Affichage des articles dont le libellé est DOCUMENTS. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est DOCUMENTS. Afficher tous les articles

samedi 15 août 2026

LES TIRE-BOUCHONS PLANETA DE AGOSTINI

 

Amis blogueurs, bonjour !


Lit médicalisé, soins, canicule, brocantes impossibles... où trouver un sujet d'écriture ?

Heureusement, hier matin un tire-bouchon inattendu m'est arrivé de Belgique, cadeau de l'ami Franz, et c'est un vrai sujet pour le Blog :



Le tire-bouchon de Franz :
"Versalles" de Planeta De Agostini


Les hélixophiles expérimentés reconnaîtront-là sans peine une "réplique" d'un tire-bouchon du XVIIIe siècle. Mais les non-spécialistes y verront un objet original et payeront peut-être un peu cher un cadeau à faire à un ami.
Celui-ci restera pour moi en tout cas un vrai geste d'amitié : le "tire-bouchon de Franz".


-/-


Elargissons maintenant le sujet et évoquons cette série des 

TIRE-BOUCHONS PLANETA DE AGOSTINI


-/-


J'ai souvent vu passer ces tire-bouchons sur le net en me demandant d'où ils provenaient.
Luc Bille, collectionneur bruxellois, m'avait dit un jour qu'ils étaient distribués par une entreprise espagnole. C'est donc vers lui et vers Guy Vankeerberghen, autre bruxellois, grand collectionneur et importateur majeur des vins espagnols, que je me suis tourné pour y voir clair.
Guy a bien voulu m'envoyer ces documents :







30 répliques de tire-bouchons étaient ainsi proposés à la vente par correspondance à la fin des années 1990.
Luc et Guy, à qui rien n'échappe jamais, ont acheté alors des séries complètes de ces "Barril", "Fuente", "Papillon", "Hélicoptero", "Manivela", "Palanca" ou "Versalles"... 


-/-


Planeta De Agostini


L'entreprise Planeta De Agostini est une maison d'édition hispano-italienne fondée en 1982 et basée à Barcelone. Elle vend particulièrement des fascicules accompagnés d'objets à collectionner : figurines, reproductions de voitures...
Voici sa présentation, reprise sur son site :
"Notre mission est de vous proposer des contenus culturels et de divertissement à travers nos ouvrages de collection. Nous sommes des leaders dans ce genre et nous misons sur des concepts créatifs, innovants et exclusifs. Nous le faisons en pensant à tous les publics et souvent en collaboration avec des marques de premier plan comme Disney, Marvel, Star Wars, Porsche, Renault, Citroën, Tintin, Association des créateurs de mode espagnole, Famosa et un long etcetera."

De Agostini Group (Gruppo De Agostini), est le numéro un mondial de l'édition d'outils pédagogiques vendus sous forme de fascicules, ainsi que des technologies de jeux de hasard.


-/-


De Agostini et les Editions Atlas


En 1987, De Agostini a racheté l'entreprise française des Editions Atlas, spécialistes de la collection par numéro, dont les fascicules et objets sont vendus par correspondance, en presse et surtout en ligne. 
Depuis, les Editions Atlas  se sont grandement développées dans le secteur de la parution de collections et séries de livres, fascicules et produits culturels. Elles  s'adressent aujourd'hui à tous les collectionneurs avec une boutique pour les passionnés petits et grands qui sont férus de cuisine, de culture, de miniatures, modélisme et BD. 


Qui n'a pas acheté pour lui-même ou pour ses enfants ces fascicules vendus en kiosque et accompagnés d'une figurine ?



Lot de 57 piétons et 16 cavaliers Empire (avec présentoir) des éditions Atlas 
+ fascicules de l'ensemble de la série sous 5 classeurs.
Source : https://www.antikcostume.com/


Bien sûr, le temps passant, les nostalgiques recherchent les numéros manquants ou perdus (Cf. vignettes Panini), faisant monter la cote de ces objets... au point que les répliques de tire-bouchons - devenues "vintage" - se vendent aujourd'hui plusieurs dizaines d'Euro !

