samedi 10 janvier 2026

ENIGMA N° 89 : QUAND LE CONTENANT VAUT PLUS QUE LE CONTENU !

 

Amis blogueurs, bonsoir !


Notre ami Bernard Devynck, qui a l'art de dénicher l'impossible, nous propose une belle histoire qui se termine en énigme.


Voici donc notre 

ENIGMA N° 89 : QUAND LE CONTENANT VAUT PLUS QUE LE CONTENU !


Dans ce petit village de la Drôme, des héritiers avaient mis en vente la maison familiale, laquelle devait donc être préalablement vidée. 
Le vide-maison allait permettre de débarrasser à bas prix les petits meubles, les bibelots, la vaisselle, les outils... tout ce dont ils n'avaient pas l'usage.

Brocanteurs et chineurs sont de plus en plus nombreux à courir ces vide-maisons où apparaissent parfois de vrais trésors, ignorés ou oubliés depuis longtemps.
Le hasard d'un déplacement avait mis celui-là sur la route de Bernard, à l'heure d'ouverture... comment ne pas s'y arrêter ?
Et, coup de chance ? il y avait des tire-bouchons !!!

Entassés sur et dans un curieux récipient, ils s'efforçaient de bien se montrer pour mieux séduire un éventuel visiteur hélixophile et, de fait, ce fut Bernard !



Etonnante présentation
(reconstitution a posteriori)


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Des tire-bouchons et un objet mystérieux


Bernard examina consciencieusement les tire-bouchons mais, non, décidément, il ne se voyait pas en acheter un : tous étaient basiques et l'ensemble faisait penser à une collection de débutant ou à une accumulation destinée à décorer une cave ou un bar.
Le récipient par contre retint son attention : une tablette percée sur un pot de bronze... il avait une sensation de déjà vu.

Il demanda à la dame qui semblait mener la vente si elle pouvait lui dire à quoi servait ce "pot". 
Réponse de la dame : "Je ne sais pas, j'ai toujours vu ce "truc" chez mon père, mais même lui ne savait pas de quoi il pouvait bien s'agir. L'objet avait toujours été dans la maison, hérité de la génération des grands-parents. Pour lui, c'était seulement un support pratique qu'il avait installé près du bar pour y planter ses tire-bouchons, des tire-bouchons auxquels il tenait beaucoup."

Bernard comprit que les tire-bouchons seraient surévalués, mais que le "truc" n'avait guère de valeur pour l'héritière.
Il engagea le dialogue :
"- Combien pour le lot de tire-bouchons ?"
Pas de surprise : les tire-bouchons étaient au triple des prix qui se pratiquaient en brocante.
"Un peu cher ! Et juste le support ?"
 "- 15 €, je vous le laisse à 10 si vous voulez : c'est juste le prix du bronze."

Les tire-bouchons dépités virent notre Bernard s'en aller avec ce qui leur servait si bien d'écrin !


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L'énigme


Je vous ai tout dit, mais je ne vous ai rien dit...  Voici la description et les photos fournies par Bernard :



Un coffret de bois et un pot en bronze à anse de cuivre.



22 cm de diamètre, 28 cm de hauteur et 2 X 13 trous


L'objet est de petite taille. Il est composé de deux pièces pour une hauteur de 28 cm : un coffret de bois placé sur un pot en bronze muni d'une anse en cuivre.
Le coffret en bois comprend quatre pieds, hauts de 16 cm. Il est de forme cylindrique, d'un diamètre de 22 cm, avec un couvercle. Le couvercle est de forme pleine mais avec une fente centrale permettant le passage de l'anse du pot et 13 trous traversants sont percés de chaque côté de cette fente. 
Le poids total est de 1150 grammes.
L'ensemble peut être facilement déplacé en saisissant l'anse en cuivre.


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Et depuis lors, l'objet, nettoyé et ciré, habite le bureau de Bernard et accueille à l'occasion une sélection de ses trouvailles récentes :



Fait pour ça ??


