vendredi 30 juin 2023

SOUFFLEURS DE VERRE ET "BOUZILLAGE"


Amis lecteurs, bonsoir !


J'ai acheté l'autre jour, une bouteille ancienne, laquelle avait comme particularité d'avoir été "bouzillée"... comment ne pas partager ça avec vous ?

Et en plus, cet article a été coécrit avec ChatGPT !

SOUFFLEURS DE VERRE ET "BOUZILLAGE"

Je vous laisse apprécier par vous-même l'aide que m'a apporté l'Intelligence Artificielle.


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Le travail du verre est de grand intérêt pour les collectionneurs de bouteilles... et de tire-bouchons. 
La corporation des verriers, composée de maîtres souffleurs, de grands garçons et de gamins, dotée d'un statut dérogatoire maintenu pendant des siècles, mérite une attention particulière. 
Le texte suivant l'illustre et incite à revenir sur ce thème dans d'autres articles.


Chez les Verriers


Maurice Talmeyr
Revue des Deux Mondes, 
4e période, tome 145, 1898 (p. 641-667).


Mais notre sujet du jour est de portée plus restreinte et se limite à une pratique peu connue : le bouzillage.


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Précisons d'abord que les termes bouzillage et bousillage sont aujourd'hui confondus, alors qu'ils étaient à l'origine distincts :


Le bousillage des maçons


Le bousillage des maçons était une technique utilisant du torchis, bousille ou bouzil (terme de patois angevin), mélange de bouse (d'où bousille) ou boue, d'une part, de paille et de bois d'autre part, pour construire les fondations, mais aussi les murs des maisons et des granges, particulièrement dans les régions de l'Ouest de la France où les pierres étaient rares, ainsi que dans les colonies françaises d'Amérique du Nord : Louisiane, Canada, Acadie... souvent peuplées de colons eux-mêmes originaires de l'Ouest de la France.



Mur de torchis
(Wikipédia).


J'ai eu confirmation de ces origines dans le Trésor du parler cénoman, ce dictionnaire sarthois de Serge Bertin, Diminique Beucher et Jean-Pierre Leprince. On y trouve en effet les termes régionaux suivants :
Bouser. 1. Mal exécuter un travail. 2. Déféquer.
Bousilla. 1. Mauvais ouvrier. 2. Enfant mal lavé. 3. Celui qui fait un mur en pierre. 4. (Malicorne, pays de potiers) Mortier d'argile et de sable pour maçonner la porte d'un four.
Bousille. (Malicorne) Boue.
Bousiller. Recueillir des bouses de vache.
C'est probablement en raison de l'utilisation de ce matériau, que bousiller est devenu péjoratif  en entrant dans la langue courante au point de remplacer maintenant bouser pour désigner un travail bâclé, mal fait et donc peu durable. Et, l'évolution continuant, bousiller est devenu synonyme de détruire, massacrer.


Le bouzillage des verriers


Le bouzillage des verriers est une tradition qui permettait autrefois aux souffleurs de verre de produire des objets pour leur propre usage pendant les temps de repos, d'où le verbe bouziller, fabriquer pour soi (Wikipédia). 
Mais cette orthographe a disparu de l'usage au profit de la graphie bousillage, bousiller que nous retiendrons donc.
Deux pratiques différentes de bousillage coexistaient : 
- L'une, artistique, visait la création ex nihilo d'objets de qualité, pratique expérimentale et certainement de formation des gamins et grands garçons, rôle que jouaient les chefs d'œuvre dans d'autres corporations.
Il en va ainsi de cette magnifique lampe à pétrole bousillée offerte par Florent Vinck & Fils (soufflage) et Joseph Poels (gravure et taille), ouvriers de la verrerie de Sars-Poteries (Nord), à l’occasion du mariage de leur maître verrier Henri-Léon Imbert avec Marie Deharveng le 18 février 1882.


Lampe à pétrole, bousillé de prestige
(Musée du vérre d' Sars-Poteries o MusVérre, Nord).


Une importante collection de bousillés peut être admirée au Musée municipal de Vierzon. 
Rassemblée par Madame Auger, antiquaire, la collection a été acquise en 1988 par la ville de Vierzon avec l’aide du Fonds régional d’acquisition des musées de la Région centre.



Carafe verte, bousillé, avant 1914.
(Musée municipal de Vierzon).


- L'autre pratique, à vocation utilitaire, visait la récupération et l'amélioration d'objets de rebut pour une utilisation familiale, en faire de menus cadeaux ou les vendre pour un peu d'argent, particulièrement dans les périodes de crise ou de guerre.
L'exemple suivant en est un bon témoignage. 
Le bousillé, acquis il y a peu, est une bouteille soufflée, datant probablement de la deuxième moitié du XVIIIe siècle. Faite de verre clair semé de bulles d'air, elle est déséquilibrée et a du mal à tenir debout sur sa base, en bref il s'agit d'une bouteille bonne pour le rebut donc. Mais ce n'était pas son destin : récupérée, elle a été décorée d'un serpentin de verre (incomplet) appliqué sur son col et a eu un usage domestique ainsi qu'en témoigne un dépôt subsistant au fond.



