mardi 7 avril 2026

RETOUR SUR LE XXIXe CONGRÈS DU CFTB À VITORIA-GASTEIZ


Amis blogueurs, bonjour !


Bien sûr, nous avons déjà eu droit à de nombreux reportages photos, et de qualité (je pense en particulier à celui de Martine Romain), il faut donc que j'emprunte d'autres chemins pour vous raconter mon :

XXIXe Congrès du CFTB les 21 et 22 mars 2026 à Vitoria-Gasteiz, capitale de la province d'Alava, au cœur du Pays basque espagnol.



30 ans et un 29° Congrès



Commençons par remercier les organisateurs, Michel Henry et Guy Vankeerberghen : ils méritent d'être applaudis pour l'excellence de leurs choix, tant pour la partie officielle du Congrès que pour le programme facultatif, entre visite de Vitoria-Gasteiz et découverte du vignoble de la Rioja et du musée Vivanco.
Le Musée Vivanco est extraordinaire : j'y reviendrai dans un prochain article.


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La route est longue depuis notre Lorraine, mais nous avons heureusement pu faire étape chez Patrick et Françoise du côté de Vendôme, avant de prendre un petit  "rallongui" pour rejoindre deux complices à Biarritz :



Pour un peu nous oubliions le Congrès !


Notre "bande" s'est ensuite retrouvée dans la Casa Rural de Lecinano del Camino, une belle et grande maison, très confortable, appartenant à la communauté villageoise :




Casa Rural de Lecinano del Camino


Le samedi permit une visite de la ville de Vitoria-Gasteiz, occasion de rappeler sa résistance aux armées napoléoniennes, avant notre éparpillement sur les terrasses des bodega.




Vint le temps des retrouvailles et la remise des "sacs congrès" : un tire-bouchon BOJ spécialement marqué, une bouteille de vin de la Rioja et l'Extracteur. 





Seule déception : notre Cahier Les tire-bouchons des moulins-fabriques du Vexin et de Brie auquel nous avions donné beaucoup d'énergie n'avait pas été (et n'est pas encore) livré par l'imprimeur !



Consolons-nous avec la maquette de la couverture !


Et puis, ce fut le Congrès : la Bourse d'échanges, l'Assemblée Générale, les élections et la passation de pouvoirs entre les Bureaux, entre Jean-Pierre Lamy, Président sortant, et Loïc Bahuet, Président élu. 



Congressistes studieux


Ajoutons-y le dîner savoureux, la vente de gré à gré et le déjeuner final.



Et joyeux hélixo-drilles !
(Merci Martine pour tes photos !)


De belles balades aussi :



les Salines : Valle Salado d’Añana


Barrage sur l'Ebre


A l'enseigne du tire-bouchon : tapas et pinchos


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Bien, me direz-vous, mais et les tire-bouchons ?


Une fois de plus, ventes et achats se sont à peu près équilibrés pour moi. J'ai acheté aux coups de cœur : le Heeley A1 qui me manquait "cruellement", des figuratifs, un Gagnepain, un "peut-être" Pecquet, un canif Eskilstuna... 



Mes achats


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Laguardia


Avant de rentrer, nous sommes encore allés visiter la petite ville médiévale de Laguardia : un pays de géantes !



Géantes !


La promenade y est belle, entre les remparts, les placettes et les ruelles bordées de maisons anciennes... Je me suis rappelé - un peu tard - que les heurtoirs de porte étaient une ancienne passion de Jean-Pierre Lamy et en ai photographié quelques-uns à son intention :



Heurtoirs de porte à Laguardia


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La chute


Et puis, comme à toute histoire, il faut une chute, voici la mienne : 
Nous avons aussi découvert à Laguardia une petite bodega-musée, sans prétention, mais avec tire-bouchons : La Abadia de Morata "El rincon de tus Recuerdos".  
Des milliers d'objets d'un quotidien pas si lointain y sont exposés : aspirateurs, appareils photo, moulins à café, outils, épicerie, jeux et jouets... Les salles sont installées pour partie dans les anciennes caves d'une abbaye et Faustino, le patron, offre un verre de vin à chaque visiteur !







Je vis les tire-bouchons et puis ne vis plus rien : 
la poutre m'avait mis KO !


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Faites le détour, mais baissez-vous !



M


vendredi 3 avril 2026

RAPPORT IEHA N° 2 : NOSOLOGIE DU COLLECTIONNEUR DE TIRE-BOUCHONS PAR LE PR PADVIS

 

Amis blogueurs, bonsoir !