Sachez si vous recherchez l'une ou l'autre pièce de la série que Guy en propose à des prix modérés sur son site : https://corkscrewsforcollectors.be/


-/-


L'entreprise est italo-espagnole, a racheté une entreprise française, mais toutes les informations me sont venues de nos amis belges, Franz, Luc et Guy : merci à eux !



M

dimanche 24 mai 2026

LES MINISTRES DU VIN

 
Amis blogueurs, bonjour !


Avec l'aide de mon fils, j'ai retrouvé une fable inédite, peut-être attribuable à Jean de la Fontaine. 
Rappelons en effet que Jean de la Fontaine, né en 1621 et décédé en 1695, est contemporain de l'invention du tire-bouchon.

Je vous partage cette fable :


LES MINISTRES DU VIN





Un Tire-bouchon neuf, de sa mèche armé,
Se croyait dans l’office un ministre estimé.
Il disait à la table, aux verres, à la nappe,
Qu’il n’est point de plaisir qu’enfin il ne décape.

 
« Sans moi, point de banquet, point de joie au dessert,
Point de vieux bourgogne, aucun flacon ouvert ;
Le vin le plus exquis, sous le liège qui le garde,
Attendrait vainement qu’une main le hasarde.

 
Je fais tout, disait-il ; je délivre au palais
Ce qu’un long soin couvait dans l’ombre des celliers.
La cave me doit tout ; et la bouteille même
N’est qu’un coffre inutile, à moins qu’on ne m’y mène. »

 
Une Bouteille alors, reposant à l’écart,
Lui répondit tout bas, mais d’un ton plein d’égard :
« Monsieur, votre secours est sans doute fort utile ;
Mais gardez de donner trop d’orgueil à la mèche subtile.

 
Vous entrez par un col que d’autres ont fermé ;
Vous servez un instant, puis l’on vous met de côté.
Le vin que l’on savoure, et que la table admire,
N’est ni dans votre acier, ni dans ce que vous tirez.

 
C’est moi qui l’ai gardé durant l’hiver, l’année ;
Le bouchon m’obéit, la cave m’a soignée.
Vous venez au dernier, fort propre à l’accident ;
Mais vous n’êtes, après tout, que l'aide d’un moment. »

 
Un Bouchon dit alors : « Je garde et je me tais ;
Monsieur vient à la fin, et se vante après.
Sans moi, point de repos pour le vin qu’on admire ;
Tu prends toute la gloire, et n’arrives qu’au pire. »

 
Le Tire-bouchon, piqué, reprit avec chaleur :
« Aide, soit ; mais sans moi, tout dort dans la langueur.
Le meilleur des flacons, sans ma mèche hardie,
Vieillit pour le néant dans sa mélancolie. »

 
La Bouteille repart : « Je ne vous nie point ;
Chacun a son emploi, son mérite et son soin.
Mais l’outil qui se vante oublie en sa manie
Qu’il n’est rien par lui seul, s’il ne sert compagnie. »

 
Un vieux Verre, témoin de ce petit débat,
Dit : « Chacun de vous tous a son utile état.
La bouteille conserve, le bouchon fait barrage ;
Le tire-bouchon survient, et d’un tour le dégage. »


Morale


Ils se disputaient tous l’honneur de la victoire ;
Le vin, pendant ce temps, se passait de leur gloire.






-/-


Merci à Hugues, Sylvain et l'IA réunis,


M

jeudi 7 mai 2026

MUSEO VIVANCO DE LA CULTURA DEL VINO

 
Amis blogueurs, bonsoir !


Chose promise, chose due : voici mon compte rendu - très subjectif - de la visite du Musée Vivanco à l'occasion du Congrès CFTB 2026 :

Museo Vivanco de la cultura del vino




Notre nouveau Président, Loïc Bahuet, devant le car des congressistes


Il existe des musées où l’on apprend. Et d’autres où l’on reconnaît soudain, derrière des objets familiers, toute une civilisation. Le Museo Vivanco de la Cultura del Vino appartient clairement à cette seconde catégorie.