Bouzillé XVIIIe, récupéré à des fins utilitaires
(Collection personnelle).


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Et ChatGPT dans tout ça ?



J'avais d'abord interrogé la machine pour lui demander l'étymologie du mot bousillage ou bouzillage.

Voici la réponse reçue quasi instantanément :

L'origine précise du mot "bousillage" ou "bouzillage" est difficile à déterminer avec certitude. Cependant, il est possible de faire quelques hypothèses sur son étymologie.

Le terme "bousillage" pourrait être dérivé du verbe "bouzer", qui est un terme populaire utilisé en français pour signifier "gaspiller" ou "dépenser inutilement". Ainsi, "bousillage" pourrait être associé à l'idée de "gaspillage" dans le contexte de la fabrication d'objets en verre par les souffleurs pendant leurs temps de repos. Les souffleurs de verre utilisaient leur savoir-faire et les matériaux disponibles pour créer des objets pour leur propre usage, ce qui pourrait être considéré comme un "gaspillage" des ressources.

Il est également possible que le terme "bousillage" ait évolué à partir d'un autre mot ou expression régionale spécifique au métier de souffleur de verre. Les termes techniques et spécifiques à certaines industries peuvent émerger dans des contextes locaux et être moins répandus à l'échelle nationale ou internationale.

Cependant, en raison du manque de sources précises sur l'origine du terme, il est difficile de fournir une étymologie définitive pour "bousillage" ou "bouzillage".


J'ai alors précisé ma demande en indiquant que bouzillage était un terme spécifique à la verrerie.

Voici la nouvelle réponse reçue de l'I.A. :

Je vous remercie pour cette information. En effet, selon cette perspective, le terme "bouzillage" est associé à une tradition spécifique dans le métier de souffleur de verre. Pendant leurs périodes de repos, les souffleurs de verre pouvaient utiliser leurs compétences et leurs connaissances pour créer des objets en verre pour leur usage personnel.

Le bouzillage était souvent considéré comme une pratique informelle et créative, permettant aux souffleurs de verre d'exprimer leur art sans les contraintes commerciales ou les exigences de production. C'était une occasion pour les artisans de se détendre et d'explorer leur créativité en expérimentant avec différentes formes, couleurs et techniques dans la fabrication d'objets en verre.

Cette tradition du bouzillage reflétait également le fait que les souffleurs de verre étaient souvent des artisans hautement qualifiés, capables de produire des objets de haute qualité même pendant leurs temps de repos. Le bouzillage leur permettait de développer et d'affiner leurs compétences, tout en créant des pièces uniques et personnelles.

Cependant, il est important de noter que la pratique du bouzillage peut varier selon les régions et les époques. Les traditions artisanales peuvent évoluer avec le temps, et certaines pratiques peuvent avoir disparu ou être moins courantes de nos jours.

Le verbe "bousiller" a connu une évolution de sens au fil du temps. À l'origine, il était utilisé dans le milieu des souffleurs de verre pour décrire une pratique informelle de fabrication d'objets en verre pour leur usage personnel pendant les temps de repos. Cependant, le sens du verbe s'est élargi et a évolué pour prendre une connotation plus générale et négative.

Aujourd'hui, le terme "bousiller" est souvent utilisé dans le langage courant pour signifier abîmer, endommager, gâcher ou détruire quelque chose de manière non intentionnelle ou de manière irresponsable. Ce sens plus large du verbe est devenu populaire dans le langage vernaculaire et est souvent utilisé pour exprimer l'idée de causer des dommages ou des problèmes à quelque chose.

L'évolution du sens du verbe peut être attribuée à l'usage populaire et à l'appropriation du terme dans différents contextes. Au fil du temps, le sens original lié à la fabrication artisanale du verre a été remplacé par une connotation plus négative liée à l'altération ou à la détérioration d'objets.

Il est important de noter que l'évolution des sens des mots est un phénomène linguistique naturel qui peut être influencé par l'usage populaire, les changements sociaux et culturels, ainsi que les variations régionales. Dans le cas du verbe "bousiller", son sens a évolué pour s'adapter à l'usage courant et aux besoins de communication des locuteurs de la langue.


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Bon... ça change tout, n'est-ce-pas ?



M



jeudi 8 juin 2023

LE TIRE-BOUCHON DE L'OFFICIER

 
Amis lecteurs, bonjour !


