mercredi 27 juillet 2022

ENIGMA N° 73 : DE LA PINCE A CAPSULER A LA PINCE ALIES... UN NOUVEAU REBONDISSEMENT !


 Amis lecteurs, bonjour !


Notre énigme étant résolue, nous aurions pu en rester là, mais son auteur, Bernard Devynck, réagit à mon article et nous propose un petit rebondissement pour votre plaisir...

ENIGMA N° 73 : DE LA PINCE A CAPSULER A LA PINCE ALIES... 
UN NOUVEAU REBONDISSEMENT !


Voici le commentaire transmis par Bernard :
Tout est exact dans la description que tu fais de l'invention de Léopold Alies dit Monsieur Paul. C'est bien lui qui a inventé la pince éponyme, il aurait ainsi amélioré ce qu'un certain Timothée Bousquet, viticulteur à Gaillac (Tarn), à une vingtaine de kilomètres seulement de Saint-Antonin-Noble-Val, évoquait en 1885 : un système de ligaturage au bouchon sans pince, avec un bouchon perforé non fendu, qu'il appelait le "lienchon".


Le lienchon ?


Une recherche à partir de ce mot m'a conduit à un exemplaire d'une revue toujours intéressante : Le Progrès agricole et viticole.



Dans son volume 33 du 1er semestre 1900, la revue consacre un dossier aux précautions à prendre pour le greffage de la vigne. 
On y retrouve :
- la pince Alliès" (sic), exigeant l'utilisation d'un bouchon de liège percé et refendu,
- mais aussi la solution préconisée par Timothée Bousquet : l'utilisation du "lienchon", décrit comme un bouchon simplement perforé, permettant de maintenir le greffon dans le porte-greffe, sans qu'il soit nécessaire de recourir à une pince.

L'extrait ci-après est suffisamment explicite pour que je n'y ajoute pas d'autre commentaire :



Le Progrès agricole et viticole, 
Volume 33, 1er semestre 1900, pp 396 et 397


-/-


Notre pince à capsuler nous a emmenés vers la pince à greffer : un petit voyage comme je les aime...
Je crois bien que tout est dit ?



M


mardi 19 juillet 2022

LES PRIX ATTEINTS DANS LA VENTE DE LA COLLECTION JEAN-PAUL BOUSSAT

 

Amis lecteurs, bonsoir !


Pour faire suite aux demandes exprimées par plusieurs d'entre vous, vous pourrez trouver ci-après :

LES PRIX ATTEINTS DANS LA VENTE DE LA COLLECTION JEAN-PAUL BOUSSAT

Précisons qu'il s'agit là des prix marteau, sans les frais.
Les frais étaient de 28 % en salle, plus 1,8 à 3,6 % pour les enchères en ligne.
L'expédition était à la charge des acheteurs et, bien sûr, l'acheteur hors Union Européenne devait s'acquitter de taxes d'importation.

Rappelons aussi que ces prix sont accessibles à tous sur le site 
















La fin de la vente était pour l'essentiel consacrée aux couteaux : les résultats sont sur cette quatrième page.




Vous pouvez retrouver mon analyse de cette vente dans mon article précédent :

Les échanges que j'ai eu depuis montrent une concordance de vues entre collectionneurs : 
- les frais très importants ont dissuadé beaucoup d'acheteurs,
- dans le contexte politico-économique du moment, la cote des tire-bouchons, comme celle de bien d'autres objets de collection est globalement à la baisse.


M



samedi 16 juillet 2022

ENIGMA N° 73 : ET LA SOLUTION EST...

 
Amis lecteurs, bonjour !


Il fait "chaud et beau", pour reprendre la célèbre contrepèterie, aussi vais-je rester un peu au frais dans mon bureau et rédiger cet article !

Vous avez été nombreux à lire notre

ENIGMA N° 73 : UN INSTRUMENT AUTREFOIS UTILISÉ PAR LES HÉLIXOPHILES ?






Vous avez été nombreux à lire, un peu moins nombreux à faire des propositions, mais vous avez trouvé la solution !


-/-


Pour ma part, lorsque Bernard Devynck m'a proposé cette énigme, j'ai éprouvé un "sentiment de déjà vu" ; l'objet me faisait penser à un outil de vigneron chiné il y a bien longtemps : une "troisième main" libérant les deux autres et facilitant ainsi les travaux de greffe des ceps de vigne.

