mercredi 18 octobre 2023

MEMOIRES D'UN "TIREBOUCHON" DE FAMILLE

 

Amis blogueurs, bonsoir !


Je n'aurai pas beaucoup de travail ce soir : je vais simplement m'effacer derrière Daniel Bellet, auteur d'un très bel article paru il y a cent-quarante ans dans La Gazette des Bains de Mer de Royan-sur-L 'Océan :


MEMOIRES D'UN "TIREBOUCHON" DE FAMILLE


Oui, vous avez bien lu : "tirebouchon" et non "tire-bouchon" ou "tire bouchon" ! Quel dommage que nous n'ayons pas gardé cette orthographe si simple !



La Gazette des Bains de Mer de Royan-sur-L 'Océan, 
numéro du 27 novembre 1887


L'auteur, Daniel Bellet, né le 30 juillet 1864 à Saint-Julien-de-l'Escap (Charente-Maritime) et mort le 11 octobre 1917 à Maisons-Laffitte (actuelles Yvelines), était économiste, professeur et journaliste. Il écrivait notamment dans la Gazette des Bains de Mer de Royan et parlait manifestement couramment la langue des tirebouchons !


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Voici donc, traduit par lui, l'histoire d'un tirebouchon qui se disait parisien :
"Mon père habitait le Marais, l'ancien Paris commerçant, et fabriquait des bouchons, des sceaux et des futailles, des marteaux pour tonneliers, et généralement tous les appareils nécessaires à ceux qui s'occupent des vins et des eaux-de-vie, soit qu'ils les vendent, soit qu'ils les aiment et les consomment."

Mais l'autoportrait qu'il donne laisse plutôt penser à un enfant adopté : 
"J'étais un tirebouchon sérieux, en cuivre et en fer, destiné à vivre mon siècle et même davantage, si l'on savait me traiter suivant mes mérites [...] Par une rotation continue, toujours dans le même sens, d'un mouvement respectueux et lent, je soulevais doucement le bouchon et l'enlevais, sans effort, sans imprimer la moindre secousse au liquide."





Cuivre, fer, double pas de vis, poignée en os poli et pinceau trahissent des origines anglaises, la famille Thomason probablement, même si le blason n'est pas évoqué...







Acheté par un marchand, c'est en Charente, pays de cognacs, que notre tirebouchon allait rencontrer sa destinée. Placé en vitrine, "au milieu de pains de cire, de robinets, de tirebouchons vulgaires", notre tire-bouchon brille de tous ses feux. Le marchand le présente, le valorise, montre son fonctionnement jusqu'à ce qu'un médecin-maire de village le considère et l'ausculte avec attention.





Le prix n'est fixé qu'après une longue discussion entre acheteur et vendeur : "deux écus de trois livres, ce qui représentait alors environ six francs et n'en vaudrait pas moins de dix à douze aujourd'hui" (en 1887), ... soit l'équivalent d'une quarantaine de nos Euros : un achat bien négocié pour un si bel instrument, non ?





Crise d'angoisse lors du déjeuner : le maître boit de l'eau et notre tirebouchon reste enfermé dans un tiroir...




Mais au dîner, baptême du feu : dans les mains de la cuisinière, notre tirebouchon, rasséréné, ouvre deux bouteilles d'un vin local, le côteau des Tartres lequel rivaliserait avec les meilleurs bordeaux. Et c'est le début d'une belle vie pour notre héros !





Le fils succéda au père et notre tirebouchon continuait de servir, imperturbable, "bien qu'une servante maladroite eût faussé quelque peu mon tube de cuivre en me laissant choir". 
La vieillesse s'annonce pourtant : "mon tube de cuivre s'était fendu à l'endroit où j'avais subi jadis le premier bossellement ; mon pas de vis en cuivre était complètement usé, et l'on ne se servait plus de moi que comme d'un vulgaire tirebouchon et pour ne pas me chagriner en me remplaçant par un autre". 
Et la décrépitude : "Enfin, comble de malheur ! ma jolie perruque noire, à force de brosser la cire, s'était mise à tomber peu à peu, et maintenant il ne restait plus, ô horreur ! sur mon crâne dénudé qu'un trou noir rempli par la cire qui tenait jadis mes pauvres cheveux...".







Le pire restait à venir : "mes deux tubes en cuivre restèrent entre les mains de la bonne [...] j'étais réduit à l'état de squelette, plus laid même que les tirebouchons les plus vulgaires".