Dès l’arrivée, le regard est happé par le paysage. Le musée est installé au cœur de l’immense domaine viticole de la famille Vivanco, parmi les vignes pierreuses de la Rioja qui encerclent le village de Briones, posé au loin sur sa hauteur, presque immobile dans la lumière printanière. Rien d’ostentatoire. Le musée semble au contraire vouloir s’effacer dans le vignoble qui l’entoure. Et c’est sans doute déjà une manière d’annoncer son propos : ici, le vin est d’abord une histoire de terre, de temps et d’hommes.

Je ne saurais trop vous recommander la lecture du livre-guide Museo Vivanco de la Cultura del Vino que vous pouvez acheter à la boutique de la Bodega :




Vous y découvrirez l'aventure de la famille Vivanco ainsi qu'un aperçu des riches collections exposées dans les nombreuses salles du musée.

L’architecture intérieure mérite d’ailleurs qu’on s’y attarde. Les longs couloirs de circulation sont habillés extérieurement de bois courbe, tandis que leurs parois intérieures sont peintes dans de profondes teintes lie-de-vin. L’ensemble évoque discrètement l’intérieur d’un tonneau ou les douelles d’une barrique géante. Ce choix architectural, à la fois sobre et immersif, accompagne parfaitement le propos du musée : le visiteur ne traverse pas seulement des salles d’exposition, il chemine littéralement à l’intérieur de l’univers du vin.



Les œuvres antiques côtoient celles des peintres modernes. Les objets de piété de la mythologie gréco-latine voisinent avec ceux des religions monothéistes. Les matériaux les plus rares composent avec le bois et la pierre. On oscille sans cesse du plus noble au plus humble, évocation de peuples entiers...



Rafael Vivanco


Nous avons eu le privilège d’être accueillis par Rafael Vivanco qui représente avec ses frères Pedro et Santiago la quatrième génération Vivanco. Sa présence donne immédiatement un ton particulier à la visite. Pas de discours récité. Pas d’emphase. On sent très vite l’homme cultivé, francophile quand il le faut, habité par ses collections, attentif autant aux objets qu’aux histoires qu’ils transportent avec eux.

Mais bouteilles et tire-bouchons m'appelaient !


-/-


Les bouteilles


Le parcours commence très loin de la bouteille moderne. Amphores méditerranéennes, jarres anatoliennes, céramiques archaïques : les premiers contenants rappellent que le vin a d’abord circulé dans la terre cuite avant d’habiter le verre.



Le Museo Vivanco possède un remarquable ensemble de bouteilles anciennes présenté avec une rare intelligence chronologique. Dès les premières vitrines apparaissent plusieurs bartmannskrug, ces grès germaniques déjà évoqués ici rappellent combien l’histoire du contenant du vin plonge ses racines bien avant la généralisation du verre. Et puis surgit, presque comme une apparition fondatrice, la fondamentale bouteille « shaft and globe », invention de Sir Kenelm Digby, avec son verre sombre, sa silhouette ramassée, sa panse sphérique et son col élégant cravaté d'une collerette, qui marquent une étape essentielle dans l’histoire de la bouteille moderne.



Une bouteille « shaft and globe », inventée par Sir Kenelm Digby, 
mais cet exemplaire est hollandais, XVIIe siècle, précise François Touzin.


Les vitrines permettent ensuite de suivre, siècle après siècle, la lente stabilisation des formes. On voit apparaître les bouteilles type « oignon » ou « maillet » anglaises du XVIIIe siècle, encore basses et ventrues, puis les modèles hollandais plus allongés, avant les silhouettes cylindriques qui finiront par s’imposer.


      


On s’attarde longuement devant ces alignements silencieux. La scénographie est particulièrement réussie : les bouteilles émergent de la pénombre comme des objets archéologiques tout juste sortis de fouilles. 
Certaines semblent lourdes, presque trapues ; d’autres prennent déjà cette élégance verticale annonçant la bouteille contemporaine. À plusieurs reprises, je me suis surpris à revenir sur mes pas pour comparer une épaule, une teinte, un goulot, ou simplement la manière dont la lumière traversait le verre.