Je voudrais vous raconter ma dernière aventure hélixophile :
Joseph, un ami brocanteur, m'avait fait saliver un peu il y a quelques semaines. On lui avait promis un beau tire-bouchon faisant partie d'un nécessaire d'officier et il me le réservait. Mais il me prévînt que vu le prix qu'on lui demandait, il ne pourrait que me le vendre cher !
J'étais prévenu et savais aussi que je ne pouvais pas le décevoir au risque de perdre ce bon "fournisseur" : il ne me restait donc plus qu'à lui acheter ce très beau nécessaire d'officier, dit aussi nécessaire de voyage.
L'ensemble, réellement de très belle qualité, était destiné aux repas pris en campagne. Il a manifestement servi et est dans un état d'usage.
Ce type d'objet n'est pas mon premier centre d'intérêt : je recherche plutôt des tire-bouchons en "T" à poignée de bronze, genre Gagnepain, ou des XVIIIe siècle quand ils sont accessibles à ma bourse. Je ne compte donc pas conserver ce nécessaire, mais le revendre. Cependant, l'objet étant magnifique et peu commun j'ai ressenti le besoin préalable d'en apprendre un peu plus sur son origine.


Voici donc les résultats de mes recherches sur :

LE TIRE-BOUCHON DE L'OFFICIER


Le tire-bouchon était de type "mèche et cheville" ou peg and worm, un modèle classique à mèche rainurée :




Il faisait partie d'un luxueux nécessaire d'officier, complet de tous ses accessoires.







Commençons par en donner une description :
Le nécessaire, en maroquin rouge, est marqué aux initiales "M. S.". 
Il est en forme de tonneau, s'ouvrant par le milieu ; sa hauteur est de 13 cm et son diamètre central de 8 cm.
La garniture intérieure est alvéolée pour contenir une timbale et sept accessoires.
La timbale et cinq de ces accessoires sont également monogrammés M. S. :
- timbale en métal argenté ou argent et bord doré ?
- cuillère pliante en argent massif, marquée TOURON,
- fourchette pliante en argent massif, marquée TOURON,
- couteau manche en ivoire, lame en acier, marqué TOURON PARIS 24 RUE DE LA PAIX,
- couteau manche en ivoire, lame en argent, poinçonné Minerve 1er titre (poinçon aux contours latéraux droits), et marqué TOURON, avec usure et manques (cf. photos),





- un tube en ivoire (pour épices ?), bouchon inférieur manquant.
Enfin :
- un cure-dent en ivoire, marqué TOURON, à petite lame métallique coudée,
- et bien sûr le tire-bouchon déjà évoqué.





Intéressons-nous maintenant au fabricant :


Le nom et l'adresse du fabricant


L'adresse frappée sur la lame de couteau nous a aidé dans nos recherches :
Un maître-orfèvre nommé Touron est effectivement installé au 24 rue de la Paix, Paris, de 1819 à 1838 (Source : vente aux enchères collection Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé, organisée par Christie's et Pierre Bergé & associés, en février 2009).
Concernant cette adresse, précisons que c'est un décret de Napoléon 1er en 1806 qui a décidé l'ouverture de la future rue de la Paix, destinée à faire la jonction entre la place Vendôme et l'Opéra Garnier. 



La rue de la Paix en 1906
(Wikipedia).


Le projet était d'en faire l'axe de prestige du commerce français, particulièrement celui de la joaillerie. Initialement baptisée rue Napoléon, la rue a pris le nom de rue de la Paix le 30 mai 1814, pour célébrer la nouvelle paix négociée en Europe.


Des origines lorraines, à Baccarat !


Une recherche généalogique nous a permis de retrouver quelques éléments supplémentaires :
Auguste Démophile Touron est né le 7 mars 1801 à La Verrerie Sainte-Anne, aujourd'hui rattachée à Baccarat (Lorraine), d'un père employé aux verreries de Baccarat. Auguste Démophile Touron est décédé le 7 juin 1868. Sa profession déclarée était : orfèvre, coutelier et son statut : propriétaire.
De son union avec Claudine Janthial est née une fille : Joséphine Benoite Touron laquelle ne poursuivra pas dans l'aventure paternelle.
Surtout, ces éléments nous montrent que Touron n'a que 18 ans quand il s'établit comme orfèvre à Paris en 1819 !
Ses affaires sont rapidement florissantes : un almanach de 1830 indique que Touron, également installé rue Richelieu, est "Fournisseur du Roi".


L'évolution de l'entreprise


Les traces laissées sur le net nous permettent d'esquisser l'historique de la maison Touron, maison spécialisée dans la coutellerie de luxe.
En 1839, la raison sociale change pour devenir "Touron et Cie", conséquence de l'association entre Auguste Démophile Touron et un autre coutelier, Edme Parisot.
Nouvelle évolution en 1842, l'entreprise devient "Touron Parisot Successeur". On ne sait ce qu'il advint de Touron qui était alors âgé de 41 ans seulement. Edme Parisot continue cependant d’utiliser la dénomination Touron, très renommée pour sa coutellerie de luxe, ce qui lui vaudra de devenir "Fournisseur de S.M. l'Empereur Napoléon III" pour une partie de la coutellerie d'apparat et aussi de travailler en partenariat avec la maison Christofle !
Vers 1865 et au moins jusqu'en 1878, Edme Parisot s'associe avec Edouard Gallois (1825-1894), orfèvre et négociant. Leur société prend le nom de "Parisot & Gallois". Elle conserve son établissement du 24 rue de la Paix, lequel sera toujours actif au début du XXe siècle.



