Affichage des articles dont le libellé est ENIGMA. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est ENIGMA. Afficher tous les articles

vendredi 17 juillet 2026

ENIGMA N° 91 : PETITS TRESORS DE BROCANTE

 

Amis blogueurs, bonjour !


Les canicules renouvelées ont ralenti les affaires : beaucoup de vide-greniers de villages ont été annulés. 
Surtout, les Puces de Metz du 20 juin ont été désertées par les exposants, entrainant l'annulation des suivantes, prévues le 04 juillet... au grand dam des chineurs (du mien en tout cas !) 



Hall des professionnels : vide !



Second Hall, avec au fond les particuliers, un peu plus présents


-/-


Notre rituelle fête annuelle de l'été et de la brocante s'en est trouvée affectée : les 35 brocanteurs-chineurs chez nous tout le week-end des 4 et 5 juillet se sont rabattus sur la petite brocante mensuelle de Conflans-en-Jarnisy et sur la Coupe du Monde de football (on y croyait encore !), avant de partir en expédition à Arlon (Belgique) le lendemain... et nous avons fait la fête quand même !



Images de la fête


Arlon, pour moi : un vilebrequin de chirurgien, un pyrogène, un coupe-bague, des puzzles... et beaucoup de ces objets ont été dispersés entre nous lors de notre vente de gré à gré : un cornet acoustique, un service en cristal de champagne, un camion jouet Mathis 1920, des bagues, un groupe en albâtre, une lampe à pétrole...

Et puis tous sont repartis, comme Du Bellay l'avait fait avant eux, "pleins d'usage et raison, vivre entre leurs parents le reste de leur âge".

Et moi, j'ai repris le clavier pour vous proposer de nouveaux articles sur le blog des tire-bouchons.


-/-


J'ai fait ainsi un petit tri entre les objets achetés ou échangés ces jours-ci, juste de quoi vous proposer une nouvelle énigme :

Mon ENIGMA n° 91 rassemble cinq objets : saurez-vous les identifier ?

 



Quelques indices pour vous aider :
- le tire-bouchon de gauche est marqué LE CREUSET,
- deux des trois outils sont marqués : 
 -> MOSER &C. MILANO pour le premier, 
-> un logo difficilement déchiffrable pour le deuxième :


-> le troisième ne comporte pas de marque,
-> enfin l'objet de droite a déjà été évoqué ici.


-/-


J'espère que vous serez nombreux à participer et ne manquerai pas de publier vos contributions... et moi, je serai à Metz demain... seule brocante de l'année en extérieur, et... sous l'orage probablement !







M


dimanche 7 juin 2026

ENIGMA N° 90 : CANNES DE METIER : VOS REPONSES

 
Amis blogueurs, bonjour !

Vous n'avez pas été longs à apporter vos réponses à notre 

ENIGMA N° 90 : DEUX CANNES DE MÉTIER




Voici vos propositions.


-/-


Concernant la canne droite :
Rappelons que :
- elle est probablement française, comme le montre son marquage "mètre",
- elle comporte une virole à une extrémité et un embout ferré à l'autre, 
- elle mesure un mètre (graduations tous les centimètres et subdivisions en décimètres).

Jacky y a vu "une canne de drapier ou de marchand de tissus".

Pour Marc, c'était peut-être "une canne servant pour tirer un échantillon dans un tonneau" ? Genre "vrille des accisiens", "accisien" étant un belgicisme pour désigner un agent du service de contrôle des alcools.
Une autre idée était qu'il s'agissait peut-être d'une "canne de chef militaire".

Tomas a pensé qu'il pouvait s'agir d'une canne de paysan "graduée permettant de mesurer la taille de l'herbe de pâturage, peut-être pour décider de débuter la récolte du foin".

Bernard a d'abord pensé à une velte de jaugeage des tonneaux, par "déformation de collectionneur imbibé", nous dit-il. Mais comme il possède plusieurs veltes, il sait que ce n'est pas la bonne réponse. 
S'appuyant sur la présence des graduations, il rejoint Jacky pour proposer à son tour "une canne de drapier", appelée également "aune de drapier". Il précise que l'aune, mesure des étoffes de 0.676 à 1.118, a été supprimée en 1840. 

