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lundi 17 août 2026

PRÉSENTATION ENRICHIE DU TARIF-ALBUM N°8 DU COMPTOIR FRANÇAIS DE QUINCAILLERIE R.B.T. DE F.M. REBATTET.

 
Amis blogueurs, bonjour !


Voici le dernier volet du triptyque consacré à la saga Rebattet & Baroche, actualisé grâce à la contribution De Christian Braconnier :


Le Tarif-Album N°8 du Comptoir Français de Quincaillerie R.B.T. de F.M. REBATTET


Souvenez-vous, dans l’Extracteur N° 117 de décembre 2025, Bernard Devynck avait consacré un important article à la saga Rebattet & Baroche, concluant sur la nécessité de recherches complémentaires, notamment sur les périodes précédant et suivant cette association Rebattet & Baroche.

L'acquisition il y a quelques semaines du volumineux Tarif-Album N°8 de F. M. Rebattet (Merci à Christophe Chauveau pour son aide dans cet achat !), document auquel nous n’avions accès jusqu’alors que sur le net, via Gallica ou le site https://bibliotheques-specialisees.paris.fr/, nous a décidés à reprendre ensemble les recherches sur l’histoire de l’entreprise. 

Deux articles du Blog, corédigés avec Bernard Devynck, ont été consacrés à cette saga :


et 



Il ne restait donc qu'un seul article à vous proposer : 
LA PRÉSENTATION DU TARIF-ALBUM N°8 DU COMPTOIR FRANÇAIS DE QUINCAILLERIE R.B.T. DE F.M. REBATTET.



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Une courte description de la couverture précèdera une partie consacrée à la datation de l'ouvrage, et celle de présentation du contenu.



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DESCRIPTION GENERALE


Mon Tarif-Album N° 8 est un catalogue relié carton toilé noir, lettrage doré, pas toujours bien lisible.
Il compte 764 pages N & B numérotées (1 page couleur), les illustrations sont gravées, les prix indiqués : la stabilité monétaire était de mise avant la première guerre mondiale.
22 910 produits, en trois parties, sont présentés par ordre alphabétique.
Imprimeur : Imp. DONNADIEU 23 rue des Francs-Bourgeois Paris.


On peut lire ou deviner en couverture :

Comptoir Français 
de Quincaillerie

72 & 74 Boulevard Richard-Lenoir

R.B.T.
Adresse télégraphique : DUPOREB – PARIS

Logo abeille sur mappemonde (logo de Rebattet)

PARIS

F. M. REBATTET

ALBUM DÉPOSÉ
 


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DATATION DU TARIF-ALBUM N°8


La couverture de notre exemplaire nous apporte quelques éléments :
- L’adresse postale : 72 & 74 Boulevard Richard-Lenoir a été fixée lors de la création du Comptoir Français de Quincaillerie C. Dupont Ainé & Rebattet en 1892.
- L’adresse télégraphique DUPOREB, présente en couverture et ajoutée en surcharge en page 1, associe les noms des associés : DUPOnt et REBattet : elle est donc contemporaine de la création de l’entreprise en 1892.
- le téléphone 901-05 est celui induit par la numérotation des abonnés, dont l’utilisation – décidée au plus tard en 1895 - est imposée au 1er janvier 1896 à Paris (remplaçant la lettre identifiant le central et l'appel nominatif en place depuis 1879).
- La mention du seul F. M. Rebattet correspond à la période ouverte après le décès de son associé C. Dupont, le 10 janvier 1895.