Plusieurs lecteurs de ce blog, étaient sur la même ligne et apportant ainsi de l'eau à moulin :
- Milt Becker pensait que "cela pourrait être un outil de jardinage."
- Jean-Pierre Lamy croyait lui aussi reconnaître "une pince à greffer"...

J'ai fini par retrouver une photo de cette "troisième main" utilisée par les vignerons pour greffer au bouchon :



La pince à greffer ou "troisième main" de Paul Aliès.


Cette pince-là avait été inventée en 1886 par Léopold, dit Paul, Aliès, coutelier à Saint-Antonin-Noble-Val (Département du Tarn-et-Garonne) pour faciliter la greffe de cépages français sur des plants de vigne importés des Etats-Unis, parce que résistants au phylloxéra. Cette pince permettait de "maintenir en place le greffon sur le nouveau cep en enrobant le point de greffe avec un bouchon fendu dans sa longueur, laissant ainsi les mains libres pour ligaturer l’ensemble". 

Mais l'examen de la photo ne laisse évidemment pas place au doute, ce n'est pas l'objet de notre énigme : les lacets sont solidaires de la pince mystérieuse, laquelle doit être tenue en mains pour fonctionner.

Un autre lecteur, anonyme, a suggéré qu'il s'agissait peut-être d'un outil "pour ficeler les anciens bouchons de champagne ???"
On retrouve dans cette proposition l'idée de maintenir un bouchon, mais on imagine cependant difficilement le moyen de le ficeler entre les lacets.

C'est finalement Loïc Bahuet qui a trouvé lla bonne réponse :
"Il me semble que l’objet proposé par notre ami Bernard Devynck est une pince à sertir les capsules (d'étain dans l’ancien temps) sur les bouteilles de vin.
Je suis quasiment sûr d’avoir déjà vu cet objet sur un catalogue que j’ai eu entre les mains ou devant les yeux… mais où, quand et de quel catalogue s’agissait-il, je ne m’en souviens plus..."

En fait, Bernard Devynck, en réponse à ma propre proposition, m'avait donné la bonne réponse : il s'agissait d'une pince à capsuler.
Voici ce qu'il m'en a dit :
"Quand j'ai vu cet outil avec pour légende "sertisseuse à capsule", il m'est immédiatement revenu en mémoire la lecture d'un ouvrage que j'ai acquis  pour ma bibliographie : la sertisseuse était bien une pince à capsuler. Cf. l'article ci-joint de l'ouvrage Le matériel vinicole et les soins à donner aux vins, par Raymond BRUNET, ingénieur agronome, et édité en 1925 (presque 100 ans) par la Librairie J.B Baillière et fils, rue Hautefeuille Paris. [...] Je n'ajouterai rien à l'article sinon que les liens de liaison des mâchoires sont des "lacets" en cuir et que l'utilisation de cet outil manuel ne semblait pas être aisée !



Une pince à capsuler


Il faut dire aussi que Bernard Devynck est un spécialiste : il collectionne toutes sortes d'objets associés aux travail de la vigne et du vin et jusqu’à la mise en bouteille : outils pour travailler le sol, dédiés à la taille, outils de tonnellerie, machines de cave et du chai... et bien sûr tire-bouchons !
J'apprécie sa source bibliographique : Le matériel vinicole et les soins à donner aux vins, par Raymond BRUNET... voilà le livre qu'il me faut !


Bref, entre le message de Loïc et les informations communiquées par Bernard, mon "sentiment de déjà vu" s'est précisé. J'avais bien vu cette machine à capsuler : elle figure dans mon catalogue Louis Mathès de 1914 sous le nom de machine "IDEALE".



Catalogue Mathès 1914.
En haut à gauche, la machine IDEALE.


Légende de l'illustration : 
788. IDEALE à sertisseurs cuir, pour tous genres de goulots et longueur de capsules.

J'ai déjà consacré ici deux articles de présentation de cette "malle aux trésors" que constitue le catalogue Mathès,  B - 14, Fournitures Générales pour Caves ; vous pouvez les retrouver avec les liens suivants :




-/-


Merci à Bernard Devynck pour nous avoir proposé cette belle énigme, 
et merci à vous qui avez tenté de la résoudre.