Maison Touron et successeurs, 24 rue de la Paix Paris
(image Monsieur Von Tiki, Facebook).


La maison est réputée pour sa coutellerie et ses rasoirs coupe-choux, mais on retiendra pour l'anecdote que Parisot et Gallois furent aussi les inventeurs du couteau-fourchette à melon !


La datation du nécessaire


Il ne nous reste plus qu'à établir au plus près la période de fabrication de notre nécessaire d'officier :
Le poinçon Minerve, 1er titre, nous indique une fabrication postérieure à 1838.
La raison sociale "Touron" est antérieure à celle choisie en 1842 par le repreneur : "Touron Parisot Successeur".

C'est dire que notre luxueux nécessaire signé Touron date de 1840, à deux ans près.


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Finalement, j'ai acheté beaucoup mieux qu'un petit "peg and worm", n'est-ce-pas !



M

lundi 5 juin 2023

WHO'S WHO : TOMAS DA FONSECA

 

Amis blogueurs, bonjour !


Dans la rubrique :

le Who's Who de l'hélixophilie

je vous propose aujourd'hui une interview du collectionneur portugais que nous apprécions tous :





Tomás DA FONSECA


Tomás, homme de valeur et de valeurs, membre du Club Français du Tire-Bouchon, a organisé cette année notre Congrès à Porto, dans son Portugal natal. Une vraie gageure pour lui, seul membre portugais du Club et habitant Lisbonne à quelques 300 kilomètres de Porto. Et bien sûr il a réussi, trouvant même l'énergie pour accueillir chez lui des amis avant et après le Congrès : je peux en témoigner !



Chez Néné, épouse de Tomás.



Une souriante maîtresse de maison !


L'occasion m'a donné envie de mieux vous présenter cet humaniste et grand collectionneur, et Tomás a bien voulu répondre à son tour aux questions que je pose rituellement aux invités du Who's Who des hélixophiles.



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Tomás, pourrais-tu te décrire en quelques phrases : origines, lieu de vie, situation familiale, profession exercée et secteur d'activité... ?


Je suis un petit portugais né à la campagne, dans un village de Bairrada, à 5 km du lieu où les troupes anglo-portugaises de Wellesley ont délicatement – mais à coups de canons et de fusils – barré la route aux forces de Napoléon commandées par Massena. Comme je passe toujours à côté des évènements importants, je n’y étais pas. Il a fallu qu’on me le dise pour que je le réalise ! J’étais très jeune, quand-même : -137 ans.
Issu d'une famille d’agriculteurs, (très) catholiques du côté de ma mère, plutôt athées dans la branche paternelle, j’ai basculé comme mes deux frères, vers la non-croyance, au point de devenir un peu iconoclaste. Un peu, j’ai dit !
Une vulgaire carrière d’étudiant jusqu’à la fac de médecine de Coimbra, études  coupées par une grève des étudiants aux examens, en 1969 (un an après le 68 français – au Portugal, on a l’habitude d’arriver en retard aux rendez-vous), à laquelle j’ai adhéré de très bon gré et ai eu une participation active. Petit problème : mon père trouvait que le rôle d’étudiant était d’étudier et rien d’autre. Solution : fini les études, engagement dans l’armée !
Rappelle-toi le contexte : nous vivions en dictature avec, en prime, une guerre coloniale en Angola, Mozambique, Guinée-Bissau ; et ajoutons pour ce qui concerne ma petite personne que je n’étais pas inconnu de la PIDE (police politique). 
Bref, mon destin était la mobilisation et le départ pour l'Angola à la tête d’une compagnie de tireurs. Hélas (?), je me suis égaré et, au lieu de partir vers le sud, j'ai pris le chemin du nord, destination Paris.
Là ma vie s'est partagée entre : Renault à Billancourt, un métier où j'ai tâtonné sans trop y croire et la poursuite de mon engagement politique.
Retour au Portugal, en clandestin, en 1973 et… chute de la dictature en avril 1974 !
Activité politique en liberté, quelques déceptions et..., Renault, cette fois au Portugal, jusqu’à la retraite.


Venons-en aux tire-bouchons : à l'origine d'une collection, il y a généralement un événement déclencheur. Était-ce le cas pour toi ?


