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jeudi 4 janvier 2024

GEORGES FERET ET GUY OLIVE, AMIS ETERNELS, AU PANTHEON DES COLLECTIONNEURS


Amis lecteurs, bonjour !


Des raisons de santé m'ont tenu quelque peu éloigné du Blog des tire-bouchons. Je me consolais en me disant que les vœux seraient la bonne occasion pour vous retrouver. 
Mais le sort en a décidé autrement et mes vœux attendront : 

Georges Féret et Guy Olive, deux amis, éminents membres du Club Français du tire-Bouchon, viennent d'entrer au Panthéon des collectionneurs.


Georges Féret, 98 ans, notre doyen, est parti le premier. Il s'est éteint le 4 décembre 2023 à Cannes.
Guy Olive est parti dans sa 88ème année, le 14 décembre 2023 à Saint-Sébastien-sur-Loire, laissant dans la peine son épouse Edith, sa fille Cécile et leur famille.

La mort réunit ainsi deux membres du CFTB, aussi différents que semblables.


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Nous évoquions Georges et Guy, et nos autres anciens que nous aimerions voir plus souvent, Alain Grondeau et moi, le 30 novembre dernier lors de la vente aux enchères à l'Hôtel des Ventes Giraudeau de Tours. Les nouvelles de Georges Féret nous venaient régulièrement de José Cardoso qui lui téléphonait chaque semaine. Alain Grondeau, qui faisait de même avec Guy Olive, me disait son inquiétude devant la dégradation de son état de santé.
J'étais heureux ce jour-là d'avoir enfin acquis un exemplaire original du livre de Guy Olive : 1828 - 1974 Tire-bouchons français - Brevets... et c'est le moment que choisit aussi un ami pour m'offrir le petit gendarme de Georges Féret qu'il venait d'acheter dans un lot ! 



Tours, 30 novembre 2023 : 
Guy Olive et Georges Féret réunis pour mon plus grand bonheur



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Georges Féret m'avait reçu chez lui en 2017. Vous pourrez retrouver le compte rendu de notre rencontre sur le blog, cf. :

En voici un extrait :

"[...] Le collectionneur suivant était notre jeune doyen, Georges, 92 ans, artisan tabletier pas vraiment retraité. Georges m'accueillit chez lui, m'offrit un regard sur son monde et un autre, imprenable, sur la proche Méditerranée, avant de m'emmener, élégant gentleman, conduisant du doigt son coupé sportif, vers le restaurant où il a ses habitudes.




Histoire de vie, esprit d'entreprise, plaisir des rencontres, rituelles parties de pétanque et jeux de cartes, et surtout passion intacte pour la chine matinale sont les sujets qui ont animé notre conversation.

La visite qui suivit confirma ce que je pressentais : l'artisan tabletier était le père de sa collection de tire-bouchons ! 

Georges est le Geppetto de centaines de Pinocchio, petits personnages en bois sculptés par lui et reproduits par milliers [...].



Les uns et les autres semblent attendre sur leurs étagères l'ordre de Georges qui les mettra en mouvement !"


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Guy Olive était tout autre : monteur son à France 3, il n'était pas un fabricant, mais un chercheur invétéré. Il restera à jamais comme l'auteur du premier livre reproduisant les brevets des tire-bouchons français de 1828 à 1974, ne manquant pas pour autant de souligner l'inspiration venue de Jo Paradi, comme l'aide apportée par Daniel Jallageas, Alain Grondeau et quelques autres dans ses recherches.
J'ai présenté ici cet ouvrage. Cf. :
Guy était affable, souriant et plein d'humour. Savant modeste, il aimait cependant partager son savoir pour aider les jeunes collectionneurs, mais en toute discrétion.



 XXVème Congrès du CFTB, Tours, mars 2017 : Assemblée générale avec, 
au premier plan, Guy Olive, entre René de Gebhardt et Alain Grondeau. 
(photo Martine Romain)


J'ai essayé sans succès de convaincre Guy de répondre à ma demande d'interview pour ma rubrique Who's Who : trop modeste, il a toujours refusé d'être placé sous la lumière... lui qui avait pourtant interviewé Georges pour la revue du CFTB !



Les Pisseurs, entretien Georges Féret et Guy Olive, 
L'Extracteur, n° 51, Décembre 2007.


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Reposez en paix, généreux amis !
Pensées attristées pour vos familles et amis.