Mais quel est le nom et la destination de cet objet ? Saurez-vous l'identifier ?


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Je publierai bien sûr vos contributions avant de laisser Bernard nous livrer le résultat de ses recherches.
Déjà, merci à lui pour cette nouvelle énigme, et à vous, amis blogueurs, d'essayer de la résoudre !



M

dimanche 4 janvier 2026

OÙ EST PASSÉ LE TIRE-BOUCHON ?

 
Amis blogueurs, bonjour !


Mon ami Salvatore m'a montré cette belle photo ancienne. Il les collectionne, comme nous collectionnons les tire-bouchons.
Intrigué, j’ai regardé longuement ce cliché. Peut-être même me suis-je assoupi ? Et même ai-je rêvé que la photographe venait m’expliquer ?
En voici en tout cas le récit, mieux que vrai : vraisemblable !


OÙ EST PASSÉ LE TIRE-BOUCHON ?
Lecture d’une scène de table vers 1913



Photographie originale,
tirage sur papier au ton chaud, format 8 × 10 cm. Verso muet.



Henriette


Je m’appelle Henriette, je suis la cadette. On me présente souvent comme “celle qui s’occupe de tout”, ce qui est une manière polie de dire que je sais où l’on range les verres, les nappes… et les secrets. On me demande aussi, de plus en plus souvent, de prendre les photographies.
On dit que je cadre bien. Que je sais attendre. Que je n’oublie personne. Du coup, je n’apparais jamais, ce qui me va bien.
Voici la photo que je préfère, prise il y a une dizaine d'années...


Scène de table 1913


Les "années 1900" étaient derrière nous, l'art nouveau ne l'était plus tout à fait. 
Au-delà des frontières, cette année-là, les conflits se multiplient.
Le lustre hésite, les robes se libèrent sans s’affranchir. André, mon neveu, le seul enfant, n’est plus déguisé en petit adulte, mais pas encore un enfant moderne. Tout indique cette période suspendue de 1913, quand on buvait encore comme avant, sans savoir que le monde allait changer.

Emile et Marguerite venaient de faire installer l’électricité. Le lustre s’en félicitait presque. Il pendait au-dessus de la table avec l’assurance un peu vaine des choses neuves, et sa frange accrochait la lumière comme une coquetterie. Cette clarté-là ne flatte rien : elle révèle. Sous elle, les visages paraissent plus nets, les gestes plus amples, et les certitudes parfois trop visibles.

La table n’avait pas été débarrassée. Le fromage attendait encore entre le couteau et la fourchette, abandonné comme une conversation qu’on n’a pas jugée digne d’être terminée. Dans la boîte en bois, les gâteaux roulés faisaient mine d’être des cigarettes. Louise en tenait une du bout des doigts ; sa sœur, Marguerite, en bonne maîtresse de maison, faisait de même, l'air de ne pas y toucher ; André faisait semblant de fumer.


Les héros du jour


Les trois beaux-frères : Emile, Jules, le mari de Louise, et Paul, le mien, s’étaient levés. Ils occupaient l’arrière-plan comme une petite scène improvisée. Ils buvaient debout, la tête renversée, avec des gestes larges, presque théâtraux. Ce n’était pas la soif qui les guidait, mais le plaisir d’être vus en train de boire.
Leurs costumes étaient impeccables — trop bien coupés pour ces grimaces-là — et c’était précisément ce contraste qui les amusait. On pouvait encore être respectable et faire le pitre, parce que le monde semblait tenir tout seul.
Emile levait le bras comme on lève un argument définitif : pas exactement un toast, plutôt une ponctuation joyeuse adressée à l’instant lui-même. Ils buvaient comme on affirme une certitude, sans imaginer qu’un jour ce geste deviendrait un souvenir, ou pire, une nostalgie.