Après la parution de cet article, Christian Braconnier, ami lecteur et collectionneur, nous a envoyé des extraits de deux exemplaires du Tarif-Album N° 8 en sa possession. Ces deux exemplaires s'ajoutent aux trois que nous connaissions et me conduisent à remanier quelque peu la suite de mon texte :


VERSION ACTUALISEE AU 5 SEPTEMBRE 2026


La comparaison des cinq exemplaires connus nous fait progresser : tous sont numérotés en page 1 et peuvent donc être classés :





1. Le N° 1448 est le plus ancien et appartient à Christian Braconnier.




2.  Le N° 1761 est deuxième dans l'ordre de diffusion. Il est accessible sur le site https://bibliotheques-specialisees.paris.fr/. Le Tarif-Album N°8 est daté précisément de 1895 : "Publication : Paris : Comptoir français de quincaillerie Rebattet & Cie, [1895]".
Cette datation par des professionnels est cohérente avec les éléments de couverture et la disparition de C. Dupont Aîné.
L’exemplaire numérisé est doté d’une couverture neutre, sans raison sociale.




C'est le seul parmi les cinq à avoir cette couverture neutre, restaurée peut-être ?


3. Le N° 2360 est l’exemplaire accessible sur Gallica-BnF (sauf sa couverture).
Il comporte une annotation au crayon : Année 1880, souvent utilisée pour les réimpressions actuelles à la demande, intitulées "fac-similé de l'édition originale de 1880", mais ne saurait convenir à la datation : 
- plusieurs brevets de tire-bouchons présents dans le Tarif-Album sont postérieurs à 1880 (cf. notamment brevets Pérille)
- le nom de F. M. Rebattet n’apparait que neuf ans plus tard, en 1889, au moment de son association avec C. Dupont Ainé.


4. Le N° 2700 appartient également à Christian Braconnier, il comporte des annotations au crayon en page 1 : « 1903 » et « Remise 30% ». L'adresse de l'entreprise a été actualisée pour prendre en compte son extension : 72 & 74 Boulevard Richard-Lenoir.




3. Le N° 3003 est mon exemplaire
Cet exemplaire a un contenu identique à ceux ci-dessus. 
Comme le N° 2700 l'adresse de l'entreprise a été actualisée : 72 & 74 Boulevard Richard-Lenoir.
Cependant, un feuillet intercalaire de 13,8 x 21,3 cm est collé en page intérieure de couverture : il expose des décisions interprofessionnelles de 1907 et précise leur application particulière au Tarif-Album N° 8.



Feuillet intercalaire 1907


Plus remarquable, et de manière identique dans chaque exemplaire, plusieurs bandeaux surcharges soigneusement collés actualisent des prix. Trois autres surcharges, imprimées au tampon, et présentes dans les exemplaires numérotés N° 2360 et N° 3003,  indiquent des objets supprimés.




Exemple de surcharge collée (P 77)



Que conclure ?

- La couverture illustrée est commune. Mais l'adresse a été complétée dans les deux exemplaires les plus tardifs : 72 & 74 Boulevard Richard-Lenoir.
Seul, le N° 1761 (https://bibliotheques-specialisees.paris.fr/) a une couverture neutre, indice d'une restauration.

Le Tarif-Album N° 8 – monument de 764 pages - investissement important, a dû être préparé pendant des mois (travail d'inventaire, de gravure...) avant d’être imprimé en 1895, dans l’objectif de servir pendant plusieurs années, avec seulement des actualisations à la marge.
- Tous les articles présentés ont donc nécessairement été fabriqués avant 1895.

Au total, 10 pages seulement sur 764 comportent des surcharges composées de bandeaux de papier soigneusement collés, actualisant des prix... et une seule comporte des surcharges au tampon (encre violette), supprimant suppriment trois articles (moulins).
C’est dire que 753 pages sur 764 sont encore entièrement valides en 1907 !

Un encadré, en dernière page donne l’organisation en trois parties et le nombre de produits référencés : 22 910 ! 
Il donne aussi le prix de l’Album N° 8 : Cent francs net. 
Était-ce là un moyen de sensibiliser les clients potentiels à la valeur du document mis à leur disposition ?



Encadré final, page 764


On trouve déjà dans cet encadré le logo à l’abeille et la marque déposée RBT, dont on sait pourtant que le dépôt des marques n’est intervenu que le 31.12.1909…



Marques déposées le 31.12.1909 (INPI)


L'utilisation de ce dessin et de la marque est donc manifestement antérieure au dépôt de 1909.

