Amis blogueurs, bonjour !
Il est un type de fabriques dont nous ne parlons pas souvent, alors qu'elles ont pourtant produit massivement des tire-bouchons parmi d'innombrables autres objets, tels que jouets, pipes, ustensiles de cuisine, accessoires d'outils..., ce sont les tourneries sur corne et/ou sur bois de l'Ain et du Jura.
Cet article est le résultat d’un travail partenarial avec Bernard Devynck et Jo Garlet. Bernard a mis à notre disposition sa précieuse documentation et Jo a eu la chance de rencontrer et interroger Annie Piavoux, descendante de la maison éponyme et Monique Chenot, toutes deux anciennes salariées Grosfillex.
Nous évoquerons aujourd'hui :
La tournerie GROSFILLEX FRÈRES à ARBENT
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Les Frères Grosfillex, spécialistes de la chasse aux ours ?
J’avais cru un instant les avoir retrouvés au début de mes recherches...
Selon les journaux de l’époque, Joseph Grosfillex (1806-1863) et ses frères étaient des spécialistes de la chasse à l'ours. Joseph aurait tué dans sa longue carrière de chasseur une cinquantaine d'ours à lui seul.
Oui, sauf que c’était à Gex, et non à Arbent où allait être créée la tournerie Grosfillex !
En réalité :
1927 : trois frères, Auguste, François et Jean Grosfillex, fils d’agriculteurs, ouvriers dans la tournerie Piavoux, se mettent à leur compte et créent leur propre tournerie de bois à Arbent, dans la banlieue nord de l’agglomération d’Oyonnax (Ain).
- Joseph Alexandre Auguste Grosfillex (1896-1944) sera arrêté et fusillé par les occupants allemands en 1944 : son acte de décès porte la mention « Mort pour la France ».
- Son cadet, Eugène François Grosfillex (1901-1948), ne lui survivra que quatre ans.
- Le benjamin, Jean Joseph Grosfillex (1909-1991), aura une vie sensiblement plus longue, même si elle se terminera par un accident.
Années 30 : les salariés de la tournerie des frères Grosfillex,
dite tournerie du Champ de Foire à Arbent (Document Jo Garlet).
Leur "Fabrique de Tournerie Bois et Buis" a pour raison sociale : Grosfillex Frères à Arbent.
La tournerie utilise le buis et de nombreuses autres essences de bois, mais aussi la galalithe ou "pierre de lait".
Ce sont des pinces à linge, des brosses, des coquetiers, des jouets (jeux de comptoir, bilboquets, yo-yo…), des boutons de tiroir ou encore des manches d’outils qui font connaitre l’entreprise Grosfillex Frères.
Dès les débuts, la croissance est forte et le management de l’entreprise est apprécié pour son dynamisme.
1936 : enterrement de la semaine de 48 heures
(https://www.grosfillex-expert.com)
Après la guerre et le décès de ses frères, Jean Grosfillex fera prendre à l’entreprise familiale le tournant de la résine de synthèse ou PVC.
Pour l’anecdote, c’est Raymond, le fils de François Grosfillex, formé à l’Ecole Nationale du Plastique créée à Oyonnax en 1932, qui obtint de son oncle Jean une place dans la tournerie pour s’y essayer à la fabrication d’objets en plastique.
La réponse de Jean, dit le tonton, ne se fit pas attendre, du style : « amuse-toi bien » ou « si cela t’amuse »
Jean et Raymond Grosfillex déposeront les premiers brevets à partir de 1954, dont l’un des plus connus est le brevet FR1090688 du 01.04.1955 pour un bac à plantes, incluant pot et soucoupe (réserve d’eau).
Jardinière à roulettes Grosfillex en plastique orange - années 1970
De nombreux autres brevets suivront, pour des éléments de mobilier (chaises, fauteuils, tables, éléments mobiliers en tous genres) et menuiseries industrielles, produits dans les deux usines de la « Plastic Valley » de l’Ain, à Oyonnax-Arbent et Montréal-la-Cluse, vingt kilomètres plus au sud.
Publicité Grosfillex
Magazine "Elle", 3 octobre 1955
Chaises Grosfillex, fabrication actuelle
(Site de l’entreprise)
A l’aube des années 2000, l’entreprise, leader des menuiseries extérieures, est présente dans 80 pays, avec cinq sites de production en France, aux États-Unis et au Brésil, et compte 1200 salariés dont 550 en France.
Mais après le décès de Raymond Grosfillex, la famille décide de mettre en vente l’entreprise. 98 ans après sa fondation, elle est cédée au fonds de retournement EIM Capital en date du 1er décembre 2025.
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Les tire-bouchons Grosfillex
On ne connait que deux modèles, visibles sur la publicité suivante reprise dans la revue du CFTB, L'Extracteur N° 47 de décembre 2006 :
- un tire-bouchon en « T », manche tonneau,
- un tire-bouchon en buis à cloche et hélice.
Publicité Grosfillex 1948
(Cahier L'Extracteur N° 47 de décembre 2006)
Le tire-bouchon tonneau semble bien anonyme.
Le modèle à cloche et hélice est plus caractéristique, mais nous ne l'avons quand même pas retrouvé et devrons nous contenter de reprendre l'illustration parue dans un autre numéro de L'Extracteur :
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Peut-être possédez-vous ce tire-bouchon Grosfillex ? Je serais heureux d'inclure dans cet article les photos que vous voudriez bien m'adresser.
Et puis, il y eut l'appel de Tomás... et voici des photos de son tire-bouchon Grosfillex :
Merci beaucoup Tomás !
M






