M


dimanche 18 décembre 2016

ENIGMA N° 30 : MYSTERE RESOLU ! IL S'AGISSAIT D'UNE VRILLE-PORTEMANTEAU FANOT FRERES...




Amis hélixophiles, bonjour !


ENIGMA N° 30 : le mystère est résolu !


L'ustensile présenté par Marc Poncelet est une "vrille portemanteau" brevetée par la société Panot Frères en 1903.





Vous avez été plusieurs à contribuer à résoudre cette énigme.


Alain Soulé a "dégainé" le premier ; je vous livre son message :
"Il y a de la distraction dans les membres du Club,... car  de mémoire, cet objet a déjà fait parler de lui dans L'Extracteur, et il a été dit, et redit, que c'est un petit porte-vêtement mobile, destiné à être fixé dans du bois (poutre, arbre, etc...) avec la vis-foret ; la partie plane terminée "en bec" servant d'appui à 45° contre la partie verticale du bois. C'est donc un petit outil malin qui n'a rien à voir avec les tire-bouchons."


Jean-Pierre Mascaron l'a rapidement rejoint : 
"il s'agit du célèbre porte-manteau de poche ou de voyage de la Manufacture d'Acier Poli Fanot. On vissait la mèche dans le chambranle de la porte ou le montant d'une armoire. La petit boule servait de patère (Cf. les Cahiers de L'Extracteur n° 50 page 15 et les explications de notre ami Stéphane qui en possède un exemplaire)."

J'ai alors tenté une recherche sur le Net pour trouver des informations sur cette manufacture.
Le butin est maigre :
- L'Annuaire-almanach du commerce, de l'industrie, de la magistrature et de l'administration ou almanach des 500.000 adresses de 1893 localise la manufacture Fanot (Ate) à Paris, au 176 rue St-Martin. Elle est présentée comme fabricant des chaînes de gilet, des châtelaines et accessoires, pinces, limes, tire-boutons... et autres poignées d'épée ou épingles de  sûreté.




almanach des 500.000 adresses de 1893

- On retrouve la manufacture en 1897 sous la rubrique "acier poli", même raison sociale, même adresse : 



Annuaire officiel des jouets & jeux, des bazars,
bimbeloterie, articles de Paris et des industries annexes 1897


- En 1902 elle apparaît sous la rubrique "polisseurs-nickeleurs", la raison sociale étant cette fois Fanot frères, toujours au 176 rue St-Martin :



Annuaire du commerce et de l'industrie 
photographiques 1902



Pas trace donc de fabrication de tire-bouchons !

Parallèlement, j'avais fait appel au livre de Gérard Bidault "Les tire-bouchons français" pour retrouver l'article consacré à Fanot.
On y voit notamment le logo de la manufacture Fanot Ernest : une poignée d'épée inscrite dans un ovale.
La manufacture d'acier poli Ernest Fanot était à l'origine spécialisée dans la fabrication des poignées d'épée. 
Mais à la fin du XIX° siècle "On y travaille essentiellement de la bijouterie fantaisie, des boucles et fermoirs de sacs, des chaînes et sautoirs, des garnitures d'onglier, des chausse-pieds, des tire-bouchons et des limes à ongles. [...] Cette importante maison fabrique ses mèches de tire-bouchons [...] et les monte".


Gérard Bidault était aussi à l'origine du supplément de l'Extracteur N° 50, évoqué par Jean-Pierre Mascaron, et consacré aux "Marques et marquages des tire-bouchons français".
De fait, on trouve là une autre version de l'ustensile, proposée par Stéphane Terrières, et assez voisine de celle de Marc Poncelet :




Des nuances : mèche et poignée diffèrent un peu
(Extracteur n° 50)


Alors j'ai contacté Stéphane, lequel m'a confirmé posséder cet objet, mais m'a renvoyé vers Guy Olive pour l'identification...


Et Guy Olive m'a fourni les éléments manquants...

Il m'a d'abord rappelé que l'objet figurait dans le livre "World-Class Corkscrews" de Bull, Paradi et Giulian, page 151.




Malgré la légende, il ne s'agit pas d'un multioutils 
comportant un "Codd's bottle marble pusher".



Guy Olive s'est ensuite souvenu d'un article de l'Extracteur n° 71 où le brevet avait été présenté :





Et, de fait, dans le n° 71 on voit que le brevet, déposé pour une "vrille portemanteau" par la Société Fanot frères, avait été enregistré en 1902 sous le n° 331611.
Il est accessible sur le site de l'INPI.


