vendredi 3 avril 2026

RAPPORT IEHA N° 2 : NOSOLOGIE DU COLLECTIONNEUR DE TIRE-BOUCHONS PAR LE PR PADVIS

 

Amis blogueurs, bonsoir !


Comme je vous l'avais annoncé, le Professeur Gérard Tirbien, Président de l'Institut d’Études Hélixophiles Appliquées, m'a autorisé à publier un nouveau rapport consacré aux pathologies hélixophiles :





RAPPORT IEHA N° 2 : NOSOLOGIE 
DU COLLECTIONNEUR DE TIRE-BOUCHONS


publié dans les 
Archives de l’IEHA
Service de pathologie des passions collectionneuses
Rapports cliniques sur les addictions hélixophiles
Série d’observations consacrées aux comportements collectionneurs liés aux instruments d’extraction du bouchon


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Rapport n°2 : Nosologie du collectionneur
Tentative de classification clinique des sujets hélixophiles

par le Professeur Augustin Padvis
Historien des mécanismes


Les observations que j'ai réunies depuis plusieurs années montrent que si les sujets atteints d’addiction aux instruments d’extraction du bouchon ont comme point commun de rechercher "la pièce qui manque", tous ne présentent pas les mêmes manifestations comportementales.
Si certains collectionneurs semblent plutôt attirés par la production de fabricants, ou par les mécanismes et leurs variantes, d’autres privilégient la recherche sur le terrain, la documentation, la présentation des objets ou encore l’étude du marché.

Il m'est donc apparu utile de donner mission à nos observateurs pour tenter une première classification des formes cliniques de l'addiction aux tire-bouchons.
Cette classification n’a naturellement rien d’absolu. Dans la pratique, la plupart des sujets présentent une combinaison variable de plusieurs tendances.


Voici les catégories que nous avons cru possible de distinguer :


La mise en scène de la collection avait conduit la journaliste Catherine BELIN* à distinguer deux catégories  de collectionneurs : le "collectionneur vitrine" et le "collectionneur placard". Nous croyons aujourd'hui pouvoir ajouter une troisième catégorie  :  le "collectionneur coffre fort".
Catherine BELIN, "Objets du désir" in Le Républicain Lorrain du 23 juin 2013.

1. Le "collectionneur vitrine" éprouve un besoin évident de montrer et de partager. Ses tire-bouchons sont exposés dans des vitrines soigneusement disposées. Les visiteurs sont volontiers invités à examiner les pièces et les commentaires accompagnent naturellement la présentation.



Jean-Paul Boussat était l'archétype du collectionneur vitrine 


2. Le "collectionneur placard" adopte une attitude différente. Les objets sont conservés dans des tiroirs, des boîtes ou des cartons. L’accumulation peut être considérable sans que la collection soit réellement exposée. L’intérêt du sujet réside surtout dans l’acte de découverte et d’acquisition.
"Pour moi, dit l'un d'eux, le tire-bouchon acquis redevient ferraille !"



Nous ne nommerons pas ce Jacques là !


3. Le "collectionneur coffre fort" se concentre sur quelques pièces d’exception. Craignant de voir ses trésors volés, il les conserve dans des coffres ou armoires fortes.
Il arrive même que ce type de collectionneur n'examine que rarement ses acquisitions, seulement pour se réjouir de les posséder.



Aucun indice ne saurait être donné sur les propriétaires...


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La façon de collectionner, autre critère de classification, a conduit nos observateurs à distinguer :

4. Le documentaliste
Chez lui, chaque nouveau tire-bouchon acquis devient l’objet d’un dossier individuel.
L’objet est photographié sous plusieurs angles. Le collectionneur en décrit soigneusement les caractéristiques : type de vrille, mécanisme, dimensions, matériaux et état de conservation.
Mais le dossier comporte également d’autres informations jugées indispensables :
– le lieu d’acquisition,
– le prix payé,
– les prix observés pour des pièces comparables,
– les résultats d’adjudications en salle des ventes,
– les observations relevées sur différentes plateformes de vente.