Pour mémoire, j'avais déjà évoqué ici les aunes de drapier en 2021. 
"En Alsace, l'aune de mariage ou aune de mariée était le cadeau traditionnel que devait faire le promis à sa jeune fiancée. C'était là le gage que celle-ci serait bonne épouse et bonne couturière ; et de fait une belle aune servait une vie entière, voire se transmettait de génération en génération.


Son nom était celui d'une unité de mesure ancienne : l'aune drapier, pièce de bois ou de métal utilisée par les drapiers et, par extension, par les couturières pour mesurer les tissus.
La mesure était locale, l'aune de Paris valait d'ailleurs approximativement le double de l'aune drapier alsacien. L'aune alsacienne avait une longueur totale d'environ 66 cm, mais la partie utile, graduée, ne mesurait qu'environ 54 cm.
Le fiancé se devait de faire en fonction de ses moyens autant que de l'amour qu'il portait à sa promise. Il pouvait acheter ou, mieux, fabriquer et personnaliser son cadeau et certaines aunes richement décorées sont aujourd'hui très recherchées."


Au terme d'un dernier échange, et avec un indice de plus, Bernard m'a donné la solution : une canne de bucheron pour mesurer des stères de bois.
Pour être plus précis, cette canne est généralement dite canne à cuber ou canne à stérer (un stère de bois = 1 m3), destinée à contrôler le volume de bois affoué :



Utilisation de la canne à cuber (M & IA)


-/-


Concernant la seconde canne, à poignée recourbée :
Nous savons qu'elle est marquée "Meter" (origine germanique ?), possède aussi un embout ferré et est dotée d'une poignée courbe et fendue à son extrémité.
Le fût est gradué de haut en bas, de 0 à 80 cm (+ 10 cm jusqu'à l'extrémité de l'embout ferré) et est rainuré depuis la base de la poignée jusqu'à l'embout.
La rainure cache une tige plate en fer, longue de 40 cm, pouvant pivoter et s'insérer dans la fente de la poignée pour former un angle droit.

Un autre Marc, brocanteur à Metz, m'avait expliqué qu'il s'agissait d'une canne de maquignon, destinée à mesurer la hauteur des animaux au garrot. J'avais enregistré sans pour autant bien comprendre la façon d'utiliser l'équerre, inadaptée à des animaux de grande taille : chevaux, bœufs...

Bernard confirme : "ta canne est une canne de maquignon, avec deux usages : la canne en elle-même servait à guider ou faire avancer les animaux, l'ingéniosité de la toise pliante permettait la mesure et hauteur (au garrot??). Certaines cannes de maquignon étaient dotées d'un rehausseur vertical de la toise pour adaptation à la hauteur des animaux." 



Vu sur eBay


Soit, il s'agirait donc d'une canne pliante de maquignon, probablement d'origine germanique, destinée à vérifier rapidement la taille d'animaux domestiques de petite taille : veaux, moutons, porcs, éventuellement petits équidés... en les faisant passer sous la toise lors des foires et transactions.



Mais même l'IA doute... !


-/-


Bernard ajoute que les cannes sont nombreuses selon les métiers et corporations : canne de bourrelier, de drapier, canne de scribe écrivain, canne de géologue avec poignée marteau, et d'autres.....
Il nous renvoie à deux ouvrages :
- "Les cannes à système - Un monde fabuleux et méconnu" par Catherine Dike :




- "La Canne. Objet d'Art" par Catherine Dike et Guy Bezzaz :





-/-



Une canne à cuber ou stérer donc et peut-être une canne de maquignon, mais d'une utilisation mal établie...
Merci aux contributeurs !
Et surtout, je crois que les conseils de lecture de Bernard sont les éléments les plus utiles de cet article !



M

lundi 1 juin 2026

ENIGMA N° 90 : DEUX CANNES DE MÉTIER

 

Amis blogueurs, bonjour !


Me voici de retour, doté d'une nouvelle prothèse du genou et, temporairement, d'une paire de béquilles.