Les femmes étaient restées assises. Marguerite regardait cette agitation avec une indulgence exercée ; Louise commentait à mi-voix. Leurs robes flottaient un peu plus qu’autrefois, juste assez pour laisser passer l’air. Elles tenaient leurs “cigarettes” sucrées avec une élégance discrète qui n’avait pas besoin de s’expliquer. Elles savaient — sans encore le dire — que les choses changent rarement d’un coup.

Au centre, André s’ennuyait, et cela se voyait. Un ennui calme, appliqué, presque studieux. On l’avait placé là ; il y restait. Son ennui était peut-être la chose la plus moderne de toute la scène.
L’horloge indiquait 11h13. Mais André avait cessé de la regarder depuis longtemps. Il était bien sûr 23h13, et personne ne comptait plus le temps, sauf moi. 
J’ai déclenché alors, presque par politesse pour cette pendule qui continuait à faire son travail.


Ma photo


Dans cette ambiance de fin de repas, j’avais quitté ma place à table et pris mon appareil. Marguerite avait haussé les épaules, Louise m’avait souri. Elles savaient que je préférais regarder.
J’ai pris la photographie avec le petit Kodak Vest Pocket que je venais d’acquérir et auquel je m’étais facilement faite. Il tenait dans la main, se glissait dans une poche, et offrait une liberté nouvelle : plus besoin d’ordonner, de faire poser, il suffisait d’attendre que les choses se mettent en place et de savoir saisir l'instant.
Le tirage a été fait sur un papier au ton chaud, ce qui donne à l’image cette belle couleur sépia. La photographie est petite — huit sur dix centimètres — presque modeste. Elle oblige à s’approcher. Le verso est resté muet. Le laboratoire n’a ajouté aucun nom, aucune date, comme si l’image devait parler d’elle-même.


Le tire-bouchon


Et le tire-bouchon ? Voilà la question.

Il n’est pas sur la table. Ce n’est pas un oubli : c’est une règle. Le tire-bouchon est un personnage de passage. Il travaille, puis il disparaît. Il ouvre la bouteille, donne le signal de la suite, et s’éclipse avant qu’on ait le temps de le remercier. Jules l’avait reposé quelque part, j’en étais sûre.

Je crois même savoir où il est passé. Non par divination, mais par habitude. Je l’ai vu souvent circuler, puis quitter le champ, comme quittent le champ tous les objets utiles : un tiroir, une poche, un coin de nappe, une main prudente. Hors cadre, mais pas hors histoire.

C’est pour cela que l’on me demande souvent de prendre les photographies. Comme le tire-bouchon je joue mon rôle, puis je m’efface. Je cadre et déclenche quand l’essentiel est déjà en train de disparaître.
Je ne suis pas sur l’image. Il fallait bien que quelqu’un reste de ce côté-ci, pour regarder sans lever le verre. 

Et les collectionneurs le savent mieux que quiconque : les meilleurs tire-bouchons sont ceux dont on ne se souvient pas sur le moment, parce qu’ils font exactement ce qu’on attend d’eux — ouvrir, sans se faire remarquer.

C’est là sans doute notre paradoxe : rendre visible l’outil invisible, donner une histoire à ce qui, par nature, s’efface. Il n’y a pas de tire-bouchon sur cette photographie. Et pourtant, il est partout — dans la bouteille déjà ouverte, dans les gestes trop sûrs d’Émile, de Jules et de Paul, dans la table après le fromage, dans la frange du lustre, dans l’heure exacte indiquée par la pendule, et jusque dans l’ennui patient d’André.


Où est passé le tire-bouchon ?
Dans un tiroir, probablement.
Dans la mémoire, certainement.


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Henriette, Salvatore, M & IA

mercredi 31 décembre 2025

VOEUX 2026, SIX INSOLITES ET SIX MEILLEURS TIRE-BOUCHONS 2025

 

Amis blogueurs, bonjour et bonne fin d'année 2025 !