Toute ressemblance avec...


Dans certains cas avancés, la documentation finit par intéresser l'archiviste plus que l’objet lui-même.
Certains de ces collectionneurs très savants diffusent volontiers leurs recherches auprès d’autres amateurs et contribuent ainsi à la connaissance historique des tire-bouchons. D’autres conservent jalousement leurs dossiers, se limitant parfois à une simple remarque :
"Il faudra que je publie ça un jour."

5. Le chasseur
Le chasseur de tire-bouchons constitue l’un des types les plus facilement observables dans l’écosystème des brocantes.
Sa première caractéristique est la précocité de son apparition sur le terrain.
Levé très tôt, il arrive, parfois avant même les exposants !
Sa progression est rapide et méthodique. L’œil aux aguets, il parcourt les tables et les caisses d’outils anciens à grande vitesse. La prise en main d’un objet est brève, la décision rapide.



Le premier partout... chacun se reconnaîtra !


Le chasseur ne s’attarde guère dans les conversations : il souhaite achever rapidement son premier tour afin de rejoindre un autre déballage.
Il s’intéresse aux tire-bouchons, mais également à tout objet susceptible de présenter une valeur marchande intéressante.
Il arrive qu’il rencontre une pièce remarquable dont le prix dépasse ses moyens. Dans ce cas il se renseigne, mémorise l’objet et poursuit sa route. Car le chasseur possède souvent une mémoire remarquable des pièces rencontrées. Il sait où elles se trouvent, et surtout qui les possède.
Et sa maîtrise de ce réseau semble parfois lui suffire.

6. L'ingénieur
L'ingénieur s’intéresse avant tout à l’ingéniosité (!) des systèmes.
Les dispositifs à levier, les perfectionnements techniques et les mécanismes brevetés constituent pour lui un domaine d’étude inépuisable et il lui faut montrer en les rassemblant comment la même idée est développée dans le temps et dans l'espace.



Hajo Türler en était le meilleur exemple


Pour ce type de collectionneur, le tire-bouchon n’est pas seulement un objet : c’est une petite machine dont il connait toutes les qualités et tous les défauts. Il aimerait déposer à son tour quelque beau brevet et faire fabriquer l'instrument parfait.
Sa collection s'accroit essentiellement par des achats à d'autres collectionneurs.

7. Le spéculateur
Le spéculateur se distingue par son intérêt pour la valeur marchande des objets et les plus-values réalisables. Il ne garde que l'exceptionnel et revend avec bénéfice ce qui lui semble trop commun.
Très organisé, il constitue des dossiers comprenant l’historique des prix atteints par certains modèles. Les catalogues de ventes et les plateformes spécialisées sont régulièrement consultés.



Le sérieux et les accessoires du brasseur d'affaires


Mais l’une de ses caractéristiques les plus remarquables demeure sa mémoire : il se souvient avec précision des adjudications passées et peut comparer instantanément le prix demandé avec la valeur potentielle du marché.
Nous nous demandons s'il ne s'agit pas là tendanciellement d'un comportement déviant, dont chacun devrait se prémunir.

8. Le spécialiste
Le spécialiste se distingue par une orientation volontairement limitée de sa collection.
Certains se consacrent aux hélices simples, d’autres aux systèmes à leviers. D’autres encore privilégient les tire-bouchons figuratifs ou les plastiques colorés.
Il arrive également que la spécialisation soit géographique : un pays (les tire-bouchons italiens ou allemands) ou une région (les productions des tourneries sur bois par exemple).
Mais la forme la plus fréquente consiste à se consacrer à un fabricant emblématique : Pecquet, Pérille ou Burel par exemple.



Vous avez dit Pecquet ?


Les observateurs de l’Institut ont souvent entendu ces collectionneurs déclarer :
« Très beau modèle… mais ce n’est pas dans mon sujet. »

9. Le "gardien du temps"
Conservateur, le gardien du temps adopte une attitude presque opposée à celle de l'investisseur.
Pour lui, un tire-bouchon acquis ne peut plus quitter la collection.
Même lorsqu’un exemplaire plus intéressant apparaît, il hésite à se séparer du précédent. Chaque objet reste associé à un moment, un souvenir de découverte, une brocante ou une rencontre.