 



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CONTENU DU TARIF-ALBUM N°8



Il est évidemment impossible de détailler ici les 22 910 produits présentés par ordre alphabétique.
Retenons, parce qu’ils sont proches de mes centres d’intérêt.. et peut-être des vôtres !

1. En Première partie :
« Articles d’Agriculture et de Jardin, Articles de Cave, Articles d’Ecurie, Cuivrerie d’Ameublement, de Bâtiment et de Plomberie, Clouterie, Fournitures pour Carrosseries et Voitures, Fournitures d’Usines, Fournitures pour l’Electricité, Instruments de Pesage et Mesures Linéaires, Outillages, Quincaillerie, Serrurerie ».
Anneaux de clés, de thyrse ; attache-bouchons ; bouchons (à pression, verseurs, à ressort…) ; arrache-bouchons ; forets-coup de poing ; mâche-bouchons ; machines à boucher, pinces arrache-faussets, à dégoudronner ; pompes (pipettes), tire-bondes, tire-fonds ; cadenas ; ciseau à champagne ; couteaux ; cuillères à absinthe ; bocfils & drilles ; diamants de vitrier ; fouets à œufs ; hachettes et haches ; marteaux ; moulins à café ; moulins à poivre ; tire-boutons ; outils de sculpteur ; marteaux ferblantier & chaudronnier ; outils de sellier & bourrelier, de tonnelier ; sécateurs, notamment RBT ; pinces ; (fils à) plomb ; siphons à champagne ; encart couleur : stores RBT ; timbres & sonnettes ; tire-bouchons… dont hélice RBT…



Coups de poing, page 61. 
A noter : surcharge papier en haut de page, colonne de droite 
(la même sur les deux autres exemplaires)




Siphons, page 445.



Tire-bouchons, page 473.


On trouve là nombre de tire-bouchons Pecquet. Six tire-bouchons sont revendiqués comme étant des modèles R.B.T..



Tire-bouchons, page 474.


Une hélice R.B.T. et beaucoup de brevets identifiés : Lew ou Pégé 1887, Perle JP, Etoile JP 1885, Etui à coulisse  et à ressort JP 1885, Express à tête de lion JP 1886 (et 1899), Lund, « Lanterne » Pecquet (brevet Plant 1887), Hélice JP 1876, Hélice 2 pales Pecquet 1887.



Tire-bouchons, page 475.


On y voit notamment les brevets Bague JP 1884, Crémaillère JP 1879, Excelsior Guichard 1880, Diamant JP 1888 et Mestre 1873, évidemment tous antérieurs à 1895.



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Je vous économise les centaines de pages consacrées aux autres articles, mais suis à votre disposition pour vous aider dans une recherche :


2. En Deuxième partie : 
« Brosserie et Plumeaux, Ustensiles de basse-cour et de jardin, Articles d’Eclairage et d’Illumination, Appareils de chauffage et Garnitures de foyer, Ustensiles de ménage, Ferblanterie, Articles d’hygiène, Vannerie et Voitures d’enfants. »
Appareils à eau de Seltz ; dessous de plat ; chevaux à bascule, tricycles, voitures de poupée…

3. En Troisième partie :
« Articles de bureau, Articles de chasse et de tir, Ustensiles de pêche, Agrès de gymnastique et d’escrime, Bicyclettes et accessoires, Jeux et sports, Appareils et fournitures photographiques, Articles de voyage, Couronnes mortuaires, Articles omis dans les première et deuxième partie. »
Compas ; plumes ; appeaux ; jeux ; appareils photographiques…


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La saga Rebattet est un véritable feuilleton, et le Tarif-Album N°8 n'en finira pas de m'étonner ! Mais de grâce, dans l'immédiat, ne me "Rebattet" plus les oreilles (Don't beat my ears anymore) !

Merci pour votre aide, Christophe, Bernard et Christian !



M

vendredi 26 juin 2026

LA SAGA REBATTET & BAROCHE... AVANT ET APRÈS : PREMIÈRE PARTIE

 

Amis blogueurs, bonjour !