J'espère que vous vous en êtes rendu compte par vous-même... tant ça a influé sur notre vie quotidienne ! Et que vous avez aimé ?
Vous vous rappelez ? 2025 était une "année carrée parfaite" :
Le nombre 2025, m'avait dit mon copain "prof de Maths", est en effet le carré de la somme de tous les chiffres du système décimal : 
(0 + 1 + 2 + 3 + 4 + 5 + 6 + 7 + 8 + 9)² = 2025. 
Et c'est aussi la somme des cubes de tous les chiffres du système décimal : 
(0³ + 1³ + 2³ + 3³ + 4³ + 5³ + 6³ + 7³ + 8³ + 9³) = 2025.

Et dire qu'on va perdre tout ça !... et que 2026 ne rime à rien !!


Mais bon... bonne année 2026 quand même à tous les blogueurs !


Comme chaque année, je vais partager avec vous mes six meilleurs tire-bouchons trouvés en 2025, mais d'abord, comme l'an dernier, vous proposer mes "Six insolites 2025".


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"Six insolites 2025"


Les objets insolites m'attirent comme autant d'aimants : en voici six que je vous laisse essayer d'identifier (le premier et le dernier ont été présentés récemment sur le blog).





1. Tube en bois se terminant par deux disques creux. L'instrument mesure 17,5 cm de long. Il n'a pas sa place en cuisine... 

2. Structure ovoïde en fil de fer, avec petite ouverture et crochet à la base. Il a sa place en cuisine...

3. L'objet est tout en fer et enferme...

4.Une couronne en fer plat, une lame pivotante courbe. Lui a sa place en cuisine, tôt le matin...

5. L'élégance d'un oiseau, deux lames en tête, une en queue. Mais lui n'a plus sa place en cuisine...

6. Celui-là dansait jadis pour mesurer...


Ces "Six insolites" ne vous résisteront pas longtemps : j'espère que vous m'enverrez vos propositions détaillées à l'adresse mail du Blog :
leblogdestirebouchons@gmail.com
Et vous pouvez aussi m'envoyer vos "Six insolites 2025" si vous le voulez !


Et maintenant, les tire-bouchons...


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Mes "Six meilleurs 2025"


2025 était une année carrée parfaite, mais pour moi ce fut aussi "l'âge du bronze" ou du moins... des poignées en bronze :





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A l'année prochaine pour de nouveaux articles sur l'Histoire et les histoires, petites ou grandes, des tire-bouchons, des bouteilles et des bouchons et de leurs amis : nous allons poursuivre l'aventure encore un peu !



M


vendredi 26 décembre 2025

ENIGMA N° 86 : TIRE-BOUCHON JP, J.C.P., J.H.P. ... SUITE ET FIN (?)

 

Amis blogueurs, bonsoir !


Les membres du Club Français du Tire-Bouchon ont reçu leur cadeau de Noël, L'Extracteur n° 117.
Un vrai plaisir : la revue, comme toujours, est de grande qualité !



L'Extracteur n° 117 - décembre 2025


Mais ce numéro apporte aussi un éclairage certainement définitif sur notre 

Cf. aussi, notre second article :

Rappelons que le sujet concernait le marquage d'un tire-bouchon appartenant à un lecteur assidu, François Touzin :




PARIS J.C.P. sur une face


J.P. Bté S.G.D.G. et couronne, 
le tout inscrit dans un cercle dentelé


Nous en étions arrivés à conclure que ce tire-bouchon avait été fabriqué par Jacques Pérille pour Jules Piault entre 1876 et 1879.
Mais nous n'avions pas plus réussi à découvrir qui se cachait derrière le "C" de J.C.P., qu'à expliquer de façon définitive le "H" de JHP.


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Jacques Courcelles Pérille


Dans un article qui vient de paraître dans L'Extracteur, Daniel Jallageas, membre du C.F.T.B., spécialiste de Pérille, et certainement lecteur du Blog des tire-bouchons, nous apporte les réponses : 
- Daniel a su trouver que Jacques Pérille se faisait parfois appeler Jacques Courcelles Pérille, marquant même ses manches à gigot des lettres J.C.P. : cette explication est une véritable avancée ! Jacques Pérille ajoutait au sien le nom d'une personnalité du berceau familial, Joigny, sans que ne soit établi le lien familial. 
C'est sous ce nom qu'il signe comme témoin au mariage de son frère cadet Benjamin Pérille en 1867, ou à celui de sa belle-sœur Mathilde Regniaud dix ans ans plus tard. 