N'hésitez pas à me suggérer d'autres énigmes : elles intéressent beaucoup de collectionneurs.



M



lundi 11 juillet 2022

ENIGMA N° 73 : UN INSTRUMENT AUTREFOIS UTILISÉ PAR LES HÉLIXOPHILES ?

 

Amis blogueurs, bonsoir !


Bernard Devynck, collectionneur et lecteur de ce blog, a chiné un étrange instrument qu'il nous propose en énigme, voici donc notre :

ENIGMA N° 73 : UN INSTRUMENT AUTREFOIS UTILISÉ PAR LES HÉLIXOPHILES ?


Saurez-vous l'identifier et en donner le nom et la fonction ?


Voici les photos que nous propose Bernard :



Face avant



Face arrière



Vue à plat, mâchoires ouvertes.



L'instrument est complet et en parfait état de fonctionnement.
Il fait penser à une pince. 
Les deux mâchoires sont de forme rectangulaire allongée et ont un aspect lisse.
On note la présence de lacets ou cordons de cuir actionnés par le mouvement des poignées... encore faut-il trouver leur raison d'être !

Concernant les dimensions de l'objet, voici ce que nous en dit Bernard :
- hauteur totale, de la pointe haute des mâchoires à la pointe basse des poignées : 25 cm,
- écartement ouverture des mâchoires à leur extrémité : 10 cm,
- écartement sur ergots d'ancrage des lacets : 14 cm,
- diamètre des lacets : 4,8 / 5 mm,
- enfin, pour être exhaustif, l'instrument pèse 420 g.


A vous de jouer !
Je ne manquerai bien sûr pas de publier vos contributions.



M

mardi 5 juillet 2022

RETOUR SUR LA VENTE DE LA COLLECTION DE JEAN-PAUL BOUSSAT

 
Amis lecteurs, bonsoir !


C'est un grand moment qu'ont vécu bon nombre de collectionneurs il y a quelques jours : Xavier Dominique, commissaire-priseur de la Maison Ader, Nordmann et Dominique, procédait à 
la vente de la collection de Jean-Paul Boussat.


Une vingtaine de collectionneurs et autant de curieux étaient venus voir l'exposition la veille de la vente, tandis que plusieurs centaines avaient décortiqué le catalogue reçu ou accessible en ligne.



L'affiche de la vente



Picard, Coville, Méricant , Riollet...
Quelques belles pièces s'exposant indécemment au regard étonné des passants


Nous étions un petit groupe de membres du CFTB à admirer les vitrines, réunis autour de notre vénéré Président Jean-Pierre Lamy : Françoise, Alain, Alain, Bernard, Jean-Pierre (2), Maurice, Maxime, Patrice, Philippe, Stéphane, d'autres encore qui me feront peut-être reproche de ne pas les avoir cités...



A l'exposition, avec Jean-Pierre, notre Président, et Maxime


Il y avait même Philippe, ami saint-pierre-et-miquelonnais, collectionneur (?) venu m'offrir le seul tire-bouchon de l'archipel : la poignée est faite de bois de cerf de Virginie, un cerf chassé sur la presqu'île de Langlade-Miquelon.



Le bouchon tire-bouchon à poignée de bois de cervidé, 
venu de Saint-Pierre-et-Miquelon.


Les choses sérieuses allaient pouvoir commencer.


-/-


La vente eut lieu les 29 et 30 juin dans la salle d'exposition libérée des vitrines, un cadre presqu'intime donc.
Xavier Dominique la mena tambour battant, ralenti seulement par les enchères en live, nombreuses mais très chronophages.