La canicule depuis une semaine, Norvège - France ce soir et, courageusement, le blog reprend !

Dans l’Extracteur N° 117 de décembre 2025, Bernard Devynck avait consacré un important article à la saga Rebattet – Baroche, concluant sur la nécessité de recherches complémentaires, notamment sur les périodes précédant et suivant cette association REBATTET et BAROCHE.

L’occasion a fait le larron : j'ai acquis depuis peu le volumineux Tarif-Album N°8 de F. M. Rebattet, document auquel nous n’avions accès jusqu’alors que sur le net, via Gallica ou le site https://bibliotheques-specialisees.paris.fr/
Cet achat nous a décidés à reprendre ensemble les recherches sur l’histoire de l’entreprise. 

"Tout pourrait commencer par la création d’un comptoir de quincaillerie en 1839 regroupant plusieurs sociétés : C. Dupont & Rebattet, Ducoudré & Guichard, B. Delaune et Verret-Truffault réunies", écrivait Bernard, il y a quelques mois.
Nous sommes donc repartis à la recherche de ces sociétés, "avant et après Rebattet & Baroche" pour aboutir à cet article à quatre mains :

LA SAGA REBATTET & BAROCHE... AVANT ET APRÈS : 


Nous présentons ici la première partie de nos recherches : 

"L'avant Rebattet & Baroche".

"L'après Rebattet & Baroche" fera l'objet d'un prochain article;

Et le catalogue et ses tire-bouchons attendront encore un peu !

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Première partie : "L'avant Rebattet & Baroche"


Une fondation en 1834... ou de Dessant à Eeckhout

1834 Dessant Auguste, dit Dessant Aîné est identifié comme propriétaire d'une "Usine à vapeur pour la fabrication de ferronnerie et couverts métal aciéré". 
Son fils lui succède avant de s'associer avec Bernard Mathieu en 1867 :
Raison sociale : Société Dessant Fils et Mathieu
Objet : commerce de ferronnerie et articles de ménage
Siège : rue des Gravillers, 24, Cour de Rome, 9

1874 Bernard Mathieu reste seul.
Il communique sur sa fabrique de ferronnerie à Hirson (Aisne).



01.01.1874  Mathieu & Cie (Didot et Bottin)


1887 la société B. Mathieu est reprise par Lechevretel & Girot
Raison sociale : Lechevretel & Girot, successeurs
Siège : rue Saint-Martin,138 Paris
Objet : fabrique de soufflets et balais d’âtre, ustensiles de ménage.
L'association dure jusqu'en 1893. 

1893 la société est dissoute avant reprise par Lechevretel & Eeckhout.

1893-1902 Lechevretel & Eeckhout. 
Siège : 93-95 boulevard Richard-Lenoir
Objet : ustensiles de ménage.



01.01.1896 Lechevretel & Eeckhout 
(Firmin Didot et Bottin)


1902 Lechevretel cède ses droits à Foubert.
La raison sociale devient Eeckhout & Foubert.
L’objet est conservé : vente d’articles de ménage en gros.

1913 – 1919 après le retrait de Foubert, E. Eeckhout reste seul gérant jusqu’à la vente à Dutrut, Bernier & Desrues.

Cette première ligne de sociétés semble hors sujet, mais elle est pourtant intéressante parce que sa fondation en 1834 sera revendiquée par Dutrut, Bernier & Desrues, les repreneurs de Rebattet et Baroche.



Entête Facture DBD 1935 (Document Bernard Devynck)


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Quincaillerie Benjamin Delaune et P. Jeanselme (1876-1891)

1871-1885 Benjamin Delaune et P. Jeanselme, commissionnaires, s’associent pour fonder la quincaillerie Delaune et Jeanselme, installée au 4 rue Payenne à Paris.

Définition du rôle du commissionnaire : aux termes de l’Article L. 132-1 du Code de commerce : Le commissionnaire est un intermédiaire de commerce qui agit en son nom mais pour le compte d'un commettant dans les limites du mandat qui lui est conféré et pour les opérations qui lui sont confiées.