Trois ou quatre années plus tard : 
"au commencement de janvier, pendant un dîner de famille où j'avais travaillé comme quatre, je sentis une douleur épouvantable me retentir dans tout le corps : j'avais les reins brisés !
Enfin, peu de jours après, j'eus à lutter contre un bouchon de mauvaise composition et ma pointe y resta."




L'existence de notre tirebouchon était finie : né au début des années 1800, il avait traversé le siècle pour s'éteindre vers 1887 ! 





Gardons son souvenir et retenons sa morale :

"Respectez la vieillesse, jeune [tirebouchon] orgueilleux, et souvenez-vous que rien n'est plus honorable et plus beaux que les blessures des vieux travailleurs !"




M






jeudi 12 octobre 2023

TIRE-BOUCHON ET BOUCHON : NECTAR, LE LIVREUR DES VINS NICOLAS

 

Amis blogueurs, bonjour !


Voici un article à déguster avec modération !
Vous connaissez probablement la célèbre Maison Nicolas, entreprise leader dans la distribution de vins de qualité en France et en Europe, et ses nombreux cavistes "ayant pignon sur rue".

L'histoire de l'entreprise est passionnante mais je ne ferai que l'évoquer aujourd'hui ; mon sujet est plus restreint, je veux vous parler de son symbole : 


TIRE-BOUCHON ET BOUCHON : 
NECTAR, LE LIVREUR DES VINS NICOLAS




Nectar, le livreur aux 32 bouteilles
(Site de l'entreprise).


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L'histoire à grands traits


L'enseigne est née à Paris en 1822. Son fondateur, Louis Nicolas, initialement marchand de vins en fûts, décide alors de mettre en bouteilles les vins de ses fournisseurs, des producteurs de qualité, pour les commercialiser en boutiques spécialisées. L'entreprise s'installe quai de Bercy à Charenton en 1878 et établit son siège social rue de Valmy - avenue Winston Churchill. Il est aujourd'hui installé à Thiais dans le département du Val-de-Marne.

Dès l'origine, les cavistes recrutés par Nicolas sont des spécialistes, connaisseurs des produits vendus et capables de conseiller les clients sur la dégustation et ses outils, le service et les accords entre mets et vins. 
Aujourd'hui, chaque futur caviste est formé par l'entreprise à la gestion commerciale, aux produits et à la relation clientèle, chaque boutique devant être un lieu d’échange et de convivialité.
Nicolas n'a cessé de prospérer sur ce mode succursaliste : la maison mère constitue une entreprise unique, avec des boutiques dispersées sur le territoire. Ces boutiques sont 45 en 1900, 138 en 1919, localisées essentiellement en Île-de-France, et plus de 500 en 2018, réparties entre France, Royaume-Uni, Belgique, Suisse, Maroc ou Liban.
Mais l'enseigne a su aussi passer le cap du numérique en ouvrant son premier site internet marchand en 2000.

Véritable "pépite", la maison Nicolas a été rachetée en 1984 par le célèbre producteur de cognacs Rémy Martin, avant de passer en 1988 aux mains du groupe Castel, géant de la distribution de vins et bières.


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Une politique innovante en matière de commerce et de communication


Le site internet de la Maison Nicolas met en avant cette politique volontariste :
"[...] une gamme de services toujours plus innovants : la livraison à domicile en 1840, la disponibilité de vins au frais en 1988, le service glaçons en 2012… [...] Nicolas fut le premier à proposer le Beaujolais Nouveau à grande échelle en 1966. En 1995, il met à l’honneur les Vins de Pays de France avec la gamme des Petites Récoltes, suivi des Grains de Cépage en 2003."

L'entreprise fait aussi massivement appel à la publicité : logo, code couleurs, PLV, objets dérivés.
Nicolas, c'est d'abord un logo stable et reconnu, présent en façade des boutiques et sur les bouteilles vendues :

Un logo stable et reconnu


Et c'est un personnage symbole décliné au fil des ans : le petit livreur appelé Nectar :



Nectar, 1922 et 2012


Le personnage de Nectar est inspiré d'un livreur de la maison Nicolas nommé Le Paven, "frêle livreur moustachu aux yeux en soucoupe, chargé de bouteilles dans chaque main". Imaginé par l'artiste franco-suisse Dransy, de son vrai nom Jules Isnard, pour le centenaire de l'enseigne en 1922, ce personnage fut popularisé par les catalogues Nicolas, les publicités murales, les affiches, des objets dérivés et même le premier dessin animé publicitaire en 1921.