La pointe de la mèche, travaillée en vrille, est identique sur les modèles présentés : c'est l'objet du brevet.
Mais on voit aussi dans le texte du brevet que "le support peut être utilisé, comme vrille, pour percer des trous ou comme tire-bouchon".

L'honneur hélixophile est sauf et la cause est entendue !

Apprécions la coopération qui a réuni autour de Marc Poncelet, Jean-Pierre Mascaron, Alain Soulé, Gérard Bidault, Stéphane Terrières et Guy Olive et retenons que l'Extracteur est devenue une véritable encyclopédie où se sont sédimentés les savoirs des meilleurs collectionneurs !



M


mardi 28 janvier 2014

COMMENT IDENTIFIER DES FABRICANTS DE TIRE-BOUCHONS EN FRANCE AVANT 1847 ?


Amis hélixophiles, bonjour,



On le sait grâce à Guy Olive et à Gérard Bidault, le premier brevet délivré pour un tire-bouchon en France date de 1847.
Ce premier brevet, demandé par Hermand Deshayes, le 19 janvier 1847 et délivré le 20 février 1847 sous le numéro 4895, concernait un "genre de tire-bouchon économique".


Extrait du livre de Guy Olive : le brevet Hermand Deshayes.


Je vous renvoie à mes fiches bibliographiques :



Mais avant ?

Quid de la période précédente, avant la mise en place des systèmes nationaux de protection de la propriété intellectuelle ? 
Particulièrement, que sait-on des fabricants de tire-bouchons ayant exercé avant 1847, année du premier brevet attesté français ?


Petit retour en arrière :

L'invention de la bouteille moderne, attribuée à l'Anglais Sir Kenelm Digby en 1632,  avait permis l'utilisation du bouchon de liège cylindrique, enfoncé au maillet.
Autant dire que la bouteille moderne avait aussitôt engendré "en dégât collatéral" le bouchon récalcitrant, impossible à retirer sans un outil adapté !

Par suite si le XVII° siècle a été celui de la diffusion du vin bouché partout en Europe et de l'expérimentation de l'outil "corkscrew" ou "vis à bouchon", le XVIII° siècle restera celui de la diffusion du tire-bouchon chez tous les propriétaires de caves et professionnels du vin. 
Au tournant du XIX° siècle a débuté la révolution industrielle, ère des inventions et des progrès techniques, de la fabrication en série d'objets manufacturés, ère aussi de la concentration d'un prolétariat ouvrier :
la consommation de vin ordinaire mais bouché se développe ... et, avec elle, le besoin de tire-bouchons tout aussi ordinaires !
A cette époque, en France, premier pays producteur de vin du monde, l'usage du tire-bouchon se démocratise et se prolétarise : il connait du même coup un développement important. 

C'est dire que l'absence d'un système de brevets ne doit pas nous conduire à penser qu'il n'y avait pas de fabricants de tire-bouchons en France avant 1847. 
Depuis le XVIII° siècle et plus encore depuis le début du XIX° siècle, des tire-bouchons ont été fabriqués en série, commercialisés, ont sûrement même été imités ... même s'il semble aujourd'hui impossible de les identifier !


Alors, comment progresser dans notre recherche ?

Il me semble qu'à défaut de retrouver les modèles produits, on devrait pouvoir recenser les fabricants.

Un biais pour ce faire serait de collecter et croiser les documents publiés sur la fabrication et le commerce de tire-bouchons.

La recherche que j'ai entreprise sur les occurrences de mots clés dans les documents numérisés datant de cette époque ouvre quelques pistes.

Les annonces et référencements dans le Journal des débats politiques et littéraires, les annuaires commerciaux Deflandre, Bottin, Didot-Bottin, Firmin-Didot..., peuvent nous aider à identifier des fabricants et commerçants.

Un seul exemple : Jean Dordet, coutelier établi à Paris depuis au moins 1829, fait paraître en 1838 dans le Journal des débats une publicité pour un "nouveau tire-bouchon à pression", soit 9 ans avant le brevet Hermand Deshayes !



Publicité parue dans le Journal des débats politiques et littéraires du 30 mars 1838.

La démarche proposée semble donc riche d'enseignements et peut s'appliquer au-delà de 1847.