09.09.1871 Delaune et Jeanselme 
(Journal officiel de la République française)


Benjamin Jacques Delaune (1840-1902), négociant – propriétaire est le fils de Nicolas Sébastien Delaune, limonadier. Il épouse Marie Désirée Guérin en 1875 et en a une fille Marie Hélène Désirée : toutes deux seront victimes de l'incendie du Bazar de la Charité Dames le 4 mai 1897.
Nous ne savons rien de P. Jeanselme, lequel quitte l’association en 1885.
1885-1891 Benjamin Delaune poursuit seul, à la même adresse

1891 L’entreprise Delaune et Jeanselme est reprise par C. Dupont Ainé & F. M. Rebattet.


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Ducoudré et Guichard (1876-1885)

1876 Création de la société en nom collectif Emile Ducoudré & Armand Guichard,  société commissionnaire, sise au 1 rue Saint-Claude, puis au 10 rue du Parc-Royal, à Paris.



13.12.1876 Formation Ducoudré Guichard 
(Journal officiel de la République française)


Les deux associés demeurent à Paris. Emile Ducoudré était précédemment représentant de commerce et Armand Guichard (citoyen belge), employé de commerce.
La société Ducoudré & Guichard durera neuf années avant sa dissolution en 1885 et son rachat par C. Dupont Aîné.


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Verret-Truffault… ou Varret-Truffaut (avant 1882-1903)



01.11.1882  dissolution Varret-Truffault & Fils 
(Journal des sociétés civiles et commerciales)

1882 La quincaillerie dite Varret-Truffaut & Fils (et non Verret-Truffault), 60 rue des Tournelles à Paris, est dissoute : il s’agit en fait d’un simple changement de raison sociale et la société est encore active à cette adresse en 1887, même si l’orthographe des noms a changé : « Verret-Truffaut » !

La quincaillerie Verret-Truffaut se maintiendra jusqu’en 1903, année de son rachat par Rebattet.


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Charles Louis Dupont ou C. Dupont dit Dupont Aîné (1887 – 1895)

Charles Louis Dupont (1856-1895) est recensé comme commissionnaire en 1884, puis comme négociant en 1887.
Entrepreneur actif, il reprend la société Ducoudré & Guichard en 1887, puis s’associe avec Félix Marie Rebattet en 1889.



01011890 Dupont & Rebattet (Firmin Didot et Bottin réunis)


Mais des décès précoces vont frapper la famille Dupont. Charles Louis Dupont a épousé Sophie Pauline Antoinette Ternisien (1862-1894) en 1884, et en a eu un fils : André Alfred Paul. 
Cette épouse décède en 1894. Et Charles Louis Dupont ne lui survit que quelques mois : âgé de 38 ans, il décède le 11 janvier 1895 à son domicile 72, boulevard Richard Lenoir à Paris, 
Le fils orphelin est alors adopté par une tante, sœur de sa mère, Marie Eugenie Louise Ternisien (1864-1943), et prend le nom de André Alfred Paul Dupont-Ternisien (1887-1947). Il ne suivra pas les traces de son père.
De son côté, Félix Marie Joseph dit Marius Rebattet (1860-1925) a épousé Jeanne Marie Toussaint (1866-1952) en 1866, qui lui a donné quatre enfants, mais deux sont décédés en bas âge et les deux autres ne lui succéderont pas.
Si C. Dupont est dit négociant en 1887, Rebattet se déclare encore comme employé de commerce, lors de la naissance de sa fille en 1892.

L’association en 1889 de Charles Louis Dupont et Félix Marie Rebattet aboutira à la réunion des sociétés précédentes :
- ensemble, ils sont successeurs des commissionnaires en quincaillerie Ducoudré & Guichard,
- repreneurs de l’entreprise de Benjamin Delaune vers 1891,
- puis Rebattet, resté seul, reprendra Verret-Truffault en 1903.

... la société Dessant (et successeurs) attendra la reprise de Rebattet & Baroche pour rejoindre le giron commun.