Des béquilles, des cannes en somme ? ... de là m'est venue l'idée de vous proposer une nouvelle énigme :

ENIGMA N° 90 : DEUX CANNES DE MÉTIER


-/-


Ce ne sont pas des cannes dissimulant épée ou tire-bouchon, toujours recherchées par les collectionneurs...



3 cannes tire-bouchons,
collection Jean-Paul Boussat dispersée par la Maison ADER en juin 2022



Non. Mais parmi les objets insolites qui toujours me fascinent, je possède deux cannes professionnelles, lesquelles intriguent parfois aussi mes visiteurs et ce sont des cannes à système quand même :





Toutes deux sont dépourvues de marquage permettant d'identifier un fabricant. Le bois n'a rien d'exotique : hêtre, frêne ou noisetier ? Ce ne sont pas des cannes de promenade, encore moins de parade, ce sont de simples accessoires nécessaires au quotidien de ceux qui les utilisent.
Et le mieux est de vous les décrire.


-/-


- La première est ferrée à une extrémité et peut donc servir de canne de marche. Cependant le fût mesure un "mètre" - marquage en français - et est gradué en centimètres, le "0" se trouvant en haut de la canne et le "100" au niveau de l'embout ferré.





Haut de la canne : marquage "1 mètre" et début des graduations


Bas de la canne : embout ferré et dernières graduations



-/-


- La seconde, également ferrée, est dotée d'une poignée de marche, dont l'extrémité est fendue. 
Le fût, marqué "Meter" (anglais ou allemand), est également rainuré depuis la base de la poignée jusqu'à l'embout. Il est gradué de 0 à 80 cm (+ 10 cm jusqu'à l'extrémité de l'embout ferré).
La rainure cache une tige plate en fer, longue de 40 cm, pouvant pivoter et s'insérer dans la fente de la poignée pour former un angle droit.





Haut de la canne : marquage "1 mètre" et début des graduations, à partir de "0"


Dans la rainure du fût, une tige métallique longue de 40 cm et pouvant pivoter



-/-



A qui et à quoi servaient-elles ?
J'imagine que cette double énigme ne vous résistera pas longtemps et j'espère que vous me ferez part de vos propositions de solutions : je ne manquerai pas de les publier.

Brocantes et tire-bouchons attendront encore un peu !



M

samedi 17 janvier 2026

ENIGMA N° 89 : VOS CONTRIBUTIONS ET LA REPONSE : "COUVET", "COUVOT" OU CHAUFFERETTE

 

Amis blogueurs, bonsoir !


L'énigme proposée par Bernard Devynck ne vous a pas laissés froids !

L'objet mystérieux est un "couvet", dit aussi "couvot" ou chaufferette.





Plusieurs blogueurs ont apporté leurs contributions :

Voici la première contribution, proposée par Jean-Pierre : 
"Pour moi cela pourrait être un pique-fleurs. J'en ai un en faïence de Gien mais sans le pot en cuivre."

La deuxième nous est venue d'Italie :
"Scaldino con scaldapiedi" soit, littéralement, un "chauffe-pieds".

Un autre blogueur y a vu  "un appareil pour cuire des châtaignes "...

Marcus nous a fait plusieurs propositions pleines d'imagination :
- un support "pour tenir des couverts",
- une boîte pour "dépôt de petits papiers, messages",
- ou encore un "faux porte braises" (comme j'ai des fausses presses (en petit)).

Rémy a pensé à :
- "une chaufferette pour pieds, des braises dans le pot, mais la partie en bois ne résisterait pas longtemps à la chaleur", 
- ou peut être "un diffuseur de parfum avec des  plantes séchées en infusion". 

De même, Alain pense à "une chaufferette pour les mains ou les pieds".


On peut dire que les contributeurs "chauffaient" : ils tenaient la réponse ! Mais laissons Bernard nous donner lui-même les explications.


-/-


La réponse de Bernard Devynck : un "couvet" !


Il s'agit d'un "couvet" champenois, appelé parfois également "couvot". 
Sa fonction est cousine de celle de la bassinoire : garder et diffuser de la chaleur grâce à l'apport de braises chaudes. 