- Les catalogues Nicolas, illustrés par des artistes réputés, sont aujourd'hui recherchés des collectionneurs.



Deux couvertures de catalogues Nicolas :
1935 par Darcy et 1961 par Bernard Buffet


- D'autres suivront certainement, comme cette carte publicitaire humoristique pour "les Petites Récoltes Nicolas" :


Pas talons-aiguilles, mais talons tire-bouchons... 
carte publicitaire Nicolas, 2005.
(Collection Jacky Corbel)



- On retrouve bien sûr Nectar sur les "PLV" ou publicités sur les lieux de vente  : cartonnages, marque-page...



Lot de cartonnages destinés aux boutiques Nicolas
(en vente chez Drouot.com)



Nicolas et Nectar au tire-bouchon :
les deux faces d'un marque-page des années 30.
(collection personnelle)



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Et pour conclure : le bouchon et le tire-bouchon Nectar de Nicolas


Derniers objets, et non les moindres :

- Les bouchons à l'effigie de Nectar. Deux ont été vendus aux enchères il y a quelques années :



Les bouchons Nectar par Charles Loupot.
(Maison Rouillac)


Description par le commissaire-priseur :
Lot de deux bouchons en métal polychrome représentant le visage géométrisé de Nectar, symbole de Nicolas (manques de peintures sur le deuxième).
Stylisation par l'artiste Charles Loupot en 1927.
Lot adjugé 160 € en 2006 par la Maison Rouillac à Vendôme
 

- Et surtout le beau et rare tire-bouchon représentant Nectar : celui-ci a été acquis par Jacky Corbel lors d'un Congrès du CFTB :




Souvenir acquis par Jacky Corbel lors du Congrès 2019 du CFTB.


Description par Jacky Corbel :
"Tire-bouchon publicitaire pour les Vins Nicolas. La poignée est en zamac (alliage régule-plomb-étain) et peinture  polychrome, à l'effigie de style cubiste de  "Nectar le livreur" symbole de la maison, sur une idée du graphiste Charles Loupot (1892-1962). Le tire-bouchon date des années 1930."


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J'espère que vous aurez pris autant de plaisir à lire cet article que j'en ai eu à le rédiger, et je vous invite à l'approfondir, 
- en vous suggérant la lecture du livre : Nectar comme Nicolas, par Alain Weil, Editions Herscher Paris, 1986,
- et en vous renvoyant au site de l'entreprise Nicolas :

Je voudrais enfin remercier chaleureusement Jacky Corbel pour son aide et vous encourage à consulter souvent son blog :



M

mardi 26 septembre 2023

ANRI CATALOGUE 1957



Amis blogueurs, bonsoir !


Je vous l'avais annoncé dans un précédent article : mon ami Franz m'avait réservé trois tire-bouchons, mais aussi un ancien catalogue ANRI lors de la dernière Brocante de Temploux (Belgique).
Il est temps de vous présenter ce :

CATALOGUE ANRI 1957

... ANRI, pour ANton RIffeser, fondateur de l'entreprise.

Précisons que cet article fait suite à celui que j'avais consacré à cette entreprise il y a quelques mois. Je ne reprendrai ici ni l'histoire, ni les photos que j'avais présentées et vous invite plutôt à lire ou relire :



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Notre catalogue inclut :
- un tarif intitulé "Contents of catalogue N° 9", daté de 1957, 
- ainsi qu’une feuille "Indice -Inhaltsverzeichnis – Index – Résumé" du Catalogue N° 10, mais non datée.
Le catalogue est numéroté en couverture "N° 9" et le tarif joint permet donc de dater sa réalisation en 1957.
Cette donnée permet aussi de dater les productions ANRI selon qu'elles sont ou non présentes dans les catalogues diffusés.
Le tarif 1957 nous apporte d'autres éléments : statut, coordonnées, spécialité et logo de l'entreprise :



Traduction "presque" irréprochable...