1892 la raison sociale devient : Comptoir Français de Quincaillerie C. Dupont Ainé & Rebattet, et le siège est fixé au 72 Boulevard Richard-Lenoir à Paris.


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Rebattet (1895-1921)

Evolution de la raison sociale : Comptoir Français de Quincaillerie C. Dupont Ainé & Rebattet (1892-1895), Rebattet & Cie (1895-1907), puis F. M. Rebattet & Cie (1907-1921).

Au décès de C. Dupont en 1895 ses héritiers deviennent des actionnaires de la société rebaptisée Rebattet & Cie.
1895 est l’année de publication de l’imposant Tarif-Album N°8 du Comptoir Français de Quincaillerie RBT de F. M. REBATTET, objet d'un prochain article.


1895 Tarif-Album N°8 du Comptoir Français de Quincaillerie (relié 1907)
(document Marc Ouvrard)

Ce tarif-album de 764 pages en consacre trois aux tire-bouchons, pages précieuses puisque représentatives des productions des principaux fabricants en 1895 : Pecquet, Pérille, Guichard...



Petite "mise en bouche",  avant notre prochain article

Nous y reviendrons très bientôt et ces pages seront détaillées.

1903 reprise de la quincaillerie Verret-Truffault.

1909 dépôt de marques pour F. M. Rebattet & Cie : le logo à l’abeille et le sigle R.B.T.


Logo et marques R.B.T. déposées le 31.12.1909


1922 rachat de F. M. Rebattet par Baroche & Benouville.


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Mais là commence "L'après Rebattet & Baroche" : à découvrir dans le prochain article sur le Blog !
Et l'analyse du Tarif-Album N° 8 de Rebattet suivra très vite !

Merci Bernard, pour cette belle coopération !



M

mercredi 4 février 2026

LES TIRE-BOUCHONS VENDUS PAR HAUËT & VIDAL

 
Amis blogueurs, bonjour !


Voici, comme annoncé, la suite de notre article consacré à la saga des grossistes CHOPIN, FOULQUIER, EYMAR, HAUËT, VIDAL, LEROUX, WITTMER.
Cf. :

Seuls dans cette saga, HAUËT et VIDAL ont proposé des tire-bouchons, dans les années 1890, d'où notre titre :

LES TIRE-BOUCHONS VENDUS PAR HAUËT & VIDAL


Deux Tarifs, chronologiquement proches, le N° 41 de 1890-1891 et le N° 45 de 1892, actualisé entre 1893 et 1896, nous les présentent.

Il convient cependant de se rappeler que les tire-bouchons occupent un espace réduit parmi les milliers de références proposées par ces Tarifs.
 
Ils y avoisinent les abreuvoirs pour basse-cour, les biblorhaptes, les écouanes ou les fouillots (vous connaissez ?), les lanternes de ville, les marquises, les plats à barbe ou à escargots, les révolvers et sabres-manchettes, les tabourets à eau bouillante, ... ou bien encore l'enclume des familles, les chenets à tête Alsace, Lorraine, la cible homme-tonneau et le tricycle !



Je vous propose trois définitions : Vous, vous saviez sûrement, mais d'autres non (et c'est mon cas !) :
Biblorhapte : Sorte de classeur possédant une reliure mobile, mécanique ou non, le biblorhapte est généralement utilisé pour ranger des documents ou des lettres.
Écouane : Grande lime plate à une seule rangée de tailles non croisées dont se servent les tabletiers, les ajusteurs de monnaie ou les ébénistes. 
Fouillot : Pièce d'une serrure percée d'un trou destiné à recevoir la tige carrée du bouton double ou de la béquille, et portant un bras destiné à transmettre son mouvement.

Nos Tarifs présentent donc de nombreuses nouveautés, au point qu'on découvre même l'éclairage à l'électricité, en page 760 du Tarif N° 75 !


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Tarif N° 41 de 1890-1891
(Document Bernard Devynck)


Trois pages, 171, 172 et 173, sont consacrées aux tire-bouchons et aux forets-coups de poing. Les références vont du n° 3459 au n° 3550.