Et après moi ?


Pas question de vendre, il transmettra l'ensemble, à un musée si possible.
La collection croît donc lentement… mais ne diminue jamais.


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Conclusion clinique


On dit souvent que collectionner constitue une façon particulière d’appréhender le monde.
L’observation des sujets hélixophiles semble confirmer cette idée.
Au fil du temps, un phénomène curieux apparaît : la collection prend progressivement les traits dominants de celui qui l’a constituée.
Les archives de l’Institut d'Etudes Hélixophiles Appliquées permettent ainsi d’affirmer que toute collection finit par ressembler à son collectionneur.


Visa de l’Institut
Rédaction principale :
Professeur Augustin Padvis — Historien des mécanismes
Observations de terrain :
Capitaine Édouard Tournette — Chasseur-naturaliste des marchés aux puces
Données documentaires :
Docteur Philibert Papier — Archiviste de l’Institut

Sous la direction du :
Professeur Gérard Tirbien — Président de l’Institut
Comité scientifique :
Levrillé – Labible – Tournette – Papier – Padvis – Turnwell.


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Et vous, vous faites partie de quelle(s) catégorie(s) ?



M & IA


P.S. : Pour la suite, je ne manquerai pas de vous tenir informés des travaux de l'Institut d'Etudes Hélixophiles Appliquées.


samedi 28 mars 2026

LA GRANDE DIVERSITÉ DES TIRE-BOUCHONS À AIGUILLE


Amis blogueurs, bonjour !


Le sujet du jour concerne

La grande diversité des tire-bouchons à aiguille


Un ami brocanteur m'a mis dans les mains à Arlon (Belgique) un tire-bouchon que je n'ai pas osé refuser : la BOUCHONETTE ! 
J'ai souri et remercié : cultiver une relation durable entre vendeur et chineur est parfois à ce prix !
L'achat m'a rappelé mes débuts de collectionneur quand ce type de tire-bouchons à aiguille me surprenait encore. 

Cependant, rentré chez moi, je me suis dit que je tenais là un sujet d'article pour le blog : ces tire-bouchons sont certes modestes, mais réunissent finalement bon nombre de modèles et représentent bien les années 60, entre matériaux et couleurs. 


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Principe de fonctionnement


Le principe des tire-bouchons à aiguille est constant, il s'agit d'injecter de l'air ou un gaz en dessous du bouchon jusqu'à ce que la pression exercée le soulève :
- de l'air en pompant manuellement, 
- ou du gaz comprimé, à partir d'une recharge de gaz inerte ou d'une cartouche de protoxyde d'azote.




[Mise en garde : Le protoxyde d'azote ou N2O, utilisé dans le domaine médical (anesthésie) et en pâtisserie (crème chantilly), dit aussi gaz hilarant, est particulièrement dangereux quand il est détourné de son utilisation : c'est une drogue euphorisante et hallucinogène, à l'origine de nombreux accidents.]


Les brevets pris pour des tire-bouchons à aiguille sont le plus souvent d'origine suisse (nombreux de 1963, particulièrement) comme nous l'avait appris le regretté Hajo TÜRLER. 
Cf. son opuscule : Brevets Suisses de Tire-bouchons par Hans J. TÜRLER.
Ajoutons que la revue du CFTB, l'Extracteur, avait consacré un dossier à ces tire-bouchons, dès son n° 14 d'octobre 1998.


Voici quelques exemples de tire-bouchons à aiguille : vous jugerez vous-même de leur diversité.

[Note : les photos ont parfois été reprises des plateformes marchandes, à titre d'illustration.]