Mariage de Mathilde Regniaud, belle-sœur de Jacques Pérille.
(Document retrouvé par Daniel Jallageas).


Et c'est encore ce même nom qui est utilisé dans son avis de décès en 1903...  
J.C.P. correspond, à n'en pas douter, à Jacques Courcelles Pérille !

- Et cette découverte renforce évidemment l'hypothèse que le "H" de JHP puisse correspondre à l'initiale du nom de jeune fille de sa mère, Madeleine Hattier... 
JHP correspondrait à Jacques Hattier Pérille !

Merci à Daniel Jallageas !


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Les tâtonnements de Jacques Pérille en matière de marquage en témoignent, il cherchait à identifier au mieux ses fabrications.
- Le marquage "EXPOSITION" de son tire-bouchon à hélice en 1876, trop circonstanciel, n'était ni satisfaisant, ni durable.
- Le cercle dentelé et les initiales J.P. de Jules Piault l'auront vraisemblablement inspiré, comme en témoigne l'utilisation ultérieure du cercle dentelé, sauf qu'il lui était évidemment impossible de reprendre ces deux seules lettres "J" et "P", d'où probablement le "J.C.P."
- Le "compas d'or", enseigne de sa quincaillerie, a remplacé avantageusement la couronne de Piault.
- Et les trois lettres soudées "JHP" sur les indications mêmes de Jacques Pérille ne pouvaient appartenir qu'à lui !



Dépôt de marque du 26 février 1879 (INPI)

"La dite marque se compose des lettres J H P groupées comme ci-contre et pouvant être reproduites seules, ou en combinaison avec un cercle, un compas, etc ... etc".


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Il me reste à remercier tous ceux qui se sont efforcés de résoudre cette énigme, particulièrement François Touzin, Lionel Belhacène, Bernard Devynck et bien sûr Daniel Jallageas !



M






lundi 15 décembre 2025

DERNIÈRES BROCANTES 2025 : OBJETS HÉTÉROCLITES ET INSOLITES



Amis blogueurs, bonsoir !


Je ne sais pas quelle est votre façon de chiner, mais je peux vous confier qu'en ce qui me concerne :
- je n'imagine pas de week-end sans brocante,
- j'aime les objets insolites autant que les tire-bouchons,
- je cède parfois à des achats un peu compulsifs,
- et surtout j'ai la perpétuelle angoisse de revenir bredouille...

J'espère que ces aveux déculpabiliseront ceux d'entre vous qui partagent ces menues manies !

Alors, en ce mois de décembre 2025 où les brocantes deviennent rares, remplacées qu'elles sont par des bourses numismatiques, philatéliques, militaria, multi-collections, bourses solidaires, bourses aux jouets ou de puériculture, il faut "faire flèche de tout bois" !


Voici donc les résultats de mes ultimes chines de l'année 2025, entre petites brocantes lorraines, ressourceries et autres vide-maison...


DES OBJETS HÉTÉROCLITES ET INSOLITES !





Je vais vous en parler un peu mais, par jeu, je vais vous laisser aussi identifier quelques-uns de ces objets.


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Dans la cuisine et... ailleurs :




Vous reconnaissez sûrement deux anciens batteurs à œufs agissant par transformation d'un mouvement longitudinal en mouvement circulaire.
Le second n'a pas de nom connu, mais le premier porte celui d'une œuvre musicale très célèbre : le connaissez-vous ?

Le dernier objet, en bas, est un petit tube en bois se terminant par deux disques creux. L'instrument mesure 17,5 cm de long. Il n'a pas sa place en cuisine... 
"Qu'entendez-vous par là ?" me direz-vous... je vous laisse trouver !


