mercredi 20 mars 2024

EXPOSITION UNIVERSELLE 1855 : LIEGE ET BOUCHONS - 2. LA FABRICATION DES BOUCHONS

 

Amis blogueurs, bonjour !


Voici la deuxième partie du dossier proposé par Bernard Devynck à partir d'un article de L'Illustration, Journal Universel, paru dans le n° 651 du 18 août 1855, soit en pleine Exposition Universelle de Paris :


EXPOSITION UNIVERSELLE PARIS 1855 :  
LIEGE ET BOUCHONS
2. LA FABRICATION DES BOUCHONS


La première partie de l'article du journal était centrée sur l'exploitation du liège, la seconde traite directement de la fabrication des bouchons.


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Chapitre 2 : la fabrication des bouchons
vue par L'Illustration, Journal Universel.



Près de 10 ans sont nécessaires entre deux démasclages : l'écorce de liège gagne environ 3 mm par an et est récoltée quand elle atteint 3 cm d'épaisseur.



 Une épaisseur de liège minimale de 30 mm.


Ouvriers coupeurs et tourneurs


Les ouvriers coupeurs tranchent le liège nettoyé et étuvé, en bandes puis en carrés, comme autant de gabarits. Puis vient le tour des ouvriers tourneurs qui, râpe à la main,  donnent leur forme aux bouchons.



La gravure de l'Illustration montre le façonnage à la main : pas vraiment une technologie de pointe à présenter dans une Exposition universelle ! 
Rien n'a encore changé depuis l'encyclopédie de Diderot et D'Alembert, Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, publiée un siècle plus tôt (entre 1751 et 1772) et qui consacre une planche au travail et à l'outillage des bouchonniers :



Pourtant, dès le début du XVIIIe siècle, des machines sont mises au point.
L'Encyclopédie méthodique Agriculture, de l'Académie royale des sciences, par Tessier, Thouin & Fougeroux de Bondaroy, publiée entre 1787 et 1821, en fait état : "une machine a été inventée, il y a peu de temps, au moyen de laquelle on fabrique les bouchons avec une rigoureuse perfection et une grande rapidité. Elle ne m'est connue que par ses résultats."
On trouve notamment dans les archives de l'INPI, un brevet accordé le 31 juillet 1816, à Guyaux dit Duras et Maupassant de Rancy, à Paris, pour des "machines destinées à fabriquer des bouchons de liège de toutes dimensions", dont un "découpoir" et une "machine mécanique à tourner les bouchons" :


Machine mécanique à tourner les bouchons de 
Guyaux dit Duras et Maupassant de Rancy (INPI).


L'article donne les salaires des ouvriers, tous payés à la tâche, et sensibilise au passage au déchet causé par le raclage : 100 kilos de liège ne donnent que 25 kilos de bouchons et les 75 kilos de déchet "forment des copeaux d'une mauvaise combustion et presque sans valeur"... l'isolation au liège n'est pas encore d'actualité !




Le tri





Dans les deux gravures suivantes, on voit s'activer les ouvrières et les ouvriers chargés du tri, mais on peut voir aussi le "purgatoire", le "comptoir portatif" et... le crucifix !


Le conditionnement des balles de bouchons







Lourds paniers après lourds paniers, de grands sacs - les "balles" - sont remplis et pressés à la "bille", tassés et battus encore pour perdre le moins d'espace possible, puis survient la pesée (cf. arrière-plan de la dernière gravure), dernière étape avant l'expédition.


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Je contemple ces gravures et me demande, rêveur, combien de bouteilles pourraient être bouchées avec tous ces bouchons et combien de tire-bouchons seraient ensuite nécessaires à leur extraction ?
Encore une fois : merci à Bernard Devynck pour nous avoir offert ce dossier finalement très pédagogique !



M


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