Chez mes parents j’avais vu arriver un jour un tire-bouchon qui m’avait épaté, tant il me semblait original et ludique, en plus d'être d’une grande facilité d’utilisation. Et voilà qu’un jour, bien des années plus tard, me baladant dans la « Feira da Ladra » de Lisbonne (les puces), je suis retombé sur un exemplaire de ce trésor depuis longtemps disparu de la maison parentale.



"L'origine du monde" de Tomás !


Et pourtant, ce n’était qu’une très banale chouette BOJ !
Et puis, après celui-ci, un autre tire-bouchon, et un autre, et un autre… je me suis dit : je vais faire une collection.
Et j’ai dû le dire à un ami, copain de soirées à Coimbra, comme moi devenu immigrant à Paris, puisque sa fille m’a fait cadeau du bouquin de Frédérique Crestin-Billet, La folie des Tire-bouchons, lequel m'a alors découragé de continuer : il devenait clair, trop clair, que je ne m'étais pas fait la moindre idée du monde où je prétendais accéder ! Décision : dans l’impossibilité d’accès à des pièces vraiment intéressantes, je me dis que je vais abandonner... mais abandonne-t-on vraiment ?
De fait, quelques années plus tard, je guette internet, je plonge dans eBay, j’y trouve du matériel autrement introuvable et je recommence. Des pièces, des livres…


Quel sens revêt pour toi ta collection : un challenge personnel ? un sujet d'études ? un investissement ? autre chose ?


Plutôt un challenge personnel au départ, puis de belles occasions pour rencontrer des gens devenus des amis.


Combien de tire-bouchons estimes-tu posséder ?


Je ne sais pas et n’en suis pas soucieux. J'essaie aujourd'hui de construire une base de données qui me permettra de jeter un peu plus de lumière là-dessus. Peut-être deux mille ? voire 2001 ?


J'ai pu l'apprécier de visu, mais peux-tu expliquer à nos lecteurs comment tu présentes ta collection ?


Je possède trois vitrines, disons classiques, type armoires, plus une douzaine de vitrines murales que j’ai fait faire. Et beaucoup de mes tire-bouchons sont encore entassés dans des caisses…





Quelques-unes des vitrines murales, où l'on voit beaucoup d'extensibles.



As-tu eu une préférence pour une catégorie de tire-bouchons ? Laquelle et pourquoi ?


Parmi toutes les sortes de tire-bouchons, un type a toujours attiré mon attention : les Henshall, dont le mariage simplicité/efficacité me ravit. Et pourtant… je vise surtout deux autres familles : les extensibles et les Thomason. Ce n’est pas très rationnel, hélas, mais c'est comme ça !



Beaucoup de Thomason dans cette grande vitrine 
de Tomás à moins qu'il ne faille dire ... Tomáson ?



Collectionnes-tu d'autres choses ? Avec autant de passion que les tire-bouchons ?


Je ne peux pas dire collectionner, je dirais plutôt que j’ai quelques plats, pichets… quelques trouvailles à gauche et à droite.
(NDLR : Tomás est bien modeste qui a mis en scène une jolie collection de céramiques portugaises).


Quels lieux ont ta préférence pour acheter des tire-bouchons et lesquels conseillerais-tu aux nouveaux collectionneurs : salles de ventes, antiquaires, brocantes, Internet...


Au Portugal, chercher des tire-bouchons intéressants dans les brocantes c’est un exercice pour l’éternité. Or, vu que je ne suis pas éternel… j’y vais mais sans trop d’espoir.
C’est donc plutôt sur la fenêtre d’internet que je me penche. Et les réunions du CFTB, bien sûr.
Mais les Puces, c'est aussi l'occasion de chiner d'autres objets, au coup de cœur, ainsi de cet objet insolite : un gabarit pour chapeaux acheté aux Puces de Paço de Arcos (localité côtière d'Oeiras, à l'embouchure du Tage).



Un gabarit pour chapeaux.



Peux-tu nous raconter une anecdote qui a marqué ta vie de collectionneur : rencontre, scène de vie, trouvaille inespérée... ou ratée ?


Trouvaille inespérée, pas grand-chose : une petite pièce qu’un vendeur dans une brocante de Lisbonne vient me montrer. Ne la reconnaissant pas, je l’ai quand-même achetée pour un prix dérisoire. Plus tard je me suis rendu compte que c’était un Pecquet.
Ou le jour, au tout début, où une assemblée d’acheteurs potentiels essayait d’identifier un objet insolite sur le stand d’un brocanteur. Outil de cordonnier, de chirurgien, de…, de…, de… (de mémoire, je crois que personne n’a suggéré qu’il pouvait s’agir d’un outil d’astronaute !). L’assemblée terminée, ce fut à moi de prendre en main l’étrange objet, de le regarder sous tous les angles, puis de le laisser, avec davantage de points d’interrogation dans la tête qu’au début. J’appris des années plus tard avoir eu dans la main une pince Lund, le T comprenant la mèche n’y étant plus !