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BOUCHONETTE




Le modèle est bien marqué sur le bouton poussoir noir BOUCHONETTE et MADE IN SWITZERLAND. Le mode d'emploi, en quatre langues, indique :
1. Enfoncer l'aiguille au travers du bouchon.
2. Tenir la bouteille d'une main et de l'autre pomper en actionnant la poignée jusqu'à ce que le bouchon sorte.
3. Si le bouchon ferme bien, 2 ou 3 coups de pompe suffiront. Dans le cas contraire, incliner la bouteille de sorte que le liquide humecte le bouchon. Pomper un peu et ce dernier sortira.
Brevet suisse 390 072 de 1963 par René Besançon, Bienne.


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CORKETTE


C'est au site de l'ami Jacky Corbel, Les tire-bouchons de Rebel-TB, que j'emprunte la définition de la CORKETTE : 
 "Poignée pompe en matière plastique. Il suffisait d'introduire l'aiguille et la faire traverser le bouchon, puis de pomper, l'air insufflé dans la bouteille faisant une pression verticale sur le bouchon." 




Tire-bouchon à air fabriqué par Spong Co.LTD BASILDON ESSEX. REGG DESIGN N°912910/1 de 1963. 


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CORKEX


Le "tire-bouchon automatique" CORKEX :




Fonctionnement manuel.
Autre brevet suisse, 390 072 déposé en 1963 par René Besançon.


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CORK BOY


Le CORK BOY, tire-bouchon à cartouche de gaz :




Brevet suisse 369 674 déposé en 1963 par Serge Mourreau et Marcel Gonnet.


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CORK JACK


"Air Cork Extractor" CORK JACK.
Le mode d'emploi (en anglais) déconseille de l'utiliser sur une bouteille de champagne ou autre boisson effervescente !!




Brevet allemand de Werner STREICHER pour EMIDE, fabriqué au Japon.


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CORK POPS


"The Original Cork Pops wine opener" :




CORK POPS, US Patent 3-085-454 par Stero Chem MFG Corp San Francisco.


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CORKY


Ce tire-bouchon à pompe manuelle, marqué CORKY et Made in Switzerland, est très commun : c'est un des tout premiers tire-bouchons que j'ai acquis il y a déjà une trentaine d'années.




Brevet suisse 403-526 de Franz TSCHAPPU, toujours fabriqué.


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PARTY JACK


PARTY JACK, multioutil à aiguille :
Combiné décapsuleur, perce-boîte, ouvre-boîte, coupe-papier d'aluminium et extracteur de bouchon à aiguille.


Stewi Party Jack Cork Remover 
(image http://www.bullworks.net/)


Brevet suisse 467 717 de 1967 déposé par Walter STEINER pour sa société STEWI.


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TIRVIT - PK


TIRVIT, tire-bouchon à gaz, avec recharge, décliné en plusieurs versions (blanche, noire, orange, argentée, dorée...) :




Modèle français créé par Marcel Pecazaux en 1965.


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ROCKET ?


En forme de roquette, "tire-bouchon mécanique pneumatique à cartouche de gaz carbonique"... une belle trouvaille présentée par Jacques Lapierre au Congrès du CFTB à Hyères en 2019 (Extracteur n° 92).




Brevet allemand 872 302 déposé en 1963 par Monopol-Werk Usbeck & Söhne.


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ÉPÉE brisée


Je possède aussi ce modèle que je crois assez courant, et qu'on me dit français. La poignée montre Saint-Michel terrassant le dragon... Un modèle qui ne manque pas d'intriguer mes visiteurs :




Tire-bouchon Poignée d'Epée n° 329 - Manufacture Pilote


02.04.26 : identification par Patrick Pagniez et Jacky Corbel, à partir d'une recherche du regretté Jean-Louis Desor, texte repris du site de Jacky Corbel, déjà cité :

Tire-bouchon "Poignée d'Epée", décor de Saint-Georges terrassant le dragon, pompe à aiguille à air. Fabriqué et commercialisé en 1972 par la Manufacture Pilote située à Berck Plage ( Pas-de-Calais). Les ateliers se trouvaient Chemin des Anglais et le siège social rue des Pâtures à Berck Plage. . "La Poignée d'Epée" est son nom commercial et porte le n° 329. Métal argenté. Sur la carte publicitaire de présentation, on peut lire: "Pour déboucher sans effort, et en s'amusant, les bouteilles les plus rebelles... N° 329 - Un tire-bouchon "qui pompe l'air" en métal et vieil argent : 69 F... Beaucoup de nos modèles viennent de vos idées. Merci, mais... recommencez !"