Le musée présente également plusieurs bouteilles remontées d’épaves, couvertes de concrétions marines, dont la présence introduit soudain une autre dimension : celle du transport maritime et du commerce du vin. Ces objets ne racontent plus seulement le contenant, mais le voyage.




-/-


Les tire-bouchons


Et puis viennent les tire-bouchons. La salle qui leur est consacrée impressionne immédiatement par son ampleur. De grandes vitrines courbes déroulent des centaines de modèles dans une présentation claire, élégante et parfaitement lisible.



Le musée ne présente pas le tire-bouchon comme un gadget de cave ou un simple accessoire publicitaire. Il retrouve ici son véritable statut : celui d’objet technique autant que culturel, définitivement lié à l’évolution du bouchage, du transport du vin et des usages de table.


-/-


Les installations vitivinicoles... une cathédrale !


La visite se prolonge ensuite dans les installations vitivinicoles du domaine. Et le contraste est saisissant. Après les amphores antiques, les bouteilles soufflées et les tire-bouchons anciens, le visiteur découvre soudain l’extrême modernité des équipements actuels. Machines à vendanger, systèmes d’égrappage, cuveries inox, pressoirs pneumatiques et chaînes de vinification témoignent d’une maîtrise technique impressionnante.
Puis viennent les chais. Immenses salles souterraines, alignements de barriques, perspectives monumentales soutenues par de puissantes colonnes, lumière chaude glissant sur le bois : l’architecture des caves Vivanco possède quelque chose de presque théâtral, mais sans ostentation inutile.







-/-


Finalement il faut reconnaître qu’il est difficile, pour un amateur de bouteilles anciennes et de tire-bouchons, de rester raisonnable dans un pareil endroit. 
On avance de vitrine en vitrine avec les meilleures intentions du monde… avant de s’attarder beaucoup plus longtemps que prévu, oubliant et le groupe et le guide !

Au fond, le musée Vivanco réussit surtout une chose assez rare : donner envie de ralentir. On pensait visiter un musée du vin ; on se surprend finalement à examiner pendant plusieurs minutes une statue de Dionysos, une œuvre d'art contemporaine, un bouteille bordelaise "Défendu d'en laisser" ou de rares tire-bouchons en se disant qu’on aurait bien aimé repartir avec. 

C’est probablement le meilleur compliment que l’on puisse adresser au Museo Vivanco : on y entre par curiosité, on en ressort avec l’envie de regarder autrement les objets du vin que l’on croyait connaître depuis longtemps... l'envie aussi d'y retourner !

Mais le temps est venu de la dégustation - avec modération - des vins de la Rioja des domaines Vivanco :



Servis par notre guide !





M


lundi 4 mai 2026

LES TIRE-BOUCHONS DE LA TOURNERIE VAILLAT

 
Amis blogueurs, bonjour !


Voici un nouvel article sur une tournerie, écrit à six mains grâce à Jo Garlet et Bernard Devynck :

La tournerie VAILLAT Emile et Frères 
à Moirans-en-Montagne (Jura)


Pour tout dire, Jo a fait l'essentiel. En effet, il a pu se rendre sur place et, avec l'accord de la famille, "sauver" des informations (catalogue & documents) dans une partie de l’usine qui avait été incendiée.


-/-


Nos premiers renseignements sont encore une fois dus à Gérard Bidault qui a consacré un paragraphe à la Manufacture de tournerie Vaillat dans son Dictionnaire du Tire-bouchon Français paru en 2022 :

"La première année d'activité remonte à la fin de la guerre, en 1945, lorsque trois frères ont installé cette tournerie, au cœur du Jura, à Moirans. Outre le buis et le hêtre, les premiers tire-bouchons sont en galalithe. Aucun modèle en corne.
Cette manufacture, toujours en activité, doit être la dernière de la région à avoir une gamme de six modèles différents, deux cloches à hélice, trois simples en T et le typique modèle de poche à étui vissant.
Certains modèles sont marqués "E.V & F" dans un ovale."