Les première et quatrième pages de couverture, richement illustrées, sont imprimées en couleurs :



Première de couverture, en quatre langues



Quatrième de couverture


Les deuxième et troisième pages de couverture se déplient ; elles présentent des montages photographiques en noir et blanc :



Deuxième de couverture

La photo centrale illustre une rencontre entre le Cardinal Schuster et le Président de l'entreprise ANRI Manufactures Limited, à l'occasion de la Foire de Milan. Les photos qui l'entourent montrent des salariés réalisant des petits chalets-baromètres, depuis le dessin initial jusqu'à l'expédition des objets manufacturés.



Troisième de couverture


La photo centrale est cette fois dédiée à la venue sur le stand ANRI de Claire Booth, ambassadrice des Etats-Unis. Les photos l'encadrant situent le siège de l'entreprise à San Cristina dans le Val Gardena, région italienne du Trentin-Haut-Adige, avec un clin d'œil au folklore local. On y voit la direction et l'administration au travail, ainsi que les vitrines d'exposition de la production. 


Les 129 pages intérieures numérotées comportent de très nombreuses photos en noir et blanc des objets sculptés proposés à la vente.
En voici quelques exemples, centrés sur les bouchons, décapsuleurs et tire-bouchons :



Scènes de bar avec boîte à musique et danseuse



Bouchons mobiles ou articulés représentant des personnages


Autres bouchons, zoomorphes, ceux-là

Voitures, ensembles de bars


Séries de personnages 1



Séries de personnages 2


Il est à noter que si la diversité est de mise pour les sujets représentés, la plus grande uniformité règne en ce qui concerne les formes des décapsuleurs ou les mèches des tire-bouchons.

Le catalogue, très dense, présente également de nombreux autres objets : bouchons verseurs, soucoupes sous-verres, porte-pipes, étuis à cigarettes, porte-clés, coktail-picks, coupe-papier, casse-noix, porte-photographies, serre-livres, baromètres, ronds de serviette, bibelots, dioramas et tableaux, objets religieux... de quoi rappeler la mère patrie à la diaspora italienne dispersée sur toute la planète !


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Comment, pour finir, ne pas remercier l'ami Franz d'avoir bien voulu me garder ce document ?



M



jeudi 21 septembre 2023

ENIGMA N° 78 : UN TIRE-BOUCHON ? VOICI VOS PROPOSITIONS DE SOLUTIONS



Amis blogueurs, bonsoir !


Il est temps de faire le point sur vos contributions pour identifier l'objet mystérieux de mon ENIGMA N° 78. 


ENIGMA N° 78 : UN TIRE-BOUCHON ? VOICI VOS PROPOSITIONS DE SOLUTIONS


Voici d'abord les "photos d'identité" de cet objet :




Les photos 1 et 2 mettent en évidence le rapport entre les dimensions de la poignée (84 mm) et de la mèche (55 mm).
Les photos 3 et 4 montrent l'éclatement de la poignée, la photo 4 montre en outre une partie aplatie sur le dessus de la poignée.


Alors, s'agit-il
d'un foret à déboucher utilisé comme tire-bouchon ? d'un pique-fût ? d'un pointeau ? d'un poinçon ? d'une alêne ? ... les hypothèses sont diverses et je crois que nous n'aurons pas de réponse définitive aujourd'hui.


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Un foret à déboucher dit aussi tire-bouchon ?


Première solution : selon mon vendeur, il ne pouvait s'agir que d'un foret à déboucher, autrement dit d'un tire-bouchon du type de ceux que possédaient les garçons de café au XIXe siècle. 
Les bouchons étant alors moins longs et moins durs que ceux que nous connaissons, il était plus facile et surtout plus rapide d'utiliser ce type de mèche plutôt qu'une vrille. Il suffisait de planter la pointe en biais dans le bouchon et de le soulever en prenant appui sur le col de la bouteille. Autre avantage : le bouchon n'ayant pas été transpercé pouvait être réutilisé. 
Dans ce cas, l'éclatement du bois de la poignée pourrait être dû à une utilisation détournée de l'outil, peut-être en rotation excessive.


Un pique-fût ou coup-de-poing ?


Paolo Lazzeri, collectionneur italien, y voit un outil de dégustation plus qu'un tire-bouchon stricto sensu :
"Cavatappi? Più plausibile come spillatore di vino."
Soit, en traduction libre : 
"Un tire-bouchon? Un outil de dégustation du vin semble plus plausible."