Au marteau : Xavier Dominique, commissaire-priseur



Vouloir résumer cette vente en quelques lignes serait impossible. 
En voici seulement quelques aspects parmi les plus saillants que j'ai retenus :
- La vente a globalement dépassé 180 000 €, prix marteau, une belle somme, même si je m'attendais à beaucoup mieux.
- Une explication a certainement joué : plusieurs correspondants, étrangers particulièrement, m'ont fait valoir l'importance des frais acheteurs : 28 % en salle, auxquels il fallait ajouter les frais d'enchères en live, de 1,8 % (Drouot Live) à 3,6 % (Interenchères) et, bien sûr, les frais d'expédition et les éventuelles taxes d'importation des pays destinataires... de quoi réfréner les ardeurs !
- Notons que tous les lots présentés (quelques belles pièces de la collection m'ont semblé manquer, mais peut-être Jean-Paul les avait-il vendues) ont trouvé preneur, sans aucune exception, le plus modeste, groupant deux Tony Dussieux, pour 10 € il est vrai !
- Quelques descriptions comportant des restrictions ou imprécisions, d'autres proposant des estimations exagérément basses, ont probablement pesé sur les résultats obtenus.
- Des résultats ont ainsi pu décevoir les vendeurs : deux magnifiques tire-bouchons en or et nacre présentés très tôt en début de vente sont partis, le n° 6 pour 750 €, le n° 8, avec son étui de galuchat, pour 1 100 € ; un peu plus tard, le n° 183, le Régulateur de Coville, a été adjugé à 2 200 € seulement. 
- Un tire-bouchon en ébène et fer, présenté comme "dans le goût de ceux du XVIIIe siècle", lot n° 44, n'a atteint que 550 €, tandis que son jumeau en ivoire et fer,  lot n° 45, présenté de même manière, était adjugé pour 4 200 €, deux résultats qui auraient sûrement fait peine à Jean-Paul, un Jean-Paul qui m'avait dit sa fierté d'avoir acheté - très cher - ces exemplaires.
- Une bataille homérique a cependant vu la salle l'emporter sur le net avec un prix marteau de 15 000 € pour le troisième exemplaire, lot n° 47, "un tire-bouchon à cage en fer à décor à filets de laiton, la cage ajourée de décors géométriques, la poignée à décor de fleurs stylisées, travail français du XVIIIe siècle" !



L'objet de la compétition, 
photographié chez Jean-Paul Boussat, il y a quelques années


- Notons encore parmi les beaux résultats les 5 800 € atteints pour le Méricant et les 8 000 € pour le Riolet.
- Avouons enfin que je ne me suis pas vraiment intéressé aux couteaux, lesquels ont cependant attiré un autre public, venu tout exprès.


-/-


Pour ce qui me concerne, connaissant bien la richesse et la diversité de la collection de mon ami Jean-Paul, je m'étais dit que la concurrence serait rude sur les grands classiques : les tire-bouchons XVIIIe siècle, les mono-leviers qui faisaient sa fierté, les meilleurs Delarbre, Leboullanger, Pérille, Pecquet, Delaporte... aussi bien que sur la grande famille des Thomason et autres harpes multi-outils anglais. 
J'avais affûté ma stratégie en conséquence pour :
- augmenter ma série de poignées de bronze à des prix que j'imaginais "forcément" modestes, 


Poignées de bronze exposées


- acquérir un Copley, tire-bouchon irlandais, pour lequel j'avais une vraie faiblesse depuis la lecture du livre de Bert Giulian, "Irish Corkscrews of the eighteenth century",
- "chasser" les erreurs de présentation (cf. lot 418, dénommé "Le Caquet" au lieu de "Le Canuet")
- enfin miser sur quelques lots sympathiques mais délaissés par la plupart des enchérisseurs.

Inutile de dire que ma stratégie a  souvent été mise à mal par des acheteurs aussi pointus que gourmands : ainsi les tire-bouchons à poignée de bronze ont attiré beaucoup d'enchères et les erreurs de présentation n'ont pas trompé les collectionneurs vigilants.

Mais je ne suis pas mécontent : je suis reparti le premier jour avec mon Copley, un beau type Thomason à décor "cathédrale", plus quelques Pérille et deux tire-bouchons de poche XVIIIe ; le deuxième jour j'ai saisi les opportunités qui se présentaient. 
Voici mes achats :



Achats du premier jour


Achats du deuxième jour



-/-


Jean-Paul et moi partagions une même conviction : les collectionneurs ne sont que des passeurs d'objets. Nous réunissons les objets que nous aimons et les préservons du même coup de l'oubli ou de la destruction ; leur dispersion aux enchères les conduit vers d'autres collections et contribue encore à leur préservation.


Tu as fait le "job", Jean-Paul, repose en paix !



M


P.S. : vous pouvez retrouver les prix obtenus, frais inclus, sur le site de la Maison Ader : https://www.ader-paris.fr



Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...