lundi 9 mars 2026

LES TIRE-BOUCHONS DE LA TOURNERIE PIAVOUX FRÈRES

 

Amis blogueurs, bonsoir !


Après celui consacré à la tournerie GROSFILLEX, voici un article consacré à celle de leurs voisins dans le village d'Arbent :

PIAVOUX ALFRED, puis PIAVOUX FRÈRES Manufacture de tournerie sur bois


Comme le précédent, cet article est le résultat d’un travail partenarial avec Bernard Devynck et Jo Garlet. Bernard a mis à notre disposition sa précieuse documentation et Jo a eu la chance de rencontrer à Arbent et de pouvoir interroger Annie Piavoux, descendante de la maison éponyme, et Monique Chenot, toutes deux anciennes salariées Grosfillex.



La manufacture a été créée en 1879 à Arbent (Ain) par Paul Alfred Piavoux (1851-1913). C'est chez lui que les frères Grosfillex seront ouvriers dans les années 20, avant de se mettre à leur compte.

Preuve de son succès, dès 1892, l’entreprise fait sa publicité dans l’Annuaire-almanach du commerce, de l’industrie, de la magistrature et de l’administration ou almanach des 500 000 adresses de Paris, des départements et des pays étrangers :


Annuaire-almanach Firmin Didot et Bottin réunis 1892 (Gallica)


Selon un article du journal Le Progrès, publié le 25 octobre 2015, l’entreprise, créée « pour répondre aux demandes des colporteurs […] et pour donner du travail en hiver aux paysans et forestiers locaux », se développe considérablement.

L’en-tête des documents commerciaux d’Alfred Piavoux, illustré des gravures de deux usines hydrauliques et d’une usine électrique, le confirme :



 En-tête facture 1914 (Document Bernard Devynck)


Toujours selon Le Progrès, 
« Les ateliers implantés sur les rives du ruisseau Merdanson se sont servis du courant de l’eau avant de faire tourner une génératrice électrique au sein d’une microcentrale gratuite. […] En été, si l’eau était manquante, les ouvriers coupaient le bois, le stockaient et en hiver travaillaient dans les usines.
Leur rémunération était établie « aux pièces », Piavoux fournissant gratuitement l’énergie et le bois, les prix étant fixés article par article. Les coûts de revient étaient ainsi connus.
La compétitivité, tant recherchée actuellement, dépendait de l’adresse de chaque ouvrier.
Il y a eu jusqu’à 70 personnes employées en interne avec une centaine de sous-traitants à domicile. »

La tournerie est alors réputée pour ses fabrications de bobines, patères, boutons de porte, ustensiles de cuisine, maillets, poignées, manches d’outils…


Alfred Piavoux avait épousé Marie Alexandrine Victorine Piquet (1856-1932) en 1879. Le couple eut six enfants : Louis Charles Eugène (1884-1916), Clément (1886-1940), Noémie (1886-1961), Adèle (1890- ?), Raphaël (1893-1956) et Gaston (1896-1947).
Au décès d’Alfred Piavoux en 1913, Victorine, reprit la direction de la manufacture en association avec ses fils. 
Dès 1922 cependant, la raison sociale évolue. Les trois fils survivants (Louis Charles Eugène est mort à Verdun en 1916), Clément, Raphaël, et Gaston, reprennent à leur tour l’entreprise familiale, sous la raison sociale Piavoux Frères, nom conservé jusqu’en 1963.


La relève est ensuite assurée par deux petits-fils, Georges (1920-1999), fils de Clément, et Jean (1933-2015), fils de Gaston, lesquels doivent faire face à la concurrence active de Grosfillex, dont la croissance est portée par le développement de productions en matière plastique. Georges et Jean Piavoux étant opposés à l'utilisation du plastique, leur manufacture ne peut que décliner jusqu’à sa fermeture effective en 1990.


-/-


Des tire-bouchons quand même !




Il pourrait s’agir du tire-bouchon publicitaire suivant, cependant il est difficile d’être complètement affirmatif, la mèche de celui-ci étant ronde et non tranchante :



L’identification est d’autant plus difficile que Jo Garlet a rapporté de sa visite à Arbent une photo de deux tire-bouchons assez différents, lesquels, selon Annie Piavoux et Monique Chenot, pourraient avoir été fabriqués par les tourneries Piavoux pour celui de gauche et Grosfillex pour celui de droite :



Document Jo Garlet



-/-


Nous ne pourrons aller plus loin aujourd'hui...

Merci à Bernard Devynck et Jo Garlet pour ce travail collaboratif et merci à Mesdames Annie Piavoux et Monique Chenot pour leur témoignage et l’aide qu’elles nous ont ainsi apportée.