On peut aussi retrouver une affiche Dordet destinée à vanter son tire-bouchon levier, admis à l'Exposition Universelle de 1855.
Gérard Bidault estimait dans son premier livre que ce tire-bouchon pouvait avoir été créé en 1859 : "c'est en 1859 qu'il dépose un brevet pour une machine portative à boucher les bouteilles et, peut-être, la même année le brevet qu'il déposera pour un tire-bouchon dont la publicité apparaît en 1860 : Brevet d'un nouveau tire-bouchon à levier pour déboucher le vieux vin sans le troubler."
La redécouverte de cette affiche Dordet fait reculer la date présumée de la création de ce tire-bouchon antérieurement au 15 mai 1855 (date de l'inauguration de l'Exposition Universelle) ... pour la rendre très proche des dates de délivrance du brevet belge de Levaux-Lemaître le 15 juin 1852 et surtout du brevet anglais de Burke le 29 juillet 1854 !


Affiche publicitaire Dordet 1855.


Quelles sources utiliser ?

Ces annuaires, almanachs, répertoires d'adresses, affiches, journaux, revues et périodiques si précieux sont souvent accessibles par la banque numérique Gallica de la Bibliothèque Nationale de France.

Gallica est un outil essentiel, mais pas exclusif, pour entreprendre ce travail visant à mieux apprécier l'importance d'une industrie organisée autour des manufacturiers d'acier poli, tabletiers, quincailliers fabricant et/ou commercialisant des tire-bouchons.


Je reviendrai sur ce sujet dans un prochain article.
... Mais je serais heureux que vous me proposiez d'autres sources, d'autres pistes de recherche !


Cependant, je ne voudrais pas terminer la rédaction de mon article sans saluer le travail de recherche de Gérard Bidault. Si chaque cheminement est singulier, Gérard Bidault n'en reste pas moins pour moi un inspirateur essentiel : merci à lui !


M



mardi 5 décembre 2023

30 NOVEMBRE 2023, HÔTEL DES VENTES GIRAUDEAU, TOURS : VENTE DE TIRE-BOUCHONS


Amis blogueurs, bonjour !


Les sentiments familiaux et amicaux, autant que l'éternelle quête hélixophile, commandaient : il me fallait être à Tours ce 30 novembre 2023 pour


LA VENTE DE TIRE-BOUCHONS A L'HÔTEL DES VENTES GIRAUDEAU




Je suis né au Lude (Sarthe), au centre du triangle Tours - Le Mans - Angers, et mes attaches familiales sont entre la Loire et son affluent, le Loir : chaque occasion de retrouver les siens compte, n'est-ce-pas ?
L'annonce de cette vente était aussi l'assurance d'y retrouver quelques amis du Club Français du Tire-Bouchon... autant de raisons de participer !

Les vendeurs, le commissaire-priseur et l'expert étaient personnalités appréciées et même si le catalogue ne m'avait pas vraiment donné la "fièvre acheteuse", un livre convoité et des tire-bouchons à poignée de bronze pouvaient suffire à mon bonheur !


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Regard sur les résultats


Pas de pièce exceptionnelle donc, mais beaucoup de pièces moyennes permettant de compléter des séries.
Le beau tire-bouchon L'EXPRESS de Pérille a atteint 1 200 €, mais le prix de réserve étant de 1 500 €, il n'a pas été vendu.
Un très beau tire-bouchon en "T" de Delaporte a été l'occasion d'une belle bataille entre enchérisseurs pour finir à l'étonnant prix marteau de 720 €.



Delaporte (photo catalogue de la vente)


D'autres lots sont partis pour quelques centaines d'Euro, tandis que les plus modestes ont été adjugés à quelques dizaines d'Euro pour le plaisir de collectionneurs débutants ou de brocanteurs avisés : harpes, bilames, hélices, pisseurs, extensibles...
Tous les résultats sont accessible sur Interenchères :

Une documentation importante était proposée : livres (j'ai acquis quelques doubles dans un lot incluant celui que je recherchais), mais aussi de nombreux numéros de l'Extracteur.


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Mes modestes achats


Je suis particulièrement content d'avoir pu acheter un exemplaire original du livre de 
Guy Olive,
Tire-bouchons français
Brevets
1828-1974



Maintenant sur ma table de travail !