Le phénomène majeur de notre génération est l'irruption du numérique dans notre quotidien. Utilises-tu ces nouvelles technologies pour acquérir ou vendre ? ou bien utilises-tu l'informatique pour classer ta collection ? Et si oui, comment ?


Oui, je fais beaucoup d’acquisitions sur internet et j’utilise une base de données que j’ai débutée sur Excel, mais que j’envisage de passer à Access Database.



Tomás, devant son ordinateur.


Le numérique c'est aussi les sites, ceux de Jean-Pierre Lamy, de Jacky Corbel ou le tien, auxquels je me réfère avec plaisir.
C'est aussi celui de The International Correspondence of Corkscrew Addicts (ICCA), devenu aujourd'hui incontournable pour améliorer une collection. 
J'essaie aussi de participer aux ventes aux enchères en live qui me sont signalées : l'informatique et les enchères font bon ménage !


Comment es-tu entré au Club Français du Tire-Bouchon ? et que t'apporte cette appartenance ?


Un jour, en 2018, j’ai acheté sur eBay quelques pièces venant de la France. Lors de l’arrivée du colis, le nom du vendeur a attiré mon attention : Gérard Bidault ! Tiens, s'agissait-il de l’auteur d’ouvrages dédiés aux tire-bouchons et dont j’avais déjà des exemplaires ? Je lui ai alors posé la question et, bien sûr, il a répondu positivement. Un échange de messages a suivi, jusqu’à ce qu’il me lance un défi : pourquoi tu ne rejoindrais pas le Club Français du Tire-Bouchon ? Croyant ne pas être en mesure d’avoir quelque chose à y apporter, j’écartai d’abord l’hypothèse, mais je me suis vite fait une réflexion toute simple : « si j’adhère à cette association et que je me rends compte ensuite y être de trop, je n’aurai qu’à m’en retirer ». Et me voilà, quelques jours plus tard, au sein du CFTB, parrainé par Gérard et par le Président (à l’époque, un certain Marc Ouvrard).
Le CFTB est pour moi une très riche source de contacts avec des collectionneurs, donc de connaissances et d’expérience, mais c’est surtout, cerise sur le gâteau, l’ambiance qu’y règne qui me plait et qui m’a apporté un beau nombre d’amis.
Il y a des hélixophiles dans mon pays, même s'il n'existe pas de club. Mais, qui sait, peut-être que la parution de cet article sur ton blog favorisera des prises de contacts avec des collectionneurs portugais ?


Nous sommes aujourd'hui à un tournant de l'hélixophilie : la génération des fondateurs est vieillissante, mais nous rencontrons aussi de plus en plus de nouveaux collectionneurs. Quel message passerais-tu aux jeunes collectionneurs pour les aider dans leurs débuts ?


Oui, c'est vrai que notre passion est partagée par des gens de toutes les générations. Je suis souvent surpris de croiser en brocante des hommes et des femmes, jeunes ou moins jeunes, qui s'intéressent aux tire-bouchons au point de constituer de petites collections. Le plus souvent il s'agit pour eux de décorer un coin bar ou une cave... mais ils ne savent pas qu'ils risquent fort d'attraper notre virus !
Quels conseils leur donner ? Cherchez les sources de connaissances : allez sur internet, lisez des ouvrages. Et aussi, rencontrez d’autres collectionneurs, ils seront heureux de parler avec vous, d'échanger des informations, de vous aider dans vos recherches.
Et puis, rappelez-vous que si les tire-bouchons sont parfois très beaux ou ont une belle histoire, ils sont surtout un pont qui nous conduit souvent vers de belles personnes.


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Je concluais notre entretien en demandant à Tomás s'il pouvait me donner les coordonnées de deux ou trois collectionneurs qui pourraient figurer dans le Who's Who ?


Voici sa réponse :

Je n’ose pas, comme on dit au Portugal, "apprendre la messe au prêtre" !


Merci pour ton amitié, Tomás !



M


dimanche 28 mai 2023

ENIGMA N° 77 : COCORICO, NOUS SAVONS QUI EST KEHRIG !

 
Amis lecteurs, bonjour !


ENIGMA N° 77 : COCORICO, NOUS SAVONS QUI EST KEHRIG !


Ma dernière énigme,


n'a pas provoqué une avalanche de réponses, mais nous avons bien progressé, particulièrement grâce aux recherches de Bernard Devynck !






Un tire-bouchon nommé KEHRIG


Bernard Devynck est un collectionneur d'objets du vin, parmi lesquels, bien sûr, le tire-bouchon tient une grande place ; c'est aussi un chercheur infatigable qui sait la valeur des vieux papiers, véritables mines de renseignements.

Il s'est cette fois complètement pris au jeu, ce qui me permet de m'effacer au maximum derrière les courriels et photos qu'il m'a adressés.