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Pour tous les goûts...




Ce n'est pas une charade, mais :

Mon premier est exotique et sert à tailler.
Mon deuxième, marqué Christofle, sert à serrer.
Mon troisième dansait jadis pour mesurer.

Les reconnaissez-vous ?


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Plus classique enfin...




De gauche à droite :

Une percette marquée GUINOT et gravée d'un as de pique (mal marqué).




Un marteau un peu "cheap", à tête de bronze et manche creux en matières composites, faisant décapsuleur et dissimulant un tire-bouchon marqué ENGLAND.

Un tire-bouchon, australien ou anglais, à la poignée de corne, avec casse-cire, marqué peut-être d'un symbole animal et de + + LOCKWOOD.





Enfin, le PARFAIT, tire-bouchon français à levier crémaillère, breveté par Victor Rousseau en 1905 et repris par Crédot : ce très bel exemplaire est la version M.F.A.P., en bronze nickelé et poignée en forme de chapeau de gendarme.





Mais les tire-bouchons, vous connaissez !


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Voilà. 

Je m'engage - je n'ai pas d'autre choix, je crois - à ne plus chiner cette année !

En attendant, j'espère que vous identifierez tous ces objets et que vous donnerez vos réponses en commentaire de cet article.



M

dimanche 7 décembre 2025

SOLUTION DE L'ENIGMA N° 88 : TIRE-BOUCHON ? NON, UN ÉQUARRISSOIR "MF GRENADE ST-ÉTIENNE" !

 

Amis blogueurs, bonsoir !


Voici très certainement la 

SOLUTION DE L'ENIGMA N° 88 : 
PAS UN TIRE-BOUCHON, UN ÉQUARRISSOIR 


Redonnons des photos de l'objet énigmatique proposé par Gérard Rousselle :







Description : un outil en acier, long de 180 mm, avec poignée fuselée en "T" et axe de section hexagonale, dont l'épaisseur diminue régulièrement de 13 mm en partie haute, jusqu'à 4 mm en partie basse. Cinq des six faces sont légèrement striées longitudinalement, la dernière l'est en oblique par rapport à l'axe.
L'outil travaille manifestement par rotation de la poignée.
Il est marqué d'un logo de la Manufacture Française d'Armes (d'où la grenade...) et Cycles de Saint-Étienne, logo utilisé entre les deux guerres.


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Vos propositions


- Plusieurs d'entre vous se sont réfugiés dans la fantaisie : une "gouge pour fromage trop dur", un instrument destiné à "sortir les vers du nez", un "tire-bouchon éméché"...

- Plus sérieux, Paolo nous propose,depuis l'Italie : 
"Mi sembra un alesatore per un foro conico. Da piccole botti per inserire cannelle con filettatura conica. Attendo altre ipotesi. Saluti."
Un alésoir conique, donc.

- Gauthier confirme la proposition de Paolo et m'envoie une photo d'un alésoir moderne :


Alésoir conique d'atelier


- Mais en fait, le mot de la fin (ou presque ?) revient encore une fois à notre ami Bernard Devynck. 
Il a retrouvé notre outil ou quasiment :
"Voici un scan de la page 863 d'un catalogue de la Manufacture Française d'Armes et Cycles de Saint-Etienne, non daté mais très probablement début XX°. 
En haut de page, à droite, on a bien le sigle avec la grenade. 
En bas  de page : chapitre poinçons - pointes à ferrer - équarrissoirs : la référence 1294  présente une forte ressemblance, mais par contre il s'agit d'un outil à 8 pans."




Je précise seulement que ce modèle n'apparait pas - ou plus - dans le catalogue, édition 1936.

Gérard Rousselle et moi étions sur cette même piste : un équarrissoir, soit une sorte d'alésoir utilisé pour agrandir un trou dans une plaque de métal.



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Qui nous retrouvera le modèle "MF" à six pans ? Et qui pourra dater le catalogue de Bernard Devynck ?
Merci à tous.