C'est également l'avis de notre ami Armando Cecconi, Président de l'Associazione Italiana Collezionisti Cavatappi :
"un punzone spillatore per botti ?"
soit encore :
"un coup-de-poing pour tonneaux ?"


Un poinçon de couturière ?


De mon côté, le souvenir d'un article que j'avais consacré au petit singe tire-bouchon vendu chez Prunier en novembre 2022
m'avait renvoyé au livre d'Edgar Frank, 
Les explications de l'auteur pouvaient faire penser à un poinçon de couturière. J'avais cependant écarté cette piste, jugeant le diamètre de la mèche trop épais pour ce type d'utilisation... mais ai-je eu raison ?




Planche 75 : Etuis à ciseaux, dés, poinçons, navettes, mesures.
En bas à gauche, le poinçon modèle du tire-bouchon vendu chez Prunier.



Un poinçon destiné au travail du cuir ?


Patrick Myter penche pour "un outil de cordonnerie ou alêne. Bien qu'en principe le manche soit plus droit..."

Nous connaissons effectivement ce type d'outil, dit poinçon, avec un manche dans l'axe de la mèche, en lieu et place de la poignée :


Image Internet



Gérard Bouilly partage cet avis. Pour lui : "il s'agit d'un outil de sellier ou de bourrelier, appelé pointeau, poinçon ou alêne, et destiné à percer les peaux avant de les coudre. L'effort de rotation répété pour pénétrer le cuir pourrait expliquer l'éclatement de la poignée."


Bernard Devynck confirme : "cet outil peut  s'apparenter à un pointeau de bourrelier ou sellier pour le travail du cuir, harnais etc... permettant de faire les pré-trous pour les coutures."
Bernard ajoute qu'en poursuivant ses recherches sur les outils de cette corporation, il a trouvé pour cette fonction une référence à l'emporte-pièce, avec une précision intéressante : l'outil pouvait comporter une poignée pour une meilleure prise en main.


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La définition de l'alêne (Wikipédia) conforte l'hypothèse la plus partagée


Alêne : outil constitué d'une tige de fer à pointe acérée, greffée perpendiculairement sur un manche en bois façonné.



Alêne : illustration Wikipédia


La solution "alêne" est plausible, même s'il est excessif de parler ici de "pointe acérée". 
S'il s'agit bien d'une alêne, l'éclatement de la poignée pourrait alors s'expliquer par l'utilisation d'un marteau pour la forcer dans un matériau trop résistant : le bois n'aurait pas résisté trop longtemps à ce type d'utilisation.


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Nous en resterons là, sauf contribution tardive à venir.
Je préfèrerais évidemment que l'objet de l'énigme soit un foret à déboucher et dans le doute je vais lui réserver une place à côté d'autres objets achetés comme forets à déboucher anciens !



Collection personnelle


Je ne manquerai pas de vous proposer prochainement un dossier plus complet sur les pique-fûts, coups-de-poing ou gibelets d'une part et les forets à déboucher, percettes ou percerettes d'autre part.


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Merci pour avoir essayé de résoudre l'énigme et merci plus particulièrement aux lecteurs m'ayant proposé une contribution.



M


Poinçon de dentellière

lundi 18 septembre 2023

ENIGMA N° 78 : TIRE-BOUCHON, PERCETTE OU AUTRE CHOSE ?

 

Amis blogueurs, bonsoir !


Voici une énigme qui ne devrait pas vous résister bien longtemps...

ENIGMA N° 78 : TIRE-BOUCHON, PERCETTE OU AUTRE CHOSE ?


Il y avait dans mon dernier article une photo des objets que j'avais chinés à la Braderie de Lille, Edition 2023. Et au milieu de ces objets figurait un objet insolite : noyé dans le fatras de mes petites acquisitions, il ne vous a pas fait réagir.




Le voici, entouré d'un cercle rouge, et précisons que je l'avais d'emblée assimilé à un tire-bouchon.
Mais en est-ce bien un ? Regardons le de plus près :





Il s'agit clairement d'un objet manufacturé et non artisanal.
La poignée en bois, longue de 84 mm, se retrouve sur nombre de tire-bouchons.
La mèche fuselée, dépourvue de vrille, mesure 55 mm. 
Les stries apparentes sur la mèche résultent vraisemblablement d'un serrage dans un étau.
La mèche est fixée par une tige métallique traversant la poignée dans toute sa longueur.