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18 mai 2023 : premier courriel de Bernard Devynck


Je viens de prendre connaissance de ton ENIGMA N° 77 et j'avoue avoir eu un énorme coup d'adrénaline. Pourquoi ? Simplement parce que tu m'as coupé l'herbe sous le pied à propos de KEHRIG pour lequel j'avais en projet imminent de te proposer mon énigme. Mais du coup je vais essayer de contribuer à résoudre la tienne.

D'abord, je possède un ouvrage de H. KEHRIG intitulé "Le privilège des vins à Bordeaux", ouvrage que j'avais recherché pour expliquer une marque du même nom sur un objet appartenant à mon univers de la vigne et du vin.

Il s'agissait d'une pince bordelaise, appellation courante, mais également connue autrefois sous le nom de marteau à déguster. Cet outil à usages multiples était prisé des vignerons, maitres de chais et également courtiers/négociants en vin pour prélever les échantillons : une vrille ou foret dans l'une des branches marteaux, un marteau pour enfoncer les faussets, une tenaille crantée pour les enlever et une assette tranchante pour les araser. Mais ce n'est pas mon énigme, revenons à la tienne.



Marteau à déguster, une face marquée H. KEHRIG



Le même, éclaté ; la deuxième face est marquée BORDEAUX


Nous avons donc en commun deux objets estampillés H. KEHRIG. L'activité principale de KEHRIG n'était pas d'être écrivain, mais industriel dans les appareils de cave, avec une installation rue Notre Dame à Bordeaux. Mes collections de vieux documents, factures, catalogues... m'ont permis de vérifier la présence de cette entreprise en 1869 (mais peut-être était-elle là avant…), 1879, 1893 et  jusqu'en 1928 où KEHRIG apparaît comme agent à Bordeaux des Etablissements SEITZ.



Entêtes factures et catalogue SEITZ de 1928.


Je n'ai pas d'autre éléments, sinon que je me souviens avoir lu, mais ne retrouve pas la source, qu'il avait été président ou membre fondateur d'une association d'industriels, écrivait régulièrement dans la revue de cette association, ce qui justifie son ouvrage dans le cadre d'études et recherches.


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21 mai 2023, deuxième courriel de Bernard Devynck


En continuant mes recherches sur les sites de ventes en ligne, je suis tombé sur une cannelle bordelaise, avec marquage sur la clé H. KEHRIG BORDEAUX, mais bien sûr pas de sa fabrication.



Annonce vue sur leboncoin.fr
marquage H. KEHRIG BORDEAUX


Ton ENIGMA m'a permis de trouver en compulsant mes vieux documents, catalogues et autres, que la rue Notre Dame à Bordeaux avait concentré plusieurs opérateurs de cette activité de matériel et outillage de cave : C. BITARD aux 137 et 142, G. PEPIN et fils aux 110 et 112.

Gallica, la banque de données de la BnF, m'a permis de retrouver l'année de son décès : 1933, mais cette recherche reste à approfondir.



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Intermède généalogique


L'année du décès donnée par Bernard m'a aidé à identifier le "bon" KEHRIG : il s'agit de Henry Victor KEHRIG.

Henry Victor KEHRIG
Né le 1er avril 1848 à Bordeaux.
Décédé le 9 mars 1933 à Bordeaux, à l'âge de 85 ans.
Publiciste, Fondateur de la Feuille Vinicole de la Gironde. Chevalier de la Légion d'honneur.
Marié le 5 mars 1870 avec Jeanne-Alice ARCHAMBEAUX (1849 - ?) dont il a eu huit enfants : Robert, Raymond-André-Henri, Pierre-Jules-Louis, Louise-Léopoldine-Madeleine, René, Paul, Maurice-Emile-Jean et Jean Jacques.

J'ai communiqué ces éléments à Bernard en précisant ne pas avoir réussi à accéder à l'adresse de Henry Victor KEHRIG, ni à trouver trace d'une activité de fabricant ou de grossiste, notamment en tire-bouchons...


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23 mai 2023, troisième courriel de Bernard Devynck


J'avais moi aussi en mémoire que KEHRIG, en plus de cette facette d'auteur déjà évoquée, était connu comme directeur du "Journal vinicole et viticole, agricole et scientifique". Voici le déblocage !
Je savais posséder un bouquin qui apporterait clarté et solution. Il s'agit d'un livre auquel je me réfère souvent : "Outils des vignerons et tonneliers du Bordelais" (Presses Universitaires de Bordeaux) de Jean-Pierre Hiéret, par ailleurs conservateur au Musée d'Aquitaine à Bordeaux. Et j'ai trouvé en page 216, consacrée à Henri Kehrig, deux représentations d'annonces commerciales confirmant son adresse professionnelle au 45 rue Notre Dame, comme figurant sur mes documents précédents.
J'ai aussi trouvé, page 85, l'illustration d'un pal injecteur, sorte de grande seringue utilisée dans la lutte contre le phylloxéra pour injecter du sulfure de carbone dans le sol (j'en possède un, mais de fabrication des Ets BERTHOUD, marque encore connue de nos jours).