De son côté, Jean-Louis Desor, collectionneur et auteur, a écrit sur son site Tire-bouchon.fr  en 2007 (Jean-Louis est décédé depuis et son site fermé) :
"Aujourd'hui, la tournerie Vaillat fonctionne toujours et j'ai été très bien accueilli par Joëlle Courtin, la nièce d'Emile Vaillat et la fille de Noël Vaillat, les deux frères fondateurs. La tournerie Vaillat tourne encore, mais rien à voir avec l'activité des années 1970... Ce savoir-faire est bien préservé par les trois enfants et le petit-fils de Noël Vaillat."


-/-


Que savons-nous de plus sur la famille et sur la manufacture Vaillat ? 


Nos renseignements ont été retrouvés par une lectrice et grande chercheuse, l'amie Pascale.
Le père, Louis Eugène Vaillat, débitant, veuf de Marie Emérentine Esther Michalet (?-1895), dont il avait eu quatre filles : Marie (1885-?), Eugénie (1893-?), Lucie (1888-?) et Yvonne (1890-?), épousa en secondes noces Marie Louise Alexandrine Vincent (1873-?) dont il eut trois garçons : Raphaël Emile Lucien Vaillat (1897-1977), Aimé (1908-?) et Noël Emile Régis (1911-1988).

- En 1937 au plus tard, comme le montre une annonce parue dans plusieurs journaux régionaux et par laquelle il recherche un représentant, Emile Vaillat, marié à Denise Marie Félicie Duffaux, a fondé une tournerie à Pratz (Jura).



L'Écho du Nord du 21 mars 1937 


- Emile Vaillat crée ensuite la Manufacture Générale de tournerie Vaillat Emile & Frères à Moirans-en-Montagne, "Cité de la tournerie", où fonctionnent déjà Verpillat, Grandmottet, Les Tourneurs réunis, Mercier (jeux de quilles), Delezay (lunetterie)... 
Il associe dans l'entreprise ses frères Aimé et Noël, tous deux recensés comme tourneurs.

- Une publicité trouvée dans le Bottin confirme l'existence de cette Manufacture Vaillat Emile & Frères en 1945  et offre un regard sur ses productions :


Annuaire du commerce Didot-Bottin 1945


- Un courrier commercial du 20 décembre 1959 nous fournit quelques renseignements sur l'entreprise, son adresse, sa raison sociale... on y voit notamment que stylos et porte-mines sont revendiqués comme spécialités :



Courrier commercial du 20 décembre 1959


- Plus directement, les documents photographiés et/ou rapportés par Jo Garlet nous ont permis d'esquisser un catalogue "raisonné" de la Manufacture de tournerie Vaillat Emile & Frères. 
Les premiers documents montrent une communication encore très artisanale :




"Directement, de la Forêt à l'Usine et de l'Usine au Consommateur"


La Manufacture de tournerie Vaillat Emile et Frères propose une grande diversité de produits : jouets, colliers, chapelets, boutons de duffelcoat, tournevis, articles ménagers... et, bien sûr, tire-bouchons.





Une grande diversité de produits


Les photographies ci-après nous donnent une bonne représentation des  tire-bouchons produits par Vaillat Emile & Frères : à cloche et hélice, de camping, limonadiers, sommeliers, en "T", tournés en bois, en galalithe ou fabriqués par injection plastique. 
Ces tire-bouchons étaient personnalisables, comme souvenirs touristiques ou comme cadeaux publicitaires.




Les mèches utilisées par la tournerie sont initialement achetées à Timson, gros fournisseur des manufactures de tire-bouchons, et lui-même fabricant :




Ultérieurement, la manufacture Vaillat s'équipa d'une machine pour fabriquer ses mèches et probablement en vendre à d'autres entreprises.
Ce type de collaboration était fréquent dans le monde du tire-bouchon. On sait ainsi que Vaillat fournissait des cloches et hélices aux Fils de M. Coville en 1969, comme le montre le courrier suivant : 



Commande des Fils de M. Coville 12 février 1969



-/-


La visite de l'entreprise


Jo Garlet était ce lundi 27 avril 2026 à Moirans-en-Montagne : l’atelier a continué de fonctionner avec les enfants de Noël Vaillat : Jean (aujourd'hui décédé), Jacques et Joëlle. Jo a été reçu par Jacques Vaillat dit "Léon", sa sœur Joëlle Courtin et Jérôme, le fils de Joëlle.