Cet ouvrage édité à compte d'auteur en 1995 est le premier ouvrage français consacré aux tire-bouchons et à leurs brevets. J'ai un très grand respect pour son auteur : Guy Olive, l'un des fondateurs du Club Français du Tire-Bouchon, pétri de valeurs humaines et particulièrement bienveillant à l'égard des jeunes collectionneurs.
J'avais consacré une fiche bibliographique à cet ouvrage incontournable, il y a déjà dix ans. 
Cf. :
Mais je n'ai jamais réussi à convaincre Guy de répondre à ma demande d'interview pour ma rubrique Who's Who : Guy est trop modeste !

Le livre est épuisé depuis très longtemps. Je n'avais jamais réussi à en "accrocher" un exemplaire et en possédais seulement une copie artisanale faite il y a une vingtaine d'années.
Si vous êtes intéressé, cette copie est aujourd'hui disponible à la vente.

D'autres ouvrages du lot, ou mes autres doubles, peuvent peut-être aussi vous intéresser. Si tel est le cas, n'hésitez pas à m'interroger à cette adresse mail :



Mes achats : de nombreux livres et quelques tire-bouchons !



Je l'ai dit, j'ai aussi pu acheter deux tire-bouchons en "T" à poignée de bronze : 





Celui de gauche est en bronze argenté, celui de droite est signé GAGNEPAIN. Ce ne sont pas les modèles les plus rares certes, mais ils sont tous les deux légèrement différents de ceux que je possédais.

Ajoutons pour faire bonne mesure l'achat d'un deuxième lot de livres, dont trois sur les couteaux, et quelques tire-bouchons et pinces type LUND, de quoi faire un peu de restauration à l'occasion.

Les enchères se terminaient avec ce triomphe modeste. La troisième mi-temps pouvait commencer, très festive comme à l'accoutumée !



Debriefing convivial !



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Nous sommes partis avant minuit, de peur que notre carrosse ne se transforme en citrouille !



M



vendredi 15 janvier 2016

7930,00 €... LE TIRE-BOUCHON "CRIC" DE DURAND EST ENTRÉ DANS L'HISTOIRE !



Amis collectionneurs, bonjour !


C'est à Hugues, lecteur assidu du blog, que nous devons l'article du jour.
Il nous sensibilise à la relation dans la Gazette de Drouot de la vente récente d'un tire-bouchon "Cric" aux enchères.



La vente était organisée par la société de Ventes Volontaires aux Enchères Publiques Chauvire-Courant. 
Elle a eu lieu le 15 décembre 2015  à l'Hôtel des Ventes d'Angers.


La vente a connu une belle bataille autour de ce tire-bouchon estimé à environ 3000,00 € et qui s'est finalement vendu à 6500,00 €, 
... soit 7930,00 €, frais de 22% compris !




Les résultats en ont été publiés par Interenchères sur le site 
http://www.interencheres.com/




Résultats communiqués par Interenchères sur son site

http://www.interencheres.com/


Il est à noter que la description s'inspirait grandement des livres (présentés sur ce blog) de :
Guy Olive 1928 - 1974 Tire-bouchons français et
Gérard Bidault Les tire-bouchons français.

Gérard Bidault nous offre dans son livre une notice biographique de Célestin Durand (1852-1912), artisan coutelier, armurier et serrurier, natif d'Ille-et-Vilaine, dans l'Est de la Bretagne, et ayant partagé sa vie entre deux bourgs voisins : Argentré-du-Plessis et La Guerche-de-Bretagne.
Et même si l'activité de l'entreprise a été reprise par le gendre, Félix Dérouin, après le décès de Célestin Durand, elle est restée très locale ce qui explique la rareté du tire-bouchon "Cric". 

Le brevet du "Cric", unique brevet de Célestin Durand pour un tire-bouchon, a été demandé le 04 août 1879 et délivré le 16 octobre 1879.

La demande de brevet est reproduite dans le livre de Guy Olive :


Descriptif du tire-bouchon Cric de Célestin Durand, coutelier armurier
(Guy Olive in 928 - 1974 Tire-bouchons français.


Il reste à dire qu'on connait au moins deux versions très proches de ce tire-bouchon à crémaillère plate. 
Il se peut toutefois que le tire-bouchon vendu à Angers soit une troisième version, intermédiaire : l'allure générale est celle de la seconde version, mais l'anneau du bas de la cloche semble moins haut, peut-être repris de la première version représentée sur le dessin du brevet ?