- Le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (https://www.cnrtl.fr) en donne la définition suivante. "Couvet" : Pot de terre ou cuivre avec une anse dans lequel on mettait de la braise et qui servait de chaufferette aux femmes et aux marchands de plein air.

- Le Dictionnaire de l'Académie française (https://www.dictionnaire-academie.fr) est plus laconique : Sorte de chaufferette en terre ou en cuivre.

- Pour initier des recherches étymologiques, le net nous offre "Couvet" :  Commune de Val-de-Travers (ancien canton de Neufchâtel, Suisse) ; la localité tire son nom de "covets", pots servant de chaufferette, créés par les potiers au Moyen Age.

"A ce stade, ajoute Bernard, voici beaucoup de références littéraires mais pas encore de représentation illustrée. Sauf que sommeillait, depuis des décennies dans ma bibliothèque, une série de dix volumes sur les grands styles mobiliers et autres... comprenant trois volumes sur les styles régionaux, dont celui dédié à la Normandie, la Champagne et les Pays du Nord-Île de France. Et c'est dans le chapitre consacré à la Champagne que j'ai retrouvé en page 38 une reconstitution d'intérieur rural avec au pied de l'âtre à droite un couvet identique, ainsi qu'un autre, en page 45, couvet de forme carrée cette fois, et de volume plus important."



Intérieur champenois : 
au sol, près de la cheminée, un couvet semblable à celui de l'énigme


-/-


Il serait cependant injuste de ne pas signaler qu'un autre blogueur fidèle, Jacky Corbel, animateur du site Les tire-bouchons de Rebel-TBavait trouvé cette solution et nous avait proposé, via Facebook, un lien vers le site des musées de Reims : https://musees-reims.fr/oeuvre/chaufferette-a-pieds
Une chaufferette à pieds y est présentée au Musée-Hôtel Le Vergeur. 
En voici la description : Fin XIXe siècle. Objet composé de deux parties, d’un repose-pieds de forme circulaire monté sur quatre pieds à bouton, ceinture pleine et dessus à clairevoie et d’un récipient en terre cuite à panse ovoïde et anse horizontale.
Annotation signalée sur l'objet, à l'intérieur de la ceinture du repose-pieds, au crayon à papier : COUVET.



La chaufferette à pieds du Musée-Hôtel Le Vergeur à Reims. 


-/-


De mon côté, cherchant moi aussi la solution à l'énigme de Bernard, j'ai retrouvé un "couvot", mais de forme carrée, sur le site https://art-populaire-brocante.com/
Il est  proposé à la vente pour 220,00 €.



Couvot en vente sur le site art-populaire-brocante.com


En voici la description faite par le vendeur :
Ancienne chaufferette appelée dans certaines régions "couvot", terme qui désigne à la fois le récipient contenant les braises incandescentes mais aussi l’ensemble avec le petit banc appelé "chevrette".
Notre couvot est en laiton avec une anse fixe en fer ; il a été un peu abîmé par l’usage du feu. Sur la chevrette, on posait les pieds pour les tenir au chaud.
Dimensions : Chevrette : 22 cm x 22 cm – Hauteur :  16 cm
Couvot : Diamètre : 18 cm – Hauteur : 13 cm (sans anse).


-/-


Dispositif à utiliser avec précaution !


Notons enfin que les chaufferettes et autres couvets, utilisés au quotidien, notamment par des femmes travaillant dans le froid, n'avaient pas que des avantages :
Joël Coste, de l'Université Paris Descartes, dans les Actes de la journée d’étude "Pour une histoire de la santé des classes populaires en France, en Flandre, en Italie et en Suisse, XVIIIe - XXe siècles", écrit ainsi en 2011 :
"En 1772, un médecin de Valenciennes décrivit des ulcères et cancers cutanés survenant chez des ouvrières textiles des Flandres et du Hainaut utilisatrices de chaufferettes à charbon, une maladie qui ne fut reconnue par la médecine que deux siècles plus tard, alors qu’elle avait presque disparu du monde occidental."

Finalement, il vaut peut-être mieux l'utiliser pour y présenter des tire-bouchons !