M



lundi 2 mars 2026

NETTOYER DES TIRE-BOUCHONS OXYDÉS PAR ÉLECTROLYSE



Amis blogueurs, bonjour !


Interrogé sur ma façon de nettoyer des tire-bouchons ou autres objets en fer oxydés, j'ai communiqué à quelques proches mon utilisation très empirique de l'électrolyse, inspirée de la méthode de Gérard, ami collectionneur de clés à molette. 
(Je l'ai vu ce matin et il m'a proposé quelques précisions que j'ai ajouté dans ce texte mis à jour).

Comment je fais ???


Evidemment, il faut pouvoir utiliser un bac à électrolyse et le plus simple est peut-être d'en fabriquer un.

Les images qui suivent sont celles de mon bac à électrolyse : il a beaucoup servi et son état s'en ressent : la rouille l'a "légèrement" coloré !
Pour la circonstance, je l’ai vidé, notamment de cette rouille qui s'accumulait au fond ; je l'ai démonté, nettoyé (inox brossé particulièrement) et ai essayé de montrer les étapes de sa fabrication avant sa remise en service. Chacun pourra s'inspirer à sa guise de ce petit tutoriel.

Voici le matériel nécessaire pour en fabriquer un :
- un bidon plastique grande taille (le mien est un bidon de 20 litres), avec orifice près d’une face (pas centré) et bouchage hermétique,
- une électrode en acier inoxydable,
- un panier plastique genre range-couverts,
- un chargeur de batterie, 6V-12V,
- 3 ou 4 pinces crocodile reliées au chargeur de batterie.

Fabrication :
- La face du bidon la plus proche de l’orifice doit être découpée pour obtenir un bac de la plus grande contenance possible.
- Le bouchon doit être remis en place, en s’assurant qu’il ferme bien.
- Le bac est posé à l’horizontale, bouchon dans la partie supérieure.

 


Ici : mon bac, l’électrode inox et la grille plastique


- Il faut découper une tôle d’inox (ou autre objet en inox) et l’adapter au fond du bac : mieux l’anode ainsi fabriquée épouse la forme, et mieux c'est. 
- On relie l’anode inox au chargeur de batterie en veillant à ce que la partie qui sera immergée dans le liquide soit bien isolée électriquement (tige métallique filetée, dépassant de 2cm et protégée par un manchon isolant, avec écrou et contre-écrou).
- On adapte la grille plastique (range-couvert, grille de peintre…) aux dimensions du bac. L'objectif est d’éviter le contact entre les objets à nettoyer et l’anode inox. Il faut prévoir une découpe pour permettre le passage de la liaison électrode-chargeur. La grille plastique est ensuite suspendue aux bords du bac par des crochets en "S" bricolés. 

 

Anode en place, liaison électrique protégée établie avec le chargeur



Grille plastique en place, suspendue par 4 crochets


- Anode (inox) et cathode (pinces crocodile) sont reliées aux deux bornes du chargeur de batterie.
- On remplit le bac d’eau.
- On introduit les objets à nettoyer en les reliant aux pinces crocodile. On peut aussi en ajouter en veillant à ce qu’ils soient en contact les uns avec les autres, reliés par un fil de cuivre par exemple, et bien immergés.



Ici une doloire, fortement oxydée


- On ajoute des cristaux de soude (j’utilise la lessive... Saint-Marc, forcément !) : 5 cuillers à soupe ou une tasse (15 à 20 cl) pour commencer. J’en ajoute 3-4 cuillers à soupe les fois suivantes, la solution devant rester savonneuse ou onctueuse au toucher. L'expérience permet de mieux ajuster un dosage adéquat, sans excès.

 

Addition de cristaux de soude


- Tout étant branché, on observe pendant quelques instants pour vérifier le bon fonctionnement : des bulles doivent commencer à apparaître à la surface, signe que l’électrolyse a commencé.

 

Premières bulles


- Je lance généralement l’opération en fin d’après-midi, chargeur réglé sur 6V et 1A, et arrête le processus 12 à 24 heures après pour en apprécier le résultat. réglé sur 6V et 1A. Le temps nécessaire est fonction de la teneur en carbone du métal ainsi que des composants (chrome ou nickel par exemple).
Si l’oxydation était prononcée, il faut alors sécher les objets, puis les passer à la brosse tournante.



Et finalement, la doloire a de l'allure !


- La finition se fait par polissage et lubrification des mécanismes.


-/-


Peut-être utilisez-vous une meilleure méthode ? N'hésitez pas à nous la proposer.
Je présenterai prochainement un exemple de nettoyage d'un tire-bouchon.



M

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...