Pal injecteur BOITEAU
Marque de distributeur Maison H. KEHRIG, Fils Successeur


Mais celui figurant dans le livre et de production girondine, est intéressant pour nous, car en dessous de la plaque du constructeur est apposée celle du distributeur, Pierre KEHRIG Fils Successeur, et donc en fonction de la généalogie que tu as retrouvée, il ne peut s'agir que de Pierre Jules Louis KEHRIG (1879-1955).

Et Bernard de conclure : 
Quel chemin parcouru depuis le 19 mai !


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Ce fut un vrai plaisir d'échanger avec celui qui est le véritable rédacteur de cet article.
Merci à tous ceux qui se sont intéressés à cette énigme, et plus particulièrement à Bernard, pour ses recherches, pour avoir mis  sa documentation à notre disposition et pour nous avoir présenté des outils viticoles peu connus aujourd'hui : le marteau à déguster, la cannelle bordelaise et le pal injecteur !

Enfin, à défaut d'en connaître le géniteur, nous savons maintenant qui distribuait mon tire-bouchon :
Cocorico, Kikeriki, nous savons qui est KEHRIG !



M


vendredi 19 mai 2023

ENIGMA N° 77 : QUI EST KEHRIG ? KEHRIG EST QUI ? KIKERIKI ??

 

Amis hélixophiles, bonjour !


Je vous propose ce matin une toute petite énigme :


ENIGMA N° 77 : QUI EST KEHRIG ? KEHRIG EST QUI ? KIKERIKI ??

Qui est KEHRIG ? KEHRIG est qui ? ... Le titre sonne un peu comme KIKERIKI, l'équivalent allemand de notre cocorico, non ?


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Nous étions le 1er mai dernier à la brocante de Chambord, dans le parc du prestigieux château.




Aidant des amis à tenir leur stand, je n'ai guère eu le temps de chiner. J'ai pu cependant m'évader quelques instants prétextant besoin urgent et grande soif pour me rendre à la buvette...
Et sur le chemin, j'ai trouvé un canon (imbuvable, celui-là !) : une réplique ancienne, en bronze, du canon utilisé par la Compagnie néerlandaise des Indes orientales à partir du XVIIe siècle.



Réplique du canon de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales



Bouche marquée de poudre



Lumière et insigne VOC pour Verenigde Oost-Indische Compagnie


... et deux tire-bouchons, ceux de gauche sur la photo :
- l'hélice, achetée à cause d'une inscription que je ne réussissais pas à déchiffrer, mais il s'agissait en fait d'un Boileau, marqué A.P. Bté S.G.D.G. dans un ovale,
- et le tire-bouchon à poignée massive de corne noire, pour son bel état et son équilibre.





... j'ai acheté le troisième le lendemain sur le chemin du retour : une harpe de petites dimensions (6 cm fermée), à quatre outils.


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Où est l'énigme ? me direz-vous.


L'énigme ne concerne pas le canon, même si je serais très heureux d'en apprendre un peu plus à son sujet : selon le vendeur, ce canon modèle réduit pouvait être utilisé et tirer à l'occasion de fêtes locales ?


Non, l'énigme concerne le tire-bouchon à poignée de corne : 







Si la facture est indéniablement française, le marquage sème le doute : KEHRIG ou peut-être KEHRIC. Mes recherches m'ont permis d'identifier un auteur intéressant : Henri KEHRIG, à qui on doit l'ouvrage Le privilège des vins de Bordeaux jusqu'en 1789, mais pas d'établir un lien avec notre tire-bouchon.
J'ai aussi trouvé un village nommé KEHRIG en Allemagne, ce qui m'a conduit à demander son aide à notre ami Reinhold Berndt, spécialiste s'il en est des tire-bouchons allemands :
"Ma question concerne le tire-bouchon à la poignée en corne noire : il pourrait sembler français, mais il est marqué KEHRIG, et le seul KEHRIG que j'ai trouvé est le nom d'un village allemand proche de Mainz-Coblenz. Saurais-tu m'en dire un peu plus ?"
Mais la réponse de Reinhold a été catégorique :
"Le tire-bouchon avec le "chapeau de Napoléon" n'est définitivement pas allemand. De tels manches n'ont pas été fabriqués en Allemagne. La spirale du tire-bouchon est également typique de la France en tant que pays d'origine. !00 % de certitude. L'estampille est probablement KEHRIC. Et ce nom se retrouve également en France."


Alors, KEHRIG ou KEHRIC ?
Un fabricant de tire-bouchons de ce nom vous est-il connu ? Ou peut-être un négociant, en vins ou en tire-bouchons ?


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Je ne manquerai pas de publier vos propositions concernant ce mystérieux marquage et/ou celles qui concerneraient mon petit canon !



M




 
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