Merci à l'ami regretté Jean-Louis Desor pour ses recherches, et qui avait recueilli il y a quelques années, des témoignages d'employés: Cette entreprise de vente par correspondance proposait des cadeaux, bijoux et objets "Arts de la table" pour les comités d'entreprise, les administrations, les écoles et aussi les particuliers. Créée en 1958 par Victor Bigio, l'entreprise cesse toute activité en 1979. "La Manufacture Pilote" a tout d'abord fait partie de l'organisation hospitalière de Berck pour la rééducation des malades. Elle devient autonome en prenant un statut d'entreprise. en 1979, devant une menace de délocalisation,  les travailleurs luttent pour garder leur entreprise sous forme de coopérative, hélas sans succès... Il y avait 120 personnes dont 80% d'handicapés.


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Les modèles suivants, à cartouche de gaz, ont été dispersés par la Maison de Vente Valoir-Pousse-Cornet  le 16 mars 2023.


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SPARKLETS CORKMASTER et EMIDE

Lot 83 : Réunion de 2 tire-bouchons à aiguille et air comprimé :




- SPARKLETS CORKMASTER, brevet américain du 2 mars 1982 de Michio NAKAYAMA.
- EMIDE, modèle publicitaire pour la BISCUITERIE AMANDIER LYON. Brevet allemand de Werner STREICHER du 25 avril 1964 (Cf. aussi Cork Jack). 


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CORK JACK et CORK FLASH

Lot 84 : Réunion de 2 tire-bouchons à aiguille, à air comprimé, années 60.




- autre modèle CORK JACK, anglais... ou plus vraisemblablement déclinaison japonaise du Modèle allemand EMIDE (cf. ci-dessus).
- CORK FLASH, modèle français.


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CORK ACE et KISAG


Lot 85 : Réunion de 2 tire-bouchons à aiguille et injection de gaz. 




- CORK ACE, modèle anglais breveté
- KISAG AG BELLACH SWISS MADE.


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CORKAIRE et EMZO


Lot 87 : Réunion de 2 tire-bouchons pneumatiques à aiguille, années 60




- CORKAIRE SPEEDY CORK
- Tire bouchon pneumatique, air comprimé vintage EMZO QUICK.


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Quel inventaire à la Prévert : 
BOUCHONETTE, CORKETTE, CORKEX, CORK JACK, CORK BOY, CORK POPS, CORKY, PARTY JACK, SPARKLETS CORKMASTER, EMIDE, CORK FLASH, CORK ACE, KISAG, CORKAIRE, EMZO,TIRVIT - PK... et même une ROCKET et une ÉPÉE brisée !


Peut-être connaissez-vous d'autres modèles, des modèles italiens ou espagnols notamment ? Ou avez-vous plus d'éléments sur les brevets et les fabricants ?
Je serais heureux de pouvoir les ajouter en complément à cet article.


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Et puis il y eut le Congrès du CFTB à Vitoria-Gasteiz et la visite du domaine Vivanco, où nous pûmes y admirer - entre autres merveilles - d'autres tire-bouchons à aiguille :



à air...



et à gaz.


Je reviendrai sur le congrès du CFTB à Vitoria-Gasteiz dans un prochain article.



M


mercredi 18 mars 2026

L'HÉLIXOPHILE ET LE CONGRÈS

 
Amis blogueurs, bonjour !


Point de travail pour moi, je goûte enfin loisir ;
Mon aîné s’en est chargé, pour mon grand plaisir.
Je le laisse aujourd’hui vous conter quelque chose :
Une fable à sa façon — qu’il invente ou qu’il ose.