-/-


Merci à Bernard de nous avoir proposé cette énigme. 
Merci à nos contributeurs et merci à vous tous de vous y être intéressés.



M



samedi 10 janvier 2026

ENIGMA N° 89 : QUAND LE CONTENANT VAUT PLUS QUE LE CONTENU !

 

Amis blogueurs, bonsoir !


Notre ami Bernard Devynck, qui a l'art de dénicher l'impossible, nous propose une belle histoire qui se termine en énigme.


Voici donc notre 

ENIGMA N° 89 : QUAND LE CONTENANT VAUT PLUS QUE LE CONTENU !


Dans ce petit village de la Drôme, des héritiers avaient mis en vente la maison familiale, laquelle devait donc être préalablement vidée. 
Le vide-maison allait permettre de débarrasser à bas prix les petits meubles, les bibelots, la vaisselle, les outils... tout ce dont ils n'avaient pas l'usage.

Brocanteurs et chineurs sont de plus en plus nombreux à courir ces vide-maisons où apparaissent parfois de vrais trésors, ignorés ou oubliés depuis longtemps.
Le hasard d'un déplacement avait mis celui-là sur la route de Bernard, à l'heure d'ouverture... comment ne pas s'y arrêter ?
Et, coup de chance ? il y avait des tire-bouchons !!!

Entassés sur et dans un curieux récipient, ils s'efforçaient de bien se montrer pour mieux séduire un éventuel visiteur hélixophile et, de fait, ce fut Bernard !



Etonnante présentation
(reconstitution a posteriori)


-/-


Des tire-bouchons et un objet mystérieux


Bernard examina consciencieusement les tire-bouchons mais, non, décidément, il ne se voyait pas en acheter un : tous étaient basiques et l'ensemble faisait penser à une collection de débutant ou à une accumulation destinée à décorer une cave ou un bar.
Le récipient par contre retint son attention : une tablette percée sur un pot de bronze... il avait une sensation de déjà vu.

Il demanda à la dame qui semblait mener la vente si elle pouvait lui dire à quoi servait ce "pot". 
Réponse de la dame : "Je ne sais pas, j'ai toujours vu ce "truc" chez mon père, mais même lui ne savait pas de quoi il pouvait bien s'agir. L'objet avait toujours été dans la maison, hérité de la génération des grands-parents. Pour lui, c'était seulement un support pratique qu'il avait installé près du bar pour y planter ses tire-bouchons, des tire-bouchons auxquels il tenait beaucoup."

Bernard comprit que les tire-bouchons seraient surévalués, mais que le "truc" n'avait guère de valeur pour l'héritière.
Il engagea le dialogue :
"- Combien pour le lot de tire-bouchons ?"
Pas de surprise : les tire-bouchons étaient au triple des prix qui se pratiquaient en brocante.
"Un peu cher ! Et juste le support ?"
 "- 15 €, je vous le laisse à 10 si vous voulez : c'est juste le prix du bronze."

Les tire-bouchons dépités virent notre Bernard s'en aller avec ce qui leur servait si bien d'écrin !


-/-


L'énigme


Je vous ai tout dit, mais je ne vous ai rien dit...  Voici la description et les photos fournies par Bernard :



Un coffret de bois et un pot en bronze à anse de cuivre.



22 cm de diamètre, 28 cm de hauteur et 2 X 13 trous


L'objet est de petite taille. Il est composé de deux pièces pour une hauteur de 28 cm : un coffret de bois placé sur un pot en bronze muni d'une anse en cuivre.
Le coffret en bois comprend quatre pieds, hauts de 16 cm. Il est de forme cylindrique, d'un diamètre de 22 cm, avec un couvercle. Le couvercle est de forme pleine mais avec une fente centrale permettant le passage de l'anse du pot et 13 trous traversants sont percés de chaque côté de cette fente. 
Le poids total est de 1150 grammes.
L'ensemble peut être facilement déplacé en saisissant l'anse en cuivre.


-/-


Et depuis lors, l'objet, nettoyé et ciré, habite le bureau de Bernard et accueille à l'occasion une sélection de ses trouvailles récentes :



Fait pour ça ??