Comme je vous l'avais annoncé, le Professeur Gérard Tirbien, Président de l'Institut d’Études Hélixophiles Appliquées, m'a autorisé à publier un nouveau rapport consacré aux pathologies hélixophiles :





RAPPORT IEHA N° 2 : NOSOLOGIE 
DU COLLECTIONNEUR DE TIRE-BOUCHONS


publié dans les 
Archives de l’IEHA
Service de pathologie des passions collectionneuses
Rapports cliniques sur les addictions hélixophiles
Série d’observations consacrées aux comportements collectionneurs liés aux instruments d’extraction du bouchon


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Rapport n°2 : Nosologie du collectionneur
Tentative de classification clinique des sujets hélixophiles

par le Professeur Augustin Padvis
Historien des mécanismes


Les observations que j'ai réunies depuis plusieurs années montrent que si les sujets atteints d’addiction aux instruments d’extraction du bouchon ont comme point commun de rechercher "la pièce qui manque", tous ne présentent pas les mêmes manifestations comportementales.
Si certains collectionneurs semblent plutôt attirés par la production de fabricants, ou par les mécanismes et leurs variantes, d’autres privilégient la recherche sur le terrain, la documentation, la présentation des objets ou encore l’étude du marché.

Il m'est donc apparu utile de donner mission à nos observateurs pour tenter une première classification des formes cliniques de l'addiction aux tire-bouchons.
Cette classification n’a naturellement rien d’absolu. Dans la pratique, la plupart des sujets présentent une combinaison variable de plusieurs tendances.


Voici les catégories que nous avons cru possible de distinguer :


La mise en scène de la collection avait conduit la journaliste Catherine BELIN* à distinguer deux catégories  de collectionneurs : le "collectionneur vitrine" et le "collectionneur placard". Nous croyons aujourd'hui pouvoir ajouter une troisième catégorie  :  le "collectionneur coffre fort".
Catherine BELIN, "Objets du désir" in Le Républicain Lorrain du 23 juin 2013.

1. Le "collectionneur vitrine" éprouve un besoin évident de montrer et de partager. Ses tire-bouchons sont exposés dans des vitrines soigneusement disposées. Les visiteurs sont volontiers invités à examiner les pièces et les commentaires accompagnent naturellement la présentation.



Jean-Paul Boussat était l'archétype du collectionneur vitrine 


2. Le "collectionneur placard" adopte une attitude différente. Les objets sont conservés dans des tiroirs, des boîtes ou des cartons. L’accumulation peut être considérable sans que la collection soit réellement exposée. L’intérêt du sujet réside surtout dans l’acte de découverte et d’acquisition.
"Pour moi, dit l'un d'eux, le tire-bouchon acquis redevient ferraille !"



Nous ne nommerons pas ce Jacques là !


3. Le "collectionneur coffre fort" se concentre sur quelques pièces d’exception. Craignant de voir ses trésors volés, il les conserve dans des coffres ou armoires fortes.
Il arrive même que ce type de collectionneur n'examine que rarement ses acquisitions, seulement pour se réjouir de les posséder.



Aucun indice ne saurait être donné sur les propriétaires...


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La façon de collectionner, autre critère de classification, a conduit nos observateurs à distinguer :

4. Le documentaliste
Chez lui, chaque nouveau tire-bouchon acquis devient l’objet d’un dossier individuel.
L’objet est photographié sous plusieurs angles. Le collectionneur en décrit soigneusement les caractéristiques : type de vrille, mécanisme, dimensions, matériaux et état de conservation.
Mais le dossier comporte également d’autres informations jugées indispensables :
– le lieu d’acquisition,
– le prix payé,
– les prix observés pour des pièces comparables,
– les résultats d’adjudications en salle des ventes,
– les observations relevées sur différentes plateformes de vente.



Toute ressemblance avec...


Dans certains cas avancés, la documentation finit par intéresser l'archiviste plus que l’objet lui-même.
Certains de ces collectionneurs très savants diffusent volontiers leurs recherches auprès d’autres amateurs et contribuent ainsi à la connaissance historique des tire-bouchons. D’autres conservent jalousement leurs dossiers, se limitant parfois à une simple remarque :
"Il faudra que je publie ça un jour."

5. Le chasseur
Le chasseur de tire-bouchons constitue l’un des types les plus facilement observables dans l’écosystème des brocantes.
Sa première caractéristique est la précocité de son apparition sur le terrain.
Levé très tôt, il arrive, parfois avant même les exposants !
Sa progression est rapide et méthodique. L’œil aux aguets, il parcourt les tables et les caisses d’outils anciens à grande vitesse. La prise en main d’un objet est brève, la décision rapide.



Le premier partout... chacun se reconnaîtra !