Gérard Bidault rappelle qu'une autre version de ce tire-bouchon, marquée "RADOU", est exposée au Musée Le Secq des Tournelles de Rouen.
Ce tire-bouchon figure en bas à gauche sur la photo suivante que j'avais réalisée lors d'une visite ici relatée, cf. l'article :

Le "Radou" est très proche de la première version du cric, même si la poignée de crémaillère semble plus épaisse et est fixée sur l'autre face du corps.



Détail de la collection de tire-bouchons du 
musée Le Secq des Tournelles à Rouen, 
incluant le "Radou" en bas à gauche.


Merci à Hugues de nous avoir donné l'occasion de rêver sur cette belle pièce, malheureusement inaccessible !


M




samedi 4 janvier 2020

QUATRE BOUTEILLES ET ZÉRO TIRE-BOUCHON



Amis bloggers, bonsoir !


Pas de tire-bouchon aujourd'hui :

Quatre bouteilles anciennes me narguent depuis trop longtemps sur mon bureau... 



Envahissantes bouteilles !



Le sujet me plait mais, hormis les formes et les quelques références graphiques, les éléments d'identification manquent.

Et si vous m'aidiez à les reconnaître ? Peut-être pourriez-vous m'apporter d'autres informations ? Je suis en tout cas très demandeur.


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J'ai acquis la première bouteille auprès de l'ami Loïc. Il l'avait vue sur une brocante du côté de Niort et l'avait achetée en pensant à moi, ce qui me fait bien plaisir.
Cette première bouteille, de couleur vert olive foncé, est trapue. 




Elle a été soufflée à la bouche, sans qu'on puisse trouver la moindre trace de moule.
Le verre montre peu de stries, beaucoup de bulles.
Le corps de la bouteille est de forme légèrement tronconique inversée.
Les épaules sont marquées.
Le fond comporte une piqûre "en auge" assez profonde (6 cm), avec présence d'ébréchures ou traces de pontil.
Le col est court, d'abord conique puis cylindrique.
Une collerette en forme de boudin est rapportée en haut du goulot. Le bord est tranché, avec présence d'ébréchures.
Vide, cette bouteille a une masse de 770 grammes. Emplie d'eau, sa masse est d'environ 1570 grammes. Sa contenance est le volume de l'eau contenue, calculée par différence entre les deux masses, soit environ 80 cl.

Mensurations :
Poids 770 g
Hauteur 21,3 cm
Ø corps 10,4 à 10,9 cm
Ø extérieur goulot de 4 à 2,8 cm
Ø intérieur goulot 1,8 cm
Contenance environ 80 cl.

En prenant en compte ces éléments :
J'estime qu'elle a dû être fabriquée en France, antérieurement à la mise en oeuvre du système métrique, soit au plus tard vers 1800.
Et sa forme me fait déduire qu'il doit s'agir d'une bouteille normande, destinée à l'eau-de-vie de cidre.


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La deuxième bouteille m'a été offerte en cadeau de Noël par l'un de mes fils qui l'a chinée en brocante dans la région parisienne.
C'est une petite bouteille oignon, de couleur vert olive foncé.




Elle a une allure irrégulière : son fond n'est pas plat ; le corps n'est pas complètement circulaire mais plutôt légèrement ovalisé ; le goulot est un peu de travers.
Cette bouteille a été soufflée dans un moule, lequel a laissé une "couture" horizontale en partie basse (3 cm de la base) et une autre, unique et verticale au-dessus.
Le verre présente des stries et quelques bouillons.
La piqûre est large et peu profonde.
Une collerette a été rapportée à la pince en haut du goulot : elle est plate et irrégulière.

Mensurations :
Poids 590 g
Hauteur 16,5 cm
Ø maximum du corps 12,3 cm
Ø extérieur goulot 3 à 2,7 cm
Ø intérieur goulot 1,6 cm
Contenance environ 50 cl.

La technique de fabrication m'amène à dater cette bouteille du début du XIXe siècle.
Elle est vraisemblablement française, mais pourrait aussi être flamande - traduisons belge - et provenir du coup d'une verrerie ardennaise !
Elle pouvait correspondre à une demi-pinte de Paris, c'est-à-dire  un pot d'environ 46,5 cl.


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J'ai trouvé les deux dernières cet été aux Puces d'Aillant-sur-Tholon.

La troisième bouteille est élancée et élégante dans sa robe brune.