Page 171


Page 172


Page 173


On peut y voir des modèles émanant de fabricants très différents, tels :
- Pérille : Commercial JP, Hélice, Bascule, Bélière, Bague, Étoile, Crémaillère...,
- Guichard : Excelsior,
- Mestre : crochet,
Génot et Gunther (breveté en 1887 avec additif de 1888),
- Pecquet assurément, aux mèches taillées ou façonnées, mais difficilement repérables sur ces illustrations de petite taille,
ainsi que des modèles importés : anglais type Thomason, Lund, Lew...


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Tarif N° 45 de 1892
(Document Marc Ouvrard)


Quatre pages, 477, 478, 479 et 480, sont consacrées aux tire-bouchons et aux forets-coups de poing. Toutes les références ont été revues. Elles vont maintenant du n° 9391 au n° 9486.



Page 477


Page 478


Page 479


Page 480


On retrouve la même diversité de fabricants avec, parmi les nouveautés :
- le Diamant de Pérille,
- le Phénix de Guichard,
- un modèle de poche pliable (pantographe) type Hollweg,
- une carte de tire-bouchons Leboullanger (L.B.)


Carte tire-bouchons "L.B."


On note une discrète rectification entre les deux tarifs :
Concernant un tire-bouchon Pecquet, une erreur manifeste apparait dans le Tarif N° 41, page 171 : le n° 3475 est intitulé "Manche dés à jouer", alors que la gravure montre un "Manche découpé". 
Cette erreur est rectifiée dans le Tarif N° 45, page 477 : le même modèle, devenu le n° 9404, est cette fois dit à "Manche découpé", avec les mêmes termes qu'utilise Pecquet dans ses catalogues :



L'erreur est signifiante : le Manche dit "dés à jouer" existait donc déjà et il est dommage qu'il n'ait pas été représenté. Il correspondrait peut-être à un tire-bouchon Pecquet que Lionel Belhacène avait appelé faute de mieux le "Domino" ?
Cf. le groupe Facebook créé par Lionel : Tire bouchons Pecquet et autres
Nous avons discuté tous les deux de cette erreur figurant dans le Tarif N° 41 et voici l'interprétation qu'en fait Lionel :
"[...] En effet, il est donc tout à fait possible que celui appelé "dés à jouer“ soit bien le ”Domino". Les dates collent aussi. Elliott présente le Damier dès 1888, même s'il faut attendre 1896 pour que Pecquet le mette sur son catalogue."



Collection Lionel Belhacène



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Mises à jour du Tarif N° 45, entre 1893 et 1896


Le 1er Cahier, de 1893 :
- acte deux hausses de prix, de 20% pour le vide-bouteilles n° 9119 et de 10% pour « Le Phénix » n° 9483,



- corrige une "coquille" concernant le prix de la douzaine d'hélices JP n° 9418 : "la douzaine 16,70". 
- annonce une nouveauté : le  n° 15853, tire-bouchon nickelé à cloche automatique mouvement continu brevet JP n° 1.900, pièce 1.76 :



Il s'agit bien d'une nouveauté puisqu'on reconnait là le Brevet n° 231.088 délivré à Jacques Pérille le 3 octobre 1893, soit quelques mois après la parution du Tarif N° 45 de 1892.


Les Cahiers suivants, de 1894 à 1896, reprennent ces modifications et proposent en plus à la vente deux beaux modèles dus à Pecquet :
- le tire-bouchon à hélice nickelé n° 337 : L’Etincelant, en boîte, pièce 1.80,
- le tire-bouchon à hélice nickelé n° 374 : Le Parisien Breveté, en boîte, pièce 3.10 :




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Merci à Pascale, Bernard et Lionel pour leur aide précieuse.
Je vais maintenant pouvoir oublier un peu les tire-bouchons pour feuilleter plus longuement mon Tarif N° 45, et m'offrir un voyage à la Belle Epoque !



M

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