Amis blogueurs, bonjour !
Voici un nouvel article sur une tournerie, écrit à six mains grâce à Jo Garlet et Bernard Devynck :
La tournerie VAILLAT Emile et Frères
à Moirans-en-Montagne (Jura)
Pour tout dire, Jo a fait l'essentiel. En effet, il a pu se rendre sur place et, avec l'accord de la famille, "sauver" des informations (catalogue & documents) dans une partie de l’usine qui avait été incendiée.
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Nos premiers renseignements sont encore une fois dus à Gérard Bidault qui a consacré un paragraphe à la Manufacture de tournerie Vaillat dans son Dictionnaire du Tire-bouchon Français paru en 2022 :
"La première année d'activité remonte à la fin de la guerre, en 1945, lorsque trois frères ont installé cette tournerie, au cœur du Jura, à Moirans. Outre le buis et le hêtre, les premiers tire-bouchons sont en galalithe. Aucun modèle en corne.
Cette manufacture, toujours en activité, doit être la dernière de la région à avoir une gamme de six modèles différents, deux cloches à hélice, trois simples en T et le typique modèle de poche à étui vissant.
Certains modèles sont marqués "E.V & F" dans un ovale."
De son côté, Jean-Louis Desor, collectionneur et auteur, a écrit sur son site Tire-bouchon.fr en 2007 (Jean-Louis est décédé depuis et son site fermé) :
"Aujourd'hui, la tournerie Vaillat fonctionne toujours et j'ai été très bien accueilli par Joëlle Courtin, la nièce d'Emile Vaillat et la fille de Noël Vaillat, les deux frères fondateurs. La tournerie Vaillat tourne encore, mais rien à voir avec l'activité des années 1970... Ce savoir-faire est bien préservé par les trois enfants et le petit-fils de Noël Vaillat."
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Que savons-nous de plus sur la famille et sur la manufacture Vaillat ?
Nos renseignements ont été retrouvés par une lectrice et grande chercheuse, l'amie Pascale.
Le père, Louis Eugène Vaillat, débitant, veuf de Marie Emérentine Esther Michalet (?-1895), dont il avait eu quatre filles : Marie (1885-?), Eugénie (1893-?), Lucie (1888-?) et Yvonne (1890-?), épousa en secondes noces Marie Louise Alexandrine Vincent (1873-?) dont il eut trois garçons : Raphaël Emile Lucien Vaillat (1897-1977), Aimé (1908-?) et Noël Emile Régis (1911-1988).
- En 1937 au plus tard, comme le montre une annonce parue dans plusieurs journaux régionaux et par laquelle il recherche un représentant, Emile Vaillat, marié à Denise Marie Félicie Duffaux, a fondé une tournerie à Pratz (Jura).
- Emile Vaillat crée ensuite la Manufacture Générale de tournerie Vaillat Emile & Frères à Moirans-en-Montagne, "Cité de la tournerie", où fonctionnent déjà Verpillat, Grandmottet, Les Tourneurs réunis, Mercier (jeux de quilles), Delezay (lunetterie)...
Il associe dans l'entreprise ses frères Aimé et Noël, tous deux recensés comme tourneurs.
- Une publicité trouvée dans le Bottin confirme l'existence de cette Manufacture Vaillat Emile & Frères en 1945 et offre un regard sur ses productions :
- Un courrier commercial du 20 décembre 1959 nous fournit quelques renseignements sur l'entreprise, son adresse, sa raison sociale... on y voit notamment que stylos et porte-mines sont revendiqués comme spécialités :
- Plus directement, les documents photographiés et/ou rapportés par Jo Garlet nous ont permis d'esquisser un catalogue "raisonné" de la Manufacture de tournerie Vaillat Emile & Frères.
Les premiers documents montrent une communication encore très artisanale :
"Directement, de la Forêt à l'Usine et de l'Usine au Consommateur"
La Manufacture de tournerie Vaillat Emile et Frères propose une grande diversité de produits : jouets, colliers, chapelets, boutons de duffelcoat, tournevis, articles ménagers... et, bien sûr, tire-bouchons.
Une grande diversité de produits
Les photographies ci-après nous donnent une bonne représentation des tire-bouchons produits par Vaillat Emile & Frères : à cloche et hélice, de camping, limonadiers, sommeliers, en "T", tournés en bois, en galalithe ou fabriqués par injection plastique.
Ces tire-bouchons étaient personnalisables, comme souvenirs touristiques ou comme cadeaux publicitaires.
Ultérieurement, la manufacture Vaillat s'équipa d'une machine pour fabriquer ses mèches et probablement en vendre à d'autres entreprises.
Ce type de collaboration était fréquent dans le monde du tire-bouchon. On sait ainsi que Vaillat fournissait des cloches et hélices aux Fils de M. Coville en 1969, comme le montre le courrier suivant :
Ce type de collaboration était fréquent dans le monde du tire-bouchon. On sait ainsi que Vaillat fournissait des cloches et hélices aux Fils de M. Coville en 1969, comme le montre le courrier suivant :
Commande des Fils de M. Coville 12 février 1969
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La visite de l'entreprise
Jo Garlet était ce lundi 27 avril 2026 à Moirans-en-Montagne : à ce jour l’atelier tourne toujours avec les enfants de Noël Vaillat : Jacques Vaillat dit "Léon", sa sœur Joëlle Courtin et Jérôme, le fils de Joëlle.
La tournerie produit moins de tire bouchons, notamment du fait de la raréfaction du buis, mais d’autres ustensiles de cuisine en bois continuent d'être demandés, ainsi que de nombreux autres objets plus actuels.
"Le Parfait" de Vaillat, catalogue novembre 1956
version bois Réf. 8231/1NF
ou habillage cuir Réf. 8231/3NF
Jo, guidé par Jacques Vaillat, a pu découvrir les entrepôts et les ateliers en activité ; pour ce qui concerne les parties brûlées c’était plus compliqué et difficile à visualiser.
Les machines sur lesquelles étaient fabriquées les mèches sont maintenant démontées et remisées dans un entrepôt.
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Quittons-nous sur cette image de ces modestes tire-bouchons Vaillat, dits modèles de poche à étui vissant, qui dorment nombreux au fond de nos tiroirs :
Merci à la famille Vaillat-Courtin ainsi qu'à nos contributeurs.
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