vendredi 19 février 2021

ETRANGES BOUTEILLES, ETRANGE TIRE-BOUCHON

 
Amis bloggers, bonjour !


Voici trois trouvailles réunies sous un même titre :

Etranges bouteilles, étrange tire-bouchon.


Le printemps n'est pas loin et les affaires reprennent :

Le même jour, une première bouteille trouvée en Lorraine m'a été offerte par un ami, l'autre m'est venue de Béziers, tandis qu'un tire-bouchon filant à tire-d'aile depuis Bordeaux est venu doucement atterrir sur mon bureau.




Une bouteille géante, une naine et un tire-bouchon


Et chacun de ces objets a et conservera sa part de mystère...


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Une bouteille à truffes non ouverte ?


La première bouteille, venue de Meuse, est une petite bouteille ancienne en verre épais, soufflée, tronconique. Elle mesure 15,7 cm de hauteur, le diamètre de la base est de 5,3 cm et celui du goulot de 3,6 cm sous la bague de col. Le volume intérieur est donc d'environ 18 centilitres.
Elle est pleine et  bouchée au liège, mais pour le contenu nous en sommes réduits aux suppositions ; le verre très sombre nous oppose son opacité. Nous ne courrons cependant guère de risques : il s'agit très certainement d'une bouteille à truffes, non ouverte.
Le bouchon de liège est bien en place, et malgré son aspect artisanal, obture encore parfaitement cette bouteille : ce qui en fait un précieux témoignage historique.


Et si on l'ouvrait ??

Rappelons que les côtes de Meuse ont de tout temps été propices à la production de truffes, tuber mesentericum (ou du Tessin) et tuber uncinatum (ou de Bourgogne). 
Et les bouteilles produites par la verrerie proche des Islettes en ont facilité la conservation et l'exportation.



Les Islettes (55), la verrerie.
(carte postale ancienne, internet).


Le site Kâ-Mondo.com, site de commissaires-priseurs à Drouot, confirme notre analyse :

"Depuis le XVIIIème siècle, les bouteilles à truffes se caractérisent par leur forme cylindrique tronconique dont l'embouchure est plus étroite que le fond. Les truffes entières ou pelées étaient introduites seules dans le flacon, que l'on fermait avec un bouchon de liège. Place ensuite à la stérilisation (appertisation) et au cachetage à la cire. La conserve préparée de cette façon était capable de voyager très loin (Paris et même la Russie). Cependant, les pertes étaient nombreuses. C'est pourtant le meilleur moyen de conserver les truffes longtemps sans se dessécher ni se putréfier."


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Une belle, grande et légère bordelaise ?


La seconde est une belle grande et légère bordelaise... je parle bien entendu de ma bouteille ! 

Elle est soufflée, avec quelques bulles dans le verre, sans "couture" de moule et a un cul foncé à la boule. Le goulot est légèrement de travers et bordé d'un cordon de verre ou string rim appliqué à chaud à l'aide d'une cordeline. Ni tout à fait cylindrique, ni parfaitement symétrique, elle mesure 42 cm de hauteur et a un diamètre moyen de 13,5 cm. Sa masse vide est de 1200 grammes seulement, alors que sa capacité est d'environ 3,7 litres.

La technique de fabrication permet de la dater de la deuxième moitié du XIXe siècle. 
On peut d'ailleurs déceler en dessous de l'épaulement des traces de colle d'une ancienne étiquette d'un format d'environ 6 x 4 cm, ce qui tend à confirmer cette datation XIXe siècle.



La bouteille de Margaux donne l'échelle...


A cette époque, le système métrique est bien en place et la capacité de cette bouteille interpelle donc : à qui et à quoi pouvaient donc correspondre ces 3,7 litres ? 
Il ne peut s'agir d'un Jéroboam (4 bouteilles de 0,75 litre, soit 3 litres) ni d'un Réhoboam (6 bouteilles de 0,75 litre, soit 4,5 litres). 
Il ne s'agit pas non plus d'un équivalent, multiple ou sous-multiple du gallon britannique ou gallon impérial, établi à un peu plus de 4,5 litres (4,546 09 litres exactement) en 1824.
Reste peut-être le gallon américain, établi à un peu plus de 3,7 litres (3,785 411 784 litres exactement) ?

Gageons que cette bouteille a été fabriquée pour l'exportation de vin de Bordeaux vers les Etats-Unis d'Amérique et imaginons la voguer sur l'Océan dotée d'une étiquette calligraphiée avec application et indiquant quelque belle appellation ainsi qu'un millésime, genre "Pauillac 1852" !


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Un tire-bouchon inconnu



Le tire-bouchon, naturalisé bordelais à défaut peut-être d'y être né, est à la fois simple et complexe.
C'est un tire-bouchon en "T", tout en acier poli et à mèche tranchante. Non marqué, il date probablement du tournant du XXe siècle.



Français ou allemand ?


La poignée a un air familier, évoquant celles des crémaillères Pecquet, quoique plus massive : 8 cm de long contre 6,7 et 1,4 cm de diamètre contre 1,2.
Le fût de la mèche par contre est inhabituellement travaillé, neuf rainures rythmant irrégulièrement sa longueur dans une recherche manifeste d'esthétisme allié de robustesse.

Une poignée qui pourrait être française donc, et un fût qui fait plutôt penser à un modèle allemand...
Mais je n'ai pu ou su retrouver son fabricant, ni en France, ni en Allemagne.


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Peut-être pourrez-vous m'aider à mieux identifier ces trois objets ?



M

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