Mais quel est le nom et la destination de cet objet ? Saurez-vous l'identifier ?


-/-


Je publierai bien sûr vos contributions avant de laisser Bernard nous livrer le résultat de ses recherches.
Déjà, merci à lui pour cette nouvelle énigme, et à vous, amis blogueurs, d'essayer de la résoudre !



M

vendredi 26 décembre 2025

ENIGMA N° 86 : TIRE-BOUCHON JP, J.C.P., J.H.P. ... SUITE ET FIN (?)

 

Amis blogueurs, bonsoir !


Les membres du Club Français du Tire-Bouchon ont reçu leur cadeau de Noël, L'Extracteur n° 117.
Un vrai plaisir : la revue, comme toujours, est de grande qualité !



L'Extracteur n° 117 - décembre 2025


Mais ce numéro apporte aussi un éclairage certainement définitif sur notre 

Cf. aussi, notre second article :

Rappelons que le sujet concernait le marquage d'un tire-bouchon appartenant à un lecteur assidu, François Touzin :




PARIS J.C.P. sur une face


J.P. Bté S.G.D.G. et couronne, 
le tout inscrit dans un cercle dentelé


Nous en étions arrivés à conclure que ce tire-bouchon avait été fabriqué par Jacques Pérille pour Jules Piault entre 1876 et 1879.
Mais nous n'avions pas plus réussi à découvrir qui se cachait derrière le "C" de J.C.P., qu'à expliquer de façon définitive le "H" de JHP.


-/-


Jacques Courcelles Pérille


Dans un article qui vient de paraître dans L'Extracteur, Daniel Jallageas, membre du C.F.T.B., spécialiste de Pérille, et certainement lecteur du Blog des tire-bouchons, nous apporte les réponses : 
- Daniel a su trouver que Jacques Pérille se faisait parfois appeler Jacques Courcelles Pérille, marquant même ses manches à gigot des lettres J.C.P. : cette explication est une véritable avancée ! Jacques Pérille ajoutait au sien le nom d'une personnalité du berceau familial, Joigny, sans que ne soit établi le lien familial. 
C'est sous ce nom qu'il signe comme témoin au mariage de son frère cadet Benjamin Pérille en 1867, ou à celui de sa belle-sœur Mathilde Regniaud dix ans ans plus tard. 



Mariage de Mathilde Regniaud, belle-sœur de Jacques Pérille.
(Document retrouvé par Daniel Jallageas).


Et c'est encore ce même nom qui est utilisé dans son avis de décès en 1903...  
J.C.P. correspond, à n'en pas douter, à Jacques Courcelles Pérille !

- Et cette découverte renforce évidemment l'hypothèse que le "H" de JHP puisse correspondre à l'initiale du nom de jeune fille de sa mère, Madeleine Hattier... 
JHP correspondrait à Jacques Hattier Pérille !

Merci à Daniel Jallageas !


-/-


Les tâtonnements de Jacques Pérille en matière de marquage en témoignent, il cherchait à identifier au mieux ses fabrications.
- Le marquage "EXPOSITION" de son tire-bouchon à hélice en 1876, trop circonstanciel, n'était ni satisfaisant, ni durable.
- Le cercle dentelé et les initiales J.P. de Jules Piault l'auront vraisemblablement inspiré, comme en témoigne l'utilisation ultérieure du cercle dentelé, sauf qu'il lui était évidemment impossible de reprendre ces deux seules lettres "J" et "P", d'où probablement le "J.C.P."
- Le "compas d'or", enseigne de sa quincaillerie, a remplacé avantageusement la couronne de Piault.
- Et les trois lettres soudées "JHP" sur les indications mêmes de Jacques Pérille ne pouvaient appartenir qu'à lui !



Dépôt de marque du 26 février 1879 (INPI)

"La dite marque se compose des lettres J H P groupées comme ci-contre et pouvant être reproduites seules, ou en combinaison avec un cercle, un compas, etc ... etc".


-/-


Il me reste à remercier tous ceux qui se sont efforcés de résoudre cette énigme, particulièrement François Touzin, Lionel Belhacène, Bernard Devynck et bien sûr Daniel Jallageas !



M






Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...