M


mardi 2 décembre 2025

PUCES DE METZ : LES TIRE-BOUCHONS SONT DE RETOUR !



Amis blogueurs, bonjour !


Puces de Metz, au Parc des expositions, ce samedi 29 novembre 2025.

A la diète hélixophile depuis trop longtemps, j'étais devant les portes, bien avant leur ouverture ! Pas tout seul : des dizaines de chineurs m'avaient devancés !




7h : ouverture et, ruée vers le grand hall.
Au premier plan, les professionnels déballent tranquillement... ils ont déjà fait leur marché "au cul du camion", deux heures avant l'ouverture au public. 
Au fond, les particuliers, parqués dans leur secteur, accueillent les premiers chineurs, déjà nombreux. 
Autour de moi, j'entends parler luxembourgeois, italien, allemand, anglais (des étatsuniens stationnés dans la proche Allemagne) et, moins facile à situer, des langues est-européennes et même asiatiques : l'acheteur de carillons remplira encore sa remorque ce matin !
Le téléphone portable, entre Google Lens, affichage des prix et traduction des dialogues, est partout.


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Chiner à Metz c'est, pour moi, rencontrer beaucoup d'amis, avoir un mot gentil pour chacun, chacune de ces brocanteurs connus depuis des lustres, soigner ses contacts, en établir de nouveaux, chahuter un peu, parler santé, famille...
Je n'avance pas vite !

Mais bon... un Marco me dit qu'il a gardé trois tire-bouchons pour moi : je ne peux que lui acheter.

Roland, marri d'avoir laissé tomber son baromètre acheté deux heures plus tôt et d'en avoir cassé la vitre, me le brade à tout petit prix (et moi j'achète sans même savoir si je pourrais le restaurer !).

Josiane me vend un maillet qui serait celui d'un franc-maçon.

Richard, jovial Alsacien, me montre quelques tire-bouchons trop basiques et pour me consoler me fait l'article : "regarde cette pince ancienne qui servait à ouvrir les boîtes de sardines avant l'invention de la languette et de la clé"... C'est le moment que choisit opportunément son aide pour retrouver un tire-bouchon Burel : je repars avec la pince et le Burel !

Christine me vante son "caducée des pharmaciens"... trouvé en Meuse dans une maison où il servait de... cendrier ! Je suis bon à faire !

François ouvre une bouteille, Fabrice coupe le saucisson... Joyeux moment !
Je finis quand même par repartir.

Deux tire-bouchons corne et laiton semblent m'attendre, abandonnés sur un stand délaissé par son propriétaire, mais confié à la bonne garde de ses voisins... L'homme finit par revenir, j'achète.

Un autre Fabrice et son épouse Patricia, amis belges, apparaissent tout aussitôt et ma promenade se finit avec eux devant un café...


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Bilan :





Une pince pour ouvrir les boîtes de sardines, un maillet, un baromètre art déco en bronze, une "coupe d'Hygie" ou "caducée des pharmaciens", et six petits tire-bouchons que voici :





De gauche à droite : 
- trois tire-bouchons à poignée de corne et laiton : probablement un Pecquet, peut-être un Coville et un Boué-Deveson,
- et trois à poignée de bronze : un Burel,  un autre au classique décor de pampres, attribuable à Boué-Deveson (mais fût de section carrée ?), le dernier à poignée à deux trous, type Martin, mais marqué Garnier.

Le marquage Garnier n'est pas fréquent. 
Gérard Bidault évoque ce nom dans son Dictionnaire du tire-bouchon français : "Fabricant pour des mèches à section carrée, montées sur les poignées du style Gagnepain ou Langlois [...] peut-être un mécanicien modeleur exerçant à Paris en 1884, 84 rue Oberkampf, à quelques numéros de l'atelier Langlois, sans aucune certitude."

En savez-vous davantage ?


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Je suis rentré heureux, pas vraiment plus pauvre, et du coup mon épouse m'a félicité pour ma sagesse (hum !) !



M


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