Le chasseur ne s’attarde guère dans les conversations : il souhaite achever rapidement son premier tour afin de rejoindre un autre déballage.
Il s’intéresse aux tire-bouchons, mais également à tout objet susceptible de présenter une valeur marchande intéressante.
Il arrive qu’il rencontre une pièce remarquable dont le prix dépasse ses moyens. Dans ce cas il se renseigne, mémorise l’objet et poursuit sa route. Car le chasseur possède souvent une mémoire remarquable des pièces rencontrées. Il sait où elles se trouvent, et surtout qui les possède.
Et sa maîtrise de ce réseau semble parfois lui suffire.

6. L'ingénieur
L'ingénieur s’intéresse avant tout à l’ingéniosité (!) des systèmes.
Les dispositifs à levier, les perfectionnements techniques et les mécanismes brevetés constituent pour lui un domaine d’étude inépuisable et il lui faut montrer en les rassemblant comment la même idée est développée dans le temps et dans l'espace.



Hajo Türler en était le meilleur exemple


Pour ce type de collectionneur, le tire-bouchon n’est pas seulement un objet : c’est une petite machine dont il connait toutes les qualités et tous les défauts. Il aimerait déposer à son tour quelque beau brevet et faire fabriquer l'instrument parfait.
Sa collection s'accroit essentiellement par des achats à d'autres collectionneurs.

7. Le spéculateur
Le spéculateur se distingue par son intérêt pour la valeur marchande des objets et les plus-values réalisables. Il ne garde que l'exceptionnel et revend avec bénéfice ce qui lui semble trop commun.
Très organisé, il constitue des dossiers comprenant l’historique des prix atteints par certains modèles. Les catalogues de ventes et les plateformes spécialisées sont régulièrement consultés.



Le sérieux et les accessoires du brasseur d'affaires


Mais l’une de ses caractéristiques les plus remarquables demeure sa mémoire : il se souvient avec précision des adjudications passées et peut comparer instantanément le prix demandé avec la valeur potentielle du marché.
Nous nous demandons s'il ne s'agit pas là tendanciellement d'un comportement déviant, dont chacun devrait se prémunir.

8. Le spécialiste
Le spécialiste se distingue par une orientation volontairement limitée de sa collection.
Certains se consacrent aux hélices simples, d’autres aux systèmes à leviers. D’autres encore privilégient les tire-bouchons figuratifs ou les plastiques colorés.
Il arrive également que la spécialisation soit géographique : un pays (les tire-bouchons italiens ou allemands) ou une région (les productions des tourneries sur bois par exemple).
Mais la forme la plus fréquente consiste à se consacrer à un fabricant emblématique : Pecquet, Pérille ou Burel par exemple.



Vous avez dit Pecquet ?


Les observateurs de l’Institut ont souvent entendu ces collectionneurs déclarer :
« Très beau modèle… mais ce n’est pas dans mon sujet. »

9. Le "gardien du temps"
Conservateur, le gardien du temps adopte une attitude presque opposée à celle de l'investisseur.
Pour lui, un tire-bouchon acquis ne peut plus quitter la collection.
Même lorsqu’un exemplaire plus intéressant apparaît, il hésite à se séparer du précédent. Chaque objet reste associé à un moment, un souvenir de découverte, une brocante ou une rencontre.



Et après moi ?


Pas question de vendre, il transmettra l'ensemble, à un musée si possible.
La collection croît donc lentement… mais ne diminue jamais.


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Conclusion clinique


On dit souvent que collectionner constitue une façon particulière d’appréhender le monde.
L’observation des sujets hélixophiles semble confirmer cette idée.
Au fil du temps, un phénomène curieux apparaît : la collection prend progressivement les traits dominants de celui qui l’a constituée.
Les archives de l’Institut d'Etudes Hélixophiles Appliquées permettent ainsi d’affirmer que toute collection finit par ressembler à son collectionneur.


Visa de l’Institut
Rédaction principale :
Professeur Augustin Padvis — Historien des mécanismes
Observations de terrain :
Capitaine Édouard Tournette — Chasseur-naturaliste des marchés aux puces
Données documentaires :
Docteur Philibert Papier — Archiviste de l’Institut

Sous la direction du :
Professeur Gérard Tirbien — Président de l’Institut
Comité scientifique :
Levrillé – Labible – Tournette – Papier – Padvis – Turnwell.


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Et vous, vous faites partie de quelle(s) catégorie(s) ?



M & IA


P.S. : Pour la suite, je ne manquerai pas de vous tenir informés des travaux de l'Institut d'Etudes Hélixophiles Appliquées.


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