Son corps est tronconique inversé, ses épaules sont peu marquées.
Le verre comporte stries et bulles, mais aussi des marques de rotation et une trace horizontale d'utilisation d'un moule de soufflage (à 6 cm du fond).
La piqûre est régulière (4,5 cm), sans aspérités marquées.
Le col est élancé, conique puis cylindrique. Son bord a été tranché. Il est muni d'une collerette plate, de largeur irrégulière.

Mensurations :
Poids 590 g
Hauteur 30,3 cm
Ø corps 7,1 à 8,5 cm
Ø extérieur du goulot dans sa partie cylindrique 2,6 cm
Ø intérieur du goulot 1,9 cm
Contenance environ 77 cl.

L'origine de cette bouteille reste incertaine : il pourrait s'agir d'une frontignane, bouteille adoptée très tôt par le vignoble bordelais. Mais, proximité géographique aidant (Aillant-sur-Tholon est proche de la Champagne), il est vraisemblable qu'il s'agisse d'une bouteille de fine champagne (cf. document en fin d'article).
Le système métrique est passé par là, ce qui me conduit à dater cette belle bouteille du milieu du XIXe siècle.


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La quatrième bouteille, porteuse d'un sceau de verre apposé à chaud, est une bouteille dite pastillée ou sigillée. 




Et le sceau va nous permettre de l'identifier.

Le verre est de couleur olive.
La forme est clairement celle d'une bouteille champenoise- bourguignonne.
Elle a été soufflée à la machine comme le montre la régularité du corps, quasi cylindrique, ou la piqûre régulière et mécanique.
Les épaules sont tombantes.
Le goulot est cylindrique et une collerette plate y est rapportée.

Mensurations :
Poids 500 g
Hauteur 27,7 cm
Ø corps 7,5 à 7,9 cm
Ø extérieur goulot 2,9 cm
Ø intérieur goulot 1,9 cm
Contenance environ 64 cl.

Le sceau de verre de forme ovale porte en relief les mentions BIRMENSTORFER et BWA au-dessus d'une fleur.



Eau de Birmenstorf.


Ces mentions permettent de remonter jusqu'à une entreprise de la commune suisse de Birmenstorf. Une source d'eau minérale amère y a été découverte et mise en exploitation en 1825. 



Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales 
Dechambre - Lereboullet
Editions Masson Paris 1874-1889.


Le sigle BWA correspond au nom de l'entreprise : Birmenstorfer Wasser A... (?). Et cette entreprise exportait l'essentiel de sa production dans des bouteilles de 60 cl, dont la mienne. 
Une autre de ces bouteilles est présentée au musée local de Birmenstorf.
Selon le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales cité ci-dessus, cette eau minérale dite "Birmo" pouvait  rivaliser avec les eaux de Vichy.

Ma quatrième bouteille est donc incontestablement une bouteille d'eau minérale suisse allemande et date du XIXe siècle.


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Deux documents importants m'ont servi pour écrire cet article :



Publicité pour les bouteilles EDARD
Agenda Grands Magasins du Louvre 1899


La troisième bouteille en partant de la gauche est une frontignane, la dernière est une normande.



Article "Bouteilles" Nouveau Larousse illustré ou
Dictionnaire universel encyclopédique Claude AUGÉ 
1897-1904

Sur la première ligne, la troisième bouteille est une bordelaise ou frontignane ; la cinquième bouteille est destinée à la fine champagne.
Sur la deuxième ligne, la troisième bouteille, dite "marteau", est en fait une bouteille oignon ; l'avant-dernière, destinée à l'eau-de-vie de cidre, est dite normande.


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On le voit, l'identification des bouteilles anciennes, surtout françaises, est complexe et souvent indirecte. C'est dire que tous les indices de reconnaissance doivent être mobilisés, qu'il s'agisse des formes, des couleurs, des  contenances ou bien sûr des éventuelles marques figurant sur les bouteilles. Il convient également de rechercher tous documents, tableaux, catalogues... permettant de mieux cerner les productions des différentes verreries.


Les bouteilles anglaises, plus que les françaises, sont très collectionnées. Elles sont aussi mieux documentées d'autant que ce sont souvent des bouteilles sigillées ou sealed bottles et d'importants ouvrages leur sont consacrés. 

Mais tout reste à écrire sur les bouteilles françaises !


Merci pour l'aide que vous pourrez m'apporter pour mieux identifier ces quatre bouteilles... ou d'autres encore !



M


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