L'entrée des établissements Vaillat aujourd'hui


La tournerie produit moins de tire bouchons, notamment du fait de la raréfaction du buis, mais d’autres ustensiles de cuisine en bois continuent d'être demandés, ainsi que de nombreux autres objets plus actuels.


"Le Parfait" de Vaillat, catalogue novembre 1956
version bois Réf. 8231/1NF 
ou habillage cuir Réf. 8231/3NF


Jo, guidé par Jacques Vaillat, a pu découvrir les entrepôts et les ateliers en activité ; pour ce qui concerne les parties brûlées c’était plus compliqué et difficile à visualiser.




Les machines sur lesquelles étaient fabriquées les mèches sont maintenant démontées et remisées dans un entrepôt.


-/-


Quittons-nous sur cette image de ces modestes tire-bouchons Vaillat, dits modèles de poche à étui vissant, qui dorment nombreux au fond de nos tiroirs :





Merci à la famille Vaillat-Courtin ainsi qu'à nos contributeurs.



M


Additif 5 mai 2025 : Cf. commentaire Lionel Belhacène.
Lionel nous fait parvenir une belle symphonie de tire-bouchons publicitaires (Bonux, Cadum, Mir...) issus de la tournerie Vaillat :




Merci Lionel !


lundi 27 avril 2026

DEUX EXEMPLES D'ÉLECTROLYSE APPLIQUÉE AU NETTOYAGE DE TIRE-BOUCHONS


Amis blogueurs, bonjour !


Après celui du tire-bouchon "LE DÉSIRÉ", voici deux nouveaux exemples de nettoyage  par électrolyse :

- un tire-bouchon non identifié et en très mauvais état,
- un tire-bouchon des frères Delaporte.


-/-


Le premier était vraiment endommagé entre poignée vermoulue et acier rouillé. Mais la forme en "bobine" du sommet de la cage me parlait. Alors j'ai eu envie de le restaurer.
Le voici avant et après électrolyse. Précisons que j'ai dû le brosser et le polir, avant de le doter d'une nouvelle poignée tournée par un ami :



Avant - après


Et le voici à côté de celui dont la poignée m'avait inspiré :




Les deux cages ne sont pas complètement identiques, mais la forme des "bobines" est similaire.



Les bobines



Qui pourra me donner le nom du ou des fabricants ?


-/-


Le second tire-bouchon, lui, est bien identifié. C'est un tire-bouchon à hélice, crabot et griffe qu'on doit aux frères Léon et Constant Delaporte.
Je l'ai acheté aux Puces de Metz. Le vendeur m'a dit qu'il avait été longtemps oublié au fond d'une remise, avant que la maison de ses anciens propriétaires, décédés depuis des lustres, finisse par être débarrassée pour être mise en vente.

Heureux de cette trouvaille, je lui ai donné beaucoup de temps et de soins, avant de vous le présenter :


Avant - après


Concernant les fabricants, c’est en 1921, longtemps après le décès de leur père Édouard Joseph (1835-1897), que Léon Delaporte (1870-1940) et son frère Constant Delaporte (1873-1928) se sont installés au Moulin des Roches à Nesles-la Reposte, petit village de la Marne, aux portes de la Brie. 
Les modèles qu'ils ont fabriqués sont de qualité et rappellent parfois ceux de Batard.
L'aventure industrielle des frères Delaporte ne dure cependant qu'une décennie. Gérard Bidault nous dit que Constant est décédé en 1928 et que Léon a cessé son activité en 1931 pour devenir le "guérisseur-rebouteux" du village et de mourir en 1940 dans des conditions étranges.


-/-



D'accord, ces tire-bouchons ne sont pas des trésors, mais ils montrent, surtout le Delaporte, que de belles choses passent encore en brocante.



M
 

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...