Une deuxième photo montre l'autre face :





Pas de marque de fabricant, mais des lettres en creux peu apparentes : un "H", un "A" et peut-être aussi le chiffre "7" ? Il s'agit probablement de pouvoir en revendiquer la propriété.


La troisième photo vous présente notre objet pointe en l'air :




La mèche semble floue, le réglage de netteté ayant ciblé la poignée. On peut ainsi voir que le bois est fissuré sur toute la longueur ; la fissure est d'ailleurs traversante. Elle résulte vraisemblablement d'une utilisation en rotation de la poignée et donc aussi de la tige traversante.

Mais cette utilisation est-elle conforme à celle du sommelier débouchant une bouteille avec une percette ? 
Les mèches des percettes sont habituellement plus longues, de l'ordre de 90 mm. Les pique-fûts ont parfois des mèches courtes, mais leurs poignées sont beaucoup plus massives.
A moins que cet objet ait une utilité complètement différente ?


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J'espère que vous pourrez m'en dire un peu plus. Et je publierai bien sûr vos contributions.
Je prévois aussi d'écrire dans les prochains jours un article plus complet sur les forets, percettes, coups de poing et autres pique-fûts. N'hésitez pas à m'aider en me fournissant de la documentation !



M



lundi 11 septembre 2023

RETOUR SUR L'EDITION 2023 DE LA BRADERIE DE LILLE

 
Amis blogueurs, bonjour !


Heureux de vous retrouver au retour d'un périple qui a associé Braderie de Lille et vacances ! 
L'article de circonstance ne pouvait qu'être consacré à la Braderie, voici donc mon

RETOUR SUR L'EDITION 2023 DE LA BRADERIE DE LILLE

Pas de vente pour moi, mais un grand week-end de chine ces 1, 2 et 3 septembre 2023 !

La Braderie de Lille, édition 2023, c'est en chiffres approximatifs : 2 000 000 de visiteurs, 8 000 stands et 80 kilomètres de trottoirs à arpenter... 
La pluie tombée les jours précédents avait transformé l'Esplanade du Camp de Mars et surtout le parc longeant le Canal de la Deûle en véritable bourbier, mais les brocanteurs vendaient déjà le vendredi 1er.
Le soleil, lui, avait attendu les dates officielles des samedi 2 et dimanche 3 septembre pour nous offrir le ciel le plus bleu et aussi nous assommer d'une chaleur caniculaire.



Affiche et météo



Je marchais donc des heures durant, distrait quelquefois par le spectacle renouvelé et insolite.




Pour tout dire, j'en arrivais souvent à oublier les tire-bouchons ! Bien sûr j'ai vu quelques beaux modèles, mais que je possédais déjà ou dont les prix étaient dissuasifs. Je fis bien des achats, mais pas de "montre en or" !





Je rêvais ou rêvassais, surpris de temps en temps par une interpellation : Stéphane Wérion complice belge, m'a retrouvé comme chaque année au milieu de la foule lilloise ; Alain Nemcik, hélixophile si proche du CFTB qu'on le croit membre ; Muriel et Stéphane Terrières, derrière leur beau stand, membres pour de bon au Club, et à qui je ne pouvais manquer d'acheter ; Sincero Cioli, également membre du CFTB et redoutable chineur... Franz, Philippe, Thierry... amis marchands qui se reconnaîtront.
Un vrai plaisir a été de partager un verre avec Babette et Elwin Jonkers, collectionneurs néerlandais : peut-être les retrouvera-t-on un jour dans notre Club ?



Rencontre avec Sincero



Pause avec Babette et Elwin



Mais le dimanche s'achevait. Les brocanteurs heureux de leurs ventes remballaient fiévreusement tout en rêvant de douche et de restaurant. Mon épouse et nos petites-filles m'attendaient. Il était temps de rentrer et de leur montrer les "trésors" chinés. Les voici pour vous :



Inventaire à la Prévert : 
rabot, visionneuse, emballages anciens de pâtes alsaciennes, presse-agrume, tranche-pain, cuillère à peser, "verres" de marine en cristal Saint-Lambert, interrupteur-prise en bois, ciseaux de brodeuse pliants, moulin à poivre, maillet, pince à avoyer, sécateur, retire-bouchon, tire-bouchons et canifs, deux chandeliers en écaille de tortue, panier à salade pliant...



Le jeu en valait-il la chandelle ? L'évènement, oui, assurément !



M


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