Voici donc, vu par lui,

L’hélixophile et le Congrès





Un Curieux disait : « Je vais au Congrès voir
Quelques beaux Tire-bouchons, et non point m’émouvoir.
Les clubs ont leur caquet, leurs disputes frivoles ;
Un bel objet suffit aux personnes moins folles. »

Il partit là-dessus, l’esprit ferme et content,
Se promettant d’être homme à juger froidement.
« Je verrai, disait-il, ce que chacun étale ;
Mais je ne suis pas né pour la ferveur banale. »

À peine fut-il là, qu’un voisin complaisant
Tira d’un écrin noir un objet séduisant.
C’était un vieux modèle, à mèche déliée,
Dont la poignée avait noble grâce alliée.

Notre homme, en le voyant, dit d’un ton retenu :
« La pièce est fort honnête, et le travail connu ;
J’en ai vu toutefois de fabrique plus sûre. »
Mais son œil, en parlant, mesurait la mèche et la monture.




Un autre alors montra, d’un air simple et discret,
Un tire-bouchon court, presque sans apparat ;
On l’eût cru fort modeste, et d’origine obscure :
Un ancien catalogue en sauva la figure.




On disputa longtemps le lieu, l’âge, le nom ;
L’un donnait pour auteur un habile compagnon ;
L’autre niait le tout ; un troisième, plus souple,
Disait : « J’en ai connu de même espèce en groupe. »

Un jaloux souriait d’un sourire approbateur,
Qui cache assez souvent l’aiguillon du cœur.
Tel louait une pièce, et tout bas, dans son âme,
Souhaitait que son maître en perdît un peu l’âme.

Un quatrième enfin, sans paraître y tenir,
Sortit de son carton un rare souvenir :
Petit tire-bouchon, mais d’invention si neuve,
Que chacun s’empressa d’en examiner l’épreuve.

« D’où vient-il ? — D’un grenier. — Songez-vous ! — Sans façon.
— J’en ai vu le cousin chez un vieux compagnon.
— La mèche en est tardive. — Au contraire, elle est fine.
— Le manche sent Paris. — Non, plutôt la province. »




Ainsi, de table en table, et de boîte en étui,
On se prit à montrer, reprendre, et dire : lui
N’a pas tout à fait tort, mais pousse un peu l’affaire ;
Celui-ci sait beaucoup ; cet autre veut trop plaire.

Notre homme, qui jurait de n’être point des leurs,
Corrigea deux erreurs, soutint trois controverseurs,
Admira malgré lui plus d’une trouvaille neuve,
Et sentit contre un autre une petite fièvre.

Car ce voisin heureux, d’un air presque innocent,
Possédait justement ce qu’il cherchait souvent :
Un modèle ancien, simple, avec juste patine,
Que notre Curieux eût volontiers mis en vitrine.




Il dit : « Belle rencontre. » Et son rival répondit :
« Bagatelle, Monsieur ; je n’y tiens qu’à demi. »
Ce mot fut entendu comme on entend une offense ;
Rien n’irrite un amateur autant que l’indifférence.

Le soir, chacun pourtant soupa fort civilement,
Loua les découvertes et parla doctement ;
On reprit les débats, les doutes, les querelles,
Mais le vin adoucit les pointes les plus belles.

Tel qui soutenait ferme un avis le matin
Convia son rival, le verre à la main ;
Tel autre, fort piqué d’une remarque un peu vive,
Riait une heure après d’une humeur moins chétive.

Notre homme, de retour, songeait en son logis
Aux modèles montrés, aux ressorts, aux avis ;
Mais plus encor aux voix, aux regards, aux visages,
Aux plaisirs de disputer entre gens du même usage.

Il convint en secret, d’un cœur simple et civil,
Que le Congrès lui-même avait plus qu’ un charme utile ;
Si le tire-bouchon du Congrès en est l’alibi,
Il sert surtout à voir se retrouver les amis.





Morale

On part pour les objets ; on revient par les hommes.



H, M & IA

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