à l'énigme de Bernard, j'ai retrouvé un "couvot", mais de forme carrée, sur le site https://art-populaire-brocante.com/
Il est  proposé à la vente pour 220,00 €.



Couvot en vente sur le site art-populaire-brocante.com


En voici la description faite par le vendeur :
Ancienne chaufferette appelée dans certaines régions "couvot", terme qui désigne à la fois le récipient contenant les braises incandescentes mais aussi l’ensemble avec le petit banc appelé "chevrette".
Notre couvot est en laiton avec une anse fixe en fer ; il a été un peu abîmé par l’usage du feu. Sur la chevrette, on posait les pieds pour les tenir au chaud.
Dimensions : Chevrette : 22 cm x 22 cm – Hauteur :  16 cm
Couvot : Diamètre : 18 cm – Hauteur : 13 cm (sans anse).


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Dispositif à utiliser avec précaution !


Notons enfin que les chaufferettes et autres couvets, utilisés au quotidien, notamment par des femmes travaillant dans le froid, n'avaient pas que des avantages :
Joël Coste, de l'Université Paris Descartes, dans les Actes de la journée d’étude "Pour une histoire de la santé des classes populaires en France, en Flandre, en Italie et en Suisse, XVIIIe - XXe siècles", écrit ainsi en 2011 :
"En 1772, un médecin de Valenciennes décrivit des ulcères et cancers cutanés survenant chez des ouvrières textiles des Flandres et du Hainaut utilisatrices de chaufferettes à charbon, une maladie qui ne fut reconnue par la médecine que deux siècles plus tard, alors qu’elle avait presque disparu du monde occidental."

Finalement, il vaut peut-être mieux l'utiliser pour y présenter des tire-bouchons !


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Merci à Bernard de nous avoir proposé cette énigme. 
Merci à nos contributeurs et merci à vous tous de vous y être intéressés.



M



samedi 10 janvier 2026

ENIGMA N° 89 : QUAND LE CONTENANT VAUT PLUS QUE LE CONTENU !

 

Amis blogueurs, bonsoir !


Notre ami Bernard Devynck, qui a l'art de dénicher l'impossible, nous propose une belle histoire qui se termine en énigme.


Voici donc notre 

ENIGMA N° 89 : QUAND LE CONTENANT VAUT PLUS QUE LE CONTENU !


Dans ce petit village de la Drôme, des héritiers avaient mis en vente la maison familiale, laquelle devait donc être préalablement vidée. 
Le vide-maison allait permettre de débarrasser à bas prix les petits meubles, les bibelots, la vaisselle, les outils... tout ce dont ils n'avaient pas l'usage.

Brocanteurs et chineurs sont de plus en plus nombreux à courir ces vide-maisons où apparaissent parfois de vrais trésors, ignorés ou oubliés depuis longtemps.
Le hasard d'un déplacement avait mis celui-là sur la route de Bernard, à l'heure d'ouverture... comment ne pas s'y arrêter ?
Et, coup de chance ? il y avait des tire-bouchons !!!

Entassés sur et dans un curieux récipient, ils s'efforçaient de bien se montrer pour mieux séduire un éventuel visiteur hélixophile et, de fait, ce fut Bernard !



Etonnante présentation
(reconstitution a posteriori)


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Des tire-bouchons et un objet mystérieux


Bernard examina consciencieusement les tire-bouchons mais, non, décidément, il ne se voyait pas en acheter un : tous étaient basiques et l'ensemble faisait penser à une collection de débutant ou à une accumulation destinée à décorer une cave ou un bar.
Le récipient par contre retint son attention : une tablette percée sur un pot de bronze... il avait une sensation de déjà vu.

Il demanda à la dame qui semblait mener la vente si elle pouvait lui dire à quoi servait ce "pot". 
Réponse de la dame : "Je ne sais pas, j'ai toujours vu ce "truc" chez mon père, mais même lui ne savait pas de quoi il pouvait bien s'agir. L'objet avait toujours été dans la maison, hérité de la génération des grands-parents. Pour lui, c'était seulement un support pratique qu'il avait installé près du bar pour y planter ses tire-bouchons, des tire-bouchons auxquels il tenait beaucoup."

Bernard comprit que les tire-bouchons seraient surévalués, mais que le "truc" n'avait guère de valeur pour l'héritière.
Il engagea le dialogue :
"- Combien pour le lot de tire-bouchons ?"
Pas de surprise : les tire-bouchons étaient au triple des prix qui se pratiquaient en brocante.
"Un peu cher ! Et juste le support ?"
 "- 15 €, je vous le laisse à 10 si vous voulez : c'est juste le prix du bronze."

Les tire-bouchons dépités virent notre Bernard s'en aller avec ce qui leur servait si bien d'écrin !


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L'énigme


Je vous ai tout dit, mais je ne vous ai rien dit...  Voici la description et les photos fournies par Bernard :



Un coffret de bois et un pot en bronze à anse de cuivre.



22 cm de diamètre, 28 cm de hauteur et 2 X 13 trous


L'objet est de petite taille. Il est composé de deux pièces pour une hauteur de 28 cm : un coffret de bois placé sur un pot en bronze muni d'une anse en cuivre.
Le coffret en bois comprend quatre pieds, hauts de 16 cm. Il est de forme cylindrique, d'un diamètre de 22 cm, avec un couvercle. Le couvercle est de forme pleine mais avec une fente centrale permettant le passage de l'anse du pot et 13 trous traversants sont percés de chaque côté de cette fente. 
Le poids total est de 1150 grammes.
L'ensemble peut être facilement déplacé en saisissant l'anse en cuivre.


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Et depuis lors, l'objet, nettoyé et ciré, habite le bureau de Bernard et accueille à l'occasion une sélection de ses trouvailles récentes :



Fait pour ça ??


Mais quel est le nom et la destination de cet objet ? Saurez-vous l'identifier ?


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Je publierai bien sûr vos contributions avant de laisser Bernard nous livrer le résultat de ses recherches.
Déjà, merci à lui pour cette nouvelle énigme, et à vous, amis blogueurs, d'essayer de la résoudre !



M

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